Le 19 mars, le rapporteur spécial sur le racisme présentait son dernier rapport reprenant pour la ènième fois le concept de "légitimation intellectuelle démocratique" du racisme. Il fut salué par Israël et plusieurs associations juives pour avoir condamné en son temps la conférence négationniste à Téhéran, ces dernières s'inquiétant également que la future conférence contre le racisme en 2009 ne réédite le climat de violence de celle de 2001.

Il fut porté aux nues par le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence Islamique, par l'Egypte au nom du groupe africain, par la Palestine au nom du groupe arabe, pour avoir pris position fermement contre la "diffamation des religions" en particulier de l'Islam et pour avoir affirmé la nécessité de créer de nouvelles normes visant à limiter la liberté d'expression.

Le chantre du dialogue multiculturel n'a pas répondu aux questions de la représentante Baha'ï qui s'étonnait qu'il n'ait jamais mentionné les événements que son organisation avait pourtant fait porter à sa connaissance.
Elle a du coup rappelé les discriminations et atteintes que subissent les Baha'ïs en Iran :

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«mort aux Bahá'ís» peints contre des maisons, des magasins et des cimetières bahá'ís ;  lettres de menace, brochures antibahá'ís distribuées dans de nombreuses villes  iraniennes, sans compter les campagnes systématiques de diffamation de la part des médias contrôlés par le Gouvernement incitant à la haine religieuse. "

Avant Durban 2009, nous aurons d'autres échéances autour du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle. En attendant le pannel interculturel organisé le 18 mars semblait donner le la.
En écho à de nombreuses interventions de plus en plus audibles au Conseil qui affirment que les droits humains, tels que définis depuis soixante ans sont le monopole d'un groupe minoritaire de personnes, le patriarche ortodoxe Metropolitan Kirill a affirmé lors du panel interculturel organisé le 18 mars que :
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"le féminisme et l'homosexualité ont détruit la vie de famille et que l'avortement est une violation des droits de l'embryon."

Les associations de femmes présentes se sont uniquement inquiétées de la non représentativité des femmes lors de ce pannel

Le MRAP qui co-anime avec Interfaith International la sous Commission sur le racisme et les disciminations de la Coordination des ONG de l'ONU à Genève, n'a pas daigné prendre la parole non plus sur les thèmes du racisme et de la limitation de la liberté d'expression. La LICRA et les organisations de défense des droits humains tels que la FIDH, Amnesty, Human Rights Watch n'ont pas défendu d'avantage ces valeurs.

Il faut dire qu'elles n'ont rien dit non plus sur les violations des droits humains que subit la rapporteure spéciale de l'ONU, Sigma Huda pour qui une dizaine d'organisations de femmes se sont mobilisées le 8 mars dernier.

Quand à la situation au Tibet, cela semble être vraiment le cadet des soucis du rapporteur et du Conseil dont la 7ème session doit se terminer le 28 mars.