Mardi 12 février au matin. Jour de grève, aéroport Charles de Gaulle 2D. Mon avion n'aura qu'une heure et demi de retard.

Je connais tous les recoins de cet aérogare que je fréquentais chaque deux mois durant les années 1999-2000, à l'époque des négociations qui se déroulaient à l'ONU à Vienne pour la Convention dite de Palerme Contre la criminalité transnationale organisée.

La Conférence autour de la lutte contre la traite des personnes, où se presseront tous les tenants de l'industrie du sexe auxquels je me confronte depuis tant d'années, est financée par les Émirats Arabes Unis.

Je déguste un thé en attendant l'avion. Je déteste les souvenirs de Vienne. Un éternel recommencement. Défilent les souvenirs de cette ville musée goûtée à toutes les saisons. Tant de souvenirs pesants.

Une annonce dans l'aéroport : non pas pour annoncer un retard, une annulation, une annonce insolite. Non une annonce invraisemblable, jamais entendue dans un aéroport :

  • Nous informons les voyageurs qu'une prière chrétienne sera célébrée à 12h15 dans la chapelle de l'aérogare.

Je ne rêve pas. La laïcité fout le camp même à l'aéroport de Paris.