Le 16 février 2009, la communauté de Genève était en émoi. L'administration Obama envoyait une délégation à l'ONU pour participer à la réunion informelle préparatoire, pour l'élaboration du texte qui sera présenté pour négociations finales lors de la Conférence d'examen de Durban, dite Durban 2, du 20 au 24 avril 2009.
Nombre d'observateurs voyaient en ce retour un signe d'ouverture du nouveau président des États Unis, qui rompant avec son prédécesseur, semblait accepter que son pays participe à la conférence d'examen, alors même que son pays s'était retiré avec Israël en septembre 2001  à Durban en plein milieu des négociations.

La délégation américaine annonça d'emblée que sa présence ne signifiait pas qu'elle revenait définitivement, mais  qu'il s'agissait de se rendre compte par elle même du climat des négociations, et qu'elle posait 3 lignes rouges à ne pas franchir, à savoir :
- la non focalisation sur une région en particulier et sur le conflit Palestine/Israël comme ce fut le cas en 2001,
- la protection de la liberté d'expression
- la non inclusion de réparations pour les descendants des victimes de l'esclavage.

Sur ces trois points, et d'autres encore, la nouvelle administration a pu mesurer le chemin parcouru depuis 2001, et le fait que ces trois lignes rouges ont effectivement été franchies.

Quelle sera alors désormais la marge de manoeuvre pour les Européens, en particulier pour la France qui n'a cessé de menacer de se retirer si des lignes rouges étaient franchies, sans pour autant définir ces fameuses ligne rouges précisément, lignes rouges qui semble bouger selon l'avancement des négociations ?

En tout cas une chose est claire pour celles et ceux qui observent les négociations. Les lignes rouges ont bel et bien été franchies sur un certain nombre de sujets qui constituent les fondements de nos sociétés démocratiques. Au delà des trois points soulevés par les États Unis, on peut d'ores et déjà noter des régressions concernant  les questions liées  à l'autonomie sexuelle des femmes, l'orientation sexuelle, la traite et la prostitution, l'esclavage contemporain et la mémoire de l'esclavage et de la traite.

Par ailleurs, comme en 2001, il ne sera pas possible d'aborder les discriminations de castes, notamment des Dalits en Inde, les discriminations et persécutions des minorités en Chine ou du peuple tibétain, des minorités religieuses dans nombre de pays musulmans etc...