La coupole de la salle des droits de l’homme de l’ONU menace-t-elle de s’effondrer ?

3 décembre 08 - Tout juste inaugurée le 18 novembre dernier, la fresque grandiose de l’artiste espagnol Miquel Barceló partirait en morceaux. L’ONU nie tout incident Juan Gasparini / Tribune des droits Humains -

Catastrophe au Palais des Nations à Genève, le ciel nous tombe sur la tête ! Une partie de la grandiose fresque du plafond de la salle des droits de l’homme à l’ONU se serait effondrée hier, à peine quelques jours après son inauguration. C’est ce qu’affirment des sources diplomatiques concordantes à Genève.Manifestement, l’ONU tente d’éviter que l’affaire ne s’ébruite. Les portes vitrées de la salle XX du Palais des Nations ont été recouvertes et les entrées interdites.

Créée par l’artiste espagnol Miquel Barceló, l’œuvre a été inaugurée en grande pompe le 18 novembre dernier, en présence de Juan Carlos, roi d’Espagne, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, sans oublier une délégation de haut rang du gouvernement Zapatero. La luxueuse rénovation de la salle est en effet un don de l’Espagne.

Ces travaux ont coûté presque 20 millions d’Euros. Des entreprises privées ont fourni 60% de l’argent. Le reste vient du budget du ministère espagnol des affaires étrangères, dont une partie est débitée du compte destiné à l’aide au développement des pays pauvres. Et ceci, au nom du multilatéralisme, selon des diplomates espagnols qui ont confirmé ces chiffres.

Ni ces derniers, ni l’artiste n’ont voulu révéler le montant de ses honoraires. Mais des sources concordantes au Palais des Nations indiquent que Barceló aurait touché 6 millions d’Euros. Durant son long séjour à Genève, l’artiste disposait en plus d’une maison à Cologny (une commune genevoise où réside quelques unes des plus grandes fortunes du canton). Le logement aurait coûté 15.000 CHF par mois, sans compter les honoraires du cuisinier français engagé spécialement pour lui.

Si l’Espagne a voulu redorer son image avec cette affaire, cela risque de ressembler à un fiasco. C’est l’un des rares pays européens qui ne prend pas part aux débats de l’Examen périodique universel (EPU), dont la troisième session se déroule actuellement au Palais – dans une salle voisine à celle frappée par la catastrophe. Les diplomates espagnols n’ont posé aucune question ni fait aucune recommandation aux 32 pays qui ont déjà passé cet examen dans les deux sessions précédentes.

Interrogé sur l’effondrement de la coupole, Elena Ponomareva, en charge de l’information de l’ONU nie tout « incident » mais reconnaît que « des travaux sont en cours dans la salle XX ». En réalité, le Palais des Nations à Genève semble être dans une course contre la montre pour réparer les dégâts, car le 12 décembre aura lieu une deuxième inauguration officielle en lien avec les 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et sera présent le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Le ciel fasse que la fresque ne lui tombe pas sur la tête !