La France a été réélue le 21 mai au Conseil des droits de l'Homme COCORICO ! aprés un lobbying acharné mené par toute la diplomatie française, y compris pas son nouvel ambassadeur aux droits de l'homme, qui semble avoir été nommé pour défendre l'image de la France auprés des pays totalitaires plus que celle des droits fondamentaux, comme ce fut le cas lors de l'examen périodique universel .

Elle a été élue à l'Assemblée Générale - composée de 118 pays membres du Mouvement des non alignés mené par Cuba et l'Iran, dont le groupe le plus important est l'Organisation de la Conférence Islamique - avec seulement 123 voix, soit moins que le
Bahrein (142 voix). Pas de quoi en faire un plat !

Pourtant le 21 mai, Le Ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et sa Secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade faisaient une déclaration conjointe dont le contenu a quand même de quoi sidérer les plus aguerris à la Realpolitik.

Extraits
:
Nous nous réjouissons de ce résultat qui porte reconnaissance du travail accompli par la diplomatie française au bénéfice des droits de l’Homme depuis de longues années.

Nous sommes heureux de la confiance que nous accordent les Etats membres des Nations unies.

Nous avons mené une campagne active, en mettant l’accent sur une conception exigeante des droits de l’Homme ; cette conception intègre la réalité économique et culturelle de chaque Etat, mais ne transige en rien sur l’universalité des droits de l’Homme.

le Conseil des droits de l’Homme est une instance de dialogue sans équivalent, 

Nous appelons tous nos partenaires à agir pour améliorer la crédibilité et l’efficacité du Conseil des droits de l’Homme, organe jeune et certainement perfectible dont le rôle est appelé à se renforcer.

Dans un monde lourd de menaces et de divisions, où existe la tentation du relativisme des valeurs, la France poursuivra sa tâche de rassemblement autour de l’élaboration et de l’application des droits et libertés fondamentaux de l’individu.

Beau discours en effet. Le 22 mai, le Conseil tenait sa première session spéciale sur le droit à l'alimentation à l'initiative du Cuba.

Alors que les morts se comptent par dizaines de milliers en
Birmanie, en raison du blocage de l'aide humanitaire par la  junte militaire, la France s'alliait à la majorité des discours n'évoquant nullement cette atteinte fondamentale au droit humanitaire, dont pourtant le ministre des Affaires Etrangères avait fait son cheval de bataille dans les années préhistoriques de 1980. Cela fait mal au coeur lorsque l'on sait que le Canada et le Royaume Uni, membres avec la France du Groupe Europe de l'Ouest et autre, ont tenu à évoquer cette question cruciale.

Cela dit, la FIDH dont l'ancien Secrétaire général est le nouveau rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation (Olivier de Schutter),  ainsi que le
Mrap, Cetim, la Fondation Danièle Mitterand, Wilpf,  n'ont pas évoqué d'avantage cette violation des droits fondamentaux. (voir déclaration du Mrap2_MRAP_CETIM )