Selon toute vraisemblance, ce sera le Nigeria qui assumera la Présidence du CDH à l'issue de l'élection qui devrait se faire par acclamation le 18 juin prochain.
Depuis plusieurs semaines, certaines rumeurs plaçaient l'Egypte à la Présidence. Mais selon la Tribune des Droits humains le groupe africain a fini par élire in entremis, lors d'une réunion à huis clos et par bulletin secret, son candidat unique le 12 juin, l'ambassadeur Martin Ihoeghian Uhomoibhi avec 18 voix, suivi de près par l'ambassadeur de Djibouti qui obtint 15 voix (que l'on a pu remarquer pour sa virulence et son soutien inconditionnel à l'OCI depuis 2006).

D'une certaine manière c'est un soulagement et...la plongée dans l'inconnu.
D'un côté le Nigéria n'est pas ce que l'on pourrait appeler l'incarnation du pays des droits humains, avec sa peine de mort, la poursuite des homosexuels...et il est considéré comme "partly free" selon l'estimation du "Freedom House".
De l'autre, l'ambassadeur Martin Ihoeghian Uhomoibhi, un chrétien du sud, qui n'est pas très loquace de manière générale, a très souvent pris son autonomie par rapport aux invectives du groupe africain mené par l'Egypte ou l'Algérie. Ainsi, le 12 juin, il a parlé en faveur des ONG lors de la présentation finale de l'EPU du Bahrein où l'Egypte leur a coupé 11 fois la parole.
Fin août 2007, lors de la première réunion préparatoire à la Conférence d'examen de Durban, il a pris des positions différentes de l'OCI et du groupe africain le premier jour, pour opérer un revirement radical le lendemain sur les mêmes thèmes.

Sinon, en ce qui concerne les dernières cuisines du Conseil, le Président a sélectionné les rapporteurs et membres vacants des groupes de travail qui devront être entérinés à l'issu de la session.
Quelques choix laissent perplexes....
L'agressive Algérie, par ailleurs en charge du Comité sur les normes complémentaires, remplace la Zambie dans le Groupe de travail sur les descendants d'Africain où elle siègera aux côtés de la Syrie, de la Suède et de la Roumanie.
Le Pakistan remplace la République islamique d'Iran dans le Groupe de travail sur la détention arbitraire.
Quand à celle qui remplacera la rapporteure spéciale sur la Traite Sigma Huda, emprisonnée au Bangladesh, elle est nigériane, s'appelle Joy Ngozi Ezilo Emekekwue et est totalement inconnue des organisations travaillant sur les droits des femmes et la traite.
Enfin, c'est la France représentée par Michel Forst, qui est nommée au poste d'expert indépendant auprès du Secrétaire Général sur la situation des droits de l'Homme en Haïti. Quel parcours remarquable ! En 1998, lors des célébrations pour la Déclaration Universelle,  Monsieur Forst était le directeur d'Amnesty International France. Il fut ensuite  le bras droit du Sénégalais Pierre Sané, lorsque ce dernier fut nommé Assistant du Directeur Général de l'Unesco du secteur des sciences humaines et sociales en 2001 (ce dernier était depuis 1992 Secrétaire Général d'Amnesty International). Puis Michel Forst devint Secrétaire Général de la Commission Nationale Consultative des droits de l'homme de France (CNCDH). Depuis la création du Conseil en 2006, il a pris un rôle central dans le regroupement international des  Commissions nationales (NHRI). Il va sans dire que sa (vraisemblable dernière)  intervention en tant que représentant du CNCDH, aujourd'hui était pleine d'éloge vis à vis de la France lors des conclusions sur l'Examen Périodique Universel !

Le suspens reste "entier" sur le remplacement de Louise Arbour