C'est l'annonce qui a été faite dimanche 19 avril dans la soirée, tandis que les USA, l'Australie, les Pays Bas, l'Allemagne, la Nouvelle Zélande ont décidé ce même jour de se retirer de la conférence d'examen dite de Durban 2.

La France est membre du Conseil des droits de l'homme depuis 2006 et l'on se demande ce qu'elle a bien pu défendre comme vision durant les trois ans d'existence de cette instance.
Dans le processus de Durban 2, ses efforts auront été vains.  14 mois auront servi à accoucher d'un texte qui, à la veille de la conférence, entérine toutes les dérives à l'oeuvre depuis huit ans contre les droits universels, la laïcité, les libertés individuelles et qui a peu à voir avec les voix des victimes du racisme.

Les lignes rouges de la France étaient bien faibles, et ne peuvent en aucune manière prétendre servir de rempart aux victimes du racisme et des discriminations à travers le monde.

Ironie de l'histoire, la Libye avait été élue présidente du comité préparatoire en août 2007, quelques semaines après la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien, Ashraf al-Hajouj.
Comme un boomerang, ce fut un sacré coup de théâtre lors des dernières heures du comité préparatoire, lorsque le médecin palestinien prit la parole et fut censuré par la présidente libyenne. (voir reportage de cet incident sur TSR http://www.tsr.chwww.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500010&bcid=663165&vid=10586392&channel=info)

La République islamique d'Iran avait été élue vice-presidente sans que cela ne pose le moindre problème, comme si la diplomatie iranienne pouvait avoir un autre discours que celui de son Président, Ahmadinedjad qui s'annonce à coup de tambours et trompettes pour la séance inaugurale du 20 avril et qui, avant de s'envoler pour la Suisse, continuait d'affirmer son projet de destruction d'Israël.

Certes, la délégation française sera réduite au minimum a déclaré Bernard Kouchner.  Sans doute la France défend elle aujourd'hui autre chose que "sa vision des droits de l'homme", mais des positions économiques et stratégiques dans cette période de crise économique mondiale. Nous avons nos armes à vendre, et notre économie est largement soutenue par les pays du Golfe et fort dépendante aussi de la Chine...

Finalement, tout cela a peu à voir sans doute avec les droits humains, la lutte contre le racisme et les discriminations, ou le fameux dialogue multilatéral dont nous abreuvent aujourd'hui nos diplomates.