Le 23 avril, la représentante de l'Institute on Human rights and Holocaust était interrompue par le représentant algérien parce qu'elle avait critiqué et démontré la portée politique des amalgames qui considèrent que l'antisémitisme s'attaque aujourd'hui principalement aux arabes et par extension à tous les musulmans.

Furieux, le représentant algérien réclamait un point d'ordre.
Il dit "que la représentante d'ONG avait mal compris ses
alg_rie_23_avril propos, qu'elle n'avait cité qu'une partie du paragraphe" et il a relu dans la foulée le texte de sa déclaration:
"
Depuis le 11 septembre 2001, nous avons enregistré la mise en oeuvre d'une politique antisémite dirigée contre les arabes en particulier et par association à l'ensemble des musulmans (....) comme celles qui ont ciblé d'autres sémites au 20ème siècle.
Il continua : "C'est à dire que les arabes constituent des sémites parmi d'autres. Ce que je dis est très clair, je ne vais pas expliciter d'avantage. Mais qu'au moins on ait l'honnêteté de prendre la citation dans sa totalité pour éviter la déformation ! "

Le MRAP qui préside le sous-comité contre le racisme du regroupement des ONG à Genève, ne semble pas outre mesure dérangé par les abus de langage et déformations sémantiques du pays qui dirige le Comité ad Hoc pour l'établissement de normes complémentaires contre le racisme.
En revanche le MRAP condamne
"toute opération de politique politicienne, quels qu'en soient les auteurs, qui mrap_23_avrilencouragerait la concurrence des mémoires et toutes tentatives de communautarisme, qui dans leurs expressions ultimes se sont traduites et continuent de se traduire dans des phénomènes de domination et/ou d'apartheid comme cela a été le cas jadis en Afrique du Sud ou aux Etats Unis d'Amérique, et comme c'est la cas aujourd'hui en Palestine et au Sahara occidental."
(A noter que le MRAP ne manque pas une occasion de condamner la politique marocaine au Sahara occidental, ce qui fait la joie de l'Algérie)

Mais le MRAP n'en reste pas là. Non content de considérer Durban 1 "comme une étape importante dans la lutte contre le racisme", il redistille le doute sur l'origine  du 11 septembre (comme il le fit durant la septième session du Conseil des Droits de l'Homme).
"Trois jours aprés la Conférence, les tours jumelles sur Manhattan se sont écroulées. Rares sont ceux qui connaissent les tenants de cet événement. Ce qui est sûr c'est que depuis le racisme à l'encontre de l'arabe ou du musulman s'est multiplié dans le monde occidental."

Puis le Mrap attaque (sans les nommer) les pays qui ont critiqué le processus de Durban en 2001, qui condamnent ce qui se passe aujourd'hui dans le processus préparatoire et au Conseil des Droits de l'Homme.
Il fait preuve en revanche d'une formidable précision lorsqu'il s'agit de nommer où et quand le Président Sarkozy a dit que "la France n'hésiterait pas à se désengager si les exigences de la France n'étaient pas prises en compte", à savoir "le 13 février, lors du dîner du
Conseil représentatif des institutions juives de France".

Or le représentant du MRAP,  qui ne manque pas une session du Conseil des Droits de l'homme, sait trés bien ce qu'il en est de la position française et de son désespérant silence sur tous les dossiers. Pourquoi donc pareilles précisions soudain ?
A moins de vouloir sous entendre, comme c'est affirmé aujourd'hui de plus en plus, que ce sont les juifs qui ont discrédité Durban en 2001, et qui cherchent à saboter le processus de Durban 2. 
En tout cas cette rumeur ne cesse de s'amplifier. Ce fut le cas lors de la première réunion préparatoire en août 2007 à Genève. lors d'un atelier d'ONG co-animé par le MRAP !