31 mars 2009
Le projet de l'Organisation de la conférence islamique autour du concept de diffamation des religions
Le 26 mars, j'étais invitée sur Radio France Internationale dans l'émission le débat du jour du journaliste Jean-François Cadet, autour du thème de la diffamation des religions, avec l'Ambassadeur de l'OCI à Genève, Monsieur Babacar Ba. L'intégralité de l'émission est consultable sur http://marcovichnews.canalblog.com/archives/2009/03/27/13156258.html ainsi que son décryptage intégral http://marcovichnews.canalblog.com/archives/2009/03/27/13208012.html dont je ne présenterai ici que quelques extraits significatifs des interventions de l'ambassadeur Ba.
Le concept de diffamation des religion (...) est le fait de stigmatiser, de mettre sous forme de stéréotypes les valeurs et principes de l'Islam et mettre les musulmans en situation de défensive, en critiquant leur comportements, leur nature, leurs valeurs.
(...)
Il nous faut combattre ce genre de phénomène car comme vous le savez le rôle principal des Nations Unies, c'est d'assurer une cohésion, une certaine entente entre les populations, entre les peuples, entre les communautés. Et tout ce qui doit concourir, agir dans le sens de la désunion, d'une passion ou l'incitation à la haine entre les communautés doit être combattu.
(...) Lorsque vous parlez d'un musulman, c'est une identité, c'est la personne qui s'identifie à une religion. Donc vous ne pouvez pas faire la distinction entre la religion et la personne qui s'identifie à cette religion d'autre part. Lorsque vous parlez de l'homme musulman, il faut intégrer ses deux concepts. Vous ne pouvez pas faire d'un côté son expérience et ses valeurs et dire que nous pouvons les piétiner et mettre de l'autre côté l'homme et dire qu'il peut être protéger.
(...)
l'Islam en tant que religion et en tant que croyance doit être protégée (...) notamment le patrimoine [dans le cadre de l'Unesco], c'est comme le patrimoine culturel. Les patrimoines culturels sont protégés ainsi que les valeurs religieuses par des conventions au niveau du système des Nations Unies.
(...)
Les discriminations raciales, ou l'incitation à la haine raciale ou religieuse constituent des phénomènes graves qui sont en train de menacer l'équilibre international et l'entente entre les communautés et notre seul objectif est de préserver la paix et l'entente entre les communautés. Si cela est une vision politique, alors c'est cela notre objectif. Et je crois que c'est quelque chose d'important dans la mesure où les Nations Unies elles mêmes au niveau de Genève comme de New York se sont rendus compte de la nécessité de mettre en œuvre une stratégie pour combattre ces phénomènes là. Le rapporteur spécial des Nations Unies depuis huit ans, reconnaît la nécessité de se mobiliser pour combattre ce phénomène de stigmatisation et de discrimination qui frappe les musulmans.
(...)
Nous vivons dans un monde globalisé. Il faut penser à l'équilibre mondial, éviter qu'il y ait des tensions entre les communautés, c'est déjà balayer devant sa porte. Il faut préserver le monde d'une certaine tension. Le lien entre diffamation et discrimination. C'est partir d'une certaine pratique de diffamation soutenue qu'il y a discrimination. A force de diffamer une religion, de stigmatiser, de diaboliser un groupe, on entraîne les autres qui n'en savent pas plus de faire des discriminations à l'encontre des personnes qui se réclament de cette religion là. Donc il y a bien un lien entre la diffamation et la discrimination. C'est cela que nous voulons démontrer à travers les Nations Unies, pour montrer que si nous voulons combattre les discriminations, nous devons d'abord combattre ceux qui utilisent un langage extrémiste pour diffamer ou discriminer des personnes en raison de leur appartenance à une religion.
26 mars 2009
Quand l'ONU déraille,
De Durban à la conférence de Genève
interview par Marie-France Etchegoin, Nouvel Observateur 26 mars
Pour l'historienne Malka Marcovich, l'influence des thèses islamistes sur les débats de la conférence contre le racisme prévue à la fin du mois devrait nous interdire d'y participer
Malka Marcovich. - Oui, car les jeux sont faits. La déclaration finale est, à peu de chose près, déjà écrite. Et elle est inacceptable. Comment s'en étonner ? C'est la Libye qui préside le comité préparatoire, avec l'Iran et le Pakistan en vice-présidents et Cuba en rapporteur ! Cette conférence de Genève dite «Durban II» ne fera qu'entériner le Durban I de 2001. J'y étais, et j'ai vu la haine déferler lors du forum des ONG, en marge de la réunion gouvernementale. Ce fut un choc terrible : Castro terminant son discours par «Free, free Palestine !», et la foule reprenant en coeur : «Kill, kill the Jews !»; la vente de «Mein Kampf», mais aussi les attaques contre la laïcité, les femmes réduites au silence...
N. O. - Cette fois, plusieurs pays ont exigé que ce forum soit supprimé.
M. Marcovich. - Cela ne change rien. Les débordements ne sont pas seulement le fait de quelques excités. La déclaration finale gouvernementale de Durban I stigmatise, elle aussi, Israël comme le seul pays raciste du monde, alors que nombre d'atteintes aux droits de l'homme ailleurs dans le monde n'ont pu être évoquées. Rien sur le Tibet, sur le Rwanda ou sur le sort des immigrants noirs dans les pays arabes. D'autre part, cette déclaration intronise la religion comme «valeur intrinsèque des êtres humains» et introduit, pour la première fois dans un texte onusien, la notion d'«islamophobie». Un terme qui désigne, en réalité, principalement le blasphème et menace la liberté d'expression.
N. O. - La semaine dernière, pourtant, d'intenses négociations ont accouché d'un nouveau texte présenté comme «acceptable».
M. Marcovich. - C'est un masque grossier. La nouvelle mouture ne se focalise plus sur Israël (c'était l'une des fameuses «lignes rouges» fixées par les Occidentaux), mais elle renvoie, sur ce sujet, à la déclaration de... Durban I ! Elle entérine donc tout ce qui a été proféré en 2001, y compris l'antisémitisme, seulement défini en annexe comme «attaque contre les Arabes». La «diffamation des religions» disparaît également. Mais il est demandé que la «haine religieuse» soit interdite par la loi. Par ailleurs, pour obtenir ces concessions, les démocraties ont accepté que soient passés sous silence la traite transsaharienne ou l'esclavage moderne, les discriminations de caste, mais aussi celles subies par les femmes ou liées à l'orientation sexuelle.
N. O. - Rama Yade assure pourtant que la France est en pointe sur la dépénalisation de l'homosexualité.
M. Marcovich. - Diplomatie de façade. La France a simplement soutenu un discours oral prononcé à l'ONU qui n'a aucune valeur, même symbolique. Liée par des intérêts pétroliers, financiers et géopolitiques avec les pays du Golfe, l'Afrique, la Russie ou la Chine, elle veut à tout prix sauver la conférence. Elle cherche à rassurer les organisations juives (comme si seuls les juifs étaient concernés). C'est au dîner du Crif en 2008 que Nicolas Sarkozy a lancé le slogan des «lignes rouges», repris cette année encore par François Fillon. Mais cette focalisation légitime sur l'antisémitisme empêche de rendre visibles tous les autres scandales. Depuis les années 1990, les pays islamiques, qui ont passé une alliance objective avec tous les régimes autoritaires de la planète, mènent une bataille sémantique acharnée au sein de l'ONU pour vider de leur sens les textes fondateurs et les réinterpréter à leur profit. La lutte contre le racisme est instrumentalisée pour donner un rôle politique aux religions, en particulier à l'islam. Le «relativisme culturel» sert d'alibi pour justifier les atteintes aux droits des personnes. Début mars, Rama Yade m'a invitée avec d'autres intellectuels pour nous expliquer que la France heurterait les pays africains en se retirant de la conférence. Sous prétexte de «dialogue entre les civilisations», notre pays s'apprête à cautionner toutes les dérives. L'ONU est en train de dérailler. Il est temps de dire stop.
21 mars 2009
« Les Ouïgours vivent comme des animaux »
20 mars 09 - Persécutés comme les Tibétains, les Ouïgours n’avaient pas de dalaï-lama. Mais aujourd’hui, ils ont Rebiya Kadeer.
Frédéric Koller/Le Temps - C’était le 25 février dernier, aux abords de la place Tiananmen, au centre de Pékin. Un couple et leur fils tentaient de s’immoler en mettant le feu à leur véhicule. Des membres du Falungong (mouvement bouddhiste sectaire interdit par Pékin) ? Des Tibétains ? Des ouvriers chinois victimes d’injustice ? Rien de tout cela. Les protestataires venaient de la lointaine province du Xinjiang. Ces Ouïgours, de religion musulmane, entendaient, selon la version officielle, dénoncer la démolition de leur maison à Urumqi pour faire place à une école.
Pour Rebiya Kadeer, ce geste, « mal vu des musulmans », s’explique par des causes plus profondes : « Aujourd’hui les Ouïgours vivent dans la peur du lendemain. Ils ne savent pas s’ils seront arrêtés ni où disparaissent les prisonniers. Les Ouïgours n’ont aucun droit, aucune liberté, aucune paix. Ils ne savent plus comment protéger leur langue, leur culture, leurs filles, leur emploi, leur terre. Les Chinois s’enrichissent, eux s’appauvrissent. Les Ouïgours, dans leur propre patrie, vivent comme des animaux. Voilà ce qui a poussé cette famille à s’immoler. Parce que nous n’avons pas d’autre possibilité pour nous exprimer. »
A 61 ans, Rebiya Kadeer est le visage de la résistance d’un peuple dont le combat est jusqu’ici resté ignoré du monde extérieur. Le sort des 8 millions d’Ouïgours n’est pourtant pas plus enviable que celui des Tibétains. A entendre leurs représentants en exil, il serait même pire. Depuis le 11 septembre 2001, Pékin s’est opportunément rallié à la « lutte contre le terrorisme international » auquel les rebelles ouïgours sont depuis associés. Est-ce parce qu’ils sont musulmans que leur cause est moins populaire en Occident ? Sans doute. Mais il leur manquait aussi l’équivalent d’un dalaï-lama pour faire connaître leur combat.
« Avec Rebiya Kadeer, les Ouïgours ont enfin leur figure emblématique et unificatrice, en tout cas dans la diaspora », remarque Thierry Kellner, spécialiste de la région qui enseigne à l’Université libre de Bruxelles. L’an dernier, elle a été élue à la présidence du Congrès ouïgour mondial, dont le siège est à Munich et qui regroupe une vingtaine d’organisations. Dans son entourage, on l’appelle désormais la Mère des Ouïgours, et son nom a circulé ces dernières années pour le Prix Nobel de la paix.
« Tous les leaders ouïgours ont été tués dans un accident d’avion en 1949 alors qu’ils se rendaient à Moscou à l’invitation de Staline pour rencontrer Mao, précise Rebiya Kadeer. Du coup, ils n’ont pu fuir en exil comme le dalaï-lama. Voilà pourquoi nous sommes moins connus. Notre travail d’information en Occident n’a commencé qu’il y a une dizaine d’années. » C’est ainsi qu’elle était récemment de passage en Suisse, où elle a rencontré des parlementaires, afin d’expliquer la situation du « Turkestan oriental » et plaider la cause des 17 Ouïgours enfermés à Guantanamo sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux.
Mère de 11 enfants, Rebiya Kadeer fut une femme d’affaires milliardaire, membre du parlement national et célébrée pour ses actions sociales avant de prendre, en 1999, le chemin des geôles chinoises pour « divulgation de secrets d’Etat ». Son tort fut de critiquer la politique des autorités centrales au Xinjiang. Libérée en 2005 grâce à la pression des Etats-Unis, elle vit depuis en exil à Washington avec son mari et cinq de ses enfants. Deux autres sont toujours en prison en Chine.
Fini les affaires, aujourd’hui tout son temps est consacré à la dénonciation de la « politique d’assimilation » menée par Pékin. A l’entendre, le Xinjiang serait le dernier endroit où l’on exécute encore des prisonniers pour raison politique. « Ces cinq dernières années, sur 15 000 prisonniers politiques, ils en ont tué un millier, c’est-à-dire plus qu’en soixante ans d’occupation. Aucun autre peuple n’est persécuté comme les Ouïgours. »
Il n’existe aucun chiffre officiel, aucune possibilité de vérification. Les Jeux olympiques de Pékin, en 2008, ont marqué une nouvelle escalade dans la répression. Durant les joutes sportives, 200 000 soldats supplémentaires étaient envoyés dans la région et, à titre préventif, 1300 personnes ont été arrêtées. « Elles n’ont toujours pas été relâchées. »
Rebiya Kadeer fournit d’autres chiffres : avant l’occupation de 1949, les Chinois han représentaient moins de 2,5% de la population du « Turkestan oriental ». Aujourd’hui, ils sont 45%. « Si on comptabilise les soldats, ils sont en fait plus de 50%. Nous sommes devenus une minorité dans notre pays. » Entre autres vexations nouvelles (interdiction de la langue ouïgoure dans l’enseignement, confiscation des passeports, contrôle des naissances), la Mère des Ouïgours évoque ce programme, lancé en 2006, de transfert de jeunes filles du Xinjiang vers les usines de la côte est du pays. Officiellement, il s’agit de lutter contre la pauvreté et d’offrir une nouvelle chance aux Ouïgours.
« C’est du travail forcé, tranche Rebiya Kadeer. Elles sont envoyées dans des usines textiles, exploitées, coupées de leur famille, les plus belles filles sont offertes aux réseaux de prostitution. » Quelque 240 000 filles de 12 à 20 ans auraient déjà été déplacées. « Pourquoi les Chinois envoient-ils leurs colons pour prendre notre travail et dans le même temps déportent nos filles en Chine ? Pourquoi veulent-ils marier nos filles à des Han ? C’est une politique d’assimilation. » Rebiya Kadeer donne des noms de villages où ce programme est en cours, cite une étude de la Uyghur Human Rights Project. Mais là encore, ces accusations sont difficiles à vérifier. « Notre seul espoir pour que cela change, pour en savoir plus, est que les pays occidentaux interrogent la Chine. Comme ils le font pour le Tibet. »
20 mars 2009
le mauvais compromis de Durban 2 me fait penser à Munich
Interview par Pierre Cassen Ripostes laïques
Riposte Laïque : Il y a un an, tu nous avais fait part, dans une interview (1), de ton inquiétude devant la préparation de Durban 2. Aujourd’hui, quel est ton regard ?
Malka Marcovich : Cela fait plus d’un an que les négociations piétinent. En réalité, dès l’élection du Bureau du comité préparatoire, en août 2007, qui compte la Libye comme présidente, Cuba rapporteur, la République islamique d’Iran comme vice-présidente ou le Pakistan, porte-parole agressif de l’Organisation de la Conférence Islamique, le tableau était planté. On a vu à chaque étape une volonté du bureau de parvenir, sur chaque point, à un consensus, quitte parfois à faire semblant de lâcher du lest comme par exemple sur le lieu où se déroulerait la conférence d’examen dite de « Durban 2 », ou encore le nombre de jours alloués. (intégralité de l'interview sur Ripostes laïques)
19 mars 2009
PROSTITUTION : LA GRANDE PROMO
Par Claudine Legardinier, journaliste
Réaction à la diffusion du documentaire :
LES TRAVAILLEU(R)SES DU SEXE, de Jean-Michel Carré
On peut compter sur nos hommes de gauche, nos intellectuels les plus « progressistes », en mal de cause à défendre, pour faire la promo de cette ringardise : la prostitution. Jean-Michel Carré, documentariste connu pour son regard sans concession sur « le système Poutine » ou son analyse de l’oppression des salariés (« J’ai mal au travail »), a enfourché un nouveau cheval de bataille : la LSI sur la sécurité intérieure, dite Loi Sarkozy, qui réprime le racolage et donc les personnes prostituées. On ne peut que l’approuver. La répression qui s’abat sur elles est injuste et ne fait qu’aggraver les violences auxquels elles sont quotidiennement exposées.
Mais fallait-il pour autant se faire le porte-parole zélé des militant-e-s pro prostitution ? Pas un ne manquait à l’appel. Le discours ne nous a pas épargné un seul des grands crédos réactionnaires : la prostitution, c’est branché, c’est subversif, c’est le haut lieu de la liberté humaine. Les prostituées « aiment ça ». Elles sont l’espoir et l’horizon vital des hommes handicapés et esseulés.
On reste sans voix devant pareille ignorance des faits et du dossier. Les clients sont majoritairement des hommes lambda, le plus souvent en couple. Et loin d’être les partenaires édulcorés montrés dans le film, ils sont les premiers agresseurs des personnes prostituées. Insultes, violences, humiliations, agressions, leurs prouesses sont désormais dénoncées dans toutes les enquêtes. Ici, pas un mot. Rien non plus sur les réalités quotidiennes de la prostitution : alcool, drogue ou valium pour tenir face à leurs exigences. Rien sur les dimensions sans précédent de la traite des femmes, les trafiquants travaillant avec acharnement à offrir audit client l’approvisionnement varié, exotique et de préférence très jeune auquel il pense avoir droit. Rien sur les profits faramineux et le pouvoir croissant des patrons de bordels. Rien sur la révolte des personnes prostituées qui tiennent un autre discours, tellement plus nombreuses mais qui n’osent pas se montrer devant une caméra, séquestrées qu’elles sont sous le poids d’un regard social impitoyable. Leur parole restera bâillonnée. Tant pis pour elles.
Aveuglé par le petit vernis émancipé, libertaire, qui lui a été généreusement servi, l’auteur n’a pas vu qu’il ouvrait des avenues aux proxos qui, même dans leurs rêves les plus fous, n’auraient pas osé imaginer pareil coup de main. Dans une Europe déjà largement pourvue en bordels « new look », les marchands de femmes comptent sur la bénédiction des médias. L’affaire est en bonne voie. Leur meilleur sésame, c’est le « consentement » des personnes à être exploitées. Quant aux clients, à qui les sociétés ont toujours garanti ce droit séculaire à disposer du corps des femmes, ils se frisent les moustaches. Totalement légitimés dans leur bon droit (le film a pris soin de nous dire que tout ça, c’était la faute de… leur mère !), ils vont pouvoir continuer à s’acheter tranquillement une femme, ou un garçon, comme une pizza. Sans se poser de question. On nous l’a dit, le client est roi. Ce que l’on a omis de préciser, c’est qu’il est le moteur de la traite des femmes. A tel point que tous les textes internationaux sur la traite engagent désormais les Etats à tout faire pour « décourager la demande » ! Mais qu’importent les textes politiques, qu’importent les ravages de la traite et le tribut payé par les femmes pauvres chargées de « servir » le client. L’essentiel n’est-il pas de préserver ce sacro-saint « droit de l’homme » à aller au bordel ?
De même, le film nous a vanté le modèle suisse. Un pays où les autorités elles-mêmes s’alarment face au nombre croissant de gamines de 16 ans qui grossissent les rangs de la prostitution. En parler jetterait une ombre à si idyllique tableau. On préfère écouter benoîtement la tenancière aux seins siliconés nous faire l’article : le bordel comme haut lieu de la « transparence », de la philanthropie et du respect des droits humains, avec son ultime et imparable argument : le fric.
Non, quelques paroles de justification personnelles agrémentées de sourires commerciaux ne sauraient tenir lieu d’argumentaire. On aurait attendu d’un documentariste reconnu un vrai dossier politique. Pas ce parti pris simpliste, pathétique dans sa certitude de « pourfendre l’ordre moral » quand il ne fait que le conforter. Une nouvelle fois, a été confondue la revendication de dignité, bien compréhensible, des personnes prostituées et la promotion du système indigne qui leur a interdit l’avenir auquel elles avaient droit. Au nom d’une prétendue subversion, on entérine l’expression la plus cynique du capitalisme libéral, prêt à tout pour transformer les femmes, produit hautement rentable, en marchandises prêtes à consommer. On redore le blason de la pire idéologie machiste, celle qui assigne les femmes à la fonction éternelle de « putain » et dote les seuls hommes d’une sexualité, du moins d’une pulsion qui fonctionne à l’urgence et nécessite un exutoire. On condamne les plus vulnérables à cet avenir irrespirable, en réalité tissé de dégoût et de violences de tous ordres, et que toutes espèrent transitoire. Les plus précaires continueront de payer la note. Tant pis pour elles, puisqu’on vous dit qu’elles aiment ça ! Parions même que les rangs de la prostitution vont se trouver gonflés de nouvelles « volontaires » après la diffusion d’un tel outil de promotion.
Il est temps, nous sommes d’accord, d’en finir avec une vision moralisante de la prostitution. La prostitution ‘est pas contraire à la morale. Elle est contraire aux plus élémentaires droits humains. Elle est la survivance d’un ordre ancien où l’homme dispose et la femme s’exécute, d’un lieu où il est en droit d’exercer des violences et de la traiter de pute. Sans compte à rendre. On comprend que certains y soient si attachés….
18 mars 2009
Munich, le grand retour et la fin de la lutte contre le racisme
Le texte présenté hier victorieusement par le facilitateur russe Youri Boychenko a un petit goût nauséabond de déjà vu et sent le souffre.
"Durban 2 est sauvé !" clament certains commentateurs comme Chamberlain hurlait à la paix à son retour de Munich en septembre 1938.
"Les lignes rouges bougent dans le bon sens" se réjouissent d'autres comme Daladier acclamé par la foule à sa descente au Bourget un an avant le déclenchement de la deuxième guerre mondiale.
En fait de succès, le nouveau texte est en réalité un masque assez grossier pour parvenir au consensus tant désiré par les dictateurs, consensus qui permet par ailleurs aux quelques démocraties restantes de prétendre encore maintenir le cap dans la diplomatie de façade.
Les 2 lignes rouges que les pays européens voulaient défendre restent toujours d'actualité
Focalisation sur Israël
Si Israël n'est pas visé spécifiquement, un paragraphe a été entériné définitivement qui renvoit au Programme d'action et déclaration de 2001 qui stigmatisaient spécifiquement ce pays.
Liberté d'expression
Certes la terminologie de diffamation des religions a disparu et il est demandé en remplacement à ce que la haine raciale ou religieuse qui constitue une discrimination soit interdite par la loi. Dans le même temps, le projet de résolution s'inquiète que les médias dans leurs diverses formes contribuent à l'incitation à la haine raciale ou des communautés religieuses.
Au vu des discussions qui ont lieu actuellement au même moment au Conseil des droits de l'homme sur une nouvelle résolution sur la diffamation des religions, et ce qui a déjà été adopté ces derniers mois à l'AG et au CDH concernant la limitation de la liberté d'expression, cette nouvelle formulation est pour le moins cocasse et témoigne, si besoin était, du double langage de la diplomatie.
Cette victoire en trompe l'oeil a également un prix : l'absence de prise en compte des discriminations en raison de l'orientation sexuelle,de la traite transsaharienne ou dans l'océan indien, des discriminations que subissent les femmes, les discriminations de caste etc.
En revanche sont mis à l'honneur les rapports du rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme qui a consacré ces 7 dernières années à traquer "l'islamophobie" et à condamner la diffamation des religions.
De même le comité ad Hoc sur les normes complémentaires est félicité... On se souvient que ce comité a enteriné la révision terminologique proposée par l'OCI en 2001 qui considére que l'antisémitisme affecte majoritairement les arabes en tant que sémites, et par extension tous les musulmans.
Rien n'est encore joué. Sans doute l'Europe aura-t-elle comme en d'autres époques, à la fois le deshonneur et la guerre.
17 mars 2009
Les femmes n'existent pas
Par Catherine Kriegel
"La femme n'existe pas" : la phrase est choquante, elle heurte notre entendement : elle traduit bien le processus d'oblation du genre et le phallocentrisme poussé du psychanalyste connu : Jacques Lacan. C'est ce même auteur qui expliquait comment les signifiants, le langage jouent un rôle fondamental dans la constitution et le repérage des sujets.
Benoit XVI, dans ses derniers propos, s'adresse exclusivement aux hommes lorsqu'il prone la chasteté et la répression des pulsions.
Il ignore, néglige toute la population des femmes contaminées par leurs maris et leurs enfants, contaminées ensuite par leur mère porteuse du VIH.
Il méconnaît qu'en Afrique, les femmes et les enfants sont les principales victimes du SIDA.
Pourtant, pas une de ses paroles ne s'adressent à elles : Seuls les hommes sont visés par son injonction à la une fois de plus, seul l'homme peut constituer un interlocuteur, une fois de plus, les femmes ne sont pas des êtres pensants, des personnes humaines et responsables auxquelles on peut s'adresser.
Seul les hommes existent dans l'esprit de ces patriarches des églises, seul les hommes ont une responsabilité humaine.
"La femme n'existe pas"
15 mars 2009
KADHAFI DONNE LE TON DE DURBAN II
« L’islam règnera sur la planète, comme Allah l’a promis »
Par Jean-Claude Buhrer, ancien correspondant du Monde à l'ONU et co-auteur de "L'Onu contre les droits de l'homme", éditions les Mille et une nuits, 2003
A l’approche de la Conférence dite d’examen de la mal nommée Conférence mondiale contre le racisme de Durban, qui doit se tenir du 20 au 24 avril à Genève, le colonel Kadhafi a donné un avant-goût de ce que promet cette réunion controversée, dont le comité préparatoire est précisément présidé par la Libye, avec l’Iran parmi les vice-présidents. Dans un discours prononcé le 12 mars à Nouakchott en Mauritanie, à l’occasion de la commémoration de la naissance du prophète Mahomet, le guide libyen a pris des accents prophétiques non pas pour évoquer les droits de l’homme, mais « l’universalité de la religion musulmane ». Et de prédire que « l’islam règnera sur la planète, comme Allah l’a promis, les religions qui l’on précédé, ayant expiré, selon la version du prophète Mahomet, dernier messager de Dieu ».
Fort de cette certitude, Mouammar Kadhafi a lancé un appel à l’humanité tout entière à rendre justice au prophète Mahomet en reconnaissant sa religion comme la finalité de celles révélées par ses prédécesseurs que sont Moïse et Jésus. Selon le président libyen, « le Coran démontre qu’il n’existe pas de divergences entre l’islam et Moïse ainsi que ses proches fidèles, parce qu’ils étaient des musulmans. S’ils avaient vécu du temps de Mahomet, ils auraient cru en lui, tout comme il n’existe pas de problème avec Jésus et les autres prophètes, étant tous des musulmans et Mahomet le sceau des prophètes. » Si discorde il y a, a –t-il ajouté, elle se situe « entre nous et ceux qui ont refusé de suivre Mahomet, qui est un messager des juifs, des chrétiens et de toute l’humanité ». Dans la foulée, le dictateur libyen a encore invité ses coreligionnaires à instituer un « calendrier musulman à l’image des chrétiens », reprenant une revendication de « scientifiques » et autres dignitaires de l’islam réunis l’an dernier au Qatar lors d’une conférence intitulée : « La Mecque, Centre du Monde, Théorie et pratique ». A cette occasion, ils ont appelé à remplacer l’heure GMT du méridien de Greenwich par celle de la Mecque, alléguant que cette ville saoudienne est le vrai centre du monde par « la volonté d’Allah » et comme la « science moderne en a enfin fourni la preuve ».1,
S’érigeant en défenseur de l’islam, le nouveau président de l’Union africaine a fait valoir qu’il est du devoir de chaque musulman de fortifier la religion et de la propager partout dans le monde. D’ailleurs, il n’a pas manqué de citer la grande contribution de la Mauritanie à la diffusion de l’islam en Afrique de l’Ouest et du Centre, se gardant bien de parler du sort des Noirs maintenus en esclavage par les Maures et toujours victimes de discrimination raciale dans son propre pays. Abordant l’avenir de l’islam en Europe, le colonel Kadhafi s’est félicité de sa progression croissante avec la présence de millions de musulmans, alors que le nombre de non-mahométans est en régression et que « la dynamique des conversions à l’islam se poursuivra avec l’entrée de la Turquie, de l’Albanie et de la Bosnie-Herzégovine dans l’Union européenne ». Quant à l’Afrique et à l’Asie, estime le dirigeant libyen, « elles s’orientent peu à peu vers l’islam, sonnant ainsi la fin de certaines religions appelées à être remplacées par l’islam, quoi que disent les polythéistes et les incrédules ».
A entendre le colonel Kadhafi, on est bien loin des illusions entretenues par les promoteurs de l’Alliance des civilisations, cette initiative lancée conjointement par le premier ministre turc Recep Erdogan et son collègue espagnol José Luis Zapatero suivant une idée de l’ancien président et hodjatoleslam iranien Khatami d’un dialogue entre l’islam et l’Occident. Placé sous l’égide de l’ONU en 2005, ce regroupement a connu une nouvelle consécration avec l’inauguration en grande pompe à la veille du 60e anniversaire le 10 décembre dernier de la Déclaration universelle des droits de l’homme au Palais des Nations à Genève, d’une nouvelle salle entièrement rénovée aux frais de l’Espagne et baptisée « Conseil des droits de l’homme et de l’Alliance des civilisations ». Comme si cette dernière devait prendre le pas sur un système des droits de l’homme de plus en plus mis à mal et vidé de sa substance…
C’est dans ce contexte de remise en cause de l’universalité des droits de l’homme et de démantèlement des acquis que l’Organisation de la conférence islamique(OCI), forte de 57 membres sur 192 à l’ONU, s’active à faire entrer la religion dans les instances internationales et à imposer des normes anti-blasphème restreignant la liberté d’expression sous couvert de lutte contre « l’islamophobie » et la diffamation des religions, à commencer par l’islam. La même présidente libyenne du comité préparatoire de Durban II s’était déjà distinguée alors qu’elle dirigeait en 2003 la Commission des droits de l’homme qui a sombré dans le discrédit, en s’adressant à l’assemblée par ces pieuses paroles : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux, je vous salue avec les salutations de l’islam, que la piété de Dieu vous entoure. » Comme si elle se prenait pour une envoyée du ciel. A la fin de la session, Mme Najat Al-Hajjaji, avait manœuvré avec ses compères de l’OCI pour empêcher tout débat sur une résolution réclamant la fin des discriminations contre les homosexuels. D’abord en reléguant la question au dernier point de l’ordre du jour, puis en acceptant une suspension de séance pour permettre aux délégués musulmans d’aller faire leur prière, avant de clore la session et d’enterrer ce sujet litigieux.
Oubliant leurs propres principes de séparation du religieux et du temporel, les démocraties et autres pays laïcs s’étaient résignés et ont laissé faire. Comme ils n’ont guère été en mesure jusqu’à présent de résister à la majorité automatique de l’OCI et de ses affidés qui impose sa loi au nouveau Conseil et aux travaux préparatoires de Durban II. Ainsi, la dernière mouture du projet de déclaration se présente comme une tentative de légitimer des violations flagrantes des droits de l’homme, tout en ignorant les nombreuses victimes du racisme à travers le monde. Qu’il s’agisse des Noirs exterminés au Darfour, des droits des femmes bafoués en Arabie Saoudite, des homosexuels exécutés en Iran, des Tibétains sous la botte de Pékin, aucune de ces victimes n’est mentionnée dans ce texte.
Avec la bénédiction de la Jamahiriya arabe libyenne du colonel Kadhafi et de l’Iran des ayatollahs, Durban II est décidément bien mal parti. Les démocraties sauront-elles se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard, ou accepteront-elles sans broncher de servir de caution aux desseins des dictatures, quitte à se renier et à boire le calice jusqu’à la lie ?
14 mars 2009
Les religions n’aiment pas les droits des femmes
PAR GENEVIÈVE FRAISSE, PHILOSOPHE (*). article paru dans l'Humanité des débats le 14 mars 2009
Comment le Vatican peut-il condamner l’IVG d’une fillette violée ?
Le Vatican a du mal avec l’Holocauste : du mal parce qu’il n’a pas brillé, au XXe siècle, pour le dénoncer ; du mal parce qu’il est capable de soupeser avec légèreté, au XXIe siècle, le négationnisme d’un de ses prélats. Or depuis longtemps, nous le savons, les militants anti-avortement dénoncent l’IVG comme un acte similaire à l’Holocauste. Nous sommes des « survivants », clament les pro-vie, car nous avons survécu à la contraception et à l’avortement, meurtres de masse. Le Vatican, en 2009, aggrave encore les choses : la négation de l’Holocauste y semble mieux admise que l’avortement d’une gamine. Oui, face à l’histoire brésilienne d’excommunications en série pour l’avortement de cette fillette, violée, enceinte de jumeaux à neuf ans, la question principale vise l’Église, dans sa splendeur vaticane, et par voie de conséquence ceux qu’elle entraîne avec elle, les catholiques… On les dit malheureux, furieux contre leur hiérarchie… Répétons-le : le lien entre les deux affaires n’est pas anecdotique, ou simple coïncidence : l’extermination des juifs serait moins grave que la destruction de cellules vivantes sans visage.
Ensuite, en ce XXIe siècle où les religions sont à l’honneur, réfléchissons à ce qu’elles font aux femmes. Ma question est simple : quelle religion pense sérieusement le droit des femmes ? Il y a celles qui refusent l’avortement, l’habeas corpus des femmes, maîtrise de la reproduction, et il y a celles, parfois les mêmes, qui refusent la prêtrise aux femmes, c’est-à-dire la parité, dont je rappelle la signification : le partage du pouvoir de décider et d’agir pour le bien commun. Du côté de la liberté individuelle, de la propriété du corps, et du côté du collectif (comment imaginer et gouverner le monde), les religions préfèrent penser « pour » les femmes plutôt que de les laisser penser « par » elles-mêmes… Allons-y sans détour : aucune religion ne pense l’égalité des sexes, aucun des trois monothéismes notamment. Chrétiens, juifs, musulmans louvoient tous à leur façon pour éviter cette question brutale : l’égalité, doublée de la liberté, pour tous et toutes. On me répond toujours que tout est dans la nécessaire et délicieuse « complémentarité » des sexes ; manière de formuler, avec bonne conscience, toutes sortes de disparités.
Venons-en, enfin, à l’actualité politique : je n’écris pas ces lignes pour pester contre les religions en général, et leur traitement des femmes en particulier. J’écris pour expliquer que lorsque les féministes s’insurgent contre telle ou telle obligation liée à la religion musulmane, port du foulard ou polygamie, elles savent que la religion chrétienne, aujourd’hui l’Église catholique, peut être tout autant discriminante. Elles connaissent évidemment le soupçon, non négligeable, de bien-pensance colonialiste. Mais elles se savent dans le même bateau, embarcation si fragile du droit des femmes… Voyez d’ailleurs le peu de considération, pour ne pas dire le mépris, accordée par notre gouvernement au Planning familial.
Elles se mettent donc dans le même bateau car l’histoire leur enseigne la vigilance. Le droit des femmes ne s’exporte pas ? Mais il ne se fractionne pas non plus. Et partout, dans le monde, on peut s’en emparer. Ce n’est pas l’Occident et son universalisme qui nous intéressent, ce sont les principes d’égalité et de liberté.
(*) Derniers livres parus en 2008 : Le privilège de Simone de Beauvoir, Actes Sud et L’Europe des idées, France Culture/L’Harmattan.
13 mars 2009
Se retirer ou non de Durban 2 ?
Après le retrait des USA le 27 février, qui ont considéré le texte de Durban 2 "insauvable", suivis par l'Italie le 5 mars, la France continue d'affirmer que la négociation peut encore sauver le processus,que les lignes rouges n'ont toujours pas été franchies et que l'on peut parvenir à un consensus honorable.
Ceux qui suivent depuis deux ans les négociations et l'édifice qui se structure au sein des Nations Unies, ont pu observer que les lignes rouges ont été largement franchies.
Je reviendrai bientôt plus en profondeur sur tout cela prochainement.
Il est à noter qu'en France, les prises de position en faveur du retrait se multiplient. On trouve sur cette ligne des intellectuels tels que Fodé Sylla dans son intervention le 1er mars au colloque organisé par Africa International et l'IFIE, Bernard Henri Levy ou Pascal Bruckner, des personnalités politiques tels que Bertrand Delanoé ou Claude Goasguen, ainsi que des organisations telles que la Ligue du droit international des femmes ,le Grand Orient et la LICRA.
D'autres continuent de croire visiblement en la diplomatie de façade qui se joue à Genève. Tout en s'inquiétant des perspectives de cette conférence, ils soutiennent la position de Nicolas Sarkozy qui prétend que l'on parviendra en étant présent à faire évoluer le texte et parvenir à un compromis.
On trouve parmi ceux qui soutiennent la politique de la France, le CRIF, ainsi que la journaliste Caroline Fourest.
Tous deux semblent visiblement ignorer la manière dont se mènent au quotidien depuis sept ans les négociations à l'ONU et l'évolution des normes.
Ils perpétuent l'idée fausse qu'en 2001 le texte de la conférence aurait été sauvé par la présence des européens et que seul le Forum des ONG aurait donné lieu à des dérives.
Il est évident que les motivations de la France à rester, qui continue de clamer que les lignes rouges n'ont toujours pas été franchies, a peu à voir avec le combat antiraciste et contre les discriminations.
Pour la conférence organisée par Africa International et l'IFIE où j'intervenais sur l'état des négociations, j'avais préparé deux rapports. Le premier date de début février avant que les Etats Unis entrent dans le processus de négociation. Rapport_Durban_Malka_MarcovichMarcovich_02_2009
L'autre plus court a été rédigé aprés que les USA aient commencé à participer, mais avant leur retrait rapport_f_vrier_court
Ces rapport permettent de comprendre les mythes qui se sont structurés depuis Durban 1, la réalité de la Déclaration et du Programme d'Action, la structuration idéologique depuis, et ce qui sera entériné à Durban 2.


