Par Huguette Chmosky Magnis, président du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme

« Pakistan : la charia en échange de la paix »,
tel était en résumé jeudi 19 février le titre des médias sur l’accord passé entre le gouvernement pakistanais et les talibans de la vallée de Swat. Ces médias soulignaient cependant que céder « pour avoir la paix » était un pari risqué.

Quelle serait donc la recette pour la paix, au Pakistan et ailleurs ?
D’abord témoigner de la déférence aux talibans et aux terroristes.
Ce terme doit d’ailleurs être banni et remplacé par celui de « résistants ».
Les assassinats d’otages doivent être étiquetés « exécutions ».
Il faut s’interdire toute critique d’organisations terroristes, taire les crimes qu’elles commettent contre les civils et au contraire louer leur « résistance ».

Mais comment ? Ces sages précautions sont déjà prises et cela ne suffit pas ?
Il convient alors d’observer quelques règles de bon sens :
priver les filles d’enseignement
persuader les femmes de dissimuler leur féminité
s’abstenir de participer aux funérailles de victimes d’attentats

Il faut de plus se montrer prudent pour éviter de croiser la route d’un « résistant » en partance pour le paradis :
ne pas aller se faire soigner à l’hôpital
ne pas aller au restaurant
ne pas prendre l’autobus, le train, l’avion
faire ses courses avec la plus extrême précaution

Et en outre :
ne pas écouter de musique
ne pas être juif, chrétien, chiite (sauf là où règne l’islamisme version chiite), d’une autre religion ou - surtout pas ! - athée en terre d’Islam
ne pas être homosexuel

Quant aux « occidentaux » il leur faut avoir un comportement raisonnable :
ne pas venir travailler dans un pays musulman, pas même comme humanitaires
ne pas fréquenter les hôtels de luxe
ne pas fréquenter non plus les petits centres d’hébergement pour routards - et surtout pas les centres Chabad (2)
en règle générale ne pas voyager sauf pour participer à des manifestations bien encadrées en l’honneur du fameux dialogue des civilisations.

Ce programme est caricatural ?
Certes le trait est un peu grossi mais, à coup de relativisme, d’accommodement et d’abandon des droits humains universels, on s’en rapproche dangereusement.
Quant à l’accord talibans-gouvernement pakistanais, il a été salué dès le lendemain par un nouvel attentat "suicide" commis, dans ce nord-ouest du Pakistan, bastion des talibans, au cours des funérailles d’un dirigeant chiite assassiné.
Bilan annoncé : 30 morts, plus de 50 blessés.

En fait de paix, céder aux talibans n’est qu’un encouragement au terrorisme.

Samar Minullah, anthropologue pachtoune le dit avec force :
« Le gouvernement pense pacifier les extrémistes mais il ne fait que les renforcer…… les femmes payent le prix le plus élevé de cette montée de l’extrémisme. Au niveau de l’éducation et de l’emploi, elles sont les premières visées. Après avoir souffert du sous-développement, les gens aujourd’hui sont privés de tout pouvoir. Ils ne peuvent s’exprimer contre les atrocités commises par les talibans, les destructions d’écoles, les assassinats, les opposants décapités. Personne n’ose plus élever la voix. Je suis très pessimiste sur l’avenir de mon peuple. »

Si personne au Pakistan n’ose plus élever la voix, c’est aux démocrates de tous les pays de le faire !
Alors ne tardons pas. Une signature de la pétition internationale NON AU TERRORISME, c’est une voix pour les filles, les femmes, les opprimés et les victimes sans voix du Pakistan et d’ailleurs. http://www.petitionnonaut.org

HCM

(1) Courant juif orthodoxe Loubavitch
(2) Le Monde du 19.02.09