Alors là vraiment, on n'y comprend plus rien. Que défend donc la France ? Que, quoi, qui cherche-t-elle à protéger ?

Ce matin, c'était aux Pays Bas de passer le grand oral de l'Examen périodique universel.
On aurait pu imaginer qu'étant donné la manière dont se déroule l'examen, et n'osant se montrer offensive envers un pays "ami" du groupe Europe, elle préfère faire profil bas et donc se taire...
Et bien non. La France a parlé, Alleluhia ! Et elle a même su se montrer "trés courtoisement et diplomatiquement" offensive, suivant le Pakistan, l'Iran, l'Egypte, l'Algérie, sur le thème des discriminations que subissent les émigrants aux Pays-Bas.
On croit rêver lorsque l'on sait les politiques françaises en la matière.

En revanche, pas un traître mot sur les politiques néerlandaises sur la prostitution, la légalisation de certaines formes de proxénétisme, le développement de l'industrie du sexe et ses conséquences sur la violence et la traite des femmes !!!
Il est vrai que la France ne défend plus les principes qu'elle affirmait il y a encore quelques années. Elle ne cite même plus les conventions universelles du corpus des droits humains, telle que la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, dite du 2 décembre 1949, adoptée dans la filiation du projet humaniste de la Déclaration Universelle.

SteCroixPlus personne pour nommer cette convention, aboutissement de 80 ans de combat des femmes, portée notamment par  Madame Ghénia Avril de Sainte-Croix (photo ci-contre), qui commença sa lutte au début du XXème siècle et s'impliqua dés 1919 dans les travaux de la Société des Nations, et Marcelle Legrand Falco qui commença son combat au tournant des années 1920, toutes deux grandes figures du mouvement des Femmes .
Non plus personne pour défendre l'histoire et cette filiation à l'ONU.

La France, qui se prétend pays d'histoire a décidément la mémoire qui flanche.
En septembre, elle a laissé faire la surpression du Groupe de Travail sur les Formes Contemporaines d'Esclavage, seul mécanisme des Nations Unis en charge de la Convention de 1949. Pauvre convention orpheline, qui n'est même pas citée par le Haut Commissariat, lorsqu'il fait la liste des instruments internationaux pour l'examen périodique universel. 
Quelle tristesse d'entendre l'Egypte, l'Iran, l'Algérie et le Pakistan critiquer les néerlandais sur leurs politiques en matière de prostitution, tous pays qui revendiquent le respect des femmes au nom des valeurs familiales.

En 1999, l'Iran et les Pays Bas attaquaient  la convention de 1949, l'un pour tuer et emprisonner les femmes prostituées, l'autre pour tirer profit de l'industrie du sexe. La France s'opposait à l'un comme à l'autre. Aujourd'hui, quels droits la France défend elle ?