Aujourd’hui se terminait le premier round des célébrations du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle à Paris, avec la clôture de la 61ème conférence des ONG du département de l’information des Nations Unies (DPI) qui a, d’après les sources officielles, réuni plus de 1600 délégués originaires de 90 pays au siège de l’Unesco.

On ne peut être partout, dans tous les ateliers, et il serait bien entendu injuste de condamner en bloc tous les événements qui s’y déroulent. Mais l’on peut se demander tout de même en quoi ces grandes messes incantatoires - dont l’organisation raffole depuis une quinzaine d’années - permettent effectivement de faire progresser les droits humains dans le monde.

Il semblerait une fois encore, que ces réunions servent d’avantage aujourd’hui de plateforme de relation publique pour les happy few de la société civile adoubée ONU. simone_veil_5_setpmbre


Après une quinzaine d’années de ces grandes conférence mondiales qui coûtent un argent considérable à l’institution (et aux ONG en frais de voyage et de brochures de promotion), le résultat quant à la protection des défenseurs des droits humains reste  peu concluante.

Ouverte par Simone Veil* le 3 septembre et clôturée par Ingrid Bétancourt le 5 septembre, les interventions en plénière filmées engagent d’autant plus les personnes qui interviennent.

Aussi, je ne décringrid_5_septembreirai pas les dérives qui ont eu lieu à l’occasion de différents groupes de travail, mais les aberrations que l’on a pu entendre lors de la dernière table ronde, avant la séance de clôture où intervenaient  l’ambassadeur Stéphane Hessel et l’ancienne prisonnière des FARC en vidéo conférence depuis le siège de New York.

Cette discussion à bâtons rompus, animée par l’ambassadeur aux droits de l’homme François Zimmeray, réunissait Robert Arsenault, President de la Ligue Internationale des Droits Humains, Souhayr Belhassen, FIDHprésidente de la FIDHGeneviève Garrigos Présidente d’Amnesty Internationale France et Marek Halter, écrivain et militant des droits de l’homme. (Selon la présentation officielle).

L’écrivain qui se pose d'emblée comme un non croyant n’a fait principalement référence qu’aux textes monothéistes (Coran, Talmud et évangiles) pour appuyer sa réflexion d’espoir.
marek_Halter_5_septembre"C'est ça qui est l'essentiel" a-t-il affirmé. "Tout le reste, laissons cela aux hommes politiques qui se chamaillent, et qui se font la guerre aussi." Puis il s'est
demandé si « la démocratie restait une réponse absolue à tous les problèmes qui se posent à l’humanité et si les hommes ne pouvaient pas vivre dans d’autres systèmes.»

Lorsque j’ai demandé depuis la salle à l’ambassadeur Zimmeray et aux organisations internationales présentes à la tribune la raison de leur silence et de leur non action face à la situation scandaleuse de la rapporteure spéciale sur la traite Sigma Huda, condamnée au Bangladesh (membre du Conseil des droits de l’homme) sans observateur international, la présidente d’Amnesty Internationale qui n’avait visiblement jamais entendu parlé d’elle a répondu :

amnesty5_septembre
« Nous sommes une grande organisation internationale. Je suis une bénévole et je ne peux répondre sur ce cas particulier. Ce que je voudrais dire quand même c’est que les ONG de défense des droits de l’homme ont un rôle majeur, et nous consacrons beaucoup de notre énergie à faire des recherches, à savoir ce qui se passe dans le monde, à dénoncer, à informer, mais nous ne pouvons nous substituer aux Etats. On ne peut pas nous accuser de ne pas nous occuper de tel ou tel cas. Nous faisons tout ce que nous pouvons et nous le faisons le mieux possible. »


Je veux bien croire que la présidente d’Amnesty France ne soit pas au courant de ce qui se passe à l'intérieur de l'ONU où comme je le dis dans mon livre "Les Nations désUnies" dans ce qui ressemble désormais à une énorme "famille incestueuse de pompiers pyromanes". Je considère cependant, n'en déplaise à la Présidente d'Amnesty Internationale France, que c'est justement le rôle des ONG de s’intéresser aux cas dont les Etats ne s’occupent pas, surtout quand la violation se produit au sein même de l’institution garante de la protection des droits.
Et comment comprendre la non réponse de la présidente de la FIDH qui a également pignon sur rue à Genève ?


Le président de la Ligue Internationale des droits humains Robert Arsenault quant à lui, est venu me voir après bobpour obtenir plus d’informations sur ce qui s’est passé concernant la Rapporteure spéciale sur la traite. Il est le seul à la tribune a avoir lancé un cri d'allerte afin « que l’on protège la déclaration dans sa formulation initiale ».

« Il n’existe aucune place pour une reformulation de la Déclaration qui limiterait la liberté d’expression, qui condamnerait la laïcité** ou le sécularisme ou qui remettrait en cause les avancées des droits des femmes et des hommes depuis les 60 dernières années. »

* à côté de Simone Veil, Affiche de René Cassin sur la Tribune de l'Unesco
** En français dans le texte