Ligue du droit international des femmes
COMMUNIQUE DE PRESSE.
Le 7 mars 2009


Si la France prétend défendre les droits des femmes en France et dans le monde, elle doit oser l’affirmer au niveau international et se retirer de « Durban 2 »


En cette semaine marquée par les multiples célébrations de la journée internationale des femmes, on oublie trop souvent les grandes manœuvres internationales dont les femmes font les frais au nom du retour en force de la religion et du respect de la diversité culturelle.


Un moment fort dont les Nations-Unies ont le secret, sera la rencontre internationale qui se tiendra à Genève du 20 au 24 avril, dite « Durban2 ». Son objet sera le suivi des travaux de la conférence de 2001 contre le racisme qui avait eu lieu à Durban. Aucun doute ne subsiste quant aux orientations qu’elle adoptera : à l’image de ce qui s’est passé en 2001, le fait religieux – principalement islamique – sera présenté comme la solution à tous les conflits sociétaux et internationaux.


Plus que tout autre pays, la France n’a pas le droit de capituler et devrait se retirer de la conférence Durban 2. Il en va de la démocratie et de l’avenir des femmes en France et dans le monde. 


Depuis 1983 et singulièrement au cours de la décennie actuelle, la ligue du droit international des femmes (http://www.ldif.asso.fr ), dont la fondatrice et première présidente fût Simone de Beauvoir, a régulièrement dénoncé la manière dont les droits humains universels des femmes ont été remis en question au nom du multiculturalisme et du respect des religions et des civilisations. Parallèlement, elle constate un phénomène plus nouveau, le détournement de certaines revendications des organisations féministes, y compris au sein des institutions internationales, pour mieux faire taire les aspirations émancipatrices et universalistes des femmes. Ainsi l’application des la charia est préconisée pour venir à bout de pratiques traditionnelles telles que les mutilations sexuelles, ou pour endiguer les violences conjugales, quant à la prostitution et la traite des femmes elles seraient censées disparaître si la polygamie était maintenue et que les femmes retrouvaient leur fonction maternelle dans la société. Même la parité et l’éducation des filles sont affirmés comme étant des objectifs portés par la Charia.

Force est de constater qu’aujourd’hui la musique entonnée il y a trente ans par la révolution islamique d’Iran donne le « la » dans les discussions internationales et que les droits des femmes sont instrumentalisés pour enterrer l’universalité de leurs droits.

En 2001, lors de la Conférence contre le racisme à Durban, les organisations de femmes qui auraient dû pouvoir s’exprimer librement au cours de la Conférence des ONG qui se tenait en marge des négociations gouvernementales, furent en fait muselées. Au niveau des Etats, ce fût pire encore, la République islamique d’Iran proposait tout simplement que le mot « femme » soit supprimé de l’ensemble du texte  gouvernemental. Dans la foulée, les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn, l’Arabie Saoudite, le Sultanat d’Oman, le Qatar et le Koweït, se démarquaient des libellés et concepts contraires à la charia islamique. Quant à certaines démocraties, elles avaient déjà capitulé en reconnaissant la religion comme « valeur intrinsèque des êtres humains », qui « peut aider à promouvoir la dignité » et « éliminer le racisme ».

Pour l’Organisation de la conférence islamique qui tient la dragée haute dans les instances internationales (et qui est représentée par le Pakistan au Conseil des droits de l’homme), les femmes doivent être valorisées, protégées et respectées, mais la sexualité hors mariage pénalisée et l’avortement considéré comme une « exécution extrajudiciaire ». Pour les nouveaux chantres des droits humains, si les femmes sont exploitées sexuellement, la faute en revient aux féministes occidentales qui ont favorisé la transformation des femmes en objets sexuels et tout ce qui s’en suit : pornographie, viol, prostitution, lesbianisme.


La conférence « Durban 2 » - dont le comité préparatoire est présidé par la Libye avec comme vice présidence notamment l’Iran - ne fera qu’entériner ces régressions idéologiques à l’œuvre depuis sept ans, qui se sont encore aggravées lors des négociations sur le texte de la Conférence.


La France ne doit pas cautionner la mise en avant des religions et l’attaque de la liberté d’expression dont les femmes, jadis comme aujourd’hui, sont toujours les premières victimes. Le Président Sarkozy a affirmé lors de son discours d’investiture le 6 mai 2007, que la France n’abandonnerait pas les femmes opprimées dans le monde.


L’année 2008 a été marquée par les célébrations du centième anniversaire de Simone de Beauvoir, et par le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’année 2009 devrait être marquée par une autre célébration symbolique, celle du trentième anniversaire de la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’encontre des femmes (CEDAW). N’acceptons pas qu’elle soit en fait l’année de l’enterrement des droits universels des femmes.

La présidente de la Ligue du Droit internationale des femmes


Membre de la rédaction du journal électronique Riposte Laïque ( et co-auteur du livre « Les dessous du voile, 1989-2009, vingt ans d’offensive islamique contre la République laïque »).


Annie Sugier

06 08 48 79 33

Ligue du droit international des femmes
6, Place Saint-Germain-des-Prés 75006 Paris - France

TEL : (33) 1.45.49.04.00 - FAX : (33) 1.45.49.16.71

Email : w113111@club-internet.fr