Pourquoi la nomination du dalaï-lama comme citoyen d'honneur de la ville de Paris provoque-t-elle un tel malaise ?
Pourquoi le "prétendu" boycott (alors que l'on voyait des caddies pleins aux caisses) des enseignes Carrefour en Chine (qui appartiennent à LVMH) ont-ils fait la une de nos journaux télévisés ?
Pourquoi soudain tant de fureur à défendre le droit des Chinois à opprimer d'autres chinois et à détruire le territoire, les ressources naturelles et la langue et la culture des Tibétains?

Jean-Luc Mélenchon  nous a servi des arguments sur la laïcité. Le dalaï-lama, chef spirituel bouddhiste est par essence mauvais et sa cause forcément injuste. 
Le trublion du PS va jusqu'à légitimer l'occupation chinoise au nom du féodalisme archaïque tibétain. Un comble pour un homme politique anti-colonialiste qui récuserait à juste titre les arguments  que l'on utilisait de la même manière pour piller les terres d'Afrique durant l'époque coloniale.

Et voilà que je découvre un article publié le 25 avril dans "Libération" sous la plume de Laurent Dispot (par ailleurs rédacteur dans la revue "la Règle du jeu" de BHL, ce qui lui confère sérieux et respectabilité) intitulé "Le dalaï-lama et l'honneur nazi" qui se termine par ces mots : " En acceptant ce discours, des Occidentaux et des modernes se font citoyens du déshonneur".

Cela me met d'autant plus mal à l'aise que je ne sais trop, n'étant pas spécialiste du Tibet (on ne peut être spécialiste de tout comme certains), comment réfuter les arguments. Mais je sens dans tout cela quelque chose de terriblement malsain et nauséabond.

La proie est trop bonne !

Je vois bien comment procède la Chine sur tous les dossiers à l'ONU. Interdiction de parole, censure systématique... En 1993, la Chine avait réussi à faire pression sur les autorités onusiennes pour que le dalaï-lama qui venait d'avoir le prix Nobel de la paix, se voit interdire l'entrée à la Conférence sur les Droits de l'Homme. 

Et puis soudain, tous ces spécialistes improvisés de la Chine, du Tibet et du dalaï-lama que l'on n'entendait jamais naguère!!!
Et s'ils instrumentalisaient un sujet qui fut si longtemps tabou, qui grâce aux jeux Olympiques ébranle l'édifice totalitaire chinois, pour se mettre eux même dans la lumière ?

Le Crif qui doit avoir un moteur de recherche avec des mots clefs particulièrement sensibles, relaye du coup l'info, sans doute à cause du mot "nazi". Mais ce mot doit faire tilt un peu partout car l'on trouve l'article maintenant largement diffusé sur la toile...ça marche bien mieux que Mélenchon et la laïcité ! Vive la Chine et le mot Nazi!

Parmi tous les messages postés sous l'article de Libération, un message attire mon attention car loin des divagations, il donne des références précises facilement vérifiables, ce que ne donne évidemment pas l'article de Laurent Dispot.
Il est signé d'un certain
Sun Zi et s'intitule Pékin désinformation.

"Ces élucubrations ne font que relayer la propagande menée plus que jamais par le régime chinois pour diffamer le dalai-lama. Elles s'inspirent visiblement d'un article signé Ren Yanshi, sous le titre "Nazi Authors Seven Years in Tibet", publié en mars 1998 par la "Beijing Review" et diffusé par "Xinhua News Agency", c'est-à-dire "Chine Nouvelle". Les services diplomatiques chinois viennent de le ressortir fort opportunément pour informer "les amis français". Cela aussi fait partie de l'"Art de la guerre" où tous les coups sont permis pour discréditer l'adversaire et aveugler les bonnes âmes crédules."

Je décide du coup de retrouver certains passages du livre de
Claude Levenson ("Tibet, la question qui dérange" Albin Michel 2008) qui évoquent la période de formation du dalaï-lama auprès du Nazi Harrer. Qu'y apprend on ?
Quand Harrer s'est réfugié en 1945 au Tibet, le dalai-lama n'avait que dix ans et il ne connaissait rien du monde extérieur.
"J'ignorais tout des nazis à l'époque, de leurs atrocités et de l'Holocauste", raconte-il.  Ses contacts avec Harrer se sont limités à quelques leçons d'anglais pendant un an et demi à partir de 1948. 

Pour le centième anniversaire de Ben Gourion, le dalaï-lama s'est rendu en Israël sur la tombe d'un des fondateurs de l'Etat d'Israël, au Kibboutz Tze Boker dans le désert du Neguev.
Le moine tibétain aurait-il donc su déjouer les services secrets israéliens ?

En revanche il s'est vu refuser, par l'autorité palestinienne qui avait subi les pressions de Pékin, l'accès à Bethlehem pour voir l'église de la nativité, une mosquée et un camp de réfugiés palestiniens tout proche.
Là, attention ! Pour Pékin et Ramalah, pas question de badiner avec un passé nazi !

Alors on n'y comprend vraiment plus rien. Ceux qui exigent tant de probité de celui qui a reçu enfant les leçons d'un ancien nazi ont ils jamais reproché à Yasser Arafat son lien familial et les enseignements qu'il n'a jamais renié du Grand Mufti de Jérusalem El Husseini, ami d'Hitler?

Dans notre beau pays de France en tout cas, il y a les journalistes d'honneur et de déshonneur, ça c'est sûr !