29 novembre 2008
La Sainte Alliance des Dictatures à l’œuvre à l’ONU
Par Jean-Claude Buhrer
Les pays liberticides se sont une fois de plus signalés fin novembre à New York lors du vote par la Troisième commission de l’Assemblée générale de l’ONU de trois résolutions sur les violations des droits de l’homme en Birmanie, en République démocratique de Corée et en Iran. Alors que ces résolutions, non contraignantes, présentées par la France au nom de l’Union européenne ont finalement toutes trois passé la rampe, un groupe d’irréductibles emmené par Cuba et l’Organisation de la conférence islamique(OCI), avec le soutien actif de la Chine et de la Russie, a multiplié les manœuvres dilatoires pour se porter au secours des dictatures incriminées.
Après avoir vainement présenté des motions de non-action pour s’opposer à toute entrée en matière, ces pays ont réaffirmé leur hostilité aux résolutions ciblant un Etat en particulier, oubliant qu’eux-mêmes le font systématiquement quand il s’agit d’Israël, exception par excellence à leur règle. Le ridicule ne tuant pas, encore moins aux Nations unies qu’ailleurs, le représentant de Cuba, porte-parole du Mouvement des non-alignés, a réclamé l’interdiction de « l’exploitation des droits de l’homme à des fins politiques, car cela est contraire aux principes fondateurs des Nations unies ». Les représentants de l’Algérie, du Venezuela, du Soudan, de la Libye, de l’Egypte, de la Malaisie et bien entendu de la Chine ont fait chorus, invoquant le respect de l’intégrité territoriale et de la non-ingérence. Et pour traiter de ces questions, toutes ces bonnes âmes de s’en référer au nouveau mécanisme dit d’examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme où les dictatures n’en font qu’à leur guise et se ménagent les unes les autres.
En fait, les trois pays sur la sellette figurent parmi les pires violateurs des droits de l’homme et les pires prédateurs de la liberté de la presse. Ainsi, selon le récent classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, l’Iran, la Birmanie et la Corée du Nord se retrouvent en queue de liste, respectivement au 166e, 170e et 172e rang, juste avant l’Erythrée, lanterne rouge de ce palmarès. Un noyau dur de vingt pays, également parmi les moins respectueux de la liberté d’expression et des droits fondamentaux, s’est distingué en rejetant les trois résolutions en question : Algérie, Belarus, Chine, Cuba, Corée du Nord, Egypte, Iran, Libye, Malaisie, Myanmar, Nicaragua, Oman, Russie, Somalie, Soudan, Syrie, Ouzbékistan, Venezuela, Vietnam et Zimbabwe – autant de parangons de vertu démocratique.
Lors de l’approbation par 95 voix contre 24 et 62 abstentions de la résolution sur la Corée du Nord, ils ont été rejoints par la Guinée, l’Indonésie, le Laos et la Namibie. La résolution sur le Myanmar, qui a recueilli 89 voix contre 29, avec 63 abstentions, a bénéficié de l’apport supplémentaire de l’Azerbaïdjan, du Bangladesh, de Brunei, de la Côte d’Ivoire, de l’Inde, du Laos, de la Namibie, du Niger et du Sri Lanka. Alors que l’OCI avait déjà fourni le gros des troupes de soutien à ces deux dictatures non musulmanes que sont la Corée du Nord et la Birmanie, la solidarité islamique a joué à fond lors de l’acceptation de la résolution stigmatisant l’Iran par 70 voix contre 51 avec 60 abstentions pour « la violation systématique des droits de l’homme et la répression violente des femmes ».
Si la tâche leur est moins aisée à l’Assemblée générale qu’au nouveau Conseil des droits de l’homme où le rapport de forces leur est plus favorable, les pays les moins respectueux des libertés fondamentales continuent de se serrer les coudes et de remettre insidieusement en cause les principes mêmes de la Déclaration universelle dont on s’apprête à célébrer le 60e anniversaire. Ainsi, après avoir préparé le terrain au Conseil des droits de l’homme, l’OCI vient de faire adopter le 25 novembre par 85 voix contre 50 avec 42 abstentions par la Troisième commission une résolution co-parrainée par le Bélarus et le Venezuela, appelant les Etats à combattre la « diffamation des religions, en particulier de l’islam ». Par un curieux hasard, le jour même où des extrémistes islamistes semaient la terreur à Bombay, l’Assemblée générale se déclarait « profondément préoccupée par le fait que l’islam est souvent faussement associé aux violations des droits de l’homme et au terrorisme. » Et « d’exhorter les Etats à appliquer, et au besoin, à renforcer les lois existantes (…) afin de mettre fin à l’impunité dont jouissent les auteurs de tels actes [d’intolérance]. » En plus des pays musulmans, ce texte a également été approuvé par la Chine, Cuba, la Russie ou encore le Bélarus, la Bolivie, la Corée du Nord, le Myanmar, le Nicaragua, le Sri Lanka, le Venezuela, le Vietnam et le Zimbabwe. En revanche, tous les pays occidentaux ont voté contre, y voyant une tentative de limiter la liberté d’ expression.
Comme le craignent plusieurs ONG, l’adoption de cette résolution s’inscrit dans une offensive de l’OCI contre la laïcité et l’universalité des droits de l’homme. L’objectif poursuivi est d’introduire dans le droit international de nouvelles normes sur le racisme, au nom des interdits islamiques contre le blasphème avec pour corollaire la restriction des libertés individuelles. Or, les droits de l’homme visent à protéger les individus et non à promouvoir une religion ou une quelconque croyance. Au-delà de ces manœuvres, ce sont la Déclaration universelle et ses acquis patiemment mis en place depuis soixante ans qui se trouvent dans le collimateur des régimes liberticides qui ne s’en sont jamais accommodés.
28 novembre 2008
Attentats à Bombay, communiqué de l'Alliance internationale contre le terrorisme
BOMBAY ; Communiqué de presse de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme
Attaques de Bombay : l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme condamne les attentats et la prise d’otages.
Prenant la parole à Paris aujourd’hui, Huguette Chomski Magnis, coordinatrice de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme a déclaré que les membres de l’Alliance exprimaient leur solidarité et leur soutien à l’égard des victimes des abominables attaques de Bombay, en Inde.
L’Alliance, constituée par les organisations de différents pays, parle au nom des individus issus de diverses nations qui se sont trouvés impliqués malgré eux dans un processus de terreur qui leur a été imposé. En tant que victimes directes ou indirectes, ils se sentent personnellement attaqués au plus profond d’eux-mêmes par les vagues incessantes de terrorisme.
Nous assumons notre responsabilité de prendre la parole pour exprimer notre condamnation absolue. Nos voix s’expriment dans l’unité et la détermination contre les plus récentes manifestations de barbarie. C’est l’Inde aujourd’hui, demain ce sera un autre pays, et il y aura beaucoup d’autres demains.
Intégralité du communiqué sur http://www.mpctasso.org/spip.php?article450
27 novembre 2008
Quels droits humains le Crif souhaite-t-il défendre ?
Selon un communiqué commun, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le Conseil Français du culte musulman (CFCM) viennent de créer "des commissions de travail communes dédiées au droits de l'homme, à l'enseignement et aux questions internationales"
Ce blog n'a pas pour mission de traquer les faits et gestes de tel ou tel représentant de communauté mais de traquer les dérives sur les questions des droits universels, en particulier au niveau international. Mais ici, la chose est suffisamment grave pour que cette information soit soulignée.
Le Crif abandonne la laïcité qu'il prétendait défendre il y a prés d'un an
Le pendant du CFCM, qui représente la religion musulmane en France (dans sa forme la plus obscurantiste), est le Consistoire qui représente la religion juive, (dans sa forme la plus obscurantiste). En aucun cas le CRIF !
En se plaçant directement en interlocuteur, le CRIF abandonne la laïcité républicaine et trahit la filiation laïque d'une partie du peuple juif depuis la Haskala (les lumières) au 19ème siècle contre l'obscurantisme du Ghetto.
"Travail commun dédié aux Droits de l'Homme " (des femmes en France) ?
En matière de droits humains des femmes, le Crif s'est en effet déjà illustré par son silence après les violences conjugales subies par Madame Muriel Krief, épouse du Grand Rabbin de Bordeaux Marc Krief. Plus grave, lors d'une réunion publique organisée sous son égide, le CRIF n'a rien dit lorsque répondant à une question de la Présidente de la Wizo, Madame Cohen Beiserman, le Rabbin Sitruk a condamné le fait que Madame Krief ait rompu le Shabbat pour aller porter plainte au commissariat !
Droits humains "Questions internationales"
Quels droits humains le CRIF a-t-il jamais défendu au niveau international ?
Israël, Durban et la France
Beaucoup d'incohérence dans son soutien même à l'Etat d'Israël :
- Inconditionnalité ( non pas seulement à son existence mais à toutes les actions d'Israël) , quel que soit le gouvernement, alors même que la société israélienne n'est pas une.
- Mais le CRIF ne soutient pas la décision d'Israël de ne par participer à Durban 2 en raison du texte qui a franchi de nombreuses lignes rouges
- Il ne critique pas la France qui a franchi (ou laissé franchir) de nombreuses lignes rouges depuis plus d'un an au Conseil des Droits de l'Homme et à l'Assemblée Générale de l'ONU
La Chine
- Le 23 juillet, le Président du Crif se rendait à l'ambassade de Chine à deux semaines des jeux Olympique, mais ne rencontrait pas le Dalaï Lama, représentant du peuple Tibétain en exil durant son séjours en France au mois d'août.
L'Egypte
- Dans le cadre de la réunion préparatoire Durban 2, une délégation a rencontré Omar Shalaby, ambassadeur d'Egypte à Genève sans aucune préparation. Le compte rendu de cette rencontre témoigne d'une grave ignorance sur la manière dont la diplomatie Egyptienne mène la danse à Genève et sape, réunion aprés réunion, tout l'édifice des droits humains. (Censure systématique des ONG, accusation, plaintes, interdiction de prononcer le mot religion, démonisation de l'homosexualité, du blasphème, déni du droit des femmes et des droits reproductifs, acteur actif contre la liberté d'expression etc....). (voir notamment sur les censures egyptiennes sur le site de International Humanist and Ethical Union)
Dans le compte rendu de cette rencontre, le CRIF parle d'une "rencontre chaleureuse et prometteuse" et n'emet aucune critique sur les scandaleuses positions égyptiennes et ses violations massives des droits humains en Egypte
Graves inquiétudes pour le futur
LE CFCM représente en France les positions affirmées de l'Organisation de la Conférence Islamique.
Travailler au niveau local entre communautés identifiées comme "communautés religieuses" peut comporter souvent des dangers mais n'est pas en soit condamnable...
Mais ici, on peu se demander quelles sont les capacités du CRIF à travailler avec le CFCM sur les questions internationales liées aux droits humains lorsque l'on voit le peu de cohérence de ses actions internationales jusqu'à ce jour en la matière.
De plus, quelle légitimité le CRIF a-t-il pour contracter pareille alliance pour un travail international sur les droits humains avec ceux qui défendent les positions internationales de l'OCI, qui placent la Charia au dessus des normes universelles. (Sans parler du processus préparatoire pour Durban 2)
Le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle aura un goût amer pour les juifs de France, d'Europe et du monde, qui revendiquent la filiation des lumières.
26 novembre 2008
Alliance pour l'obscurantisme et contre les droits humains
L'Alliance des civilisations prend décidement le pas sur les droits humains. Il suffit de lire le communiqué de presse du 18 novembre de l'ONU pour l'inauguration de la nouvelle salle financée par l'Espagne qui a pour titre: "Ban inaugure la Salle de l'Alliance des civilisations au Palais des Nations à Genève".
Oui, c'en est fini des droits humains et même de l'évocation du Conseil des droits de l'homme.
Le ver est dans le fruit. Le cheval de Troie à l'ONU continuera bel et bien son oeuvre de destruction des droits universels.
Ci- aprés photo prise lors de l'inauguration de la Salle (qui a coûté 20 millions€ dont 500 000€ prélevés sur des fonds de développement du Ministère des affaires étrangères espagnol) avec l'épouse du premier ministre turc Erdogan voilée, co-sponsor de l'Alliance, qui proclamait il y a peu de temps que l'Islamophobie est un crime contre l'humanité.
25 novembre 2008
La Bielorussie, le Vénézuela contre le dénigrement des religions
Voir les votes en bas de page.
L'ONU APPELLE À EMPÊCHER LE DÉNIGREMENT DES RELIGIONS
AFP : 25/11/2008 - Une commission de l'ONU a adopté lundi une résolution appelant les Etats à empêcher, y compris par la loi, le dénigrement des religions, et affirmant que l'islam est souvent et faussement associé aux violations des droits de l'Homme et au terrorisme.
Cette résolution non contraignante, co-parrainée par les pays islamiques avec l'appui du Bélarus et du Venezuela, a été adoptée par 85 voix contre 50, avec 42 abstentions, par la commission des droits de l'Homme de l'Assemblée générale de l'ONU.
C'est un léger recul par rapport à une résolution similaire adoptée l'année dernière par 108 voix contre 51, avec 25 abstentions.
Les pays occidentaux, qui voient dans ce texte une tentative de limiter la liberté d'expression, ont tous voté contre. Les pays musulmans, ainsi que la Chine, Cuba et la Russie, ont voté pour.
Il devrait être également adopté, à une date ultérieure, par l'Assemblée générale, où siègent les 192 Etats membres de l'ONU.
La résolution "note avec une vive inquiétude que la campagne globale de dénigrement des religions et l'incitation à la haine religieuse en général, notamment la discrimination ethnique et religieuse à l'égard des minorités musulmanes, se sont intensifiées depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001".
L'Assemblée se déclare "profondément préoccupée par le fait que l'islam est souvent et faussement associé aux violations des droits de l'Homme et au terrorisme."
La résolution "exhorte les Etats à appliquer et, au besoin, à renforcer les lois existantes lorsque des actes, manifestations ou expressions de xénophobie ou d'intolérance sont dirigés contre les minorités et les migrants, afin de mettre fin à l'impunité dont jouissent les auteurs de tels actes".
L'ONG UN Watch, basée à Genève, a aussitôt condamné l'adoption de ce texte. "C'est la dernière salve d'une série de résolutions de l'ONU qui cherchent dangereusement à introduire les interdits islamiques contre le blasphème dans le vocabulaire du droit international", a déclaré son directeur, Hillel Neuer, dans un communiqué.
"Les droits de l'Homme ont été conçus pour protéger les individus, pour garantir à chaque personne la liberté d'expression et la liberté de culte, mais certainement pas pour protéger quelque croyance que ce soit, religion comprise", a-t-il ajouté.
Votes des pays, en anglais
Vote on Combating Defamation of Religions
The draft resolution on combating defamation of religions (document A/C.3/63/L.22/Rev.1) was approved by a recorded vote of 85 in favour to 50 against, with 42 abstentions, as follows:
In favour: Afghanistan, Algeria, Antigua and Barbuda, Azerbaijan, Bahamas, Bahrain, Bangladesh, Barbados, Belarus, Bhutan, Bolivia, Bosnia and Herzegovina, Brunei Darussalam, Cambodia, Chad, China, Comoros, Congo, Côte d’Ivoire, Cuba, Democratic People’s Republic of Korea, Djibouti, Dominica, Egypt, El Salvador, Eritrea, Ethiopia, Fiji, Guinea, Guinea-Bissau, Guyana, Honduras, Indonesia, Iran, Iraq, Jamaica, Jordan, Kazakhstan, Kuwait, Kyrgyzstan, Lao People’s Democratic Republic, Lebanon, Lesotho, Liberia, Libya, Malaysia, Maldives, Mali, Mauritania, Mauritius, Morocco, Mozambique, Myanmar, Nicaragua, Niger, Nigeria, Oman, Pakistan, Philippines, Qatar, Russian Federation, Saint Vincent and the Grenadines, Saudi Arabia, Senegal, Sierra Leone, Singapore, South Africa, Sri Lanka, Sudan, Suriname, Swaziland, Syria, Tajikistan, Thailand, Togo, Tunisia, Turkey, Turkmenistan, Uganda, United Arab Emirates, Uzbekistan, Venezuela, Viet Nam, Yemen, Zimbabwe.
Against: Andorra, Australia, Austria, Belgium, Bulgaria, Canada, Croatia, Cyprus, Czech Republic, Denmark, Estonia, Finland, France, Georgia, Germany, Greece, Hungary, Iceland, Ireland, Israel, Italy, Latvia, Liechtenstein, Lithuania, Luxembourg, Malta, Micronesia (Federated States of), Monaco, Montenegro, Netherlands, New Zealand, Norway, Palau, Poland, Portugal, Republic of Korea, Republic of Moldova, Romania, Samoa, San Marino, Serbia, Slovakia, Slovenia, Spain, Sweden, Switzerland, the former Yugoslav Republic of Macedonia, Ukraine, United Kingdom, United States.
Abstain: Angola, Argentina, Armenia, Belize, Benin, Botswana, Brazil, Burkina Faso, Burundi, Cameroon, Cape Verde, Chile, Colombia, Costa Rica, Dominican Republic, Ecuador, Equatorial Guinea, Ghana, Grenada, Guatemala, Haiti, India, Japan, Kenya, Madagascar, Malawi, Mexico, Mongolia, Namibia, Nauru, Nepal, Panama, Papua New Guinea, Paraguay, Peru, Rwanda, Timor-Leste, Trinidad and Tobago, United Republic of Tanzania, Uruguay, Vanuatu, Zambia.
Absent: Albania, Central African Republic, Democratic Republic of the Congo, Gabon, Gambia, Kiribati, Marshall Islands, Saint Kitts and Nevis, Saint Lucia, Sao Tome and Principe, Seychelles, Solomon Islands, Somalia, Tonga, Tuvalu.
24 novembre 2008
De sa tribune officielle, le président de l'Assemblée Générale appelle les Nations au Boycott d'Israël, pays Apartheid
En 2001, lors de la Conférence mondiale contre le racisme à Durban, le document des ONG appelait les Nations à considérer Israël comme un pays d'Apartheid et à appliquer les mêmes sanctions que celle utilisées jadis contre le régime Sud Africain. Il aura fallu 7 ans pour que - de textes en rapports, de résolutions en réunions - le processus fasse son chemin et que le Président de l'Assemblée Générale, le prètre sandinistre Miguel d'Escoto Brockman lance cet appel le 24 novembre depuis la tribune de l'Assemblée Générale de l'ONU. 
"J’ai parlé ce matin de l’Apartheid et de la manière dont les politiques israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés sont similaires à l’Apartheid à une époque plus ancienne sur un autre continent.
Je pense qu’il est important que nous utilisions ce terme ici aux Nations Unies. Nous ne devons pas avoir peur d’appeler les choses pour ce qu’elles sont. Ce sont les Nations Unies après tout qui ont adopté la Convention internationale contre le crime d’Apartheid, posant ainsi clairement à la face du monde que ce type de pratiques officielle de discrimination doit être considéré comme illégal où qu’elles se déroulent.
Il y a plus de vingt ans, nous, au sein des Nations Unies, avons pris la suite du leadership de la société civile lorsque nous avons reconnu que les sanctions étaient nécessaires, comme moyen non-violents pour faire pression sur l’Afrique du Sud afin qu’elle cesse ses violations.
Aujourd’hui, nous, les Nations Unies, devons suivre le mouvement de la nouvelle génération de la société civile qui demande des campagnes non violentes de boycott similaires, de désinvestissement et de sanctions afin de pousser Israël à cesser les violations.
J’ai assisté à un grand nombre de réunions sur les droits du peuple Palestinien. Je suis surpris que certains continuent d’insister et demandent patience alors que nos frères et sœurs sont crucifiés.
La patience est une vertu en laquelle je crois. Mais il n’y a rien de vertueux à être patient avec la souffrance d’autrui. (…)
J’ai beaucoup d’amour pour le peuple Juif, et cela a été vrai toute ma vie. Je n’ai jamais hésité à condamner les crimes de l’holocauste ou tout autre des nombreux abus commis contre nos frères et sœurs juifs.
Pourtant, cela ne les autorise à en abuser contre autrui, en particulier contre ceux qui ont eut historiquement des relations exemplaires avec le peuple Juif. "
22 novembre 2008
Une victoire amère pour les femmes
Les emails, sms sont tombés durant la nuit du 20 au 21 novembre.
Dans Rekjavik, Oslo, Stokholm, Helsinki... les féministes ouvraient les bouteilles de champagne.
Les norvégiennes avaient elles aussi gagné le combat de 30 ans de lutte.
Tous les partis politiques norvégiens s'accordaient et votaient une loi pour la pénalisation de l'achat de services sexuels, à l'instar du parlement suédois qui vota en 1998 une loi intitulée "Paix des femmes", et dont un article porte sur la pénalisation de l'achat de services sexuels.
La Norvège est le troisième pays après la Suède, la Corée du Sud et les Philippines à avoir posé cette norme, grâce au combat porté par les féministes qui refusent cette vision archaïque de la sexualité humaine (ou masculine), qui considère comme allant de soi qu'une catégorie de femmes (ou d'hommes ou d'enfants) soit mise à disposition des prétendus besoins irrépressibles des hommes.
Grâce à ce type de loi, la norme de transgression est posée et les projecteurs ne se posent plus sur les personnes en situation de prostitution, mais sur les clients (la demande) qui participent en toute impunité au développement de l'industrie du sexe et de la traite des personnes.
(voir la traite des femmes dans le monde )
Il y a quelques années j'aurais également crié victoire. Mais aujourd'hui, la victoire est amère.
La plus ancienne convention du corpus des traités des droits humains, la Convention du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des être humains - dont la Fondation Scelles en France veut célebrer dans un an le 60ème anniversaire avec autant de grandiloquence que la Déclaration universelle - a été balayée d'un revers de résolution en septembre 2007 au CDH. (Voir les Nations désUnies)
En France, le Collectif National Droit des femmes pousse pour une loi cadre contre les violences faites aux femmes, en prenant l'exemple de la loi espagnole qui ne s'intéresse qu'aux violences conjugales, et considère José Luis Zapatero comme un héros de l'égalité, alors même qu'il promeut le différencialisme culturel et que son gouvernement soutient la légalisation de la prostitution. (Sans compter les dernières dépenses invraisemblables prises sur les fonds de développement pour l'Alliance des civilisations) Plus que la loi cadre espagnole, c'est la loi Suédoise "Paix des femmes" qui devait servir de modèle puisqu'elle faisait un lien politique entre toutes les discriminations et violences.
La rapporteure spéciale sur la traite (originaire du Bangladesh) Sigma Huda, dont le premier rapport révolutionnaire portait spécifiquement sur la demande - a été arrêtée, jugée sans observateur international, mise en prison dans des conditions infernales, destituée sans aucune protestation des gouvernements qui l'avaient soutenus naguère pour ce poste (dont la France).
Oui, la victoire norvégienne est amère... Que vaut cette victoire au pays du soleil de minuit qui semble vivre de plus en plus en autarcie ? (mais dont les fonds pour le développement sont formidablement investis pour promouvoir les droits des femmes dans les pays les plus pauvres en Afrique, Asie, Amérique du Sud, Europe Centrale.... )
La victoire est amère. Le 14 septembre 2001, à l'Assemblée Générale du Lobby européen des femmes (LEF) qui représente plus de 4000 associations ou réseaux d'association de femmes dans l'UE , refusait la motion d'urgence que je présentais au nom de la branche française condamnant les événements qui venaient de se produire à la Conférence de Durban, (qui portait sur le putsch du caucus des ONG européenne, la mise à silence des femmes et le "langage de haine") mais votait la motion portée par mes amies suédoises pour une position politique du LEF pour la pénalisation de l'achat de services sexuels.
Je me suis battue durant quinze ans aux côtés de ces femmes, beaucoup d'amies parmis elles, qui chantaient la victoire dans la nuit presque polaire du 20 au 21 septembre. J'aurais aimé être avec elles et m'ennivrer de ces rêves de jadis enfin aboutis.
Mais aujourd'hui, la victoire est amère et je ne peux me résoudre à faire sauter le bouchon de champagne ici à Paris.
20 novembre 2008
L'Alliance des civilisations : un cheval de Troie à l'ONU *
Le 18 novembre 1928 voyait la naissance de Mickey Mouse sur les écrans de cinéma, la drôle de petite souris à l'idéologie un peu niaise. Elle s'affrontait aux méchants et aux bêtes plus grandes qu'elle, mais elle était si maligne qu'elle gagnait toujours, échappait aux plus graves cataclysmes et savait honorer et défendre les petits et les faibles contre les grands vaniteux obséquieux.
A cette époque, les discours de la SDN étaient emplis de cette idéologie grandiloquente et la naissance de Mickey aurait pu sembler bien dérisoire à un an de la crise économique de 1929....
80 ans plus tard, le 18 novembre 2008, à l'ONU à Genève - alors que le Conseil des droits de l'homme n'a toujours pas convoqué de Session spéciale concernant les violations extrêmes des droits humains en République Démocratique du Congo, qui ont fait leurs cortèges de massacres et plus d'un million de déplacés - était inauguré avec faste petits fours, champagne et discours la salle 20 de l'édifice Genevois, restaurée et appelée désormais "Salle des droits de l'homme et de l'Alliance des civilisations".
Offerte par l'Espagne, la voûte de la salle 20 conçue par l'artiste espagnol Miguel Barcelo est déjà présentée comme la Chapelle Sixtine du 21ème siècle.
Depuis plusieurs semaines déjà, la polémique faisait rage concernant le financement de cette oeuvre : 20 millions d'Euros dont 500.000€ prélevés sur le Fond pour le développement du Ministère des affaires étrangères espagnol.
A ceux qui - en Espagne et ailleurs - ont été choqués par l’utilisation de ces fonds, le gouvernement espagnol a répondu que le Fond pour le développement n'avait pas pour seule destination les pays les plus pauvres, mais devait servir à promouvoir la solidarité internationale de manière générale.
La polémique enfla à tel point que la conférence de Presse de Miguel Barcelo fut annulée à la dernière minute pour "conflit d'agenda".
Le communiqué de presse de l'ONU ne mentionne pas qui furent les 700 invités ni l'ensemble des discours qui ont été prononcés.
En tout cas, il fallait en être... aux côtés du Roi et de la Reine d'Espagne, le Secrétaire Général Ban Ki Moon, le premier Ministre espagnol José Luis Zapatero et son partenaire d'Alliance, l'islamiste "modéré" Erdogan qui dernièrement déclara que la diffamation des religions était un crime contre l'humanité .
*"L'alliance des civilisations, un cheval de troie à l'ONU" , titre repris du chapitre de les "Nations désUnies", éditions Jacob Duvernet, consacré à ce mécanisme de l'ONU intitulé Alliance des civilisations, et initiée par le Président iranien Khatami en 1998, dont les acteurs principaux sont l'Espagne et la Turquie.
* Voir excellent numéro de Controverse n° 9 consacré à l'Alliance des civilisations.
16 novembre 2008
La théorie de la conspiration du 11 septembre défendue par Falk expert de l'ONU
Dans le journal estudiantin écossais "The journal", Richard Falk, expert
indépendant sur les territoires palestiniens occupés, dans un article intitulé "9/11: More than meets the eye", renouvelle les doutes qu'il avait déjà émis naguère sur l'origine des attentats du 11 septembre, et regrette qu'une discussion sur la véracité des événements n'ait pas accompagné la campagne présidentielle américaine.
En sus de sa fonction de Rapporteur spécial sur les territoires palestiniens occupés, Richard Falk a également été nommé en octobre Conseiller du Président de l'Assemblée Générale Miguel d'Esctoto Brockman aux côtés d'une quinzaine d'autres conseillers.
Ses positions douteuses sur l'origine du 11 septembre, ainsi que ses amalgames entre le sort des palestiniens et la Shoah (dans différents articles précédant sa nomination), n'ont semble-t-il jamais dérangé la diplomatie française. Non seulement elle a voté pour son élection au poste de Rapporteur Spécial au CDH sans prononcer quelque réserve que ce soit, mais lors d'un débat récent à la 3ème Commission de l'Assemblée Générale, la France a demandé instamment (au nom de l'UE) à Israël, de collaborer avec lui.
15 novembre 2008
Alleluia ! Le pays de l’apartheid sexuel berger des Nations pour un futur glorieux !
C’est à l’initiative de l’Arabie Saoudite que l’Assemblée Générale s’est réunie pour deux jours de Dialogue de haut niveau autour de la culture de la paix les 12 et 13 novembre, afin d’entamer dés à présent les préparatif pour « l’Année internationale du rapprochement des cultures » prévue en 2010.
La résolution issue de ces deux journées et adoptée par consensus, confirme que la paix mondiale et la prévention du terrorisme ne pourront aboutir que grâce au dialogue interreligieux et civilisationnel. Grace à cela la promesse de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle pourra enfin se réaliser.
Quelle formidable ironie de l’histoire de voir que c’est l’Arabie Saoudite qui mène la danse désormais, alors qu'en son temps elle refusa la Déclaration universelle en raison notamment de l’égalité prônée entre les femmes et les hommes. (Voir les Nations désUnies)
Pas un seul des soixante quinze orateurs n’a d’ailleurs soulevé ce point. A croire que les gouvernements n'utilisent en fin de compte les droits des femmes que comme unique décorum dans leur panoplie de diplomatie de façade.
En Arabie Saoudite, pays d’Apartheid sexuel par excellence, le sort des femmes n’a guère évolué depuis soixante ans. Déjà en 1979, la féministe radicale Andrea Dworkin condamnait la manière dont Jimmy Carter s'arrangeait avec le Royaume Saoudien.
Aujourd'hui comme jadis - ou plutôt plus que jadis en raison de la place grandissante qu'a pris l'OCI au sein de l'ONU- les Nations ne rechignent nullement à se courber dans ces vastes cérémonies déclamatoires.
La France, qui pourtant affirme placer les droits des femmes au devant de son agenda (et qui s’apprête à célébrer en grande pompes le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle), fut un des pays à flatter avec le plus d’enthousiasme le Roi Abdallah. A côté, le discours de Riad ferait presque figure d'appel guerrier. (voir http://www.un.org/french/ga/63/meetings/peace_culture_hl.shtml)
La liberté d'expression, le Moyen orient, la mise en avant des religions comme seuls moteurs pour la paix furent au centre des principales déclarations.
En septembre 2008, le journaliste Christian Malar s’étonnait sur France 3 du ton religieux que prenait le lancement de la 63ème Assemblée Générale.
Dans la marche vers Durban 2, la tendance inquiétante se confirme.


