Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

10 juillet 2009

L'honneur d'un ingénieur-général

Le Monde 10 juillet 2009

Par Joseph Illand, Fonctionnaire de sécurité de défense au CNRS
voir également sur le site : http://www.cifpr.fr/+L-honneur-d-un-ingenieur-general

V
incent Geisser et son comité de soutien ont lancé une campagne médiatique visant à me présenter comme une sorte de barbouze infiltré au CNRS, en croisade contre l'islam. Jusqu'ici, je n'ai pas pu répondre à ces accusations, attendant que la commission consultative rende son délibéré. Ceci étant fait, il m'est possible de m'exprimer, à titre personnel, pour donner ma version des faits. Certaines contre-vérités lancées ces dernières semaines dans la presse portent atteinte à mon honneur professionnel, à celle de mon équipe, et, plus encore, à la vérité.

D'abord ma fonction : je conçois qu'elle soit mal connue du grand public, mais, contrairement aux fantasmes qu'elle semble susciter, il ne s'agit en rien d'un poste d'agent secret. J'ai un statut d'ingénieur général, d'un corps à statut interministériel, et, au CNRS, j'exerce depuis 2003 des fonctions de protection du "patrimoine scientifique". Je n'ai pas de pouvoir contraignant ou disciplinaire. En 2008, mon équipe et moi avons ainsi aidé à sécuriser plus de 1 000 déplacements d'agents du CNRS à l'étranger. Il ne s'agit pas du tout de les contrôler, mais de conseiller et d'être réactif dans des situations qui peuvent être dramatiques... Une tâche qui nous tient à coeur et qu'il est dur de voir présenter comme une volonté d'espionner.

Ma seule autorité "décisionnelle" concerne mon habilitation à signer les dépôts de plainte pour intrusion dans les systèmes d'information. Les procédures que mon service gère se font sous forme d'avis, sans autorité pour autoriser ou interdire. Au titre de la protection du CNRS, il m'arrive aussi de signaler d'éventuelles utilisations abusives ou illégales de la marque "CNRS". Là non plus, pas de façon contraignante mais en tant que conseiller.

C'est en septembre 2005, à l'occasion d'une enquête lancée par Vincent Geisser, que j'ai fait sa connaissance. Son enquête sur les trajectoires de chercheurs issus des migrations rencontrait des oppositions. Il est vrai qu'elle posait de sérieux problèmes au regard de la loi informatique et libertés. Je suis intervenu alors, non pour le sanctionner (quelle idée ?), mais pour lui éviter d'être épinglé par la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) et de courir, lui et son directeur, des risques pénaux ! J'ai tenté de sauver son enquête sur la base d'une reformulation des questions. Nous avons tenu une réunion de travail à Aix-en-Provence, dans un esprit plutôt amical dont pourront témoigner les nombreux participants. J'avais aussi, en fin de réunion, évoqué le problème de l'appui explicite de l'autorité de chercheur du CNRS lorsque des propos relèvent, non de la recherche, mais d'engagements personnels. Il m'est arrivé de soumettre cette interrogation à la direction du CNRS, sans aucune prétention d'autorité et encore moins de sanctions.

Le 14 avril, pendant mes congés, des personnes du CNRS ont eu la surprise de trouver mon nom dans un courriel de Vincent Geisser mis en ligne sur un site. Il m'accusait d'être "un idéologue qui traque les musulmans et leurs "amis", comme à une certaine époque on traquait les juifs et les Justes". Il s'agissait d'un message envoyé à un comité de soutien, destiné à faire témoignage public. Le comité défendait une allocataire de recherche travaillant dans un laboratoire du CNRS, licenciée par l'université pour maintien du port de signes religieux ostensibles. Visiblement, Vincent Geisser me rend responsable de cette décision. Je ne suis pour rien dans cette décision, très ferme, de l'université.

Choqué par la violence du message, j'ai souhaité porter plainte à titre personnel. La direction du CNRS a engagé en parallèle une procédure administrative et convoqué M. Geisser en commission paritaire. Ce qui a déclenché une tempête médiatique et une campagne présentant Vincent Geisser comme étant la victime d'un complot digne d'un film d'espionnage. Quelque 5 000 chercheurs l'ont soutenu, sincèrement persuadés d'une obscure barbouzerie, une version accréditée par le témoignage d'un chercheur, Olivier Roy, que je cite : "(...) Il ne s'agit pas d'un conflit personnel entre lui et Vincent Geisser, mais bien d'une attaque systématique envers les chercheurs qui refusent les clichés sur l'islam. En 2007-2008, j'ai reçu un mail signé du haut fonctionnaire de défense me reprochant de mieux traiter l'islam que le christianisme."

J'avoue ne pas m'être remis de ces lignes. Il se trouve que contrairement à Olivier Roy j'ai conservé ce courriel. Il s'agissait d'une simple question qui ne portait pas du tout sur l'aspect religieux. Pourtant, ce vague souvenir a suffi pour censer prouver chez moi une inquisition obsessionnelle et islamophobe. Comment peut-on formuler des accusations aussi graves avec autant de légèreté ? Ce procès d'intention est à la fois salissant et blessant. Je ne me reconnais ni dans ce portrait ni dans cette version des faits, reconstruite et fantasmagorique. Voilà pourquoi je tenais, malgré mon devoir de réserve, à rétablir une part de rationalité.

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22 novembre 2008

Une victoire amère pour les femmes

Les emails, sms sont tombés durant la nuit du 20 au 21 novembre.
Dans Rekjavik, Oslo, Stokholm, Helsinki... les féministes ouvraient les bouteilles de champagne.
Les norvégiennes avaient elles aussi gagné le combat de 30 ans de lutte.
Tous les partis politiques norvégiens s'accordaient et votaient une loi  pour la pénalisation de l'achat de services sexuels, à l'instar du parlement suédois qui vota en 1998 une loi intitulée "Paix des femmes", et dont un article porte sur la pénalisation de l'achat de services sexuels.

La Norvège est le troisième pays après la Suède, la Corée du Sud et les Philippines à avoir posé cette norme, grâce au combat porté par les féministes qui refusent cette vision archaïque de la sexualité humaine (ou masculine), qui considère comme allant de soi qu'une catégorie de femmes (ou d'hommes ou d'enfants) soit mise à disposition des prétendus besoins irrépressibles des hommes. 
Grâce à ce type de loi, la norme de transgression est posée et les projecteurs ne se posent plus sur les personnes en situation de prostitution, mais sur les clients (la demande) qui participent en toute impunité  au développement de l'industrie du sexe et de la traite des personnes.
(voir la traite des femmes dans le monde  )

Il y a quelques années j'aurais également crié victoire. Mais aujourd'hui, la victoire est amère.

La plus ancienne convention du corpus des traités des droits humains, la Convention du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des être humains - dont la Fondation Scelles en France veut célebrer dans un an le 60ème anniversaire  avec autant de grandiloquence que la Déclaration universelle - a été balayée d'un revers de résolution en septembre 2007 au CDH. (Voir les Nations désUnies)

En France, le Collectif National Droit des femmes pousse pour une loi cadre contre les violences faites aux femmes, en prenant  l'exemple de la loi espagnole qui ne s'intéresse qu'aux violences conjugales, et considère José Luis Zapatero comme un héros de l'égalité, alors même qu'il promeut le différencialisme culturel et que son gouvernement soutient la légalisation de la prostitution. (Sans compter les dernières dépenses invraisemblables prises sur les fonds de développement pour l'Alliance des civilisations) Plus que la loi cadre espagnole, c'est la loi Suédoise "Paix des femmes" qui devait servir de modèle puisqu'elle faisait un lien politique entre toutes les discriminations et violences.

La rapporteure spéciale sur la traite (originaire du Bangladesh)  Sigma Huda, dont le premier rapport révolutionnaire portait spécifiquement sur la demande - a été arrêtée, jugée sans observateur international, mise en prison dans des conditions infernales, destituée sans aucune protestation des gouvernements qui l'avaient soutenus naguère pour ce poste (dont la France).

Oui, la victoire norvégienne est amère... Que vaut cette victoire au pays du soleil de minuit qui semble vivre de plus en plus en autarcie ? (mais dont les fonds pour le développement sont formidablement investis pour promouvoir les droits des femmes dans les pays les plus pauvres en Afrique, Asie, Amérique du Sud, Europe Centrale.... )

La victoire est amère. Le 14 septembre 2001, à l'Assemblée Générale du Lobby européen des femmes (LEF) qui représente plus de 4000 associations ou réseaux d'association de femmes dans l'UE , refusait la motion d'urgence que je présentais au nom de la branche française condamnant les événements qui venaient de se produire à la Conférence de Durban, (
qui portait sur le putsch du caucus des ONG européenne, la mise à silence des femmes et le "langage de haine") mais votait la motion portée par mes amies suédoises pour une position politique du LEF pour la pénalisation de l'achat de services sexuels.

Je me suis battue durant quinze ans aux côtés de ces femmes, beaucoup d'amies parmis elles,  qui chantaient la victoire dans la nuit presque polaire du 20 au 21 septembre. J'aurais aimé être avec elles et m'ennivrer de ces rêves de jadis enfin aboutis.

Mais aujourd'hui, la victoire est amère et je ne peux me résoudre à faire sauter le bouchon de champagne ici à Paris.

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13 juin 2008

Ayez au moins la correction de citer vos sources

CE BLOG EST DE PLUS EN PLUS LU. Tant MIEUX !

Je ne mets plus en ligne certaines informations depuis quelques semaines car j'ai eu la désagréable surprise de voir des expressions tout simplement copiées collées ailleurs. Je trie donc de plus en plus les informations que je mets en ligne.

QUE CELLES ET CEUX QUI UTILISENT CE BLOG ET Y REPRENNENT DES INFORMATIONS AIENT AU MOINS LA CORRECTION DE CITER LEURS SOURCES !!!

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09 juin 2008

La fascination de la virginité féminine et l’exaltation morbide machiste

Je ne sais pas pourquoi, dans toute cette affaire de virginité et dans la levée de bouclier à laquelle j’ai participé, quelque chose cependant m’a dérangé, comme un espèce de climat malsain s’installant dans notre pays, une instrumentalisation tous azimuts de cette cause, dans tous les sens.


J’étais une des premières à me révolter à grands cris et à publier le communiqué de Regard de Femmes. Je n’étais pas à Paris lors de la manifestation de NPNS le 7  juin, mais ai vu combien cette initiative suscita l’enthousiasme, hurler le droit de ne pas être vierge, et refuser le poids des traditions. C’était comme un dernier soubresaut de mai 68, le mauvais temps en plus.


De Genève ("putes", foot et Conseil des droits de l’homme) je suivais les virements et revirements de la Ministre Rachida Dati, à qui rien ne fut par ailleurs épargné. L’Express fit des gorges chaudes du prix de ses tenues vestimentaires. Immonde ! Jamais on n’a vu un magazine s'épancher de la sorte  sur les marques et dépenses en chaussures, costumes et chemises sur mesure de nos ministres masculins.


Certain-es chroniqueurs également ne furent pas embarrassé-es de passer en l’espace de 24 heures d’un avis à l’autre. L’une d’entre eux expliqua sont mouvement de girouette par  le  "sang froid" et "sérieux" journalistique qui l'avait fait passer de la justification de la décision de justice à la condamnation deux jours après.


Bref, pendant qu’à Genève, la machine à broyer les normes universelle continuait son infernale travail de fabrication des dérives politiques de demain, et que les démocraties encore une fois capitulaient - sauf au point 4 de l’ordre du jour où elles purent en vrac et en quelques minutes se défouler (très gentiment) sur la Chine, le Zimbabwe, la Corée du Nord, l’Iran, le Soudan , la Birmanie pour un résultat sans doute nul – le must de l’associatif parisien retrouvait les échos de jadis : Tshirt, fanfare, bannière, la fête retrouvée pour quelques heures sur le pavé de la capitale.


Excusez moi chères amies de combat ! Mais je ne peux m’empêcher d’éprouver un certain malaise devant ce mouvement formidable et nécessaire. Car il me semble qu’il est plus que jamais déconnecté du monde et de l’histoire, et que se jouent à présent des jeux de pouvoirs hexagonaux qui n’ont rien à voir avec le sujet traité. Ou comme si dans ce trop triste et pluvieux printemps, cette manifestation permettait de réunir en un dernier sursaut, tous les frustrés d’autres grands soirs aujourd’hui révolus.

Je n’ai pas compris le slogan « Ni vierges, ni soumises » qui m’a semblé réduire le sujet au lieu de l’étendre.


Email1317Merci à Catherine Deudon d’avoir ouvert le débat avec ses pancartes toujours plus imaginatives, notamment sur les 70 vierges promises aux assassins de masse que l’on appelle tour à tour «martyrs», «kamikazes», «bombes humaines», «terroristes» et même parfois «résistants.

Comme l’a écrit Jacques Tarnero dans son magnifique texte intitulé «Les attentats suicides ne sont pas suicidaires», « il n’y a pas l’ombre d’un désespoir suicidaire dans ces gestes mais au contraire une exaltation morbide, une jubilation sensée ouvrir les voies du paradis dans le fait de donner la mort en y perdant la vie »

Il y a dans cette quête de virginité, la même exaltation morbide.
Certes, de nombreux « clients » de prostituées (ou prosti-tueurs) achètent des filles de plus en plus jeunes croyant ainsi se protéger du Sida. Le tourisme sexuel en direction des mineurs n'est pas l'apanage d'une nationalité plus qu'une autre, comme la bien montré complaisament dans son livre auto-narcissique (est-ce redondant comme expression ?) en 2005, le nouveau directeur talentueux de la Villa Médicis.
Car en Asie du Sud Est, les clients des très très jeunes prostituées (parfois aussi jeunes que 5 ans) sont majoritairement des asiatiques.
Au Cambodge, les japonais perpétuent ainsi une croyance millénaire selon laquelle la virginité freinerait la marche du temps, et les éloignerait de leur propre vieillesse et décrépitude.


La mythologie est pleine de ces vieux croutons qui se refont une jeunesse dans le lit des vierges !

Les matrones d’Asie refont faire l’hymen des petites filles, déflorées, tuées, violées, encore et encore…


Ah le plaisir morbide de saigner les filles ! Et puis une vierge, ça rapporte plus !

Ici en Europe, des médecins refabriquent des hymens, nouvelle branche de la chirurgie réparatrice qui rapportera un jour autant que les injections de toxines botuliques. 
En Australie, les chirurgiens pratiquent l’ablation des petites lèvres, restructurent les sexes des femmes après la quarantaine. Injections dans le vagin pour avoir des sexes toujours plus fermes, toujours plus jeunes, se retrouver toutes petites Lolitas au pubis glabre, retrouver la virginité promise dont les hommes raffolent tant !


Où sont Médecin du monde et Médecins sans frontières pour dénoncer ces pratiques ?

Nul part. Comme il y a une vingtaine d’années, lorsqu’ils ne condamnaient pas l’excision et restaient silencieux quand leurs confrères pratiquaient l’ablation du plaisir féminin et légitimaient cet acte par l’hygiénisme. Ils prétendaient qu’ainsi, en utilisant du matériel propre, ils protégeaient les filles du risque infectieux lié à l’utilisation d’une vieille lame de rasoir rouillée.


« Ni vierges ni soumises »….beau slogan en effet ! Mais il empêche que l’on s’interroge sur la fascination morbide et machiste pour la virginité féminine. Et si l’on est « pute » et « vierge » de cinq ans au Cambodge? Et si l’on n’est plus vierge parce que l’on a été violée ?


Quelles étaient les insultes que Fourniret lançait à ses victimes vierges, où celles des assassins du 11 septembre qui payèrent pour le sexe des prostituées quelques heures avant de tuer et de s’envoyer en l’air dans le ciel de Manhattan avec leur fantasme de soixante dix vierges ?


La Secrétaire nationale du PS, chargée des droits des femmes et de la parité, Laurence Rossignol la première, dans son communiqué de presse qu’elle a rendu public le 30 mai, a mis en parallèle le jugement de Lille et «l'obsession de la virginité du tueur de femmes Fourniret » dont elle nota avec justesse la coïncidence.

Et si l’horreur de l’affaire Fourniret avait trop plombé notre pauvre France, et que la scandaleuse décision de Lille nous permettait aussi ainsi de partir comme une seule femme à l’appel de « Ni vierges ni soumises » ?

Et qui ne voit la propagande culturelle qui autorise le passage à l’acte, entre la fascination pour la virginité de Sade – que la plupart de nos intellectuels refusent à analyser - à la pornographie sur Internet ?


Les mille et une légendes du monde entier nous racontent les histoires des barbes bleues et des princesses vierges. Nul relativisme culturel dans le mythe de la pureté virginale perdue, fantasme machiste transnational, malheureusement trop contemporain qui tue les femmes sur tous les continents.


La quête de virginité n’a rien de pure et d’évanescent. Le sexe de l’homme devient l’arme par excellence, l’arme du meurtre machiste.

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03 avril 2008

Ayman al-Zawahri est il un danger pour l'ONU ? Ou l'histoire de la souris qui fut mangée par le chat qui fut mangé par le tigre.

Mercredi 2 avril, le numéro 2 d'Al-Quaida, l'Egyptien Ayman al-Zawahri déclarait que son groupe s'en prendrait à Israël et aux juifs dans le monde, et qualifiait l'ONU "d'ennemi de l'Islam".
Quelle merveilleuse fable des temps modernes !


Il était une fois... des pays arabo-musulmans qui, croyant ainsi pouvoir amadouer les terroristes islamistes, avaient troqué leurs dictatures nationalistes laïques pour un front uni totalitaire incarné par l'Organisation de la Conférence Islamique.
Au lendemain du 11 septembre 2001, et à la faveur des réformes de l'ONU, ils n'eurent de cesse de faire pression sur les démocraties d'Europe et d'Amérique du Nord, d'Asie, d'Amérique du Sud et d'Afrique pour placer les valeurs religieuses au dessus des valeurs universelles. Ils furent aidés en cela par la Chine, Cuba et la Russie. Trés vite la diffamation de l'Islam fut considérée comme première violation des droits humains, et l'on redéfinit dans la foulée la liberté d'expression.
Les pays européens firent concession sur concession pour montrer combien ils étaient prêts à promouvoir le dialogue civilisationnel, et favoriser l'union des valeurs divines au détriment des libertés individuelles.
Mais cela ne suffisait pas, outre une Déclaration universelle dépassée car elle n'intégrait pas la Charia, l'ONU avait commis la faute originelle qu'il fallait expier : "la création de l'état d'Israël".

Comment amadouer Al-Qaida se demandait l'Egypte qui regrettait la folie de Saddat qui l'avait payé de sa vie en 1981? Un peu plus de voile ? Un peu plus d'arrestation d'homosexuels ? Un peu plus de censure ?
Non résolument, il faudrait trouver bientôt une raison de sortir Israël de l'ONU ! Peut-être que la conférence de révision de Durban pourrait être l'occasion rêvée. Après tout, l'élection de la Libye à la présidence du Comité préparatoire, et de l'Iran comme vice présidente, n'avait effarouché vraiment que le Canada. Et en dehors des associations juives, une poignée d'intellectuels et quelques féministes, laïques et par nature hystériques, la communauté anti-raciste et des droits humains ne semblait pas tellement s'en inquiéter.

D'ailleurs, ils étaient suffisamment mobilisés à regarder, disséquer, commenter, disserter sur le film Fitna...Raciste ? Pas raciste ?
Le Secrétaire Général de l'Onu, la Haute Commissaire, les rapporteurs spéciaux avaient condamné d'une seul voix dans l'heure qui suivit sa diffusion sur Internet. 
Au sommet de la Ligue arabe, le front uni se divisait sur le Liban.

La Chine se frottait les mains... Elle préparait les jeux du cirque. Les européens respiraient. Au moins en Chine, la sécurité était assurée. Al Qaida ne s'inviterait pas aux cérémonies d'ouverture. Il fallait maintenant convaincre Madame Merkel de ne pas trop s'embarrasser...
Khatami, Zapatero et Erdogan gloussaient : tout ça c'est bon pour notre "Alliance des civilisations" !

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01 mars 2008

Mars 2008, vers quel printemps ?

Voilà un peu plus d'un mois que ce blog existe... Quelques rubriques ont été créées autour des Droits des femmes, du Terrorisme, Louise Arbour la Haute Commissaire, Sigma Huda la rapporteure spéciale sur la traite en prison au Bengladesh, les liaisons dangereuses, la laïcité, Durban 2, la Déclaration universelle, le Conseil des Droits de l'homme...
Dans une semaine c'est le 8 mars, une célébration qui aura un goût amer tant les droits des femmes semblent régresser, et parce que l'on assiste à une véritable instrumentalisation de ces droits... j'y reviendrais prochainement.
Dans deux jours, s'ouvre à Genève la 7ème session du Conseil des Droits de l'Homme. Le pire est à prévoir. La diplomatie française saura-t-elle nous étonner ?
Le lendemain de la tribune du Monde que je co-signais (l'ONU contre les Droits de l'homme), une autre tribune soutenait le boycott de la Foire du livre de Paris au motif  qu'Israël est l'invité d'honneur de l'année. Quelle est l'indépendance de pensée de cet intellectuel musulman, alors que la même semaine l'ISESCO (Islamic Sciences Education, Social, Culture Organisation) appelait lui aussi au boycott de la "foire de la Culture" par tous les pays musulmans.
L'animateur Frédéric Taddeï, qui a été nommé dans la Commission sensée réfléchir à l'image des femmes dans les médias, y va billes en tête pour empêcher toute réglementation. Lui si complaisant avec les islamistes dans son émission racoleuse "ce soir ou jamais", qui promeut ceux qui défendent la limitation de la liberté d'expression en cas de blasphème, considère-t-il que le danger de censure viendrait des femmes qui refusent d'être objétisées sexuellement derrière un voile eou une vitrine, et qui ont toujours défendu la liberté et leurs droits par la parole et le combat des idées ?
Pour le centenaire de Simone de Beauvoir et les 60 ans de la déclaration universelle, cet inventaire à la Prévert qui risque encore de s'étoffer ne nous promet pas un printemps radieux...

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29 janvier 2008

Sauter le pas

Voila plusieurs mois que l'on me dit de sauter le pas, de sortir -non pas de la clandestinité - mais de rendre mon travail plus public. Voilà prés d'un an en effet, que je partage avec un nombre limité de personnes, une mine d'informations relatives aux questions politiques qui secouent les institutions internationales .

Je suis particulièrement horrifiée par le double langage de nos démocraties sur un certain nombre de dossiers, par le silence de beaucoup d'ONG sur les dérives inquiétantes et totalitaires des instances internationales et sur la guerre des mots qui s'y déroule.

Je suis aussi désabusée  par le tourbillon de vanités qui n'épargne pas les analystes les mieux intentionnés.

Sauter le pas n'est pas aisé... Un blog en mon nom ? Pour quoi faire ? Pour garder trace, conserver la marque originelle de ma réflexion, sans approximation,  et m'engager dans cette nouvelle voie militante....

Nous verrons bien...

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