31 janvier 2009
Un risque de massacres au Sri Lanka
Frédéric Burnand / swissinfo
29 janvier 09 - Alors que l’armée gouvernementale annonce la chute des rebelles séparatistes des Tigres tamouls, une crise humanitaire se développe au Sri Lanka. De retour de Colombo, un défenseur des droits humains craint que la défaite de la guérilla soit suivie de massacres.
« Le droit le plus menacé aujourd’hui, c’est celui de vivre. Après un conflit de près de 30 ans et des atrocités commises de part et d’autre, la défaite militaire des Tigres ouvre la porte aux règlements de compte et aux massacres. »
C’est le constat inquiet que dresse Adrien-Claude Zoller, de retour du Sri Lanka. Le directeur de l’ONG Genève pour les Droits de l’Homme vient d’y donner une série de cours sur les droits de l’homme auxquels ont participé des associations issues de toutes les composantes de la société civile sri-lankaise.
L’armée sri lankaise, elle, annonce la chute des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), un mouvement qui cherche à obtenir par les armes la constitution d’un Etat tamoul indépendant. Eradication
« Mahinda Rajapakse (le président du Sri Lanka élu en novembre 2005) et son gouvernement ne croient qu’à la force des armes. Ils espèrent ainsi éradiquer la guérilla tamoule. Mais cette offensive qui remonte à la rupture de la trêve en janvier 2008 n’apporte pas de solution politique qui devrait forcément passer par la négociation. Or plus personne ne parle de négociations », juge Adrien-Claude Zoller.
Avant de préciser : « L’armée gouvernementale peut vaincre les forces armées des Tigres, mais pas ses groupes de guérilla qui peuvent toujours commettre des attentats. De plus, la guérilla continue de contrôler certains territoires d’accès difficile. »
Une crise humanitaire
Ces zones se situent dans la région de Vanni, au Nord du Sri Lanka, où se déroulent actuellement les combats. Une région en proie à une crise humanitaire majeure, selon le Comité international de la Croix Rouge (CICR). L’organisation humanitaire assure que près de 250’000 civils sont pris au piège des combats.
Un constat que partage Adrien-Claude Zoller : « Plusieurs dizaines de milliers de personnes, entre 70’000 et 200’000, ne peuvent sortir de cette zone contrôlée par les Tigres et bombardée par l’armée. Ceux qui ont tenté d’en sortir se sont fait assassiner par la guérilla. »
« Les opérations de l’armée ont empêché à plusieurs reprises l’aide humanitaire d’arriver dans cette région, précise Adrien-Claude Zoller. Or, depuis plusieurs années, d’énormes camps de personnes déplacées s’y sont également constitué, des camps qui aujourd’hui sont privé d’aide humanitaire. »
Ce qui fait dire à Jacques de Maio, directeur des opérations du CICR pour l’Asie du Sud : « La dynamique du conflit dans une zone densément peuplée est incompatible avec le respect du droit international humanitaire. »
Une violence généralisée
Mais la violence frappe aussi d’autres régions. Adrien-Claude Zoller signale ainsi un grand nombre de victimes dans l’est de l’île, une région perdue par la guérilla ou sévit des groupes paramilitaires, avant de dénoncer la dérive autoritaire du président nationaliste Mahinda Rajapakse, épaulé par son frère Gotabhaya, secrétaire à la Défense.
« La société civile est sous pression. Et ce dans la quasi-totalité du pays. Les journalistes sont les premiers à être frappés. Certains ont été assassinés et beaucoup d’entre eux fuient le pays. Les défenseurs des droits de l’homme risquent d’être les suivants », s’inquiète Adrien-Claude Zoller.
Le Genevois rappelle au passage que le Sri Lanka est avec la Colombie et l’Irak l’un des pays qui comptent le plus grand nombre de disparus, estimés à 55’000 depuis le début du conflit. Appel à la Suisse
Face à cette tragédie aux multiples dimensions, Adrien-Claude Zoller appelle la Suisse à davantage d’engagement. « La Suisse est toujours active à Colombo pour appuyer divers programmes liés aux droits de l’homme, à la justice sociale ou au développement. Mais il serait temps que Berne augmente ses programmes », plaide le défenseur des droits humains.
Et de conclure : « Il ne s’agit pas seulement de favoriser des négociations de paix entre les criminels des deux bords. Il est urgent d’assurer le respect des droits humains pour l’ensemble de la population et ses éléments les plus exposé, la minorité tamoule et la société civile sri-lankaise. »
30 janvier 2009
des milliers de personnes sans abris au Cambodge en raison d'expulsion forcées
30 January 2009
Forced evictions in Cambodia make thousands of people homeless: UN expert
The following statement on the latest in a series of forced evictions in Cambodia was issued today
by the UN Special Rapporteur on adequate housing, Raquel Rolnik.
“More than 130 families were forcibly evicted during the night of 23 and 24 January 2009 from Dey Krahorm, in central Phnom Penh to make way for a private company to redevelop the site.
“The forced eviction was carried out in the middle of the night, without prior notice and the shelters belonging to this poor community were torn down and destroyed. This situation has grave consequences for all the victims, but particularly the women and children. Reports also state that prior to the eviction, the community suffered intimidation and community representatives and members were also subjected to criminal charges.
“It is regrettable that the ongoing negotiations with the residents were abandoned, casting aside a valuable opportunity to reach a just and lawful solution to this longstanding dispute. It is now of utmost importance that the rights of the residents to fair compensation for their lost homes and property and the provision of adequate alternative housing are fully respected.
“Unfortunately this is by no means an isolated case, and the increase in forced evictions throughout Cambodia is very alarming. Reports indicate that tens of thousands of poor people have been forcibly evicted and displaced, pushing them into homelessness and further destitution.
“In Cambodia, a consistent pattern of violation of rights has been observed in connection with forced evictions: systematic lack of due process and procedural protections; inadequate compensation; lack of effective remedies for communities facing eviction; excessive use of force; and harassment, intimidation and criminalization of NGOs and lawyers working on this issue.
“Forced evictions constitute a grave breach of human rights. They can be carried out only in exceptional circumstances and with the full respect of international standards. Given the disastrous humanitarian situation faced by the victims of forced evictions, I urge the Cambodian authorities to establish a national moratorium on evictions until their policies and actions in this regard have been brought into full conformity with international human rights obligations.”
28 janvier 2009
Thomas Lubanga, chef d’une armée d’enfants, passe en jugement
Le Temps
27 janvier 09 - Fati Mansour/Le Temps
Le premier procès de la Cour pénale internationale s’est ouvert à La Haye. L’accusé, Thomas Lubanga, est un commandant congolais, est accusé d’avoir enlevé, recruté, entraîné et utilisé des centaines d’enfants pour tuer, piller et voler. Il plaide non coupable
- On les appelait les kadogos. En swahili, cela signifie les très petits, les minuscules. Une manière de désigner ces enfants contraints à se battre dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le destin de ces jeunes de moins de 15 ans, qui ont vécu et infligé les pires horreurs, est au cœur du premier procès qui s’est ouvert lundi, à La Haye, devant la Chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI). Sur le banc des accusés, Thomas Lubanga Dyilo, ex-chef milicien actif en Ituri, a troqué sa tenue militaire pour un complet sombre et une cravate rouge. Concentré, ce dernier a écouté le procureur Luis Moreno Ocampo faire la synthèse accablante d’un dossier qu’il souhaite exemplaire.
Souffrances
« Aucun document ne pourra faire entendre les pleurs de ces enfants enlevés sur le chemin de l’école, ni les cris de leurs frères ou de leurs amis fauchés par des balles », dira Me Hervé Diakese, l’un des conseils des 93 victimes admises – c’est un tournant dans l’histoire de la justice pénale internationale – à participer au procès et à demander réparation. Et pourtant, cette souffrance était presque perceptible à l’écoute de la déclaration liminaire de l’accusation et le sera encore plus lors des témoignages annoncés de neuf enfants-soldats qui feront le voyage des Pays-Bas pour raconter les traumatismes subis.
Aux yeux du procureur, Thomas Lubanga a enlevé, recruté, entraîné et utilisé des centaines d’enfants pour tuer, piller et voler. Ces jeunes ne pourront jamais oublier la terreur qu’ils ont infligée et ressentie, ni le son de leur mitraillette. Et Luis Moreno Ocampo de citer la déclaration d’un de ces petits soldats : « Plus je tirais, plus j’avais mal aux oreilles. » Ces témoins-victimes viendront raconter comment ils ont été emmenés de force dans des camps d’entraînement où les plus récalcitrants se faisaient passer à tabac et ceux qui tentaient de fuir se faisaient tuer pour servir d’exemple. Les filles, plus rarement envoyées au front, étaient violées et contraintes à des tâches ménagères.
Peine très sévère demandée
Pour démontrer que les milices de l’accusé étaient bien des « armées d’enfants », le procureur entend produire quelque 1671 documents et faire citer 34 témoins, dont 19 font l’objet de mesures de protection. Des experts, chargés de déterminer l’âge de ces recrues ou d’attester des ravages de cet enrôlement imposé, viendront également à la barre.
Lors de cette première audience, l’accusation a diffusé des vidéos qui montrent Thomas Lubanga à Bunia, le chef-lieu de l’Ituri, entouré de tout jeunes gardes du corps. On le voit aussi, dans un camp d’entraînement, s’adresser à des enfants en uniforme. Derrière lui se tient Bosco Ntaganda, dit « Terminator », son ancien bras droit, recherché par la CPI et désormais actif dans le Nord-Kivu, plus au sud.
Lundi déjà, Luis Moreno Ocampo a annoncé la couleur. Il entend, si la culpabilité de l’accusé est retenue, demander une peine très sévère, proche du maximum, contre celui qui a « volé l’enfance et affecté toute une génération ». Le Statut de Rome prévoit une peine maximale de 30 ans ou la perpétuité si l’extrême gravité et la situation personnelle du condamné le justifient. Un statut qui place aussi la victime au cœur du procès pénal.
Huit représentants légaux ont ainsi pris successivement la parole au nom de ces enfants, de leurs parents, d’un directeur d’école malmené et dont l’établissement a été détruit parce qu’il s’opposait à la conscription de ses élèves. Autant de personnes qui ont pris d’énormes risques en participant à cette procédure. Certains ont dû être réinstallés ailleurs pour éviter les représailles. « Aujourd’hui est un jour d’espoir pour la CPI, pour ces milliers de victimes d’un conflit sans fin, pour ces enfants qui sont encore dans la brousse, un fusil comme seul compagnon et du chanvre pour se consoler », a relevé Me Luc Walleyn. « Les victimes attendent que la vérité soit dite. Ce ne sont pas vos ennemis, ces kadogos appartiennent à votre peuple », a-t-il ajouté en s’adressant à l’accusé. La meilleure réparation, a poursuivi l’avocat, « serait que vous, vous qui étiez leur papa Lubanga, reconnaissiez vos crimes ».
Interrogé en début d’audience par le très pointilleux président, le juge britannique Adrian Fulford, l’accusé a fait savoir, par la voix de ses avocats, qu’il plaidait à ce stade non coupable. La parole sera donnée ce mardi à ses défenseurs.
27 janvier 2009
Déplacements forcés en RDC
27 janvier 2009
Un expert en droits de l’homme des Nations Unies craint de nouveaux déplacements de population dans l’Est de la RDC
GENÈVE - M. Walter Kälin, le Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays, a appelé aujourd’hui tous les acteurs impliqués dans les opérations militaires menées actuellement dans les provinces de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) à respecter scrupuleusement le droit international humanitaire et les droits de l’homme. Ces opérations sont menées par les forces armées de la RDC et du Rwanda, en association avec des groupes armés non-étatiques, contre les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé non-étatique opérant dans le Nord et Sud Kivu.
« A moins qu’une distinction claire ne soit établie entre les combattants et les civils et que des mesures de précaution ne soient prises pour protéger ces derniers, je crains que ces opérations ne provoquent de nouveaux déplacements massifs de la population civile et n’aggravent la crise humanitaire dans la région du Kivu », a indiqué M. Kälin. Celui-ci a ajouté : « Lors du lancement d’opérations militaires, le Gouvernement de la RDC a la responsabilité de protéger la population civile et d’organiser l’assistance humanitaire nécessaire. Cela signifie également que toute information pertinente relative à la réponse humanitaire et à la protection des civils doit être communiquée de façon transparente et en temps utile à la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC). Toutes les parties au conflit doivent faciliter l’accès aux agences humanitaires ».
M. Kälin a également rappelé que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, y compris le déplacement forcé de population, doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites et doivent être punis. « Ils peuvent également faire l’objet de poursuites devant la Cour pénale internationale », a ajouté M. Kälin.
« Nous avons observé récemment des actes de représailles violents commis contre les civils par des groupes armés non-étatiques dans la Province Orientale », a souligné M. Kälin. A la mi-décembre 2008, les forces armées de la RDC et de l’Ouganda ont lancé une opération militaire conjointe contre l’Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), un groupe armé non-étatique dont le chef Joseph Kony a été inculpé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. M. Kälin a précisé : « les combattants de la LRA fuyant l’offensive ont tué au-moins 500 civils, violé des femmes et enlevé des enfants. On estime que plus de 100,000 personnes ont été déplacées de manière forcée ».
Le communiqué de M. Kälin est publié en sa qualité de Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays, à la suite de sa visite du 17 au 23 janvier 2009 à Kinshasa et Goma (la capitale provinciale du Nord-Kivu).
M. Kälin a effectué cette visite à l’invitation du Gouvernement de la RDC. Il est membre du groupe des sept experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, suite à sa session spéciale du 1er décembre 2008, d’examiner de façon urgente la situation actuelle dans l’Est de la RDC, afin de faire rapport au Conseil des droits de l’homme lors de sa 10ème session au mois de mars 2009, sur les meilleurs moyens d’apporter une assistance technique à la RDC pour répondre à la situation des droits de l’homme, en vue d’obtenir des améliorations tangibles sur le terrain, tout en prenant en considération les besoins formulés par le Gouvernement de la RDC (cf. la résolution S-8/1 du Conseil des droits de l’homme, qui fait écho à la résolution 7/20).
M. Kälin, un expert indépendant et professeur de droit à l’Université de Berne (Suisse), occupe le poste de Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays depuis 2004.
3000 morts au Zimbabwe, 3 lignes de l'AFP
3.000 morts du choléra au Zimbabwe
AFP 27/01/2009 L'épidémie de choléra qui sévit depuis le mois d'août au Zimbabwe, a fait près de 3.000 morts et 56.000 malades, a indiqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
23 janvier 2009
Une manifestation de rue de femmes divorcées au Nigéria considérée comme non-islamique
Sharia police block women's rally
The Hisbah are charged with policing the morals of Kano's Muslims Islamic authorities in the northern Nigerian city of Kano have told organisers of a planned protest by divorced women to cancel the event.
The head of the Sharia police, or Hisbah, said the planned protest was an "embarrassment", and is "un-Islamic".
The organisers have agreed to postpone their protest scheduled for 29 January.
Women's rights activists say divorced women are often thrown out of their homes, lose custody of their children, and many end up destitute.
The Director General of the Hisbah, Saidu Dukawa, said there were also security concerns over the protest.
"We fear what could happen in the streets if there is a large gathering of people, it could get out of control," he told the BBC's Hausa Service.
Large gatherings of people can be volatile in Nigeria, which has been rocked by violence between Muslims and Christians over the last 10 years.
Quarrelling spouses
He also said the idea of street protests was "un-Islamic" and "morally wrong". "Never in the history of Islam have women taken to the street to press for their demands," he said.
The Hisbah were reported by local media to have said they feared the demonstration would "ridicule Kanoin the eyes of the world".
Kanois one of 12 northern Muslim-majority states governed by Sharia law.
The Hisbah are in charge of policing the morals of Muslims to make sure they are "Sharia-compliant".
They do not have the authority to ban the protest from going ahead, but told organisers they would report the demonstration to the police if they continued with it.
One of their duties is to reconcile quarrelling spouses and prevent divorce.
But divorce in polygamous northern Nigeria is very common. The Association of Divorcees Widows and Orphans has could not immediately be reached for a comment.
sources BBCnews http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7837512.stm
22 janvier 2009
Menace de mort pour une défenseuse de la liberté d'expression
Communiqué du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme.
Christine Tassin, du Mouvement Républicain et Citoyen, collaboratrice du site Riposte Laïque, vient de recevoir sur son blog (1), en guise de commentaire à son billet, un message signé "Ezzedine EL Kassem" (2) se terminant par une menace de mort.
Paroles creuses ? Il faut l’espérer !
Mais peut-on hausser les épaules devant l’inadmissible ?
Et peut-on ignorer que le verbe des islamistes est souvent performatif ?
Christine Tassin a porté plainte et réagi avec grand courage.
La solidarité envers elle doit être totale.
Un soutien inconditionnel, indépendant de l’accord avec les positions qu’elle exprime, doit lui être apporté.
Défendre la liberté d’expression est crucial.
Dénoncer le Hamas est non seulement un droit mais un devoir pour tout démocrate.
Huguette Chomski Magnis.
Présidente du MPCT
(1) http://christinetasin.over-blog.fr/article-26991345.html
(2) Nom de la branche armée du Hamas
19 janvier 2009
Premier procès d'un responsable khmer rouge
Le premier procès d'un responsable khmer rouge s'ouvrira le 17 février
Le Monde
Trente ans après la chute du régime khmer rouge, le premier procès international d'un ancien responsable du Kampuchea démocratique s'ouvrira le 17 février au Cambodge. A cette date, l'ex-tortionnaire présumé Kang Kek Ieu, alias "Douch", sera jugé pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, a annoncé, lundi 19 janvier, le tribunal parrainé par l'ONU qui enquête, depuis plus de deux ans, sur les violences de masse commises sous le régime d'inspiration maoïste des Khmers rouges (1975-1979).
L'accusé – un ancien professeur de mathématiques âgé de 66 ans – avait dirigé le centre de torture S-21 à Phnom Penh, où furent détenus plus de 12 380 hommes, femmes et enfants avant d'être exécutés. Il avait été emprisonné en 1999 et transféré en 2007 au tribunal chargé de juger d'ex-responsables khmers rouges.
Outre des violations graves des Conventions de Genève de 1949 (crimes de guerre) et du code pénal cambodgien de 1956, Douch est formellement accusé de "meurtres, extermination, réduction en esclavage, emprisonnement, torture, viol, persécution pour motifs politiques et autres actes inhumains". Quatre autres suspects – septuagénaires ou octogénaires – sont actuellement détenus dans l'enceinte du tribunal à participation internationale. De nombreux Cambodgiens redoutent qu'ils ne décèdent avant leur procès.
Beaucoup de temps a été perdu depuis le lancement, en 1997, de tractations entre les Nations unies et le gouvernement cambodgien, à l'issue desquelles la cour s'était péniblement mise en place en juillet 2006 à Phnom Penh, rappelle le site d'information Ka-set. De nombreux retards ont également marqué le processus ponctué par des accusations de corruption et d'ingérence de la part du gouvernement de Hun Sen.
Près de deux millions de personnes ont trouvé la mort sous le régime des Khmers rouges, qui, au nom d'une idéologie mêlant maoïsme et nationalisme, a fait régner la terreur il y a trois décennies au Cambodge, vidant les villes au profit des campagnes, exténuant la population par le travail forcé et éliminant systématiquement toute personne suspectée d'opposition.
17 janvier 2009
Gaza : (quasi) unanimité à l'ONU pour condamner l'intervention militaire Israélienne sans nommer le Hamas
Durant les 15 premiers jours de l’année, la Communauté internationale a été toute entière et quasiment exclusivement mobilisée autour de l'intervention militaire d'Israël et de la situation humanitaire dans la bande de gaza.
Sur 59 communiqués de presse émanant du service de presse de l’ONU, et évoquant des situations politiques ou humanitaires, 52 visaient Israël parmis lesquels 47 évoquaient la situation à Gaza et 5 le Sud Liban.
Parmi les 59 communiqués, 11 d’entre eux évoquaient les situations en République démocratique du Congo, 9 au Darfour/Soudan, 6 en Somalie, 5 en Iraq, 2 au Ghana, 2 en Iran, 2 au Zimbabwe,1 en Afghanistan, 1 en Birmanie/Myanmar, 1 en Centre Afrique, 1 à Chypre, 1 à Djibouti / Erythré, 1 aux Îles Fidji, 1 en Indonésie, 1 au Malawi, 1 au Sénégal,1 au Sri Lanka et 1 au Tchad.
------------------------
Sur 45 déclarations à la presse de personnalités politiques au siège de l’ONU à New York, (Ministres des affaires étrangères ou ambassadeurs de gouvernements ou représentants d’organisations politiques) 43 d’entre elles étaient consacrées à Gaza, une à la République démocratique du Congo et une autre à la Somalie.
------------------------
Sur le site Unispal (United nation informationsystem on the question of Palestine) , plus de 220 communiqués étaient consacrés à Gaza durant les 15 premier jours de 2009. ( A noter que seule la question de la Palestine est dotée d’une base de donnée spécifique, alors qu’il n’en existe pour aucune autre région, autre pays ou conflit au sein des Nations Unies)
-----------------------
Le 8 janvier le Conseil de Sécurité adoptait la résolution 1860 CS_1860 (proposée par La France et l’Egypte, pour laquelle les US se sont abstenus) appelant notamment au cessez le feu, au retrait des forces israéliennes de Gaza, et appelant tous les États Membres à soutenir les efforts internationaux déployés pour améliorer la situation humanitaire et économique à Gaza, notamment en versant des contributions supplémentaires nécessaires de toute urgence à l’UNRWA et par le biais du Comité de liaison ad hoc.
(Le terme Hamas n’apparaît nulle part dans cette résolution)
---------------------
Le 9 janvier, le Conseil des droits de l’Homme tenait sa neuvième session extraordinaire, soit la cinquième consacrée à des opérations militaires israéliennes, dont trois en 2006 et une en 2008. (Les autres sessions extraordinaires avaient porté sur la situation des droits de l'homme au Darfour (2006), la situation des droits de l'homme au Myanmar (2007), l'impact négatif de l'aggravation de la crise alimentaire mondiale sur la réalisation du droit à l'alimentation pour tous (2008); et la situation des droits de l'homme dans l'Est de la République démocratique du Congo (2008).)
Etant donné le nombre important d’interventions, la session extraordinaire a du se prolonger sur une demie journée supplémentaire et s’est achevée le 12 janvier.
Cette session avait été convoquée à la demande de l’Egypte au nom du groupe arabe (21 membres) et du groupe africain (53 membres), du Pakistan au nom de l’Organisation de la conférence islamique (57 membres), de Cuba au nom du Mouvement des non alignés (118 membres) ainsi que par 32 des 47 membres du Conseil des droits de l’homme, à savoir l’Afrique du Sud, l’Angola, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, le Bangladesh, la Bolivie, le Brésil, le Burkina Faso, le Cameroun, le Chili, Cuba, Djibouti, l’Égypte, la Fédération de Russie, le Gabon, le Ghana, l’Inde, l’Indonésie, la Jordanie, Madagascar, la Malaisie, Maurice, le Nicaragua, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines, le Qatar, le Sénégal, la Suisse et la Zambie.
Durant les débats de la session spéciale du CDH, 81 pays se sont exprimés
dont l’Égypte 3 fois : au nom du Groupe arabe, du Groupe africain (voir déclaration Egypte___African_group) ainsi qu'en son propre nom ;
le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence islamique - OCI (voir déclaration Pakistan_OIC_9_January);
Cuba au nom du Mouvement des pays non alignés (voir déclaration Cuba__NAM_9_January);
la République tchèque au nom de l'Union européenne (voir déclaration Rep_Czech_EU_9_January) ;
le Chili au nom du Groupe des États d'Amérique latine et des Caraïbes (voir déclaration) Chile_Grulac_9enero.
L’OCI, la Ligue arabe et l’Union africaine se sont exprimés à nouveau à la fin des débats en tant que structures propres. (Voir les communiqués de presse rapportant partiellement les débats 9_eme_session_sp_cial_cdh. L’ensemble des débats sont consultables en webcast le 9 janvier et le 12 janvier
Le 12 janvier, la résolution qui (ne nomme pas le Hamas) affirme qu’Israël vise délibérément les populations civiles. C’est en raison de cette affirmation qu’un certain nombre de pays ont décidé de s’abstenir.
La résolution a été adoptée par 33 voix en faveur (Afrique du Sud, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Azerbaijan, Bahrain, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Burkina Faso, Chili, Chine, Cuba, Djibouti, Egypt, Gabon, Ghana, Inde, Indonesie, Jordanie, Madagascar, Malaysie, Mauritius, Mexique, Nicaragua, Nigeria, Pakistan, Philippines, Qatar, Federation de Russie, Senegal, Uruguay, et Zambi
13 abstentions (Allemagne, Bosnie et Herzegovine, Cameroun, France, , Italie, Japon, Pays Bas, Republic of Korea, Royaume Uni, Slovaquie, Slovenie, Suisse, Ukraine)
1 non (le Canada)
--------------------------------
Le 15 janvier, L’Assemblée générale se réunissait dans le cadre de sa 10ème session extraordinaire. Elle avait été convoquée à la demande du Président de l’Assemblée Générale, Miguel d’Escoto Brockman le 8 janvier, quelques heures avant l’adoption de la résolution 1860 du Conseil de Sécurité, afin de pallier notamment "aux blocages inhérents au fonctionnement" du Conseil de Sécurité sur la situation à Gaza.
A la suite de débats acharnés où 75 gouvernements se sont exprimés, y compris sur la légitimité de la tenue de cette session extraordinaire, cette dernière s’est achevée le 16 janvier. (voir résumé des déclarations dans les communiqués de presse 1 et 2. à noter que le communiqué de presse en anglais comporte plus d'éléments d'informations, notamment sur les votes en annexe et demandes de vote
Deux résolutions avaient été soumises à la discussion de l’AG. La première proposée au départ par le Président de l'Assemblée Générale, puis renégociée par l’Egypte s’inscrivait dans la suite de la résolution Egyptanofrançaise 1860 du Conseil de Sécurité.
Un texte proposé par le Guatemala comportait des termes beaucoup plus radicaux vis à vis d’Israël. Le Président de l’Assemblée Générale retira alors son soutien à sa propre résolution, en raison des modifications égyptiennes, du refus de prendre en compre la proposition du Guatemala et de la demande de vote par Israël.
La résolution fut adoptée par 142 voix pour, 4 contre et 8 abstentions.
Parmi les contre on trouve Israel, Nauru, les Etats Unis, le Venezuela, pour des raisons diamétralement opposées.
De même les tenants de l'abstention n'avaient pas les mêmes motivations : l' Australia, le Canada, la Côte d’Ivoire, l' Equateur, l'Indonesie, l'Iran, le Nigeria et la Syrie.
(La encore, dans cette résolution, le Hamas n’est pas nommé)
05 janvier 2009
« LES NATIONS DESUNIES » NON GRATA A L’ONU
Charles Malou, Genève
Alors que le 12 décembre passé, l’ONU célébrait en grande pompe le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit notamment le droit à la liberté d’opinion et d’expression, dans l’enceinte même du Palais des nations à Genève, on pouvait prendre la mesure du décalage entre les beaux discours de circonstance et leur application dans la réalité toute proche. Ainsi, si d’aventure l’une des personnalités présentes avait souhaité revenir sur terre et trouver un autre son de cloche dans l’une des deux librairies du lieu, elle serait restée sur sa faim.
Personnellement, j’ai pu le vérifier comme d’autres habitués du Palais qui ont vainement essayé de se procurer sur place le dernier ouvrage de Malka Marcovich, « Les Nations désunies, comment l’ONU enterre les droits de l’homme » aux éditions Jacob Duvernet.
A la librairie Naville, attenante à la salle de presse, la responsable m’a d’abord conseillé de me rendre à la librairie officielle de l’ONU, sise à l’opposé du bâtiment dans la nouvelle aile où siège le Conseil des droits de l’homme. Là, le libraire m’a expliqué qu’un point de vente officiel ne pouvait pas se permettre de mettre en vente un livre avec un tel titre et qu’il devait certainement être disponible chez Naville, une librairie privée non soumise à ce genre de contrainte. De retour à la case départ, la responsable m’a fait savoir qu’elle n’avait pas encore reçu ce livre et qu’elle allait le commander. L’année s’est terminée et l’ouvrage en question n’était toujours pas arrivé. Avec un sourire entendu, la libraire conseille à d’éventuels acheteurs de se procurer le titre litigieux dans une librairie de Genève, ou en France voisine où les livres sont nettement moins chers, bien que l’ONU bénéficie en principe de l’extraterritorialité.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que certains ouvrages jugés politiquement incorrects ou en l’occurrence, la concernant directement mais sous un jour critique, sont interdits d’accès à l’ONU, ou parfois arbitrairement retirés de la vente sous la pression de fonctionnaires zélés ou d’interventions personnelles de pays peu respectueux de la liberté d’expression. Ainsi, la Chine prétend imposer à l’ONU la même censure qu’elle pratique chez elle et voit rouge chaque fois qu’il est question du Tibet. La mission de Chine avait naguère même réussi à faire intervenir des huissiers de l’ONU pour retirer des rayons de la librairie Naville un livre avec en couverture une photo du Dalaï-lama. Depuis, les responsables de cette librairie privée sont particulièrement attentifs aux ouvrages qu’ils exposent par crainte de se voir remplacer par un concurrent.
Ainsi va, ou ne va pas, l’ONU au lendemain des célébrations du 60e anniversaire de la Déclaration universelle, insidieusement mais avec persévérance remise en question par les pays (et ils sont nombreux dans cette enceinte) liberticides. On en a encore eu un exemple en décembre, quand l’Organisation de la conférence islamique (OCI) a fait adopter par l’Assemblée générale (86 voix contre 53 et 42 abstentions) une nouvelle résolution condamnant « la diffamation des religions, en particulier de l’islam » avec pour corollaire de nouvelles restrictions aux libertés individuelles.
D’ailleurs, dans cette offensive concertée contre la liberté d’expression, les services d’information de l’ONU sont également mis à contribution. A la mi-décembre, n’a-t-on pas vu le porte-parole du Haut commissariat aux droits de l’homme, Rupert Colville, s’en prendre méchamment dans un communiqué à une journaliste qui avait osé, dans un article paru simultanément dans le ‘Wall Street Journal’ et ‘The Australian’, contester la version officielle sur le cauchemar annoncé de Durban II, dont le Comité préparatoire est présidé par la Libye, avec Cuba comme rapporteur et l’Iran parmi les vice-présidents ? Sous l’influence des violateurs patentés de la liberté de la presse, le ver est désormais dans le fruit au sein même de l’ONU. Avec la complicité de certains fonctionnaires serviles qui montrent les dents envers la presse et cherchent à faire taire les voix discordantes. C’est dans ce contexte aussi que s’inscrit l’ostracisme dont fait l’objet le livre en ne saurait plus pertinent de Malka Marcovich : à l’ONU comme ailleurs, on est décidément réfractaire aux vérités qui dérangent.


