Quelques nouvelles en vrac....

Tout d'abord, soulagement! Grâce à Shakespeare et à l'éloquence du Royaume Uni, l'ONG Union mondiale pour un judaisme progressif, dont j'ai relaté les derniers faits de censure en mars, a pu sauver in extremis son statut consultatif.
En effet, le 29 mai, les 118 pays du Mouvement des non alignés avaient porté plainte contre l'organisation. Le Jérusalem Post rapporte les conclusions de cette Saga.

La première semaine de la huitième session du Conseil était relativement animée, un vrai poème à la Prévert.
On a eu droit aux hommages rendus à Louise Arbour, aux dialogues interactifs sur les violences faites aux femmes ou la mortalité maternelle, les célébrations autour de la Convention sur les personnes handicapées, la revue des mandats bangladeshde certains rapporteurs spéciaux, dont celui sur la traite des personnes en l'absence de la rapporteure spéciale Sigma Huda (pour cause d'emprisonnement au Bangladesh) , motions d'ordre, droits de réponse, rien que du très banal finalement...

zimbabweL'Egypte souhaite que l'on inscrive l'avortement
dans la définition du mandat sur les exécutions extrajudiciaires, la Corée du Nord accuse les européens d'Islmophobie, le Zimbabwe accuse le Royaume Uni, les Etats Unis et leurs alliés de fabriquer de fausses ONG pour affamer son pays, RDCet le Bangladesh veut proposer un code de conduite pour les ONG.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis la création du Conseil, les ONG se sont en général plutôt tenues à carreau et ont appris à s'autocensurer pour ne pas renouveler la fâcheuse expérience sur la question du Tibet en mars.
D'ailleurs dans une réunion des ONG tenue le 6 juin, sous l'égide du secrétariat du Haut Commissariat en charge des ONG, de la Coordination des ONG ayant un statut consultatif (CONGO), et du Service International pour les droits humains, le Haut Commissariat a salué la manière dont les ONG savaient désormais se (re)tenir, considérant comme une avancée le fait qu'elles subissent de moins en moins de motion d'ordre.
"Cela prouve que vous avez appris à vous adapter à la nouvelle situation en ne nommant plus certains pays" s'est félicitée la représentante du haut Commissariat.
Elle a semble-t-il oublié toutes les motions d'ordre qui ont eu lieu durant la deuxième réunion préparatoire à la conférence de Durban 2.

Concernant la bonne tenue des ONG, l'avenir allait donner tord à la représentante du Haut Commissariat. Trois jours plus tard, le 9 juin, l'Egypte a demandé 11 fois la parole dans le cadre de motions d'ordre visant à couper la prise de parole des ONG. La Tribune des droits humains revient sur ces événements.

A l'ONU, l'Egypte demande la censure

10 juin 08 - Dernier round pour les 32 pays qui ont passé leur examen des droits de l’homme à Genève ces deux derniers mois. Durant cette semaine, chaque Etat dispose d’une heure pour montrer patte blanche et écouter les allégations des ONG. Mais ce lundi a tourné à la foire d’empoigne

Carole Vann et Juan Gasparini/Tribune des droits humains - Tout semblait bien commencer ce lundi 9 juin, deuxième semaine de l’actuelle session du Conseil des droits de l’homme à Genève. Les délégations étaient réunies pour entamer le dernier round de l’examen périodique universel (EPU) des 32 pays passés en revue en avril et mai sur leur propre respect des droits de l’homme. Cette étape est consacrée au rapport final de l’EPU pour chaque pays examiné. Mais rapidement, les échanges ont tourné à l’empoignade générale entre Etats.

Raison du conflit : que peuvent dire ou ne pas dire les ONG durant leur maigre temps de parole – deux minutes par organisation – lié à l’EPU ? En d’autres termes, les défenseurs des libertés sont-ils habilités à souligner les lacunes du rapport final sur leur pays ou doivent-elles se contenter d’ânonner quelques remarques techniques sans conséquences ? Derrière cet enjeu pointe à nouveau la question du rôle effectif de la société civile au sein du Conseil des droits de l’homme. suite