Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

31 mai 2009

Sri Lanka : la faillite de l'Onu

Par Granada

Instrumentalisée par les dictatures, l'ONU a une fois de plus failli au Sri Lanka, comme naguère en Irak après le gazage des Kurdes à Halabja sous Saddam Hussein en l988, à Srebenica en Bosnie-Herzégovine, lors du génocide au Rwanda en 1994, toujours au Darfour et encore au Tibet.
Alors que les combats faisaient rage dans le nord de l'île et que le ministre du bien-être social du Sri Lanka avait lui-même reconnu que "les sources du conflit résident dans des facteurs et des forces qui concernent particulièrement la Conférence de Durban de 2001 et la présente Conférence d'examen, à savoir le racisme", la réunion
de Durban 2 à Genève qui venait d'assister le 20 avril au show négationniste et antisémite d'Ahmadinejad, n'a pas eu un mot pour évoquer le sort des victimes prises entre deux feux au Sri Lanka.
Le 22 avril au Conseil de sécurité à New-York, la Chine et la Russie, appuyées par le Vietnam, la Turquie et la Libye, s'opposaient à une "pause humanitaire", estimant qu'il s'agissait d'une affaire interne au Sri Lanka.
Ce n'est qu'après trente ans de massacres et près de 100.000 morts , une fois le forfait accompli que le mal nommé Conseil des droits de l'homme vient de tenir fin mai une session spéciale sur le Sri Lanka réclamée à grand peine par l'Union européenne, le Canada, la Suisse, l'île Maurice et quelques pays latino-américains. Et le gouvernement de Colombo a réussi le tour de force de faire adopter par 29 voix contre 12 et 6 abstentions une résolution qu'il avait lui-même présentée et dans laquelle le Conseil des DH "se réjouit de l'engagement continu du Sri Lanka en faveur de la promotion et de la protection de tous les droits de l'homme". La résolution se borne à condamner les seules violations commises par les Tigres tamouls.
C'est en vain que l'Union européenne et quelques autres pays démocratiques minoritaires au Conseil de DH avaient tenté d'apporter des amendements en faveur des victimes, demandant notamment le plein accès des humanitaires aux camps de réfugiés et l'ouverture d'une enquête sur les allégations de violations des droits de l'homme.
Figurant avec la Chine , le Pakistan, l'Arabie Saoudite et d'autres Etats du groupe islamique parmi les soutiens les plus actifs du Sri Lanka, Cuba s'est empressé de stopper net ces velléités en faisant voter par la majorité automatique une "motion d'inaction" revenant à empêcher toute discussion et à clore le débat.
Ainsi vont les droits de l'homme à l'ONU où les pays liberticides parviennent à imposer leur loi et à occuper la place sans se préoccuper de considérations morales, tandis que les démocraties baissent les bras ou regardent ailleurs.
Alors qu'à la requête de l'Organisation de la conférence islamique, qui occupe un tiers de ses 47 sièges, le Conseil des DH a déjà consacré cinq réunions spéciales en trois ans d'existence pour stigmatiser Israël, il pourra revenir durant sa session de juin sur Gaza et entendre la mission d'enquête qu'il a créée pour suivre cette question sans commune mesure avec les 20.000 morts de la dernière offensive de l'armée au Sri Lanka. Comme d'innombrables autres victimes ailleurs à travers le monde, les civils tamouls passent par pertes et profit.
Conscient de ces carences, le précédent secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, n'avait cessé de tirer l'alarme. Avant de passer la main en 2007 , il avait enjoint le Conseil de DH de "ne pas concentrer toute son attention sur le conflit israélo-palestinien au détriment d'autres situations tout aussi graves". " A en juger par ce qui se passe au Darfour, ajoutait-il, il semble que nous n'avons pas beaucoup progressé depuis le désastre de la Bosnie et du Rwanda. Comment une communauté internationale qui prétend faire respecter les droits de l'homme peut-elle tolérer que ces horreurs continuent?" avait-il conclu. A voir aujourd'hui la démission de l'ONU au Sri Lanka, sans parler du Tibet réduit au silence, c'est un peu comme s'il avait prêché dans le désert.

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25 mai 2009

Le Sri Lanka : la défaite diplomatique annoncée des démocraties

Le mardi 26 mai se tiendra la 11ème session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme autour de la situation au Sri Lanka.
La tenue d'une session spéciale peut se faire à la demande d'un tiers des membres du Conseil, soit 16 sur 47.
La manière dont une session extraordinaire se met en place illustre on ne peut mieux les lignes de forces politiques au sein du CDH, que ce soit sur la composition des pays qui convoquent ce type de session que sur les résolutions qui en découlent.
Ainsi sur 8 sessions extraordinaires impliquant des violations des droits humains par des pays, 5 sessions concernaient les violations commises par Israël, 1 le Soudan/Darfour, 1 la Birmanie et 1 la République démocratique du Congo. Tandis que les 5 sessions visant Israël purent être convoquées rapidement en raison de l'implication systématique des pays de l'Organisation de la Conférence Islamique qui composent au moins un tiers des membres du CDH, il en fut tout autrement pour les 3 dernières où aucun membre de l'OCI ne se s'est mobilisé.

Il fut impossible d'évoquer la question du Sri Lanka lors de la conférence d'examen de Durban.
Devant la très forte mobilisation d'organisations en Asie
, ainsi que l'inquiétude soulevée par le drame humanitaire et les exactions commises par le gouvernement du Sri Lanka, l'Allemagne, au nom de 17 membres du CDH (Allemagne, Argentine, Bosnie-Herzégovine, Canada, Chili, France, Italie, Maroc, Maurice, Mexique, Pays-Bas, République de Corée, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suisse, Ukraine et Uruguay), est parvenue le 19 mai à demander la convocation d'une session extraordinaire . 
En effet, rien n'était joué, car le 15 mai, Cuba envoyait un courrier au Président du CDH Martin Ihoeghian Uhomoibhi, lui indiquant que le Mouvement des non alignés s'était réuni afin "d'explorer les possibilités d'idées alternatives à la tentative de certains pays de convoquer une session extraordinaire sur le Sri Lanka." En conséquence, ils avaient créé un quartet composé de l'Egypte, de l'Inde, du Pakistan et de Cuba, sensé servir d'interlocuteur au Sri Lanka. 
Le 22 mai, la Suisse présentait une proposition de résolution lors d'une réunion informelle en préparation de la session spéciale, mais elle fut rejetée par une résolution émanant du Sri Lanka lui même, soutenue par l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, la Bolivie, la Chine, Cuba, l'Egypte, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, le Nicaragua, les Philippines, le Pakistan. (A 24 heures de la session spéciale, seule la résolution du Sri Lanka est disponible sur le site extranet de l'ONU)

Cette résolution intitulée assistance au Sri Lanka dans la protection et la promotion des droits humains, (sri_lanka_draft_res)  est tout simplement une ovation à Colombo. Par ailleurs, elle réaffirme le principe de non ingérence dans des sujets qui concernent essentiellement les juridictions internes des Etats.
Le gouvernement  Sri lankais est salué comme un libérateur qui amènera la paix permanente dans le pays, qui a fait le nécessaire pour apporter une aide aux personnes déplacées, et complimenté pour la manière constructive avec laquelle il coopère avec les instances humanitaires.

Durant la session informelle du 22 mai présidée par la Suisse,  le Sri Lanka dénonça la tenue d'une session extraordinaire.
L'Egypte continua dans le même sens, considérant que pareille session était partisane et qu'il aurait été plus pertinent de convoquer une session extraordinaire sur la situation en Palestine, en Afghanistan ou en Iraq.
La Syrie renchérit en indiquant que le pays concerné savait mieux que tout autre ce dont il avait besoin.
Le Chili fut particulièrement éloquent dans la défense de la session extraordinaire, rappelant que les pays à l'origine de cette convocation, avaient tenté de se rapprocher du Sri Lanka pour entamer un dialogue et que le Président du CDH avait même proposé un panel, toutes propositions systématiquement rejetées par Colombo.

Il est à noter que Le Sri Lanka a été membre du CDH de 2006 à 2008.

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22 mai 2009

La lutte contre la traite : offensive contre les droits des femmes et l'autodétermination des femmes

Le 13 mai 2009, l'Assemblée Générale organisait un dialogue thématique interactif sous l'intitulé : " Agir ensemble pour mettre fin à la traite des êtres humains".
Cette journée était organisée avec le soutien du Bahreïn, de la Biélorussie, de l'Egypte, des Emirats arabes unis, de l'Equateur, du Nicaragua, des Philippines, de la Thaïlande et du Qatar. 
Elle s'inscrivait dans les premières initiatives qui avaient vu le jour en février 2008, sous l'égide des Emirats arabes unis, la "Global initiative against trafficking" (UNGIFT).
et dans le prolongement d'autres actions ou débats thématiques organisés depuis par la Biélorussie à l'Assemblée Générale en 2008, ou encore  en  imagemars 2009 à Manama dans le Royaume du Bahreïn, sous l'égide de sa majesté Sheikha Sabeeka Bint Ibrahim Al-Khalifa, femme du roi du Bahrein (pays qui l'on s'en souvient soutient le maintien de la polygamie) et avec la participation de réseaux de femmes tels que le Conseil des femmes d'affaires arabes, l'association des jeunes dames (young ladies) du Bahrein, UNGift women leaders, le réseau des first ladies, et surtout la Fondation Suzanne Mubarak, image devenue l'organisation incontournable depuis 2008 dans les nouvelles actions contre la traite des femmes. Cette dernière reçut du directeur du Bureau de l'ONU contre la drogue et le crime (UNODC), Antonio Mario Costea une distinction de reconnaissance pour sa "vision" dans la lutte contre la traite. (La Fondation Suzanne Mubarak avait une place centrale également lors du dialogue thématique du 13 mai à l'AG.)

Les recommandations des consultations précédentes, et le dialogue thématique du 13 mai ont pour ambition d'élaborer un nouveau texte normatif contre la traite des personnes, qui s'intitulera "Action globale pour mettre fin à la traite", et qui viendra compléter le protocole dit de "Palerme" adopté en 2000 contre la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.
Ce projet est soutenu par la Mouvement des Non alignés (118 pays sur les 192 membres de l'ONU) et l'Union Africaine représentée par le Soudan lors du débat thématique.
L'Egypte apporta sa touche emphatique à la voix du Soudan, indiquant que ce plan d'action plongeait ses racines en Afrique en raison de l'esclavage qui avait affecté les africains dans l'histoire. (il faut rappeler ici que seule la traite transatlantique est reconnue à l'ONU).
Les pays qui se sont opposés à ce nouveau projet sont : La République Tchèque au nom de l'UE, les Pays Bas, l'Italie, le Portugal en leur nom propre (la France ne s'étant pas exprimée), le Canada, la Norvège et les USA.

Le plan d'action devra promouvoir un partenariat entres le secteur privé et les Etats, et coordonner les actions d'agences spécialisées telles que l'Organisation Internationale du travail, l'Organisation internationale des migrations, le Haut commissariat aux droits de l'homme, le CDH, l'UNODC etc...
Certains de ces organes ont été à la pointe des attaques contre les droits des femmes durant ces 15 dernières années, rendant leurs revendications opaques, mélangeant les concepts... (voir à ce sujet article la traite des femmes dans le monde).
Plus grave, ce sont sur les cendres du Groupe de travail sur les formes contemporaines d'esclavage, (voir, Les Nations désUnies) et la disparition de toute référence à la Convention du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, que vont s'élaborer les nouvelles normes contre la traite, ces références étant absentes du document de base transmis aux délégations à l'occasion de cette journée de "dialogue". De plus, les derniers rapports présentés par le Haut Commissariat, l'OIM ou l'OIT comme documents de base pour le Plan d'action de demain s'inscrivent en parfaite opposition avec ces texte normatifs, et fournissent une nouvelle interprétations des termes et des concepts pourtant entérinés jadis et protégeant les femmes.
Le Président de l'Assemblée Générale Miguel d'Escoto Brockman s'est pour sa part notamment appuyé sur l'infâme document de Durban 2, dont les paragraphes concernant la traite constituent une véritable régression.
Il va sans dire que les travaux de la rapporteure spéciale sur la traite, Sigma Huda, (qui a été remplacée par la nigériane Joy Ngozi Ezeilo, au service du nouveau discours officiel) ne sont pas mentionnés parmi les documents de référence.

21 mai 2009

Sexual-Harassment Cases Plague U.N.

By STEVE STECKLOW  - Wallstreet journal

The United Nations, which aspires to protect human rights around the world, is struggling to deal with an embarrassing string of sexual-harassment complaints within its own ranks.
Many U.N. workers who have made or faced accusations of sexual harassment say the current system for handling complaints is arbitrary, unfair and mired in bureaucracy. One employee's complaint that she was sexually harassed for years by her supervisor in Gaza, for example, was investigated by one of her boss's colleagues, who cleared him.
Cases can take years to adjudicate. Accusers have no access to investigative reports. Several women who complained of harassment say their employment contracts weren't renewed, and the men they accused retired or resigned, putting them out of reach of the U.N. justice system.

U.N. Secretary-General Ban Ki-moon calls sexual harassment a 'scourge.'
"No matter which way the cases go, they mishandle it," says George G. Irving, a former U.N. attorney who now represents clients on both sides of such cases.U.N. Secretary-General Ban Ki-moon has acknowledged that the system is troubled. "I fully share your concerns regarding sexual harassment and sex discrimination," he wrote in February to Equality Now, a women's rights group that had complained to him. "This scourge remains a high priority issue for me."
On July 1, the U.N. plans to make changes to its internal justice system for handling all employee disputes, including harassment complaints.
Yasmeen Hassan, an Equality Now attorney and former U.N. employee who met with Mr. Ban in December to discuss the issue, says she has "no faith" that the new system will be better, in part because complainants apparently still won't have access to investigative reports to help them with appeals.
The Wall Street Journal examined the U.N.'s handling of five sexual-harassment cases, reviewing hundreds of pages of confidential U.N. documents and interviewing U.N. employees who brought the complaints, supervisors they accused, the lawyers involved and U.N. officials.
It is impossible to know whether sexual harassment is a bigger problem at the U.N., whose global staff numbers about 60,000, than at other large multinational organizations. Officials in the secretary-general's office say they don't know how many sexual-harassment cases are filed at the world body because each U.N. entity tracks cases separately, and confidentially. The secretariat, the U.N.'s main administrative body, says it handles between five and eight cases a year. But those figures include only cases referred to its human-resources department for possible disciplinary action, not complaints that have been dismissed.

Changes to Internal Justice Coming
The planned overhaul of the United Nation's internal justice system is set to take effect July 1. Its goal is to create a more independent and professional system for resolving disputes, including sexual-harassment claims.
A spokesman for the United Nations Children's Fund, or Unicef, said it has handled 15 complaints since 2004. Five alleged perpetrators in those cases have been dismissed, and two others were issued lifetime employment bans from Unicef because they resigned during investigations. Disciplinary proceedings are being initiated against another accused staffer.
In one important respect, the U.N. handles such problems differently than other large organizations, such as multinational corporations. Many U.N. managers have diplomatic immunity from criminal prosecution or civil litigation. Except when the U.N. lifts immunity, its internal justice system is the only one workers can turn to.

Bewildering System
The current system, which dates back to 1946, has a bewildering array of investigative channels and appeals processes. Many of the 10 U.N. agencies, programs and funds have their own investigative systems. A multilayered appellate process includes "joint appeals" boards that can review departmental decisions. The U.N. Administrative Tribunal is the final authority.
The system gives the secretary-general the authority to rule on appeals. Confidential U.N. records in two cases show that Mr. Ban rejected the recommendations of an appeals board and ruled against the women who brought those cases. A spokesman for Mr. Ban declined to discuss any specific cases. Under the new system, the secretary-general no longer will play a major role in the process.
Last year, Mr. Ban, a former South Korean foreign minister who became secretary-general in 2007, issued a bulletin stating that "any form of discrimination, harassment, including sexual harassment, and abuse of authority is prohibited." A spokeswoman for the secretary-general said in a statement that the U.N. has "zero tolerance for sexual harassment in the workplace. And we take seriously every single case."
In 2002, Joumana Al-Mahayni, a Syrian, was working as a secretary to Yusuf Mansur, then chief of the Kuwait office of the United Nations Development Programme, or UNDP, the U.N.'s global development network.
The following year, U.N. records show, she filed a complaint alleging that Mr. Mansur had made sexual advances, including grabbing and kissing her hands while saying "my darling, my darling" -- then refused to renew her contract when she didn't respond to his advances.
In an interview, Mr. Mansur, who now lives in Jordan, denied the allegations, calling them "baloney."
'Unnecessary Touching'
U.N. documents state that the UNDP's investigative report found evidence that Mr. Mansur had subjected Ms. Al-Mahayni to "physical assault," "verbal abuse," "unnecessary touching," "patting," "constant brushing against a person's body" and "pressure for sexual activities." The coordinator of the UNDP's investigative panel asked its human-resources director, Brian Gleeson, to take "appropriate action" against Mr. Mansur. In April 2004, 10 days after the investigative report was filed, Mr. Mansur resigned, U.N. records show.
Mr. Gleeson later told Ms. Al-Mahayni, in an email reviewed by the Journal, that the internal probe "vindicated your allegations and directly contributed" to Mr. Mansur resigning. Mr. Gleeson wrote that he "possibly" could have refused the resignation and pursued disciplinary action, "but advice from legal sources and past practice strongly suggested that it is better to get the person out of the office and the system asap" and avoid litigation. He also stated that "no further action can be taken after a staff member resigns." Mr. Gleeson declined to comment.
Mr. Mansur says he resigned because he was "disgusted" with the U.N., including its handling of the case. "The way the system deals with it, you become accused right away, the person becomes a monster right away," he says. He says he provided evidence that he wasn't in Kuwait when some of the alleged incidents occurred. "I should have hired a lawyer and sued back," he says.
Ms. Al-Mahayni requested compensation for being harassed and losing her job. UNDP rejected the request, saying, in part, that her contract had simply expired. She appealed. In April 2006, the U.N. Joint Appeals Board found that she had "no legal expectancy" that her employment contract would be renewed. But it unanimously recommended that she be awarded $10,000. Kofi Annan, then U.N. secretary-general, accepted the recommendation.
Ms. Al-Mahayni appealed the decision before the U.N. Administrative Tribunal. She argued the compensation was inadequate and she shouldn't have lost her UNDP job. She also requested reimbursement of $8,000 in legal expenses. On Jan. 30, 2009 -- more than five years after she first filed her complaint -- the tribunal rejected her appeal "in its entirety," arguing that the $10,000 award was "adequate in view of the harm caused to her."
Ms. Al-Mahayni, who in November 2006 got a job with the U.N. Department of Peacekeeping Operations in Sudan, didn't respond to a request for comment.
In a written statement, the UNDP said it regretted that Ms. Al-Mahayni's supervisor "was allowed to resign before disciplinary action could be initiated."
U.N. records detail other cases in which internal probes supported women's claims of sexual harassment, but the employees they accused went unpunished.
A French woman who worked as a legal officer in Gaza for the U.N. Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East shared records from a case she initiated.
According to the records, in November 2004 she complained that she was sexually harassed by Lionel Brisson, then director of operations for the Palestine Refugees unit. She alleged Mr. Brisson had used binoculars to spy on her while she was in her Gaza apartment, and repeatedly made sexually explicit comments and groped her buttocks, according to a subsequent report by the U.N.'s main investigative unit, the Office of Internal Oversight Services, or OIOS.
'Completely Ridiculous'
In a telephone interview, Mr. Brisson denied the allegations, calling them "completely ridiculous." He said he had tried to help the French woman advance her career, and "this is the kind of thanks you get."
At first, a probe by the Palestine Refugees agency cleared Mr. Brisson. An agency official says the man in charge of the investigation, the agency's health director, was a "colleague" of Mr. Brisson, and was assigned to investigate because he headed the agency's human-resources committee.
The French woman had also complained directly to the OIOS, which began its own investigation. Mr. Brisson reached his mandatory retirement age and left in December 2005, before that probe was complete. One month later, his accuser's employment contract ran out and wasn't renewed.
In February 2006, the OIOS reported that the evidence "tends to support a finding" that the complainant was sexually harassed. If Mr. Brisson "was still with the Organization," the report said, "we would recommend counseling."
Mr. Brisson, who is French, said the U.N. had rejected his requests for a copy of the OIOS report, and he hadn't seen it until one was provided to him by the Journal. He called its conclusions "very vague" and noted that it didn't recommend any disciplinary action. He said he had pressed the OIOS to investigate because "I wanted to clear my name."
In February 2008, Mr. Ban weighed in on the dispute. The French woman had appealed her case to the U.N. Joint Appeals Board, seeking an equivalent job and compensatory pay. It had urged Mr. Ban to allow her to pursue her case elsewhere in the U.N. system "to ensure both fairness and impartiality." Mr. Ban's office rejected that recommendation, saying that the secretary-general had no "competence" over the Palestine Refugee agency's internal justice system. Her appeal there is pending.
In another case, Fatima Moussa, a U.N. translator in Lebanon, had accused a U.N. security officer of raping her. A probe by the U.N. commission where she worked did not substantiate her allegations. She appealed, and calls the investigation a "travesty." The appellate board unanimously recommended that Mr. Ban extend her employment contract until her appeal was heard. On July 15, 2008, Mr. Ban rejected the board's recommendation and Ms. Moussa's contract expired. U.N. records show that Mr. Ban didn't accept the board's findings that Ms. Moussa would suffer "irreparable injury." The man she accused now works for the U.N. in Darfur.
Impetus for Change
Much of the impetus for the U.N.'s effort to change the way it handles sexual-harassment cases stems from a 2004 case. An OIOS investigation concluded that Ruud Lubbers, then head of the U.N.'s main refugee agency and the former prime minister of the Netherlands, had sexually harassed Cynthia Brzak, a longtime American staffer. The probe found that Mr. Lubbers engaged "in serious acts of misconduct" of a "sexual nature."

Justice in Limbo
Unicef employee Archana Pandey accused the organization's top officer in India, Cecilio Adorna, of sexual harassment. Mr. Adorna denied the allegations; Unicef investigated. On Jan. 16, 2007, Unicef's top personnel officer sent disapproving letters to each of them.
Mr. Annan, then secretary-general, didn't accept an OIOS recommendation that Mr. Lubbers be disciplined. He said at the time that the findings could not be sustained. Mr. Lubbers, who has consistently denied any wrongdoing, resigned in 2005. He couldn't be reached for comment.
Ms. Brzak said she faced retaliation, including threats to abolish her position. She filed a lawsuit in federal district court in Manhattan seeking damages from the U.N., Mr. Lubbers and others. Last year, a federal judge ruled that U.N. officials had diplomatic immunity, and dismissed the case. Ms. Brzak has appealed.
Diplomatic immunity also factored in a more recent case at Unicef in India. In October 2006, Archana Pandey, an assistant communications officer in New Delhi, accused Cecilio Adorna, then Unicef's top officer in India, of sexual harassment. She alleged he threatened not to renew her contract, which was due to expire at year end, if she didn't grant him sexual favors, according to U.N. records and Ms. Pandey, in an interview. She said she suffered an emotional breakdown and had to take sick leave. Mr. Adorna denied all the allegations. That December, Ms. Pandey's Unicef contract wasn't renewed.
Unicef investigated. On Jan. 16, 2007, the agency's top personnel officer sent her a letter stating that its probe failed to find "clear and convincing evidence" to support her claims. The letter, which was reviewed by the Journal, accused her of misrepresentation, and said "if you were still a staff member, Unicef could consider taking disciplinary actions against you."
U.N. records also show that the same Unicef personnel officer sent Mr. Adorna a written reprimand that same day. That letter, which was also reviewed by the Journal, stated that while nearly all the allegations couldn't be supported, the inquiry found that he "at times touched female staff in a manner they considered inappropriate" and had a tendency to tell jokes or make comments with sexual connotations.
"The Investigation Committee itself witnessed one of such comments during your interview when you stated that you would not have invited anybody for romantic drinks in your hotel room, because you 'can't do sex without food first,' " the letter said. "Such a comment is highly inappropriate, particularly in light of the fact that you were being interviewed on sexual harassment allegations." The letter threatened Mr. Adorna with disciplinary action for "any further misconduct."
In a written statement to the Journal, Mr. Adorna said Unicef later wrote to him stating that it couldn't find "clear and convincing evidence" to support Ms. Pandey's allegations. He said the Unicef letter also said: "Insufficient evidence does not necessarily mean that the allegations were found to be false." He accused Unicef of "negligence" for failing to defend him.
In 2007, Ms. Pandey, who is Indian, filed a criminal complaint with the New Delhi police that accused Mr. Adorna, a Filipino, of attempted rape, among other allegations, according to Indian court filings. The police declined to take action because U.N. employees have diplomatic immunity. She has continued to press her case in Indian courts. She also filed an appeal within the U.N. system.
In December 2008, the U.N. appeals board, while not addressing the sexual-harassment allegations, found that Unicef had "let go" Ms. Pandey "wrongfully" and "illegally" while she was on sick leave. It recommended that the secretary-general award her two years' pay, plus interest, or $76,800. In March, Secretary-General Ban accepted the recommendation.
Mr. Adorna retired from Unicef last month. He has filed an appeal with the U.N. seeking, among other things, a public statement of exoneration and monetary damages. He accuses Unicef of making him "its sacrificial lamb" and urging him to resign.
Unicef declined to comment on Mr. Adorna's appeal or his allegations.

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15 mai 2009

Durban II - A Conference About Nothing

By Thor Halvorssen *
Founder, The Oslo Freedom Forum


The conference for human rights that took place in Geneva several days ago, known as Durban II,  took more than two years to plan. This United Nations conference held tremendous promise. The conference was to replicate the concerns of a gathering that took place in Durban, South Africa. The focus of Durban II was “Racism, Racial Discrimination, Xenophobia and Related Intolerance.”

As you read this racist genocide and religious intolerance continues to occur in Darfur.
What did Durban II have to say about this: Nothing.

The conference promised to review how countries performed on racism.
How many countries were reviewed on their racism and intolerance in the reports? Zero

Women are constantly discriminated against in Pakistan, Saudi Arabia, Iran, Libya, and Afghanistan. At Durban II:  silence.

The Tibetan people are constant targets of ethnic discrimination by the occupying army of China. At Durban II:  silence.

There are slaves across the world: from Dominican sugar cane fields belonging to the super wealthy Fanjul family to the many slaves in Arab and Muslim countries who are sold because they are of a different religion, tribe, or race. At Durban II:  silence.

And what about human rights violations in Burma, Egypt, Venezuela, Belarus, Equatorial Guinea, Cuba, Zimbabwe, Bolivia, Russia. At Durban II: silence.

The conference promised to review how countries performed on racism. How many countries were reviewed on their racism and intolerance in the reports? Zero.

It doesn’t take an academic or an intellectual to understand that something is very wrong when on the platform is the national leader of Iran who previously denied the holocaust that took place in Europe, expresses an interest in killing millions of Israeli Jews, and leads a government that actually hangs homosexuals. And this was just the first speaker! Durban II was a sad disappointment and it illustrates everything that is wrong with the current human rights establishment inside the UN.
At Durban II non-governmental organizations (NGOs) were put to one side and not allowed to comment or participate until after the final document was written. And some NGOs such as the ones representing Tibet or the Dalits were not even allowed to attend. What should have been a celebration of tolerance and dignity became a hate-fest with several democracies simply standing up and walking out of the conference including Australia, Italy, Germany, Canada, The Netherlands, New Zealand, the U.S., Israel, and the Czech Republic. What did this say about Durban?
Durban II was a disastrous embarrassment for those involved and it highlights several important weaknesses and shortcomings displayed by the human rights establishment. A magnificent opportunity to advance human rights in the world became a platform for the continuing corruption of human rights. Human Rights has, unfortunately, become watered down and redefined. What are the basic human rights that no nation or culture should oppose? Simple: Freedom of speech and of the press, freedom of association, freedom to think what you want. Freedom from torture, freedom to pursue your own job without being told what you are allowed to do, freedom to leave and re-enter your country, due process under law, and freedom to keep what belongs to you. Why is this so difficult to accept? Because so many nations running the human rights establishment in the UN are despots who only want to speak pretty words about human rights while they kill or imprison or torture their opponents.
The best illustration of the tragic Kafkaesque disaster of Durban II is that the South African ambassador insisted that participants stop calling the Geneva meeting “Durban II” because “it is maligning my country.”

Thor Halvorssen is founder of the Oslo Freedom Forum a global human rights gathering taking place in Oslo, Norway from May 18-20. Visit www.OsloFreedomForum.com to learn more.

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14 mai 2009

Pékin en coulisses au Sri Lanka

Par JEAN-CLAUDE BUHRER
Publié dans Libération le 14- 5 - 2009

Il y a un an, c’était la Birmanie, frappée par le cyclone Nargis qui a laissé derrière lui 138 000 morts ou disparus ainsi que 2,4 millions de sinistrés. La junte militaire avait d’abord refusé l’entrée des secours aux victimes et ouvertement nargué l’ONU, n’hésitant pas à maintenir le 10 mai un référendum constitutionnel taillé sur mesure, en pleine catastrophe. Aujourd’hui, c’est le Sri Lanka, où 200 000 civils ont fui les combats ces derniers mois, tandis que 50 000 autres restent piégés entre deux feux et que 6 500 ont péri en trois mois. Pressé d’en finir avec les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), le gouvernement sri-lankais fait la sourde oreille aux appels bien tardifs au respect du droit humanitaire et poursuit son «offensive finale» à l’abri des regards indiscrets. L’ONU reste coite.

Comme les militaires birmans, le gouvernement nationaliste de Colombo ne pourrait défier impunément tout le monde sans soutiens extérieurs, à commencer par celui de la Chine. L’an dernier, la junte avait ignoré les appels de l’ONU et de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi de donner la priorité au sauvetage des victimes du cyclone.
L’impuissance de la communauté internationale est encore plus manifeste au Sri Lanka, qui n’a jamais été réprimandé et avait même réussi à se faire élire au Conseil des droits de l’homme. D’ailleurs, comme la Birmanie, Colombo peut compter au Conseil de sécurité sur le double veto de Pékin et de Moscou. En mai 2008 déjà, ces deux-là n’avaient rien voulu entendre du principe de «la responsabilité de protéger» reconnu lors du sommet de l’ONU en 2005 et qui aurait facilité l’acheminement des secours dans la Birmanie dévastée. La Chine et la Russie, appuyées par le Vietnam, la Turquie, la Libye et le Japon, se sont opposées, le 22 avril, à une «pause humanitaire» réclamée par les Occidentaux au Sri Lanka, estimant qu’il s’agissait d’une affaire interne et non d’une menace pour la sécurité internationale. Les mêmes raisons sont invoquées à propos du Tibet, de la Tchétchénie, du Zimbabwe, voire du Darfour. Il est vrai que les méthodes expéditives des Tigres tamouls, placés sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis et l’Union européenne, expliquent aussi ces atermoiements, et que le gouvernement de Colombo a longtemps bénéficié de leur complaisance dans cette «sale guerre» qui a fait près de 70 000 morts en un quart de siècle. N’empêche que les civils paient un lourd tribut à l’indifférence de la communauté internationale.

Cette indifférence étonne d’autant plus que le Sri Lanka et la Birmanie suscitent bien des convoitises, ne serait-ce qu’en raison de leur position géostratégique : la grande île au sud du sous-continent en tant que point névralgique pour le contrôle maritime du commerce international dans l’océan Indien ; la seconde, à la charnière des mondes indien et chinois sur le golfe du Bengale. Ce double intérêt n’a pas échappé à Pékin, devenu le principal allié politique et militaire du régime birman sans cesser d’étendre son emprise économique chez son voisin du sud. En plus de barrages hydrauliques en construction, un projet de pipeline de la baie du Bengale au Yunnan devrait permettre à la Chine d’acheminer le pétrole du Moyen-Orient en évitant le détroit de Malacca.
La Chine a également renforcé sa présence au Sri Lanka, dont elle est devenue le principal donateur, afin de diversifier ses routes d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique. Entre les détroits d’Ormuz et de Malacca, elle se dote méthodiquement d’un véritable chapelet de ports en eaux profondes, de la base navale de Gwadar au Pakistan à Hambantota au Sri Lanka, et de Chittagong au Bangladesh à Sittwe en Birmanie. A Hambantota, Pékin a investi un milliard de dollars dans la construction d’un grand centre logistique de transbordement maritime. Outre l’aide financière et un appui politique «inconditionnel», la Chine a largement contribué à l’effort de guerre de Colombo et au basculement du rapport de forces sur le terrain… à peine les Etats-Unis avaient-ils suspendu leur coopération militaire en raison de la constante dégradation des droits de l’homme sur l’île. Illustrant ce rapprochement, le président Mahinda Rajapaksa était reçu par son homologue Hu Jintao en février à Pékin, puis en mars, ce fut au tour de son frère et ministre de la Défense Gotabhaya de remercier la Chine de son
«soutien résolu dans le renforcement de la lutte contre le terrorisme».

Traditionnellement proche du Sri Lanka par la géographie et la culture, l’Inde se tient en retrait depuis le désastre de son opération de maintien de la paix (1987-1990) et surtout l’assassinat en 1991 du Premier ministre Rajiv Gandhi lors d’un attentat suicide des Tigres tamouls. Alors que Pékin en a profité pour avancer ses pions, Colombo a également trouvé des accommodements avec le groupe islamique et divers pays liberticides, chacun se renvoyant l’ascenseur. Autre souci pour New Delhi, des pays comme l’Iran, l’Arabie Saoudite ou la Malaisie sont entrés en compétition dans l’île avec la compagnie pétrolière indienne. Sans oublier le Pakistan, qui avec les encouragements de Pékin approvisionne largement le Sri Lanka en armes chinoises de petit calibre et fournit un entraînement militaire à ses forces aériennes. «Le problème des Tamouls, confiait à des journalistes l’ambassadeur du Pakistan auprès de l’ONU à Genève,
c’est de ne pas être musulmans.»

Reste à savoir comment sortir de cette double impasse. En tout cas, ce n’est pas par les armes que le problème tamoul sera résolu au Sri Lanka, pas plus que l’implacable dictature militaire n’a réglé celui des minorités ethniques en Birmanie. A des degrés divers, ces crises récurrentes plongent leurs racines dans l’époque coloniale quand l’empire britannique avait favorisé des minorités comme les Tamouls à Ceylan et les Karens, ou d’autres encore, en Birmanie. Depuis, certaines ont pu se sentir victimes de discriminations à leur tour, jusqu’à prendre les armes - ce qui fut le cas des Tamouls sri-lankais et des Karens toujours en rébellion en Birmanie. Même si le LTTE était militairement défait, il faudra bien trouver une solution politique pour tenir compte des aspirations des Tamouls au Sri Lanka. Encore faudrait-il qu’il y ait volonté politique.

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13 mai 2009

Les suites de Durban 2 : mensonges et manipulations

Dans le bulletin n°8 du 12 mai 2009, [1] à l'intention des ONG publié par le Haut commissariat aux droits de l'homme, une nouvelle propagande se structure visant à présenter la conférence Durban 2 comme une victoire consensuelle dans le combat contre le racisme à l'échelle mondial :

- "La conférence d'examen de Durban s'est achevée par un consensus entre les états membres, sur la manière de réaliser de vrais changements pour les millions de victimes du racisme à travers le monde. (...)"
Commentaire
Le mot "consensus" ("mondial" ) est utilisé à six reprises dans le bulletin du 12 mai.  Or il n'y eut consensus qu'avec les Etats membres restants, ce qui ne saurait en aucune manière représenter l'ensemble de la communauté internationale.
En réalité sur les 192 membres de l'ONU, seuls 146 membres se sont enregistrés pour la conférence, la liste définitive  n'étant pas encore publiée.
En tout état de cause, le fait que l'Allemagne, l'Australie, le Canada, Israël, les USA, la Nouvelle Zélande, les Pays Bas, la Pologne, puis la République Tchèque aient désavoué ce texte et/ou se soient retiré du processus contredit pour le moins l'affirmation d'
une victoire consensuelle de l'ensemble de la communauté internationale.

- "Le document de la conférence d'examen de Durban est conçu pour apporter de vrais changements pour les millions de victimes du racisme et de discriminations dans le monde. (...)"
On voit mal comment ce texte pourrait représenter des millions de victimes du racisme et de discriminations. De nombreuses ONG qui ont voulu s'exprimer au nom des victimes se sont vues censurées. Il a même pu être dit au représentant d'une organisation amasigh qu'il ne pouvait parler d'un sujet non mentionné dans les documents de 2001 et de 2009.

- "La conférence d'examen par exemple et son document ne se sont pas focalisés sur un seul sujet ou conflit - par exemple le Moyen Orient n'est pas intégré dans le document (...)"
En effet mais il renvoii à la Plate forme d'action de 2001 ainsi qu'aux conférences régionales ou d'autres mécanismes internationaux qui se focalisaient sur Israël.

- "Concernant "la diffamation des religions", certains craignaient que pareil concept puisse menacer la liberté d'expression. Le document ne l'intègre pas. Il réaffirme de manière univoque le rôle central de la liberté d'expression dans la lutte contre le racisme, tout en déplorant les stéréotypes péjoratifs qui stéréotypent et stigmatisent les personnes à partir de leur religion ou croyances, comme c'est le cas dans l'islamophobie, l'antisémitisme, la christianophobie et l'anti-arabisme (...)"
La diffamation des religions a été remplacée par "haine des religions" ou "haine religieuse" et plusieurs paragraphes renvoient à des mécanismes du CDH ou de l'ONU qui ont entériné la notion de la "diffamation des religion" et la limitation de la liberté d'expression. D'ailleurs la Haute commissaire le confirme plus loin dans le bulletin en notant que "la critique abusive et violente contre une religion en particulier participe à la création d'un contexte menaçant et discriminant pour les fidèles de cette croyance qui, du coup, peuvent être effrayés d'exprimer publiquement leur foi. Cela a été particulièrement problématique dans l'environnement sécuritaire qui a prévalu après le 11 septembre 2001"

- "Le haut commissariat apprécie la participation d'un nombre important de représentants d'ONG à la conférence d'examen de Durban. Les contributions faites par les ONG ont enrichi les phases préparatoires et la conférence elle même."
Certes, 315 organisations représentées par 2073 déléguées, se sont rendues à Genève pour la conférence elle-même. Mais très peu d'entre elles ont participé aux réunions du comité préparatoire. De plus, il n'a jamais été possible véritablement d'influer sur le document lui même. En effet, l'absence d'un Forum d'ONG a empêché que les voix des victimes de racisme et de discriminations soient audibles selon des règles de consultation clairement établies d'ordinaires à l'occasion de conférences mondiales ou de conférences de suivi. Par ailleurs, nombre d'organisations qui ont participé aux réunions préparatoires ou à la conférence elle-même ont été censurées lors de leurs interventions orales.
La censure des ONG (notamment les Amazigh ou les Tibétains) n'est évidemment pas mentionnée dans bulletin à destination des ONG. Il est dit que la majorité des interventions des ONG ont porté sur
"le traitement discriminant des migrants, la situation des peuples indigènes, l'incitation à la haine, en particulier la haine des religions, l'islamophobie et 'l'antisémitisme, l'impact de la lutte contre le terrorisme et le combat contre le racisme, l'occupation étrangère, les réparations pour les tragédies passées, les aspects des discriminations multiples dues aux crises économiques et financière"

[1] Durban_Review_Conference_E_bulletin_No

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12 mai 2009

CINQ NOUVEAUX MEMBRES, DONT LES ETATS-UNIS, ENTRENT AU CONSEIL DES DROITS DE L';HOMME

New York, May 12 2009
Cinq nouveaux membres (Belgique, États-Unis, Hongrie, Kirghizstan et Norvège) ont fait mardi leur entrée au Conseil des droits de l';homme, à l';issue d';élections par l';Assemblée générale de l';ONU visant à remplacer les 18 membres du Conseil dont le mandat arrive à expiration le 18 juin 2009.
Les 18 membres siègeront au Conseil pour un mandat de trois ans prenant effet le 19 juin 2009. Les 13 États réélus devront attendre au moins un an après l';expiration de ce second mandat pour pouvoir se représenter. Candidat ce mardi, l';Azerbaïdjan a perdu les élections au profit de la Hongrie.
Le Conseil des droits de l';homme est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 États qui ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l';homme autour du globe. Le Conseil a été créé par l';Assemblée générale de l';ONU, le 15 mars 2006, avec pour but principal d';aborder des situations de violations de droits de l';homme et d';émettre des recommandations à leur encontre.
Élus à la majorité simple sur 192 votants potentiels, les 47 membres sont choisis « pour le concours apporté à la cause de la promotion et de la défense des droits de l';homme et les engagements pris volontairement en la matière ». L';Assemblée générale pourra, en effet, suspendre le droit de siéger d';un membre qui aurait commis des violations flagrantes et systématiques des droits de l';homme.
Pour les cinq sièges à pourvoir au sein du Groupe des États d';Afrique, le Cameroun (142 voix), Djibouti (141 voix), Maurice (162 voix), le Nigéria (148 voix) et le Sénégal (165 voix) ont été réélus.  Candidat pour la première fois, le Kenya (133 voix) n';a pas été élu. Le nombre des bulletins valides était de 191.
Pour les cinq sièges à pourvoir au sein du Groupe des États d';Asie, le Bangladesh (171 voix), la Chine (167 voix), la Jordanie (178 voix) et l';Arabie saoudite (154 voix) ont été réélus. Le Kirghizstan fait son entrée au Conseil des droits de l';homme (174 voix); la Malaisie n';étant pas candidate à un autre mandat. Le nombre des bulletins valides était de 191.
Pour les deux sièges à pourvoir au sein du Groupe des États d';Europe orientale, la Fédération de Russie (146 voix) a été réélue. La Hongrie (131 voix) fait son entrée au Conseil des droits de l';homme pour prendre la place de l';Azerbaïdjan qui, avec 89 voix sur 191 bulletins valides, n';a pas été réélu.
Pour les trois sièges à pourvoir au sein du Groupe des États d';Amérique latine et des Caraïbes, Cuba (163 voix), le Mexique (175 voix) et l';Uruguay (173 voix) ont été réélus. Le nombre des bulletins valides était de 189.
Pour les trois sièges à pourvoir au sein du Groupe d';Europe occidentale et autres États, la Belgique (177 voix), la Norvège (179 voix) et les États-Unis (167 voix) ont été élus pour la première fois.  L';Allemagne, le Canada et la Suisse n';étaient pas candidats à un autre mandat. Le nombre des bulletins valides était de 189.
Composition du Conseil des droits de l';homme à compter du 19 juin 2009
Afrique du Sud, Angola, Arabie saoudite, Argentine, Bahreïn, Bangladesh, Belgique, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Burkina-Faso, Cameroun, Chili, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, États-Unis, Fédération de Russie, France, Gabon, Ghana, Hongrie, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Jordanie, Kirghizistan, Madagascar, Maurice, Mexique, Nicaragua, Nigéria, Norvège, Pakistan, Pays-Bas, Philippines, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Sénégal, Slovaquie, Slovénie, Ukraine, Uruguay et Zambie.

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11 mai 2009

En Mauritanie, les victimes de viol qui demandent justice finissent en prison

IRIN, Nouakchott
Les femmes de Mauritanie qui portent plainte pour agression sexuelle s’exposent au risque d’être incarcérées en raison de lois mal définies et d’un phénomène de stigmatisation
- Le viol reste un sujet tabou en Mauritanie, à tel point qu’il n’est pas abordé dans la loi et que le mot ne figure dans aucun document gouvernemental, selon l’Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant, une organisation non-gouvernementale (ONG) sise à Nouakchott, la capitale. « Le problème, pour décriminaliser la victime, c’est [que] la loi ne définit pas le viol. Comment punir les agresseurs si le crime lui-même n’a pas été clarifié ? », s’interroge Bilal Ould Dick, conseiller juridique de l’association.
Pour faire référence aux violences sexuelles dans leurs documents officiels, le ministère de la Santé emploie le terme de « blessures », et le ministère des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille, celui de « violences domestiques », selon Zeinebou Mint Taleb, présidente de l’association.
Honneur
Aminetou (un nom d’emprunt), 22 ans, a expliqué à IRIN que la police l’avait accusée de n’avoir aucun honneur lorsqu’elle leur avait rapporté qu’elle avait été violée, une nuit, chez elle, par un inconnu. « Les policiers m’ont dit que si je [n’avais pas été disposée] à donner [ma virginité], il n’aurait pas pu la prendre ». A 22 ans, elle a perdu son honneur, a cessé de suivre son programme de formation à l’informatique, et ne peut plus se marier parce qu’elle a tenté de porter plainte, a-t-elle confié.
« Personne ne veut plus de moi. Dans ma communauté, ils pensent tout simplement que j’aimais le sexe et que pour avoir “péché” ainsi, je mérite de tout perdre », a-t-elle déclaré.
Délit sexuel
Selon Maître Dick, seuls deux articles de loi interdisent un acte sexuel : les rapports sexuels hors mariage. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, bon nombre de victimes présumées de viol sont accusées d’avoir enfreint la loi. « La [femme] sera inculpée et sanctionnée au lieu d’être protégée par la loi ».
La situation est encore plus grave pour les femmes enceintes, a-t-il poursuivi, la grossesse étant considérée comme la « preuve » de leur culpabilité. Sept femmes ont été incarcérées en 2009 pour avoir enfreint la loi contre les rapports sexuels hors mariage, après avoir tenté de dénoncer leurs agresseurs présumés, selon l’Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant.
D’après Mme Taleb, présidente de l’ONG, lorsque des hommes sont interrogés ou détenus, ils sont rapidement relâchés « faute de preuves ».
Matty Mint Doide du ministère des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille, a expliqué à IRIN que le gouvernement révisait actuellement le code pénal pour définir et interdire le viol, et « appliquer les conventions internationales afférentes [contre la violence sexuelle] ». Parmi les conventions contre les violences sexuelles et sexistes : la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Mohamed Lemine Ould Dadde, commissaire aux droits de l’Homme, a déclaré à IRIN que le gouvernement s’était engagé à défendre les droits de la femme. Il a nié qu’en tentant d’alerter les autorités, les femmes de Mauritanie étaient injustement rendues coupables des violences sexuelles qu’elles avaient subies, et a expliqué que, comme tous les pays, la Mauritanie s’efforçait d’encourager les victimes à se manifester.
Depuis 2003, 430 cas de violence sexuelle ont été déclarés en Mauritanie, contre 28 000 cas de violences domestiques, selon le gouvernement. Les victimes ont porté plainte dans seulement 20 pour cent des cas, selon le ministère des Affaires sociales.
Eyer Chaim, de l’Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant, travaille au commissariat de police de Nouakchott, au sein de la cellule de lutte contre les crimes contre les enfants ; selon lui, le nombre de victimes réel est bien plus important que ne le montrent les registres publics. « J’ai connu tellement de victimes qui ont refusé d’alerter la police ou d’aller se faire soigner. Elles préfèrent souffrir en silence pour cacher leur honte au sein d’une communauté où les commérages vont bon train ».
Nourra Mint Semane, journaliste de la région, a expliqué à IRIN qu’il était difficile de parler de viol, à tous les plans, en Mauritanie. « Mes programmes radio sont censurés quand je parle d’histoires de viol. Pour la société mauritanienne, le viol est une honte qui doit être enterrée et celle que l’on considère comme la première “criminelle”, c’est la victime elle-même ».

Posté par Malka Marcovich à 12:22 - Droits des femmes - Commentaires [0] - Permalien [#]
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10 mai 2009

Jacob Zuma, machiste ethnique, mystique et triomphant, ami des dictateurs et ami de la France

Le 9 mai 2009, Jacob Zuma, chef de l'ANC (Congrès national africain) accédait à la Présidence de la République d'Afrique du Sud,devenant ainsi le quatrième président de la "nation arc-en-ciel" inaugurée par Nelson Mandela.
15 ans après la fin de l'Apartheid, la plus grande démocratie d'Afrique qui représentait l'espoir, et dont les messages sont des symboles pour l'ensemble du continent et au delà, est dirigé désormais par un homme qui incarne la quintessence du machisme et de l'obscurantisme ethnique, ainsi que de l'impunité face à la corruption.

Alors qu'il devait être présenté devant la justice en juillet 2009 (la 38e fois sur une période de 7 ans et demi) dans une sombre affaire de pots de vins, le parquet sud africain leva toutes les poursuites contre lui le 6 avril 2009 (afin qu'il puisse être éligible), ainsi que celles contre la manufacture d'armes française Thalès également en cause.   

Zuma se déclare polygame, fidèle à sa culture Zoulou et "africaine" qu'il promeut comme une valeur intrinsèque. On lui attribue entre 3 et 6 épouses ainsi que 14 à 17 enfants, issus de 11 compagnes différentes.
Homophobe, il considère les relations entre personnes du même sexe, comme " un déshonneur pour la nation et pour Dieu." Il alla jusqu'à dire que dans sa jeunesse, il aurait mis KO tout homosexuel se trouvant sur son chemin.

On le connaît aussi pour ses ferveurs mystiques à l'endroit de l'ANC : "Dieu attend que nous dirigions ce pays car nous sommes la seule organisation qui a été bénie par des pasteurs lors de sa création. Elle est même bénie dans les cieux. C'est pourquoi nous dirigerons jusqu'au retour de Jésus." 
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A l'occasion de son procès pour viol en 2005, alors qu'il n'avait pas utilisé de préservatif avec sa victime Fezeka Kuzwayo qu'il savait séropositive, il dit qu'une bonne douche  après l'acte sexuel suffisait pour se protéger du Sida. Depuis les caricaturistes sud-africains le présentent systématiquement arborant un pommeau de douche sur la tête.

L'arrogance et la violence se manifestèrent à chaque étape du procès pour viol, qui se termina par un non lieux, obligeant la victime, menacée de mort par les proches de Zuma, à fuir l'Afrique du Sud pour se réfugier aux Pays Bas. (Le Royaume Uni et le Canada avaient également accepté de lui donner asile).

Durant le procès et à l'annonce du verdict, Zuma et la foule de supporters chantèrent en cœur le chant Zoulou Lethu Mshini Wami (rendez-moi ma mitraillette). Les courageuses organisations de femmes qui luttent contre le viol essuyèrent critiques et insultes, et l'une d'entre elle, que les amis de Zuma avaient pris pour la victime, se vit accueillie à coup de jets de pierres devant le tribunal.

La défense revint sur le passé sexuel de la plaignante âgée de 31 ans, fille d'un camarade de combat de Zuma, affirmant qu'elle était
_41325724_women_203 consentante, et décrivant leur relation comme celle d'un père envers sa fille !!!.  Prétendant que c'était elle qui lui avait fait des avances, il alla jusqu'à ajouter :
«Dans ma culture, on ne peut pas laisser une femme excitée sans rien faire».

Dans ce pays qui compte un des plus grand taux de viols dans le monde (55 000 cas rapportés à la police durant l'année 2003-2004, soit un cas rapporté sur neuf selon les estimations), l'élection d'un violeur polygame avéré aura des conséquences sur la libération sexuelle des femmes.

Que faisait donc à Prétoria la Secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade, lors de l'intronisation de Jacob Zuma le 9 mai dernier, elle qui prétend placer en priorité la lutte pour les droits des femmes et contre l'homophobie dans sa politique internationale?
Que faisait elle dans les tribunes officielles, avec les amis dictateurs du nouveau Président sud-africain, parmi lesquels on pouvait notamment reconnaître Mouammar Kadhafi, avec qui il veut édifier les Etats-Unis d'Afrique, le roi Mswati III du Swaziland, dernier monarque absolu d'Afrique, le président du Zimbabwe Robert Mugabe, Kim Yong Nam, n°2 du régime régime de Corée du Nord, la délégation gouvernemental du Soudan alors que le Président Omar El Beshir est sous mandat d'arrêt international ?
A moins que sa présence ne soit la caution de la France en échange de la levée des poursuites contre la filiale française d'armement implantée en Afrique du Sud.
La Realpolitik a ses raisons que la défense des droits humains ignore... reconnaissait en d'autres termes Bernard
Kouchner le 10 décembre 2008 lors du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle....

Posté par Malka Marcovich à 14:50 - Liaisons dangereuses - Commentaires [0] - Permalien [#]
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