Ils furent tous trois de grandes figures de l’engagement humanitaire, en faveur des droits humains ou de la liberté d’expression ces 20 dernières années. Plusieurs médias les ont interrogé dans le cadre des célébrations du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle.

Quels droits humains défendent ils aujourd’hui ?

Politique étrangère
Bernard Kouchner, ancien French doctor (Médecins sans frontières puis Médecins du Monde), ancien fonctionnaire de l'ONU, Ministre des affaires étrangères de la France:
"Je pense que j’ai eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme. C’est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France. (...)

On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme. "
Le Parisien 10 décembre 2008

La liberté d’expression au service de l’idéologie de l’OCI
Robert Ménard, ancien représentant de Reporteurs sans frontières, nommé directeur du centre de Doha pour la liberté d’expression :
« De même sur le respect dû aux religions. D’un côté, nous, occidentaux, brandissons pactes, conventions et autres résolutions sur la liberté d’expression et les droits de l’homme - ainsi, bien sûr, que notre droit inaliénable à la critique -, devenus nos tables de la loi. De l’autre, on nous rétorque que l’Islam est sacré et doit être maintenu à l’abri de la moquerie ou de la satire. Mais surtout, on nous rappelle nos propres interdits. Sous couvert de lois mémorielles - en France, sur l’holocauste, le génocide arménien, l’esclavage,… - nous avons aussi nos tabous. Les nôtres seraient légitimes. Tandis que ceux des autres…»
Tribune des droits humains 27 novembre 2008


La lutte contre les mutilations sexuelles n’entre pas dans la défense des droits universels
Rony Braumann, ancien président de Médecins sans frontières et directeur de la Fondation MSF ,
« Il faut abolir les barrières qui délimitent les actes « civilisés » des actes « barbares ». Cela ne signifie pas que je ne puisse ressentir une répulsion face à certaines pratiques, comme les mutilations sexuelles par exemple. Mais le fait de s’opposer à ces pratiques ne s’inscrit pas dans l’universalité des droits de l’homme. (…) Pour l’heure, sur place, il s’agit de phénomènes culturels à traiter dans le cadre d’une activité politique et sociale."
Tribune des droits humains 3 décembre 2008