Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

30 avril 2009

Un ancien prisonnier Ouïgour de Guantanamo, réfugié en Albanie, considéré comme terroriste en Chine

Par Briseida Memma, TIRANA, (AFP) -
Abu Bekker Qassim, l'un des cinq Ouïgours libérés de Guantanamo et ayant pu bénéficier de l'asile politique en Albanie en 2006, se réjouit d'apprendre la fermeture annoncée de la prison militaire américaine à Cuba mais rêve surtout de pouvoir revoir un jour les siens.
"Obama a compris que Guantanamo était une grave erreur qui devait être corrigée. Mais la Chine nous considère toujours comme des terroristes", résume Abu Bekker, 39 ans, devant l'AFP.
Dans son appartement de Tirana aux murs presque nus, où sont accrochées quelques photos de sa femme et de ses trois enfants, qu'il n'a pas revus depuis neuf ans, Abu retrace avec force gestes, dans un mélange d'albanais et de mots turcs anciens, l'étonnant parcours de sa vie.
La minorité ouïgoure, turcophone et de confession musulmane, vit au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.
Certains groupes ouïgours dénoncent la répression politique et religieuse menée par la Chine dans cette région, Pékin les accusant pour sa part de "terrorisme".
Fuyant avec quelques compagnons ouïgours les "persécutions" de Pékin, Abu a gagné l'Afghanistan au moment de l'offensive américaine contre le régime des talibans, après les attentats du 11 septembre 2001.
Arrêté, il était transféré peu après vers Guantanomo où il a passé quatre ans et demi.
"A Guantanamo, les lois n'existaient pas et les gens n'étaient que des numéros", explique Abu. Il portait lui-même le numéro 283.
"Je fais encore des cauchemards. Il me semble encore entendre les hurlements et les pleurs des prisonniers. Plusieurs d'entre eux devenaient fous après des tortures et des pressions psychologiques", raconte l'ex-détenu.
Au bout de plusieurs années d'épreuves, la Cour fédérale américaine a reconnu son innocence, ainsi que celle de ses quatre compagnons ouïgours qui ont bénéficié de l'asile politique en Albanie.
Les Etats-Unis avaient demandé à plusieurs pays de les accueillir mais seul Tirana a accepté, malgré les protestations de la Chine.
Abu essaye maintenant de refaire sa vie en Albanie. Son espoir le plus cher est de revoir les siens et il fonde tous ses espoirs dans l'aide des Etats-Unis.
"Même l'ONU n'a pu nous aider. L'Albanie non plus. Nous ne pouvons pas retourner en Chine, car on nous accuse d'être liés au Mouvement islamique du Turkestan Oriental" (le Xinjiang, ndlr), explique-t-il.
Deux de ses amis ouïghours, qui ont partagé son destin, ont accepté que leurs femmes puissent se remarier. Mais pas Abu, qui espère toujours reconstituer un jour sa famille.
Ajup Muhamet, 25 ans, le plus jeune du groupe, suit des études à l'Université de New York à Tirana et veut se marier avec une Albanaise.
Deux autres suivent des cours de cuisine et d'albanais. Un quatrième enfin a demandé l'asile politique en Suède.
"A Guantanamo, nous gardions notre barbe, car cela fait partie de nos moeurs et coutumes. Mais à Tirana, je l'ai enlevée, car il y a encore des gens, comme partout ailleurs, qui pensent que derrière tout barbu se cache un terroriste", explique Abu, élégant dans son costume bien taillé.
A leur arrivée en Albanie, ils étaient perdus. Personne ne connaissait leur langue. Les avocats ont même essayé de leur trouver un autre pays d'accueil.
Aujourd'hui, Abu a appris à faire des pizzas, se rend régulièrement à la mosquée et prépare des plats ouïgours dans le restaurant d'un ami turc à Tirana. Avec l'argent gagné, il a participé à un projet de plantations d'arbres devant une école.
Et il veut voir ces arbres grandir. Car Abu s'inquiète maintenant de son avenir en Albanie.
A la fin de l'année, l'Etat albanais ne s'occupera plus d'eux et ne paiera  plus le loyer de leurs appartements à Tirana. Ni lui ni ses compagnons ne disposent d'un véritable travail leur permettant de gagner leur vie.
Abu s'inquiète aussi du sort des 17 autres Ouïghours qui "sont toujours à Guantanamo et que personne ne veut accueillir".

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29 avril 2009

A l'ONU, la "République islamique de Chine"

Dans le Canard Enchaîné du 29 avril

A la conférence dite d'examen de l'ONU contre le racisme, qui s'est achevée dans l'indifférence la semaine dernière à Genève, les victimes avaient surtout le droit de la boucler. Alors que le président iranien avait eu tout loisir de déverser son fiel en guise d'ouverture, plusieurs représentants des ONG, réduites à la portion congrue en fin de semaine, l'ont appris à leurs dépens. Ainsi, avec le concours actif du délégué de l'Iran, l'un des vice-présidents de la rencontre, la Chine a empêché vendredi deux ONG pro-tibétaines de terminer leurs interventions déjà limitées à trois minutes.
A peine Tenzin Kayta, qui s'exprimait au nom de la Société des peuples menacés, avait-il évoqué la situation au Tibet comme exemple d'incitation à la haine raciale, que le délégué chinois avait agité sa pancarte et exigé du président kenyan de la conférence, Amos Wako, de l'interrompre. Déjà le représentant de Téhéran avait demandé la parole et s'était indigné quand le président l'avait désigné comme "le distingué délégué de l'Iran", l'enjoignant de citer correctement "la République islamique d'Iran". Encore sous l'émotion de ce rappel aux bonnes manières, le même président kenyan devait s'emmêler les pinceaux après une nouvelle protestation du représentant de Pékin en lui donnant du "distingué délégué de la République islamique de Chine", avant de se raviser et de se confondre en excuses devant les réactions hilares des uns et indignées des autres, pas d'humeur à plaisanter. Toujours est-il que l'orateur tibétain n'a pas pu conclure son discours et la Chine a obtenu qu'on passe à l'orateur suivant.
Un scénario identique s'est répété lorsqu'une Tibétaine, Tsering Jampa, a pris la parole au nom de la Campagne internationale pour le Tibet, et a été empêchée de continuer après les gesticulations chinoises habituelles. Une semaine auparavant, le médecin palestinien embastillé et torturé en Libye avec les infirmières bulgares avait subi un sort analogue sous le marteau de l'ambassadrice libyenne, présidente du comité préparatoire de Durban II. Parlant au nom d'une ONG, il s'était adressé en ces termes à Mme Najat al-Hajjaji: "Je ne sais pas si vous me reconnaissez, je suis le médecin palestinien qui a été retenu en otage par votre pays... ", avant que la représentante du colonel Kadhafi lui coupe la parole, affirmant que ces propos n'avaient rien à voir avec ladite conférence. En revanche, parmi plus de 80 nouvelles ONG accréditées pour la circonstance, la présidente libyenne a admis le Gaddafi International Charity & Development Center, dirigé par le fils du colonel, tandis qu'elle refusait l'agrément au Centre tibétain des droits de l'homme et pour la démocratie. Ainsi vont les droits de l'homme au royaume onusien...

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28 avril 2009

L'Onu, Israël et les juifs

In Les temps modernes n° 652-653 - Janvier avril 2009

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26 avril 2009

Burundi: le président promulgue une loi criminalisant l'homosexualité

BUJUMBURA (AFP) — Le président burundais a promulgué mercredi une loi criminalisant l'homosexualité, ont annoncé samedi dans un communiqué 63 organisations internationales et nationales de défense des droits de l'Homme qui appellent le président Pierre Nkurunziza à revenir sur sa décision.

"Au regard du nouveau code pénal, promulgué par le président Pierre Nkurunziza le 22 avril, les pratiques sexuelles entre personnes du même sexe deviennent illégales pour la première fois dans l'histoire du Burundi", indique le communiqué.

Le texte, diffusé par Human Rights Watch (HRW), précise qu'au regard de cette nouvelle loi, l'homosexualité est désormais passible de trois mois à deux ans de prison.

Interrogé par l'AFP, une source de la présidence a confirmé la promulgation de la loi, qui n'a fait l'objet d'aucune communication officielle.

"Le Burundi a, de manière décevante, fait un pas en arrière en légalisant la discrimination", a estimé dans le communiqué Scott Long, responsable de la section des Droits des Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres pour HRW.

"Le gouvernement s'est réfugié derrière la +coutume+ et la +culture+ pour justifier cette mesure répressive mais il ne peut y avoir de justification à la privation d'une partie des Burundais de leurs droits fondamentaux", a-t-il ajouté.

La promulgation de ce texte de loi était attendue après le vote décisif de l'assemblée nationale mi-mars qui avait adopté le texte à la quasi-unanimité.

Le 6 mars, entre 10.000 et 20.000 personnes avaient manifesté à Bujumbura en faveur de cette loi et à l'appel du parti présidentiel burundais, soit la plus grosse manifestation au Burundi depuis 2005. En même temps, plusieurs églises protestantes, de plus en plus influentes au Burundi, avaient également plaidé pour cette mesure.

Le nouveau code pénal consacre par ailleurs l'abolition de la peine de mort au Burundi et intègre des dispositions de droit international contre le génocide, les crimes contre l'humanité et de guerre, la torture, qui étaient jusqu'à présent absentes du droit burundais et ont été approuvées en novembre 2008.

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25 avril 2009

Les motions d'ordre contre la liberté d'expression des ONG

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Les 23 et 24 avril, les ONG qui avaient suivi toute la procédure d'enregistrement pour une prise de parole de 3 minutes purent intervenir. Les motions d'ordre rythmèrent néanmoins les prises de parole, motions d'ordre émanant principalement de la République Islamique d'Iran, vice-présidente de la Conférence, de la Chine et de la Libye, présidente du comité plénier.

Le 23, la RI. d'Iran demanda, conformément à la règle énoncée par le Président, qu'aucun pays ne soit nommé durant l'intervention du représentant de UNWatch.
Webcast
[
English ] 3 minutes

imagePuis la RI d'Iran demanda en outre que l'on ne nomme pas non plus des chefs d'Etat. L'Afrique du Sud  coupa également la représentante de la Hudson Institute car cette dernière avait utilisé la terminologie de Durban 2.
Webcast
[
English ] 8 minutes

Ce fut ensuite au tour de la Chine de couper à trois reprises, l'association Asian Indigenous and Tribal Peoples Network, affirmant que leur déclaration était hors de propos, puis finalement prétendant que l'association faisait perdre du temps aux autres ONG.
image Webcast
[
English ] [ Original language ] 3 minutes

La Chine fit à nouveau une motion d'ordre, lorsque l'association International Campaign for Tibet eut la Parole. La Chine rappela combien elle était attachée à la participation des ONG dans la lutte contre le racisme. Mais qu'elles ne devaient pas pour autant utiliser cette tribune pour fabriquer des mensonges. L'association fut à nouveau coupée, et cette fois la Chine demanda que cette dernière se focalise sur le point de l'ordre du jour, elle rajouta que cette dernière contredisait la Charte des Nations Unies.
Webcast
[
English ] [ Original language ]6 minutes

imagePour la Society for Threatened Peoples, la République islamique d'Iran, se portant au secours de la République démocratique de Chine, tança le Président Amos Waso, de ne pas faire respecter les règles de procédure. La langue du président fourcha et il parla de la République islamique de Chine ! Il rappela ensuite que les ONG devaient se conformer strictement au langage onusien, puis il donna la parole à la Chine.
Webcast
[
English ] [ Original language ] 7 minutes

Le Président coupa ensuite le représentant du Bné Brith International lorsque ce dernier critiqua la négation ou la minimisation de l'Holocauste par le Président iranien. La RI d'Iran fit une motion d'ordre et dit que le représentant du Bné Brith utilisait un langage de haine, ce qui était contraire aux règles de procédure. Il demanda également que le représentant du Bné Brith présente des excuses.
Webcast
[
English ] 7 minutes

Lorsque le
Congres Mondial Amazigh commença son intervention
Webcast
[
French ] 2 minutes,
imagece dernier fut coupé par la Libye qui dit que le sujet ne concernait pas la Conférence d'examen de Durban puisque ce sujet ne figurait pas dans la conférence de Durban. 
[
English ] [ Arabic / French ] 2 minutes

imageFinalement, la Libye aura eu encore le mot de la fin. Une semaine avant, le 17 avril, la Présidente libyenne Najat al Hajajji, avait elle aussi interrompu l'organisation  UNwatch qui avait fait venir Ashrah al Hajouj, le médecin palestinien détenu dans les geôles libyennes durant dix ans, torturé, bouc émissaire victime de racisme et de xénophobie. (Voir document sur TSR :
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&bcid=663165#vid=10586392

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24 avril 2009

Le MAPP, la CATW et le LEF défendent les droits des femmes à Durban 2

Les pays, dont la France et la Suisse se sont réjouis de l'inclusion des femmes dans le texte de Durban 2, qui se limite pourtant à l'accès à l'emploi et les femmes migrantes.
Le Mouvement pour l'Abolition de la prostitution et de la pornographie et de toutes formes de violences sexuelles et discriminations sexistes (MAPP), la Coalition internationale contre la traite des femmes (CATW) et le Lobby européen des femmes (LEF) ont dénoncé vendredi 24 l'instrumentalisation des droits des femmes aujourd'hui,  la disparition du Groupe de travail sur les formes contemporaines d'esclavages, les régressions auxquelles nous assistons, notamment en ce qui concerne la traite et la prostitution, les discriminations que subissent les femmes en raison des religions, la lesbophobie, la pénalisation d'une sexualité hors mariage, le non accès aux droits reproductifs, la limitation de la liberté d'expression envers celles qui critiqueraient l'oppression des femmes par les religions etc...

imageIntervention de Bernice Dubois au nom de ces trois organisations.  [ French ] 3 minutes

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23 avril 2009

Le Novlangue de la Bureaucratie onusienne

Ce communiqué de Presse en date du 20 avril au matin, illustre on ne peut mieux le novlangue de la bureaucratie onusienne, et le hold up de l'institution et de la conférence.

Conférence d'examen de Durban RC/09/2
MATIN 20 avril 2009

Conformément à un amendement apporté la semaine dernière au Règlement intérieur de la Conférence d'examen par le Comité préparatoire, les vingt membres qui composaient l'ensemble du Bureau du Comité préparatoire ont été élus, ce matin Vice-Présidents de la Conférence d'examen.   

L'Ambassadeur Juan Antonio Fernández Palacios de Cuba a été élu Rapporteur général de la Conférence d'examen.La Conférence d'examen a ensuite établi un Comité de rédaction et un Comité plénier dont les membres ont été désignés parmi les 20 Vice-Présidents de la Conférence. Mme Najat Al-Hajjaji, de la Libye, a été élue Présidente du Comité plénier et M. Yury Boychenko, de la Fédération de Russie, a été élu Président du Comité de rédaction. Conformément au Règlement intérieur, le Président de la Conférence d'examen, les Vice-Présidents, le Rapporteur général et les Présidents du Comité plénier et du Comité de rédaction composent le Bureau de la Conférence.

Faisant observer que les négociations et la rédaction concernant le document final de la Conférence d'examen ont déjà été achevées au niveau du Comité préparatoire et de son Groupe de travail à composition non limitée, le Président de la Conférence a souligné que la Conférence a maintenant reçu du Comité préparatoire un texte, soigneusement négocié, acceptable pour toutes les parties; aussi, a-t-il été décidé de transmettre directement ce texte au Comité plénier qui, en retour, le recommanderait pour adoption à la plénière de la Conférence.

La Conférence d'examen a par ailleurs adopté son ordre du jour, tel qu'adopté par le Comité préparatoire le 22 avril dernier (document A/CONF.211/1). Elle a en outre adopté son programme de travail (document A/CONF.211/4/Rev.1), en vertu duquel la Conférence entamera cet après-midi un débat de haut niveau qui sera suivi, mercredi, d'un débat général, étant entendu que ces deux débats se poursuivront aussi longtemps que l'exigera l'épuisement de la liste des orateurs.

La Conférence d'examen entamera cet après-midi, à 15 heures, son débat de haut niveau.

Commentaires :
En effet, le mercredi 15 avril, le règlement de la conférence fut amendé lors du Comité préparatoire, de telle sorte que le bureau de la Conférence se compose des mêmes membres que le Comité préparatoire. La République islamique d'Iran demeurant notamment toujours membre du bureau aux côtés du Pakistan, de Cuba, de la Libye etc.
Le 17, il y a eu un véritable forcing pour que soit désigné comme président de la Conférence, le Ministre de la justice Kenyan Amos Waso, accusé de corruption, malgré l'opposition de l'Union européenne.
 

Il n'est donc guère étonnant que la République islamique d'Iran ait pu intervenir plus de 30 minutes et ait été choisie pour ouvrir le débat, puis que le texte ait été adopté le lendemain sans aucune discussion.
Durant ces longs mois, les méthodes des diplomaties russes, libyenne, cubaine, de l'OCI et de la République islamique d'Iran, ont pour le moins démontré leur extraordinaire efficacité, la Chine ayant durant tout le processus, su peser de tout son poids également puisqu'elle fut le premier pays à participer financièrement au fond volontaire pour la Conférence.

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22 avril 2009

Le coq français gonfle son jabot devant l’épouvantail Ahmadinedjad

tandis que Micheline Calmy Rey se fait discrète

Le 10 décembre 2008, alors que la France célébrait le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner déclarait qu’ “
On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme”.

Dans la pièce qui s’est déroulée en début de semaine à Genève, notre pays a su jouer la carte de la Realpolitik avec brio , puisque c’est au nom des“droits de l’homme et de la lutte contre le racisme”, que fut mise en scène la fameuse “diplomatie de façade” devant les caméras du monde entier.

La République islamique d’Iran a été le premier pays à s’adresser à la Conférence et a même eu l’insigne privilège de parler plus de 30 minutes, alors que la règle était de 7 minutes par pays.
Les européens (enfin ceux qui ne s’étaient pas encore retirés du processus de Durban 2 soit 23 membres sur 27) avaient prévenu qu’ils partiraient aux premiers mots proférés stigmatisant Israël comme un pays raciste.

La pièce de théâtre fut parfaitement jouée. Bien que la France n’assuma plus la Présidence européenne, c’est l’Ambassadeurcock français Mattei qui mena la marche de la résistance, un dossier jaune sous le bras, sans doute pour que les caméras de télévision le repèrent bien dans le défilé de costumes gris.

Aussitôt le discours terminé,  les européens retournèrent dans la salle pour acclamer la Norvège. Mais ils n’étaient plus que 22 désormais puisque la République Tchèque qui préside l’UE décidait de ne plus revenir.

En revanche, personne ne se leva plus tard lorsque l’Egypte se focalisa sur le sort des Palestiniens. L’UE ne broncha pas d’avantage lorsque le Ministre syrien des affaires étrangères Faysal Mekdad dit que “l’autodétermination des juifs” était une forme de “discrimination raciale”, parla de la “judaïsation d’Israël” et de “l’épuration ethnique de 1948,” ou lorsque le délégué Palestinien affirma que durant les “60 dernières années, le peuple palestinien avait souffert d’un des aspect les plus laid du racisme et de la discrimination”…

Et puis il y eut ce nouveau coup de théâtre, l’adoption du texte négocié par le Comité préparatoire, sans aucune discussion en plénière le 21 avril, sous l’égide de l’ambassadeur russe Boychenko, ancien membre du KGB, passé de facilitateur lors des réunions informelles de ces derniers mois,  à Président du comité de rédaction de la Conférence .

Ces formidables rebondissements qui défrayèrent la chronique pouvaient dés lors être transformés et, comme l’on dit désormais en politique, permettre aux uns et aux autre d’en sortir “gagnant gagnant” !
La France qui ne préside plus l’Union européenne a su encore se singulariser auprès de l’opinion (française plus que mondiale), afin de montrer son courage et sa détermination contre le diable venu en personne Ahmadinedjad.
Ainsi, le texte adopté fut proclamé par Bernard Kouchner comme trophée de la victoire du dialogue et de la bataille des droits de l’homme. Cette fanfaronnade servit alors à camoufler les véritables raisons pour lesquelles les autres pays
avaient refusé de participer à la mascarade de Genève.
De nombreux commentateurs prétendirent en effet que l’annonce de la venue d’Ahmadinedjad avait pesé dans le retrait des USA et des autres pays qui
s’étaient retirés le dimanche 19.
En réalité, si l’administration Obama a décidé de ne pas se rendre à Genève, c’est en raison du texte proposé vendredi 17 avril au soir. Celui ci maintenait d’une part le premier paragraphe que les USA avaient déjà refusé le 17 mars, qui entérine dans sa totalité la Déclaration et le programme d’action de 2001 qui comporte des paragraphes se focalisant sur un seul pays, Israël. D'autre part, il comportait des formulations portant atteinte à la liberté d’expression. (voir communiqué de presse sur
lien )

En effet, les lignes rouges de Washington, de Paris ou d’Amsterdam n’ont jamais été les mêmes. On peut d’ailleurs regretter que ces pays n’aient pas mis la barre plus haute. 

Bien qu’étant à l’origine du slogan des lignes rouges, la France attendit relativement longtemps pour les définir précisément..
C’est seulement le 2 mars, lors du dîner annuel du Crif que ces dernières furent présentées . Le  texte de 2009 ne devait pas se focaliser sur les Palestiniens et ne pas intégrer la “diffamation des religions”.
Bien évidemment, cela n’empêcha pas que des paragraphes renvoient à des plateformes autres qui se focalisent sur les palestiniens, voir utilisent le fameux “langage de haine” . De même la diffamation a été paraphrasée en  “haine des religions” et certains paragraphes se réfèrent à d’autres mécanismes, renforcent certaines structures qui ont déjà, de facto, entériné le concept de diffamation des religions.
Une fois le tour de passe passe accomplis, la diplomatie française a répété à l’usure combien elle avait protégé les droits humains, montrant par la même le bien fondé de sa présence. Dans la foulée, elle adressa par la voix de ses diplomates une leçon de multilatéralisme et de dialogue, stigmatisant dans le même temps les irresponsables déserteurs qui n’avaient pas fait œuvre de pareil courage.

Durant ces événements, Micheline Calmy Rey, la Conseillère fédérale en charge des affaires étrangères,
qui s’était rendue voilée à Téhéran pour négocier un contrat gazier en mars 2008, figure emblématique, prophétesse des droits universels et du féminisme, se fit plus que discrète.
C’est le Président de la Conférence helvétique, Hans-Rudolf Merz qui reçut le président iranien.
Quel dommage ! Quel merveilleux coup médiatique cela aurait été si elle avait osé le rencontrer. Elle aurait pu ainsi lui faire l’accolade en cheffe de la diplomatie, lui serrer la main
la tête découverte !
De surcroit, elle aurait pu faire taire les méchantes langues qui lui ont tant reproché jadis de s’être rendue voilée rencontrer le Président de la République islamique d’Iran.

On a aussi entendu, à juste titre, que le Président iranien faisait campagne, à dix semaines des élections en Iran. Dans le jeu des Mollahs, et des diplomaties du monde qui lorgnent sur les réserves minérales perses, le repoussoir Ahmadinedjad rendra d’autant plus fréquentable un futur président, prétendument modéré, faisant preuve de mesure, bien qu'appliquant la Charia et poursuivant son programme nucléaire qui, il faut le rappeler, fut engagé par le “fréquentable”
Khatami.

Depuis l’annonce de l’adoption du fameux texte… les journalistes semblent avoir déserté Genève. La conférence contre le racisme continue cependant. Les diatribes à la tribune n'ont pas cessé.
Et les ONG qui n’ont pas eu de forum, celles qui se sont déplacées parfois de loin pour faire entendre les voix des victimes n’auront aucune caisse de résonnance.
Les gesticulations des Etats leur auront volé leur conférence pour des enjeux géo-politico-économico-stratégiques, ayant peu à voir avec le racisme et les discriminations.

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20 avril 2009

La République Tchèque se retire de la conférence de Durban

Bien que présidant l'Union Européenne, la République Tchèque a annoncé ce soir qu'elle se retirait définitivement du processus de Durban, à la suite de l'allocution du Président de la République islamique d'Iran Ahmadinedjad, premier pays à parler dans le cadre de la conférence.
Ont été élus sans surprise pour former le bureau de la Conférence, Amos Waso, Ministre de la justice du Kenya comme président, ainsi que l'ambassadrice de Libye Najat All-Hajaji, le russe  Yuri Boychenko, President du comité de rédaction, et toujours Cuba comme rapporteur.
De son côté, la France persiste à croire dans le dialogue multilatéral et prétend montrer sa vision jusqu'au bout, même si l'OCI (qui représente 57 pays) ou l'Egypte ont recommencé leur mantra autour de la diffamation des religions, et que cette conférence a de moins en moins à voir avec la lutte contre le racisme et les discriminations.



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19 avril 2009

La France ira à Genève défendre sa vision des droits de l'homme

C'est l'annonce qui a été faite dimanche 19 avril dans la soirée, tandis que les USA, l'Australie, les Pays Bas, l'Allemagne, la Nouvelle Zélande ont décidé ce même jour de se retirer de la conférence d'examen dite de Durban 2.

La France est membre du Conseil des droits de l'homme depuis 2006 et l'on se demande ce qu'elle a bien pu défendre comme vision durant les trois ans d'existence de cette instance.
Dans le processus de Durban 2, ses efforts auront été vains.  14 mois auront servi à accoucher d'un texte qui, à la veille de la conférence, entérine toutes les dérives à l'oeuvre depuis huit ans contre les droits universels, la laïcité, les libertés individuelles et qui a peu à voir avec les voix des victimes du racisme.

Les lignes rouges de la France étaient bien faibles, et ne peuvent en aucune manière prétendre servir de rempart aux victimes du racisme et des discriminations à travers le monde.

Ironie de l'histoire, la Libye avait été élue présidente du comité préparatoire en août 2007, quelques semaines après la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien, Ashraf al-Hajouj.
Comme un boomerang, ce fut un sacré coup de théâtre lors des dernières heures du comité préparatoire, lorsque le médecin palestinien prit la parole et fut censuré par la présidente libyenne. (voir reportage de cet incident sur TSR http://www.tsr.chwww.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500010&bcid=663165&vid=10586392&channel=info)

La République islamique d'Iran avait été élue vice-presidente sans que cela ne pose le moindre problème, comme si la diplomatie iranienne pouvait avoir un autre discours que celui de son Président, Ahmadinedjad qui s'annonce à coup de tambours et trompettes pour la séance inaugurale du 20 avril et qui, avant de s'envoler pour la Suisse, continuait d'affirmer son projet de destruction d'Israël.

Certes, la délégation française sera réduite au minimum a déclaré Bernard Kouchner.  Sans doute la France défend elle aujourd'hui autre chose que "sa vision des droits de l'homme", mais des positions économiques et stratégiques dans cette période de crise économique mondiale. Nous avons nos armes à vendre, et notre économie est largement soutenue par les pays du Golfe et fort dépendante aussi de la Chine...

Finalement, tout cela a peu à voir sans doute avec les droits humains, la lutte contre le racisme et les discriminations, ou le fameux dialogue multilatéral dont nous abreuvent aujourd'hui nos diplomates.

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