Le 9 mai 2009, Jacob Zuma, chef de l'ANC (Congrès national africain) accédait à la Présidence de la République d'Afrique du Sud,devenant ainsi le quatrième président de la "nation arc-en-ciel" inaugurée par Nelson Mandela.
15 ans après la fin de l'Apartheid, la plus grande démocratie d'Afrique qui représentait l'espoir, et dont les messages sont des symboles pour l'ensemble du continent et au delà, est dirigé désormais par un homme qui incarne la quintessence du machisme et de l'obscurantisme ethnique, ainsi que de l'impunité face à la corruption.

Alors qu'il devait être présenté devant la justice en juillet 2009 (la 38e fois sur une période de 7 ans et demi) dans une sombre affaire de pots de vins, le parquet sud africain leva toutes les poursuites contre lui le 6 avril 2009 (afin qu'il puisse être éligible), ainsi que celles contre la manufacture d'armes française Thalès également en cause.   

Zuma se déclare polygame, fidèle à sa culture Zoulou et "africaine" qu'il promeut comme une valeur intrinsèque. On lui attribue entre 3 et 6 épouses ainsi que 14 à 17 enfants, issus de 11 compagnes différentes.
Homophobe, il considère les relations entre personnes du même sexe, comme " un déshonneur pour la nation et pour Dieu." Il alla jusqu'à dire que dans sa jeunesse, il aurait mis KO tout homosexuel se trouvant sur son chemin.

On le connaît aussi pour ses ferveurs mystiques à l'endroit de l'ANC : "Dieu attend que nous dirigions ce pays car nous sommes la seule organisation qui a été bénie par des pasteurs lors de sa création. Elle est même bénie dans les cieux. C'est pourquoi nous dirigerons jusqu'au retour de Jésus." 
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A l'occasion de son procès pour viol en 2005, alors qu'il n'avait pas utilisé de préservatif avec sa victime Fezeka Kuzwayo qu'il savait séropositive, il dit qu'une bonne douche  après l'acte sexuel suffisait pour se protéger du Sida. Depuis les caricaturistes sud-africains le présentent systématiquement arborant un pommeau de douche sur la tête.

L'arrogance et la violence se manifestèrent à chaque étape du procès pour viol, qui se termina par un non lieux, obligeant la victime, menacée de mort par les proches de Zuma, à fuir l'Afrique du Sud pour se réfugier aux Pays Bas. (Le Royaume Uni et le Canada avaient également accepté de lui donner asile).

Durant le procès et à l'annonce du verdict, Zuma et la foule de supporters chantèrent en cœur le chant Zoulou Lethu Mshini Wami (rendez-moi ma mitraillette). Les courageuses organisations de femmes qui luttent contre le viol essuyèrent critiques et insultes, et l'une d'entre elle, que les amis de Zuma avaient pris pour la victime, se vit accueillie à coup de jets de pierres devant le tribunal.

La défense revint sur le passé sexuel de la plaignante âgée de 31 ans, fille d'un camarade de combat de Zuma, affirmant qu'elle était
_41325724_women_203 consentante, et décrivant leur relation comme celle d'un père envers sa fille !!!.  Prétendant que c'était elle qui lui avait fait des avances, il alla jusqu'à ajouter :
«Dans ma culture, on ne peut pas laisser une femme excitée sans rien faire».

Dans ce pays qui compte un des plus grand taux de viols dans le monde (55 000 cas rapportés à la police durant l'année 2003-2004, soit un cas rapporté sur neuf selon les estimations), l'élection d'un violeur polygame avéré aura des conséquences sur la libération sexuelle des femmes.

Que faisait donc à Prétoria la Secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade, lors de l'intronisation de Jacob Zuma le 9 mai dernier, elle qui prétend placer en priorité la lutte pour les droits des femmes et contre l'homophobie dans sa politique internationale?
Que faisait elle dans les tribunes officielles, avec les amis dictateurs du nouveau Président sud-africain, parmi lesquels on pouvait notamment reconnaître Mouammar Kadhafi, avec qui il veut édifier les Etats-Unis d'Afrique, le roi Mswati III du Swaziland, dernier monarque absolu d'Afrique, le président du Zimbabwe Robert Mugabe, Kim Yong Nam, n°2 du régime régime de Corée du Nord, la délégation gouvernemental du Soudan alors que le Président Omar El Beshir est sous mandat d'arrêt international ?
A moins que sa présence ne soit la caution de la France en échange de la levée des poursuites contre la filiale française d'armement implantée en Afrique du Sud.
La Realpolitik a ses raisons que la défense des droits humains ignore... reconnaissait en d'autres termes Bernard
Kouchner le 10 décembre 2008 lors du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle....