Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

24 novembre 2009

LES AHMADITES, CES MUSULMANS RéFORMISTES INTERDITS DE MECQUE

Par Jean-Claude Buhrer

Qualifié d’ « hérétique » par l’islam orthodoxe, ce courant non violent, hors la loi au Pakistan, est à l’origine du premier minaret de Suisse
 
 Dans le cadre du débat sur les minarets et accessoirement de la place de l’islam dans les sociétés européennes,  les médias ont évoqué l’exemple de la première mosquée de Suisse, inaugurée officiellement en 1963 dans un quartier résidentiel de Zurich en présence de l’ancien ministre pakistanais des affaires étrangères Zafrulla Khan  et du maire de la ville.  Depuis lors, le minaret de dix-huit mètres de haut de l’édifice fait bon ménage avec le clocher de l’église réformée voisine sans faire de vagues. Or, il convient de préciser que, si ses fidèles sont plutôt discrets, la mosquée Mahmud a été bâtie par la communauté ahmadite, un courant musulman réformiste et pacifique considéré comme « hérétique » par l’islam orthodoxe  et dont les adeptes sont persécutés dans plusieurs pays.
Aujourd’hui stigmatisé comme secte par ses détracteurs,  le mouvement ahmadite (Ahmadiyya  Muslim Jamaat), du nom de son fondateur Hazrat Mirza Ghulam Ahmad,  vit le jour en 1889 à Qadian, un village du Pendjab, en Inde d’avant la Partition. Estimant que l’islam s’était sclérosé,  ce  prédicateur musulman prêcha pour un renouveau et se proclama mahdi (messie), alors que pour les orthodoxes Mahomet passe pour le dernier prophète. A sa mort en 1908, un califat fut instauré et  à ce jour cinq califes élus à vie lui ont succédé à la tête du mouvement, ce qui a encore alimenté l’hostilité des autres mahométans.
Avec pour devise Amour pour tous, haine envers personne, les ahmadites prônent l’ouverture et la bonne entente dans la société, rejetant l’interprétation agressive du djihad et toute forme de terrorisme.  Au nombre de vingt à trente millions à travers le monde selon les sources, ils sont actifs dans les œuvres sociales et l’humanitaire, notamment en Afrique où vivent d’importantes communautés indo-pakistanaises. Relativement prospères et dynamiques, les communautés d’Amérique du Nord, d’Australie et de Grande-Bretagne se sont signalées par la construction d’imposantes mosquées financées par de généreux donateurs, comme celle de Londres pouvant  accueillir dix mille croyants et dotée d’une chaine satellitaire dernier cri.
Alors qu’ils cohabitaient jusque là avec leurs coreligionnaires et que certains avaient même occupé de hautes fonctions dans leurs pays respectifs,  les ahmadites ont été mis au ban de la société depuis qu’en 1973 l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), créée quatre ans plus tôt pour « libérer Jérusalem », les a déclarés « non-musulmans »,  leur interdisant du même coup de faire le pèlerinage de La Mecque.  Ensuite, en 1979, le mouvement ahmadite était exclu de la communauté musulmane par la Ligue islamique mondiale, si bien que la mosquée de Zurich est désormais boycottée par les autres obédiences.
C’est en République islamique du Pakistan, berceau de leur foi et où ils étaient bien représentés dans l’élite intellectuelle, que la condition des quelques millions d’ahmadites que compte le pays n’a cessé d’empirer. Jugés hérétiques et déclarés « minorité non-musulmane » par un amendement constitutionnel introduit en 1974 pour donner satisfaction aux fondamentalistes, ils en sont réduits à raser les murs et font l’objet de toutes sortes de vexations : leurs lieux de culte sont étroitement surveillés, ils n’ont pas le droit de les appeler mosquée, ni même d’inscrire sur les murs des versets du Coran et encore moins de se  déclarer musulman ou d’entrer dans une mosquée reconnue.  En vertu d’une ordonnance de 1984 sur l’interdiction des activités « anti-islamiques »,  puis l’année suivante d’une loi  prévoyant la peine de mort pour blasphème, la situation s’est encore détériorée pour les ahmadites ainsi que pour les minorités chrétienne et hindouiste, en bute  à des raids meurtriers et boucs émissaires tout désignés dès qu’une flambée de mécontentement éclate quelque part.  Ainsi, le 1er août, dans un village du Pendjab, une foule en colère a tué six chrétiens et en a blessé une dizaine d’autres quelle accusait d’avoir profané le Coran.  Près de Lahore, un chrétien a été battu à mort pour avoir bu du thé dans une tasse réservée aux musulmans, tandis qu’à Islamabad un mur a été construit pour protéger les musulmans des chrétiens d’un bidonville.
Même les témoins muets du passé préislamique n’échappent pas au vent de folie meurtrière qui souffle sur le « Pays des purs ».  En 2007, les islamistes avaient dynamité un bouddha de sept mètres de haut dans la vallée de Swat, l’un des derniers vestiges de la civilisation du Gandhara depuis la destruction par les talibans des bouddhas de Bamyan en 2001 en Afghanistan. Dans l’indifférence générale.  Ensuite ils ont fait sauter des écoles de filles, parce que pour eux l’éducation n’est pas faite pour les femmes, avant d’imposer la charia et leur régime de terreur qui a fait fuir des centaines de milliers de paisibles civils de la vallée naguère l’un des lieux de villégiature les plus prisés. Le 17 novembre encore, une nouvelle école de filles, la troisième en un mois, était détruite à l’explosif près de Peshawar, alors que dans le reste du pays, y compris dans la capitale, les écoles doivent fermer régulièrement  sous les menaces des islamistes.  Sans parler des attentats-suicides, presque quotidiens et même contre des mosquées, commis par des musulmans contre d’autres musulmans.  Plus sanglants que d’autres conflits surmédiatisés, ces règlements de comptes inter-mahométans  n’émeuvent guère l’ONU et encore moins le monde islamique.
 Toujours prompt à faire la leçon aux autres comme porte-parole de l’OCI, le Pakistan ne se prive pas de fouler impunément au pied la liberté religieuse garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme. D’ailleurs,  l’Organisation internationale du travail la rappelé à l’ordre pour «recours au travail forcé ou obligatoire en tant que mesure de discrimination religieuse ». Aujourd’hui on imagine difficilement une personnalité ahmadite éminente comme naguère Zafrulla Khan  accéder aux plus hautes fonctions.  Pourtant, ce musulman fervent qui ne pourrait plus s’affirmer comme tel a fait honneur à son pays : premier ministre des affaires étrangères du Pakistan en 1947 et chef de sa délégation à l’ONU, élu juge à la Cour internationale de justice de La Haye en 1954, il fut ensuite appelé en 1962 à présider l’Assemblée générale des Nations unies. A sa mort en 1983, il fut enterré dans la petite ville de Rabwa, centre de la communauté ahmadite et où des islamistes provoquèrent de sanglantes émeutes.
C’est également à Rabwa que repose le Dr Abdus Sallam, premier musulman honoré en 1979 du Prix Nobel de physique.  Comme d’autres ahmadites victimes de persécution religieuse, il avait été amené à s’expatrier en Grande-Bretagne pour faire carrière.  Lors de ses obsèques en 1996, les oulémas sunnites décrétèrent que personne ne pouvait prier Allah pour ce « mécréant » ni inscrire un verset du Coran sur son tombeau. L’épitaphe Abdus Sallam, 1er musulman lauréat du Prix Nobel avait été gravée sur la stèle, mais les docteurs de la loi firent supprimer le mot «musulman » et la pierre porte maintenant l’absurde « inscription « Abdus Sallam,  1er  lauréat du Prix Nobel ».
Les ahmadites ne sont pas mieux traités au Bangladesh et dans d’autres pays islamiques. En Indonésie, pourtant réputée plus modérée, le conseil de oulémas les a également qualifiés «d’hérétiques ». Depuis que des manifestants survoltés ont mis le feu à une mosquée ahmadite et saccagé son école coranique  dans la ville de Sukabumi en avril 2008, d’autres lieux de culte de la communauté on été incendiés et une milice musulmane a commis plusieurs attentats contre  des  édifices lui appartenant.  En réponse à ce déchainement de violence, le gouvernement  interdit par décret aux ahmadites de diffuser leur enseignement sous prétexte de préserver l’harmonie religieuse et l’ordre public. A Zurich, la communauté ahmadite  peut au moins appeler sa mosquée par son nom et  s’enorgueillir d’un minaret, ce qui lui est dénié dans des pays officiellement musulmans.  Dans son pays d’origine, sa situation n’est pas sans rappeler celle des Baha’is en Iran eux aussi opprimés sur la terre qui a vu naître leur foi et définis par les lois comme « infidèles dénués de protection ». Au-delà de querelles de minarets, l’ostracisme qui frappe les ahmadites et d’autre minorités en terre d’islam pose le problème de la montée du fondamentalisme, aussi dangereux  pour ses cibles que pour les musulmans eux-mêmes. 
Jean-Claude Buhrer   

 

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23 janvier 2009

Une manifestation de rue de femmes divorcées au Nigéria considérée comme non-islamique

Sharia police block women's rally

The Hisbah are charged with policing the morals of Kano's Muslims Islamic authorities in the northern Nigerian city of Kano have told organisers of a planned protest by divorced women to cancel the event.

The head of the Sharia police, or Hisbah, said the planned protest was an "embarrassment", and is "un-Islamic".
The organisers have agreed to postpone their protest scheduled for 29 January.
Women's rights activists say divorced women are often thrown out of their homes, lose custody of their children, and many end up destitute.
The Director General of the Hisbah, Saidu Dukawa, said there were also security concerns over the protest.
"We fear what could happen in the streets if there is a large gathering of people, it could get out of control," he told the BBC's Hausa Service.
Large gatherings of people can be volatile in Nigeria, which has been rocked by violence between Muslims and Christians over the last 10 years.

Quarrelling spouses

He also said the idea of street protests was "un-Islamic" and "morally wrong". "Never in the history of Islam have women taken to the street to press for their demands," he said.

The Hisbah were reported by local media to have said they feared the demonstration would "ridicule Kanoin the eyes of the world".
Kanois one of 12 northern Muslim-majority states governed by Sharia law.
The Hisbah are in charge of policing the morals of Muslims to make sure they are "Sharia-compliant".
They do not have the authority to ban the protest from going ahead, but told organisers they would report the demonstration to the police if they continued with it.
One of their duties is to reconcile quarrelling spouses and prevent divorce.
But divorce in polygamous northern Nigeria is very common. The Association of Divorcees Widows and Orphans has could not immediately be reached for a comment.

sources BBCnews http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7837512.stm

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12 juin 2008

L’Arabie Saoudite, Jimmy Carter, l’apartheid sexuel et le regard féministe d’Andrea Dworkin

Il y a un an, l’ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter, promoteur des accords de paix de Camp David en 1978 entre Israël et l’Egypte, publiait un livre polémique sur la question proche orientale intitulé « la Paix pas l’apartheid ». Cette année, il promouvait le dialogue avec le Hamas à Gaza et n’hésitait pas à rendre visite aux responsables de l’organisation islamiste.

Il y a dix ans, dans le cadre du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il recevait le prix des droits de l’homme de l’ONU, pour son engagement pour la paix au Libéria. Avec le recul, on peut s’interroger sur la légitimité de cette distinction qui lui fut accordée, lorsque l’on sait que ses efforts de paix consistèrent à soutenir le président sanguinaire du Libéria Charles Taylor !

AEn 1978, l’écrivaine féministe Andrea Dworkin (décédée en avril 2005) - à qui l’on doit une œuvre complexe, magistrale et d’une puissance inégalée, dont malheureusement un seul texte plutôt controversé a été traduit en France avant sa mort *- tirait la première la sonnette d’alarme sur la complaisance des démocraties occidentales, et en particulier des Etats-Unis et de Jimmy Carter avec le régime saoudien. En 1978, la République islamique d’Iran ne menait pas encore la danse.

La lecture aujourd’hui de ce texte se charge d’une toute nouvelle saveur, alors que la France également fait les yeux doux vers l’Arabie Saoudite et autres dictatures, et que le photographe Jean-Baptiste Mondino dans Libération du 9 juin s’extasie du trouble provoqué par ces apparitions toutes de noir recouvertes.


Voici quelques extraits traduits de « A Feminist Looks at 
Saudi Arabia », in « Letters from a War Zone », Lawrence Hill Books, 1987

Une féministe se penche sur l’Arabie Saoudite. 1978

C’est dur de combattre les libéraux. Ils esquivent et glissent. Jimmy Carter a voulu apporter une dimension droit de l’hommiste à sa politique étrangère en Afrique du Sud, pays responsable de racisme. Mais les pays comme l’Arabie Saoudite, qui ségréguent systématiquement les femmes,  n’ont rien à craindre de ce Président protecteur des droits humains. On pourra rétorquer qu’il est facile et médiocre de critiquer sa politique quand on connaît le soutien de Reagan à l’apartheid. Je hais l’apartheid, en Afrique du Sud et en Arabie Saoudite, que ce soit sur la base de la race ou du sexe. Les femmes ont elles une valeur ou non ? Les femmes doivent elles être intégrées aux normes des droits humains ou non ?

PARFOIS, JE NE PARVIENS pas à croire au monde dans lequel je vis. La plupart du temps j’y crois et je m’en accommode. En tant que féministe et écrivaine, j’étudie le viol, la pornographie, les femmes battues. Je vois les corps abusés des femmes, dans la vie et dans les journaux. Je rencontre, dans la vie et dans les livres, les esprits démolis des victimes enfermées. Je m’afflige, j’enrage, mais au bout du compte, j’y crois. Cette habilité à croire provient, sans aucun doute, du fait que j’ai tant entendu enfant, les désespérants souvenirs de ceux – certains dans ma propre famille – qui avaient survécu aux camps de concentration nazis et aux pogroms en Russie. En tant que juive, j'avais appris à reconnaître la faculté d'indifférence devant la souffrance humaine et à croire en la réalité de la cruauté.

(…)

Mais lorsque Monsieur Carter et ses compagnons (…) désignent de vieille amie l’Arabie Saoudite , je me retrouve dans l’incapacité de croire à la réalité des choses. Oui c’est ainsi, l’Arabie Saoudite est leur vieille amie. J’entends aux nouvelles que Monsieur Carter a été enchanté par l’Arabie Saoudite, qu’il y a passé un moment formidable. Je me souviens que Madame Carter a du emprunter  une porte dérobée. Je me souviens que l’utilisation de contraceptifs est punie de la peine capitale en Arabie Saoudite. Je me souviens que les femmes sont une caste méprisée et emprisonnée en Arabie saoudite, que leurs droits civiques leurs sont déniés, qu’elles sont vendues dans le mariage,  incarcérées comme des domestiques et servantes sexuelles dans les harems. Je me souviens qu’en Arabie Saoudite, les femmes sont obligées d’engendrer des enfants, de préférence des garçons, et ce jusqu’à leur mort.

Mon incrédulité grandit en intensité lorsque je pense à l’Afrique du Sud, où soudain, les Etats Unies sont du côté des anges.  Comme la plupart des personnes de ma génération qui ont vécu les fières et glorieuses années soixante, une partie importante de ma vie a été consacrée à me mobiliser ici et là contre l’apartheid. (…)

Bien entendu, en Arabie Saoudite, ce sont les femmes qui sont enfermées, exilées dans l’invisibilité, méprisées et sans pouvoir dans leur propre pays. Ce sont les femmes qui sont systématiquement dégradées de la naissance à leur mort précoce, qui sont totalement, toutes et sans exception privées de liberté. Ce sont les femmes qui sont vendues dans le mariage ou le concubinage, souvent avant la puberté ; qui sont tuées si leur hymen n’est pas intact la nuit de noce ; qui sont tenues confinées, ignorantes,  enceintes, pauvres, sans choix ni secours. Ce sont les femmes qui ne peuvent être propriétaires ou travailler pour gagner leur vie ou déterminer de quelque manière que ce soit leur façon de vivre. Les femmes sont enfermées à l'extérieur et à l'intérieur. Et Monsieur Carter, l’avocat sincère des droits humains, se dit enchanté en compagnie de ses bons amis les saoudiens. Parfois, même une féministe qui connaît la réalité de l’hypocrisie machiste et qui a l’estomac bien accroché, ne parvient pas à croire au monde dans lequel elle vit.

* Les éditions Sisyphe ont publié un ouvrage de traductions en français de cinq textes d'Andrea Dworkin en septembre 2007 sous le titre "Pouvoir et violences sexistes"

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05 mars 2008

Déclaration contre l'islamophobie de l'Organisation de la Conférence Islamique

Les 13 et 14 mars prochain, se tiendra à Dakar Sénégal la 11ème session du Sommet de la Conférence islamique. A cette occasion, le premier rapport de l'OCI sur l'islamophobie sera diffusé. En attendant on peut déjà lire la déclaration en anglais des ambassadeurs de l'OCI faite le 29 février à New York.

The increasingly negative political and media discourse in the Western World targeting Muslims and Islam is a matter of grave concern for the Islamic Ummah. Over the years the growing intolerance and discrimination against Muslims, and insults against Islam have become pervasive and often condoned in certain Western countries and communities.

Among the instances of Islamophobia are the publications of blasphemous caricatures of the Prophet Muhammad (PBUH) by newspapers in Europe, multiple campaigns for anti-Islamic regulations in several European Countries including the imposition of restrictions on the construction of places of worship, and the impending screening of a documentary by a Dutch lawmaker, which insults the Holy Quran. They constitute incitements for negative sentiments and hatred against Muslims. Apathy and inaction on the part of the governments concerned in preventing such provocations and discrimination against Muslims and Islam cannot be justified by the plea of freedom of expression. Unfortunately, such insults and intolerance against Islam are being provided intellectual justification by Western scholars and political lobbies who espouse anti-Islamic agendas, hence lending support to ideological violence against Muslims. Slogans such as “Islamo-fascism”, “Islamic Terrorism” and “radical Islam” are manifestations of and justifications for provocations and systematic insults against Islam. This phenomenon reflects the Islamophobia which afflicts segments of Western society.
The OIC Group believes that the right to freedom of expression carries with it special duties and responsibilities, and does not provide a license to insult and hurt the sentiments and beliefs of others. It is the obligation of all States parties to the International Covenant on Civil and Political Rights, in accordance with Article 20 thereof, to enact the necessary legislations to prohibit any advocacy of national, racial or religious hatred that constitutes incitement to discrimination, hostility or violence. The OIC Group observes that the European Court of Human Rights has previously ruled in favour of the interference by the State to prohibit media material in cases involving other religions to guard against igniting religious sensitivities, and expects equal treatment in cases involving Islam and Muslims’ rights.
The OIC Group in New York strongly deplores all acts of ideological and physical violence and assaults, and incitements thereto, against persons on the basis of their religion or belief, and those acts directed against the Holy symbols, sites or places of worship of all religions. The Group is particularly and deeply alarmed by the intensification of the campaign of defamation against Islam, as it impairs Muslims’ enjoyment of the right to freedom of thought, conscience and religion, and impedes their ability to observe, practice and manifest their religions freely and without fear of coercion, violence or reprisal.
Such acts against Muslims and Islam are inconsistent with the spirit of the UN Charter which seeks to promote peaceful co-existence amongst nations. They are in violation of numerous United Nations resolutions, including General Assembly resolution 62/154 on combating defamation of religions, General Assembly resolution 55/23 on Dialogue Among Civilizations as well as the Security Council resolution 1624 (2005) which call upon all Member States, inter alia, to continue international efforts to enhance dialogue and broaden understanding among civilizations, in an effort to prevent the indiscriminate targeting of different religions and cultures. Such acts also erode the positive momentum generated by the launch of the Alliance of Civilizations and General Assembly’s High Level Dialogue on Interfaith Cooperation for Peace, which, inter alia, aim to overcome misunderstandings between Islam and the West,
In the above context, the OIC Group in New York wishes to remind the joint statement of the Secretary-General of the United Nations with the Secretary-General of the Organization of Islamic Conference and the High Representative for Common Foreign and Security Policy of the European Union in Doha on 7 February 200& which recognized that ‘in all societies there is a need to show sensitivity and responsibility in treating issues of special significance for the adherents of any particular faith, even by those who do not share the belief in question.”
In particular, the OIC Group believes that lack of action to prevent the reprinting of blasphemous caricatures, and indifference in airing the inflammatory documentary against the Holy Quran will be perceived as manifestation of insincerity towards the principles and objectives of various efforts within the United Nations system aiming at promoting understanding and respect of and among cultures and civilizations.
The OIC Group urges the Secretary General to call upon the Governments of the States that condone the publication of these blasphemous caricatures and media material as well as the campaigns for anti-Islamic regulations to take all possible legal and administrative measures to prevent the repetition or continuation of these deliberate offensive acts, which impinge greatly on the right to freedom of thought, conscience and religion of the followers of Islam. The OIC Group requests the Secretary General to publicly express his unequivocal opposition to all acts of Islamophobia, and to declare that no government should be complicit in undermining the ongoing efforts to promote harmony and friendly relations amongst the various cultures, religious and civilizations.

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07 février 2008

L'introduction de la Charia au Royaume Uni serait inévitable

C'est ce qu'affirme Rowan Williams, archevèque de Canterbury dans une interview à la BBC, soulignant que cela permettrait de préserver la cohésion sociale.

Sharia law in UK is 'unavoidable'

The Archbishop of Canterbury says the adoption of certain aspects of Sharia law in the UK "seems unavoidable".

Dr Rowan Williams told Radio 4's World at One that the UK has to "face up to the fact" that some of its citizens do not relate to the British legal system.

Dr Williams argues that adopting parts of Islamic Sharia law would help maintain social cohesion.

For example, Muslims could choose to have marital disputes or financial matters dealt with in a Sharia court.

He says Muslims should not have to choose between "the stark alternatives of cultural loyalty or state loyalty".

'Sensational reporting'

In an exclusive interview with BBC correspondent Christopher Landau, ahead of a lecture to lawyers in London on Monday, Dr Williams argues this relies on Sharia law being better understood.

At the moment, he says "sensational reporting of opinion polls" clouds the issue.

He stresses that "nobody in their right mind would want to see in this country the kind of inhumanity that's sometimes been associated with the practice of the law in some Islamic states; the extreme punishments, the attitudes to women as well".

But Dr Williams said an approach to law which simply said "there's one law for everybody and that's all there is to be said, and anything else that commands your loyalty or allegiance is completely irrelevant in the processes of the courts - I think that's a bit of a danger".

"There's a place for finding what would be a constructive accommodation with some aspects of Muslim law, as we already do with some other aspects of religious law."

'Other loyalties'

Dr Williams added: "What we don't want either, is I think, a stand-off, where the law squares up to people's religious consciences."

"We don't either want a situation where, because there's no way of legally monitoring what communities do... people do what they like in private in such a way that that becomes another way of intensifying oppression inside a community."

The issue of whether Catholic adoption agencies would be forced to accept gay parents under equality laws showed the potential for legal confusion, he said.

"That principle that there is only one law for everybody is an important pillar of our social identity as a western democracy," he said.

"But I think it is a misunderstanding to suppose that means people don't have other affiliations, other loyalties which shape and dictate how they behave in society and that the law needs to take some account of that."

'Custom and community'

Dr Williams noted that Orthodox Jewish courts already operated, and that the law accommodated the anti-abortion views of some Christians.

"The whole idea that there are perfectly proper ways the law of the land pays respect to custom and community, that's already there," he said.

People may legally devise their own way to settle a dispute in front of an agreed third party as long as both sides agree to the process.

Muslim Sharia courts and the Jewish Beth Din which already exist in the UK come into this category.

The country's main Beth Din at Finchley in north London oversees a wide range of cases including divorce settlements, contractual rows between traders and tenancy disputes.

Dr Williams' comments are likely to fuel the debate over multiculturalism in the UK.

Last month, the Bishop of Rochester, the Right Reverend Dr Michael Nazir-Ali, said some places in the UK were no-go areas for non-Muslims.

Dr Williams said it was "not at all the case that we have absolute social exclusion".

http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/7232661.stm

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Le feuilleton malais

Par jean-Claude Buhrer

Chaque jour nous apporte de  nouveaux exemples de la furie entretenue par les islamistes malais.
Ainsi, dans l'Etat malais de Sabah, au nord-est de Bornéo, un groupe de musulmans s'oppose à la construction d'une divinité taoiste par la communauté chinoise et le mufti d'Etat a émis un décret religieux affirmant que la présence de cette statue offenserait l'islam. Comme si cela ne suffisait pas, le 5 février, la Fédération chrétienne de Malaisie s'est plainte de la confiscation de littérature chrétienne par les douanes qui vont jusqu'à saisir les bibles personnelles de  citoyens malaisiens, a rapporté l'évêque Paul Tan Chee Ing.
Edifiant non, quand on sait que la Malaisie préside l'OCI et joue les donneurs de leçons dans les instances onusiennes?

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Allah or not Allah

Jean-Claude Buhrer Solal, actuellement en Asie du Sud Est, m'envoit ce texte sur la situation en Malaisie qu'il m'autorise à publier. Pour information, c'est la Malaisie qui préside actuellement l'Organisation de la Conférence Islamique

      L'islam rendrait-il amok - pour reprendre ce terme malais qui sert à désigner un accès de folie meurtrière? La question peut se poser en Malaisie, à en juger par le regain de tension raciale qui agite ce pays multiculturel, mais officiellement musulman, en ce début d'année. Ainsi, les services de sécurité ont menacé d'interdire un journal catholique qui avait commis le sacrilège d'employer le mot 'Allah' pour parler de Dieu, sous prétexte que seuls les musulmans avaient le droit de prononcer ce nom. A la fin de l'année, le vice-ministre de la sécurité intérieure avait déclaré que la licence d'imprimer de l'hebdomadaire de l'archidiocèse de Kuala Lumpur, The Herald, ne serait pas renouvelée s'il ne cessait pas de recourir à des termes en usage en islam afin de ne pas offenser la sensibilité de la majorité musulmane.

    Publié en anglais, chinois, tamoul et malais, The Herald est un hebdomadaire de format tabloïd diffusé parmi les 900.000 catholiques que compte le pays aux côtés de 60% de musulmans malais, de 26% de Chinois et de 9% de Tamouls. Cette nouvelle affaire a mis en émoi une partie des commentateurs de la presse malaisienne et régionale, qui s'inquiètent de l'islamisation croissante de la Malaisie et de la détérioration des relations entre les trois principales communautés ethniques du pays. Les chrétiens avancent qu'ils utilisent le mot 'Allah" sans problème depuis des générations et que ce n'est qu'en Malaisie que les musulmans en revendiquent l'exclusivité. Selon eux, Allah est un terme arabe, qui était d'usage chez les chrétiens avant l'arrivée de l'islam et que même en Malaisie, ils l'emploient depuis des générations. "Vous ne pouvez dénier à un peuple le droit de se servir de sa langue", a déclaré l'éditeur de l'hebdomadaire catholique, le révérend Laurence Andrew.

       Devant les réactions suscitées par sa décision intempestive, le gouvernement a provisoirement renoncé à appliquer cette mesure administrative, et l'hebdomadaire a pu paraître au début de l'année. Mais compte tenu de cette épée de Damoclès qui le menace, The Herald a saisi la Haute cour de Kuala Lumpur pour obtenir la confirmation par une décision de justice de son droit constitutionnel d'employer le terme controversé dans ses colonnes.

         Cette affaire n’est qu’un exemple parmi d’autres disputes ethniques et religieuses alimentées par l’activisme des islamistes. Le débat autour de Dieu continue d’être amplement relayé dans la presse. Dans le quotidien Sin Chew Daily de la communauté chinoise, Farish Noor s’est demandé si « les musulmans eux-mêmes savent ce que signifie ‘Allah’. » Et de se livrer à des considération sémantiques sur la signification du terme et des multiples noms donnés à Dieu, comme l’a fait dans le Straits Times de Singapour le 13 janvier un chercheur malais d’origine indienne, Janadas Devan.

         Les relations sont également en train de se dégrader avec les communautés indienne et chinoise (respectivement 9% et 26% d’une population de 25 millions d’habitants). Les Indiens, qui se trouvent au bas de l’échelle sociale, se plaignent de toutes sortes de discriminations. De violents heurts ont éclaté avec la police le 25 novembre lorsque 20.000 d’entre eux sont descendus dans la rue en une manifestation publique sans précédent pour protester contre leur marginalisation et la récente destruction sur ordre des autorités de dizaines de temples hindous. La police avait procédé à des centaines d’arrestations, cinq des organisateurs de la marche ont été maintenus en détention et une centaine de personnes sont poursuivies pour rassemblement illégal.

Au début de l’année, le gouvernement a encore annoncé la suspension du recrutement d’immigrants indiens, ce qui n’a fait qu’ajouter au malaise. En même temps, le gouvernement a demandé aux aéroports de ne plus employer de travailleurs étrangers « afin que les touristes ne soient pas surpris d’être accueillis par des visages non malais. » Le vice-premier ministre Najib Razak a fait savoir de son côté que l’aéroport international de Kuala Lumpur ne devait désormais engager que des travailleurs malais.

Alors que des élections législatives sont prévues en mars, le problème indien est devenu le principal défi que doit relever le gouvernement déjà confronté à la surenchère des milieux islamistes. Le Parti islamique d’opposition PAS, qui a introduit la charia dans l’état qu’il contrôle, a ouvert sa campagne en prônant une stricte application de la loi islamique, y compris les amputations et la lapidation. « Le peuple veut le meilleur, et il n’y a rien de meilleur que l’islam », a déclaré l’un de ses dirigeants Nik Aziz Nik Mat. Il a voulu rassurer les non musulmans qu’ils n’avaient rien à craindre des peines prévues par la charia, les membres de la riche communauté chinoise ayant au contraire tout à gagner – a-t-il fait valoir, « car ceux qui volent ne volent pas les pauvres. »

Les pressions des islamistes se font sentir dans tous les domaines et prennent parfois des proportions où l’excès de zèle le dispute au ridicule. Dans cette surenchère, le constructeur automobile malais Proton envisage même de produire, avec l’Iran et la Turquie, la première « voiture islamique », équipée d’une boussole indiquant La Mecque et d’un rangement pour le Coran. « Ce véhicule aura toutes les composantes islamiques et sera destiné à l’exportation », a déclaré le directeur général de la firme. Pour ne pas demeurer en reste, en 2007 les autorités ont interdit 37 livres qui portaient, selon elles, préjudice à l’islam. A la mi-décembre, elles sont allées jusqu’à censurer des livres chrétiens représentant les prophètes Moïse et Abraham. Selon le ministère de la sécurité intérieure, les illustrations de ces ouvrages violaient la loi islamique et portaient atteinte à la sensibilité des musulmans.

Les libertés religieuse et de pensée sont elles aussi de plus en plus menacées. En mai 2007, la justice avait refusé de connaître la conversion d’une musulmane au christianisme. Même la mort ne suffit pas à laisser les défunts reposer en paix. Un nouveau cas de « rapt de cadavre » a suscité l’émoi parmi les Malaisiens non musulmans fin janvier, quand un vieil homme d’origine chinoise a été enterré comme musulman après que sa famille bouddhiste a perdu une bataille avec les autorités islamiques qui prétendaient qu’il s’était converti avant de rendre son dernier souffle. Des députés de l’opposition ont ensuite demandé au gouvernement de mettre fin aux « détournements de cadavres » par les autorités islamiques. « La vague de ‘vols de cadavres’ entache la réputation internationale de la Malaisie », a dit Lim Kit Siang, du Parti d’action démocratique. L’opposition accuse le gouvernement d’une « série croissante et sans précédent d’incidents qui aggravent la polarisation religieuse. »

Les Chinois et les Indiens remettent aujourd’hui ouvertement en cause la politique « d’action affirmative » mise en place il y a 37 ans pour favoriser la promotion des Malais et d’autres petits groupes ethniques indigènes, appelés « bhumiputra », les enfants du sol, mais qui revient aujourd’hui à maintenir la ségrégation raciale.

Même l’ancien premier ministre Mahathir Mohamad, qui s’est retiré des affaires en 2003 après 22 ans au pouvoir, a accusé le gouvernement de son successeur Abdullah Badawi de se servir de l’islam à des fins politiques dans sa compétition avec le parti panislamique et de jouer avec le feu au risque de déstabiliser le pays. Dès lors, on ne s’étonnera pas que la Malaisie, qui préside l’Organisation de la conférence islamique, affiche la même obstination sur la scène internationale et au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour faire adopter une norme anti-blasphème assimilant toute critique de l’islam à du racisme, avec pour corollaires la restriction de la liberté d’expression et la justification des discriminations envers les femmes et les homosexuels.

                                       J.C.B.-S.

Posté par Malka Marcovich à 18:09 - Islam politique - Commentaires [0] - Permalien [#]
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