La diplomatie Européenne, présidée par la France, s’est démenée sans relâche ces deux dernières semaines pour obtenir les signatures requises d’un tiers des membres du CDH, pour convoquer une session spéciale (le 27 novembre), sur les violations des droits humains et les massacres au nord Kivu en République Démocratique du Congo.
Cela a été d’autant plus dur qu’aucun pays africain membre du CDH n’a accepté de signer la convocation, et qu’ils avaient même boycotté la réunion préparatoire.


D’autres discussions eurent lieu concernant le report de la session, la délégation congolaise prétextant  que les ministres n’avaient pas obtenu leurs visas à temps. Ce qui offusqua on ne peut plus les autorités Suisses qui affirmèrent avoir fait le nécessaire.
Enfin la session spéciale démarra grâce à la détermination française le 27 l’après midi. Mais très vite les débats tournèrent au vinaigre.
L’Egypte, au nom du groupe africain attaqua avec violence ceux qui avaient refusé le report de la session, car ils portaient ainsi atteinte à l’esprit de consensus qui a toujours animé le Conseil.
Le Pakistan au nom de l’OCI, tout en condamnant la mort des populations civiles, a assuré de sa solidarité le gouvernement de RDC.
Pour Cuba, ce sont notamment le passé colonial et des siècles d'esclavage qui sont la cause du drame humain.
La Chine a dit vouloir jouer un rôle constructif futur sur place dans l’apaisement du conflit.
L’Algérie, tout en demandant à ce que la RDC ne soit pas singularisée, s’est révoltée du fait que cette Session spéciale fut convoquée par seize pays NON Africains ! 

Le 1er décembre, la France, au nom de l’UE a accepté de retirer sa résolution refusée par le groupe africain, au profit de la nouvelle résolution africaine qui fut adoptée par Consensus.
A l’encontre de la résolution de l’UE plus incisive, cette résolution ne condamne aucune des parties et appelle à la paix et au dialogue. Elle convoque l’envoie sur le terrain de sept rapporteurs thématiques (violence contre les femmes, déplacement de population, indépendance des juges et des avocats, défenseurs des droits de l’homme, rôle des multinationales, mineurs dans les conflits armés et droit a la santé). En revanche, la demande de l’UE d’inclure les rapporteurs spéciaux sur la torture et sur les exécutions extrajudiciaires a été refusée.
La France a par ailleurs dit « regretter » que la RDC refuse de coopérer avec la Cour Pénale Internationale.

En mars dernier, l’UE avait déjà accepté la suppression du rapporteur spécial sur la République Démocratique du Congo, afin de sauver le consensus et… la diplomatie de façade.
Depuis deux ans au CDH, l'esprit de Consensus est sauf.....