27 novembre 2008
Quels droits humains le Crif souhaite-t-il défendre ?
Selon un communiqué commun, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le Conseil Français du culte musulman (CFCM) viennent de créer "des commissions de travail communes dédiées au droits de l'homme, à l'enseignement et aux questions internationales"
Ce blog n'a pas pour mission de traquer les faits et gestes de tel ou tel représentant de communauté mais de traquer les dérives sur les questions des droits universels, en particulier au niveau international. Mais ici, la chose est suffisamment grave pour que cette information soit soulignée.
Le Crif abandonne la laïcité qu'il prétendait défendre il y a prés d'un an
Le pendant du CFCM, qui représente la religion musulmane en France (dans sa forme la plus obscurantiste), est le Consistoire qui représente la religion juive, (dans sa forme la plus obscurantiste). En aucun cas le CRIF !
En se plaçant directement en interlocuteur, le CRIF abandonne la laïcité républicaine et trahit la filiation laïque d'une partie du peuple juif depuis la Haskala (les lumières) au 19ème siècle contre l'obscurantisme du Ghetto.
"Travail commun dédié aux Droits de l'Homme " (des femmes en France) ?
En matière de droits humains des femmes, le Crif s'est en effet déjà illustré par son silence après les violences conjugales subies par Madame Muriel Krief, épouse du Grand Rabbin de Bordeaux Marc Krief. Plus grave, lors d'une réunion publique organisée sous son égide, le CRIF n'a rien dit lorsque répondant à une question de la Présidente de la Wizo, Madame Cohen Beiserman, le Rabbin Sitruk a condamné le fait que Madame Krief ait rompu le Shabbat pour aller porter plainte au commissariat !
Droits humains "Questions internationales"
Quels droits humains le CRIF a-t-il jamais défendu au niveau international ?
Israël, Durban et la France
Beaucoup d'incohérence dans son soutien même à l'Etat d'Israël :
- Inconditionnalité ( non pas seulement à son existence mais à toutes les actions d'Israël) , quel que soit le gouvernement, alors même que la société israélienne n'est pas une.
- Mais le CRIF ne soutient pas la décision d'Israël de ne par participer à Durban 2 en raison du texte qui a franchi de nombreuses lignes rouges
- Il ne critique pas la France qui a franchi (ou laissé franchir) de nombreuses lignes rouges depuis plus d'un an au Conseil des Droits de l'Homme et à l'Assemblée Générale de l'ONU
La Chine
- Le 23 juillet, le Président du Crif se rendait à l'ambassade de Chine à deux semaines des jeux Olympique, mais ne rencontrait pas le Dalaï Lama, représentant du peuple Tibétain en exil durant son séjours en France au mois d'août.
L'Egypte
- Dans le cadre de la réunion préparatoire Durban 2, une délégation a rencontré Omar Shalaby, ambassadeur d'Egypte à Genève sans aucune préparation. Le compte rendu de cette rencontre témoigne d'une grave ignorance sur la manière dont la diplomatie Egyptienne mène la danse à Genève et sape, réunion aprés réunion, tout l'édifice des droits humains. (Censure systématique des ONG, accusation, plaintes, interdiction de prononcer le mot religion, démonisation de l'homosexualité, du blasphème, déni du droit des femmes et des droits reproductifs, acteur actif contre la liberté d'expression etc....). (voir notamment sur les censures egyptiennes sur le site de International Humanist and Ethical Union)
Dans le compte rendu de cette rencontre, le CRIF parle d'une "rencontre chaleureuse et prometteuse" et n'emet aucune critique sur les scandaleuses positions égyptiennes et ses violations massives des droits humains en Egypte
Graves inquiétudes pour le futur
LE CFCM représente en France les positions affirmées de l'Organisation de la Conférence Islamique.
Travailler au niveau local entre communautés identifiées comme "communautés religieuses" peut comporter souvent des dangers mais n'est pas en soit condamnable...
Mais ici, on peu se demander quelles sont les capacités du CRIF à travailler avec le CFCM sur les questions internationales liées aux droits humains lorsque l'on voit le peu de cohérence de ses actions internationales jusqu'à ce jour en la matière.
De plus, quelle légitimité le CRIF a-t-il pour contracter pareille alliance pour un travail international sur les droits humains avec ceux qui défendent les positions internationales de l'OCI, qui placent la Charia au dessus des normes universelles. (Sans parler du processus préparatoire pour Durban 2)
Le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle aura un goût amer pour les juifs de France, d'Europe et du monde, qui revendiquent la filiation des lumières.
19 juin 2008
Le foulard, tenue réglementaire aux JO
19 juin 08 - Le Comité international olympique a autorisé une athlète iranienne à participer voilée aux Jeux de Pékin. Une décision qui crée des remous, alors que la neutralité olympique avait été invoquée lors du débat sur le Tibet
Caroline Stevan/Le Temps
- Le sport en hidjab, ce n’est pas facile. Surtout, ça fait débat. Le Comité international olympique (CIO) a autorisé une athlète iranienne à porter le voile islamique aux prochains Jeux de Pékin. Alors même que les Français n’ont pas décroché le droit d’arborer le badge portant l’inscription « pour un monde meilleur » – comprendre : pour une Chine meilleure. « C’est comme s’il y avait deux poids deux mesures. C’est scandaleux », s’insurge Annie Sugier, présidente d’Atlanta +, une association militant pour la promotion des femmes aux Jeux olympiques. « La charte olympique impose la neutralité. On ne peut pas l’invoquer pour les badges français et l’ignorer à propos du foulard, continue-t-elle. Selon la règle 51, en effet, aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, un site ou un autre emplacement olympique ».
Le fait de se couvrir la tête peut-il être assimilé à une forme de propagande – ici religieuse ? Non, en a décidé le CIO. « Nous avons estimé que les motivations de cette Iranienne n’avaient rien à voir avec de la propagande. La règle 51 ne s’applique donc pas à cette situation. Nous voulions avant tout permettre à une personne qualifiée de participer aux Jeux, argue Emmanuelle Moreau, porte-parole du CIO. Le badge est une autre histoire. A la vérité, nous ne l’avons pas interdit, puisqu’aucune demande officielle ne nous a été faite. Nous avons simplement pris position. Et le comité national français a ensuite décidé de ne pas soutenir la demande de ses sportifs. Nous avions spécifié qu’une telle revendication serait examinée dans le cadre de son contexte. Or ce contexte, celui des tensions entre la Chine et le Tibet, était loin d’être neutre. »
Les Hexagonaux n’ont pas posé comme condition de porter le fameux badge. La sportive iranienne, championne de taekwondo, elle, ne viendra que si elle peut se couvrir du foulard. « On nous reproche assez la défection des femmes. Nous faisons un réel effort pour promouvoir leur participation et atteindre la parité. A Pékin, d’ailleurs, nous escomptons 45,4% de sportives », ajoute Emmanuelle Moreau. Selon le CIO, mieux vaut donc une femme voilée qu’une femme absente.
Cette année, sur 205 délégations, 9 seront uniquement masculines, contre 35 en 1992. Six sont musulmanes (Brunei, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Yémen), les 3 autres sont minuscules (îles Vierges, Antilles néerlandaises et Liechtenstein).
Pour Atlanta +, accepter le hidjab pour encourager la mixité n’est pas recevable. Anne Sugier : « Ne pas envoyer de concurrentes ou les envoyer voilées, c’est la même chose ! Une femme qui vit en Iran ne va pas se laisser mourir chez elle sous prétexte qu’elle refuse de porter le foulard, c’est évident. Mais là, nous parlons des Jeux ! La vraie question c’est : croit-on en des valeurs universelles ou non ? A l’époque, les athlètes Nawal el-Motawakel et Hassiba Boulmerka avaient été menacées parce qu’elles avaient couru en short. Si on autorise le hidjab, ces femmes-là n’auront plus le choix, elles devront le porter ! »
Le CIO, pour l’heure, défend une position « au cas par cas », et refuse de généraliser la pratique, bien que Téhéran ait déjà envoyé une athlète voilée par le passé. Des requêtes pourraient venir d’autres délégations, afghane notamment.
Hors des Jeux olympiques, la question se pose également. La Fédération danoise de football vient d’autoriser une joueuse d’origine palestinienne – sélectionnée en équipe nationale – à taper dans le ballon coiffée d’un fichu. « Il ne s’agit pas d’un foulard islamique », a tranché l’organisation (sic). Au Canada, des demoiselles voilées ont été écartées d’une compétition de taekwondo. A Paris, c’est une milieu de terrain du PSG qui a été évincée d’un match.
Maintes fédérations des différents sports s’abritent derrière des réglementations imprécises. « Le code du sport fixe ce que porte le joueur, non ce qu’il ne doit pas arborer, à l’exception des bijoux ou accessoires dangereux », indique la Fédération française de football. Idem à la FIFA, ou encore à la Fédération internationale de volley-ball, dont les statuts évoquent minutieusement les chaussettes, mais point le hijab. « Ce n’est pas que c’est autorisé, c’est que ce n’est pas interdit », résume l’entraîneur d’une équipe féminine.
En Australie, Aheda Zanetti peut se réjouir. Le « burqini » – tenue de sport large et couvrante qu’elle a conçue pour les musulmanes – est un marché porteur.
18 juin 2008
L'épouse du Rabbin Krief a défendu par son acte les Lumières, tandis que le Rabbin Sitruk nous plonge dans les ténèbres
Lettre ouverte à Madame Muriel Krief, qui a eu le courage de porter plainte pour violences conjugales contre son mari le Grand Rabbin de Bordeaux, le Rabbin Marc Krief,
Chère Madame,
Je ne vous connais pas, et n'aurais sans doute jamais eu vent de cette affaire. Je n'habite pas Bordeaux, et ne suis strictement rien aux affaires consistoriales françaises qui ne me passionnent pas. Cette vieille institution napoléonienne archaïque n'a jamais été ma tasse de thé. J'avais tord.
J'avais eu vent des élections prochaines au Consistoire mais en ignorais même la date, jusqu'à ce que j'apprenne incidemment les propos qu'a tenus le Grand Rabbin Sitruk lors d'une réunion publique du CRIF, où il osa critiquer le fait que vous ayez cassé le "repos" du Shabbat pour porter plainte pour violences conjugales, contre votre bourreau de mari, le Grand Rabbin de Bordeaux.
Madame, j'admire votre courage et la grandeur de votre acte. Vous avez choisi la vie contre la mort alors que le médecin a conclu à cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT), pour lesquels Monsieur Krief peut encourir jusqu'à cinq ans de prison. Mais grâce à la procédure "plaider coupable", il n'y aura pas de procès et il restera en liberté avec une peine que le juge doit prononcer le 18 juin.
J'imagine - à l'instar de toutes les femmes victimes de violences conjugales que nous connaissons, enfermées dans l'humiliation quotidienne, emprisonnées par la prison familiale - combien il a dû être difficile de partir dans la nuit, meurtrie et douloureuse. Dans votre cas, s'ajoutait la transgression du Shabbat et la réputation de votre mari Grand Rabbin dans la bonne ville bourgeoise de Bordeaux . Vous avez choisi de demander de l'aide et d'être protégée par les lois de la République laïque. En cela votre geste de vie est un acte exemplaire.
Mais loin de vous honorer, le Grand Rabbin Sitruk vous a condamné en public. Et ceux qui étaient présents n'ont rien dit, n'ont rédigé aucune déclaration écrite de condamnation, aucun communiqué de Presse. Personne n'a critiqué le fait qu'un candidat en campagne électorale profère pareils propos d'un autre âge.
Les mots infâmes du Rabbin Sitruk qui incarne pour certains une haute autorité morale, ajoutent encore à l'humiliation que vous avez subie. En vous humiliant chère Madame, il humilie et méprise toutes les femmes victimes de violences conjugales, épouses de notables dans les villes de province ou enfermées dans les milieux orthodoxes, ainsi que toutes les femmes de manière générale. Par ses propos, le Grand Rabbin Sitruk ne protège pas seulement votre mari potentiel électeur, il se fait complice des violences que vous avez endurées et des souffrances que des milliers de femmes subissent en silence.
Comment ceux qui ont entendu le Grand Rabbin proférer ces abjections ont-ils pu continuer ainsi à rester silencieux ? Pourquoi n'ont ils pas mené campagne contre son élection ?
Je ne me suis jamais intéressée aux choses consistoriales. Mais aujourd'hui j'appelle ceux qui voteront dimanche à barrer la route à ce Rabbin obscurantiste qui est indigne d'avoir un quelconque rôle politique et de représentation.
Madame, par votre acte héroïque, vous avez symboliquement ravivé les Lumières si fragiles actuellement dans notre pays.
Je suis en toute solidarité dans l'épreuve que vous traversez.
07 mars 2008
Un Forum permanent Catholique-Musulman a été créé
Le premier forum qui se déroulera au Vatican du 4 au 6 novembre 2008, un mois avant le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle en décembre à Paris sera une pierre de plus dans l'offensive contre l'héritage des Lumières.
POPE APPROVES PERMANENT CATHOLIC-MUSLIM FORUM
6/3/2008- In a ground breaking move Pope Benedict XVI has approved the setting up of a permanent Catholic-Muslim Forum - the first of its kind - which is to hold its inaugural summit meeting in the Vatican in November. The historic move follows three days of talks in Rome between Vatican officials and a Muslim delegation representing 138 Muslim scholars who last year wrote an open letter to the Pope and other Christian leaders calling for dialogue, a move inspired by Prince Ghazi bin Muhammed bin Talal of Jordan. The Muslim initiative was a reponse to the Pope's controversial speech at Regensburg University in his native Germany in 2006, where he appeared to describe Islam as inherently violent and irrational by quoting a Byzantine Emperor. He later said he had been misunderstood, and prayed alongside an imam at the Blue Mosque in Istanbul during a visit to Turkey. The first summit of the Catholic-Muslim Forum will take place on 4-6 November, the Vatican said, with nearly fifty delegates, and will be addressed by the pontiff. The chosen theme is "Love of God, Love of Neighbour." A follow up conference is to be held in a Muslim country yet to be decided, according to Ali Aref Nayed, director of the Royal Islamic Strategic Studies Centre in Amman. He said the response to the Group of 138's call for dialogue had been "incredibly positive". The aim was to "return to the roots of faith and what we have in common".
He said resentment over the Pope's Regensburg remarks was still "burning strongly in many parts of the Muslim world". The speech had been a mistake, "but everyone makes mistakes. The important thing is to correct them. This whole initiative is about healing. It is about healing the wounds of a very pained and, in many ways, destroyed world". He said the Muslim majority was not represented by a "loud, violent and cruel minority". He appealed for the release of Chaldean Archbishop Paulos Faraj Rahho, who was kidnapped last week in Iraq, declaring: "We take this opportunity to remind our fellow Muslims that it is against the Prophet's teaching to even touch religious leaders and monks and priests. Religious leaders and religious symbols must be respected." The first day of the November summit will focus on Christian and Muslim teachings on the obligation to love both God and one's neighbour, and the second on "human dignity and mutual respect". The third day will be a general discussion open to the public. Last week Cardinal Jean-Louis Tauran, head of the Pontifical Council for Inter Religious Dialogue, attended an inter-faithconference in Cairo sponsored by Al Azhar University, seen as the intellectual centre of Sunni Islam. In a gesture toward Muslim sensitivities he issued a joint statement with Sheikh Abdel Fattah Alaam, chairman of the Al-Azhar Dialogue Committee, "strongly condemning" the "re-publication of offensive cartoons and the rising number of attacks against Islam and its Prophet".
A number of Danish dailies last week reprinted a cartoon featuring the Prophet Mohammed's head with a turban in the form of a bomb with a lit fuse. The joint statement condemned "violence, extremism and terrorism" in general, and said freedom of expression should "not be used as a pretext for offending religions, convictions, religious symbols and everything that is considered sacred." Asked why the joint document had failed to call on Islamic rulers to make a reciprocal gesture by respecting the religious beliefs and rights of Christians in the Middle East, Father Andrea Pacini, a Vatican expert on Islam, said the issue was "delicate". He said the picture was "mixed", with some Arab countries restricting or forbidding Christian worship but others allowing the construction of new churches. Yahya Sergio Yahe Pallavicini, deputy head of the Italian Islamic Religious Community, who attended this week's talks in Rome, said he hoped Muslims would join the Pope in "deeper dialogue on doctrine, theology and the character of religions in today's world". All religious leaders must "isolate extremists and avoid the wrong use of religion", he said. Ali Aref Nayed said he realised that Pope Benedict was exercised about restrictions on religious freedom faced by Christians in Muslim countries, but said he hoped the Catholic-Muslim Forum would not turn into "an exchange of grievances". It should instead be a gathering in which both sides could support religious freedom "for all people".
In a written statement Abdal Hakim Murad Winter, director of Britain's Muslim Academic Trust, who took part in this week's preparatory talks, said those who believed in the one God had a responsibility to reach out to each other. There was a widespread sense in the West "that religion brings discord rather than healing to the world," he wrote, but "the reality of engagement between believers of different traditions is overwhelmingly one of conviviality". Extremists on all sides obscured this "by using language of exclusion and contempt". Other Muslim delegates to Rome this week were Ibrahim Kalin, director of the SETA Foundation in Ankara and Sohail Nakhooda, editor of Islamica Magazine in Jordan. The Vatican participants were Cardinal Tauran, Archbishop Pier Luigi Celata, secretary of the Council for Interreligious Dialogue, Monsignor Khaled Akasheh, head of the Council's section for relations with Muslims, Father Miguel Ayuso Guixot, President of the Pontifical Institute for Arabic and Islamic Studies, and Father Christian Troll, an expert on Islam at the Pontifical Gregorian University.
© The Times Online http://www.timesonline.co.uk
29 février 2008
La charia est déjà à l'oeuvre en grande Bretagne
AFP 15.02.08 | Les Britanniques ont accueilli avec effarement les propos du chef des Anglicans Rowan Williams suggérant d’adopter certains aspects de la loi islamique, mais ignorent souvent qu’elle y est déjà appliquée à l’ombre du droit civil pour résoudre des différends familiaux. La loi islamique, ou charia, n’est pas reconnue en Grande-Bretagne. En se disant favorable la semaine passée à son introduction partielle, Rowan Williams se l’est vu rappeler par le gouvernement, qui a réaffirmé la primauté du droit britannique. Mais en évoquant une issue "inévitable", l’archévêque de Canterbury a pris acte d’un fait volontiers occulté : depuis longtemps déjà, les musulmans se sont tournés vers un système juridique officieux relevant de la charia pour régler certains litiges, de nature non pénale. Une dizaine de tribunaux islamiques existent ainsi dans le pays. Le Conseil islamique de la charia (Islamic Sharia Council) de Leyton, à l’est de Londres, est le plus important. Depuis sa création en 1982, il a traité 7.000 cas de divorces en conformité avec le droit coranique. "Nous agissons en tant que tribunal religieux, ce qui signifie que nous nous prononçons sur les litiges et rendons des jugements écrits, basés sur la charia, c’est-à-dire les principes et la jurisprudence islamiques", explique à l’AFP l’un de ses membres fondateurs, le mufti Barkatullah. Le Conseil ne se substitue pas aux tribunaux civils, incontournables, mais intervient en complément pour prononcer ou non le divorce islamique, ou talaq. Les musulmans "respectent la loi du pays, mais la regardent comme une loi administrative, pas une loi divine", avance ce religieux chargé d’interpréter la loi coranique. "Les questions du mariage et du divorce ne relèvent pas du domaine de l’Etat, elles sont d’ordre religieux", poursuit-il. Si les croyants n’ont obtenu un jugement qu’au civil, "leur perception est que leur devoir religieux et leur relation avec Dieu ne sont pas achevés". Au premier étage d’un petit bureau anonyme de Leyton, le mufti Barkatullah est réuni avec Maulana Abu Sayeed et Suhaib Hasan, deux lettrés originaires comme lui du sous-continent indien, et Haitham Al-Haddad, natif d’Arabie saoudite, pour émettre des jugements. Ils accordent le talaq à une femme battue par son époux qui souffre de troubles mentaux, et dont elle a obtenu le divorce civil en mai 2007. Selon la charia, le droit de divorcer revient d’abord à l’homme. Un divorce civil n’est ainsi automatiquement validé en droit islamique que si l’homme l’a réclamé ou a donné son consentement. Si tel n’est pas le cas, la femme peut entamer une procédure de divorce, ou Khul’a, auprès du Conseil. Celui-ci cherchera soit à obtenir le consentement de l’époux, soit à réconcilier le couple, ou accordera à sa discrétion le talaq à la femme si le mari ne se manifeste pas ou est ostensiblement en tort. "Nous examinons le cas à la lumière des objectifs fondamentaux du mariage", dit M. Barkatullah. "Une fois que nous sommes sûrs que le mariage ne marche pas, nous leur disons de se séparer. Si c’est réparable, nous le réparons. Si ça ne l’est pas, nous leur disons que l’indécision est plus dommageable que la séparation." Selon un sondage publié en février 2006, 40% des 1,6 million de musulmans britanniques seraient favorables à l’introduction de la charia dans les zones majoritairement musulmanes. A en croire les membres du Conseil, les gens sont de plus en plus nombreux à s’en remettre à eux. "Si le gouvernement ne choisit pas la voie politique, alors le consommateur aura le choix", reprend le mufti. "Si de plus en plus de personnes viennent vers nous de préférence aux tribunaux britanniques, on connaîtra leur choix. C’est ce qui se passe, c’est ce que l’archévêque dit : il faut des arrangements, c’est inévitable
17 février 2008
Réflexions autour de l’indécent projet éducatif de Nicolas Sarkozy autour de la mémoire de la Shoah
Alors que le bras de fer est engagé avec le Président de la République qui a déclaré hier qu’il persisterait envers et contre tout, je tiens à apporter ma voix au cœur des opposants, sans pour autant chercher à imaginer le monstre polymorphe qu’engendrera son obscène proposition.
Dans le courant de l’indignation grandissante, saine et souhaitable, je souhaite simplement apporter mon petit grain de sel et tourner le projecteur sur des événements, qui me paraissent de la plus haute importance, et que cette annonce empêche malheureusement de rendre audibles.
Je ne parlerais pas ici de toutes les crises internes qui secouent notre pays et/ou notre Président : pouvoir d’achat, baisse dans les sondages, échec de la politique internationale sur de nombreux dossiers.
J’évoquerai quelques points qui touchent directement les Juifs en France, en Israël et dans le monde, quelle que soit la manière dont ils affirment leur appartenance ou filiation juive.
Þ Les médias ont largement repris les explications du Président de la République dont le discours sur la laïcité lors de son voyage à Riad aurait été mal compris. Peu en revanche ont mis en exergue le soutien clair et sans ambiguïté dans le discours du Président du CRIF, Richard Prasquier, aux fondements de la loi de 1905 et à la laïcité (1).
Cette position du CRIF a une valeur symbolique et politique fondamentale. Elle affirme que les identités ne se définissent par forcément par rapport à une filiation religieuse dans laquelle certains relativistes cherchent à nous enfermer. Elle distingue ce qui appartient au CRIF, à savoir la représentation des Juifs de France dans leur diversité, de ce qui relève du Consistoire, à savoir la gestion de la religion juive.
Enfermer les juifs dans une appartenance uniquement religieuse permet de promouvoir comme unique option pour le règlement des conflits le dialogue interreligieux qui, on le sait, ouvre la porte à toutes les régressions obscurantistes et totalitaires. D’ailleurs le président iranien ne s’y est pas trompé lorsqu’il prétend accepter la religion juive, mais nie la légitimité de l’Etat d’Israël et le mouvement d’émancipation et d’autodétermination du peuple juif incarné par le sionisme.
Sa volonté de destruction de l’Etat Juif dépasse d’ailleurs la seule question de la légitimité de son existence, mais bien ce qu’il représente (à tord puisque la société israélienne est composée d’une population d’origines très diverses) imaginairement comme l’incarnation d’un occident laïc (et dominateur) en terre d’Islam.
Lorsque le Président du CRIF défend la laïcité, il inscrit la communauté juive dans le mouvement d’émancipation des peuples, dans la filiation des lumières, contre toutes les formes d’obscurantisme. C’est donc bien une vision éclairée qu’il défend en opposition avec un communautarisme relativiste.
Þ La proposition du Président Sarkozy, loin de s’opposer au négationnisme, renvoie la Shoah à une gadgétisation mémorielle qui vide la recherche et les témoignages de tout sens pédagogique. Plus grave, l’annonce de Nicolas Sarkozy, qui a déclenché tant de débats, a enfermé le destin juif dans son histoire tragique et a empêché que l’on puisse entendre dans le discours du Président Prasquier une dynamique fondamentalement humaniste tournée vers des aspirations démocratiques et plurielles.
Þ Pour finir, quelle est la valeur du discours du Président de la République qui prétend que la France refusera que ne se renouvelle l’expérience de Durban en 2009, lorsque depuis son élection en mai, la diplomatie Française ne dit mot devant le climat délétère et l’esprit de Durban qui prédomine dans les instances internationales et qu’elle soutient des résolutions à l’Assemblée Générale ou au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU qui placent Israël au banc des nations.
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(1) Saluer le discours du Président du CRIF ne signifie nullement que j'hadère à l'ensemble de ses propos. Ainsi par exemple, je ne comprends pas le sens de la formule "religion laïque" qui me parraît dangereuse et ne soutiens nullement la "lettre de Guy Moquet" qui porte déjà en germe une gadgétisation de l'histoire.
13 février 2008
Prière chrétienne à l'aéroport Charles de Gaulle
Mardi 12 février au matin. Jour de grève, aéroport Charles de Gaulle 2D. Mon avion n'aura qu'une heure et demi de retard.
Je connais tous les recoins de cet aérogare que je fréquentais chaque deux mois durant les années 1999-2000, à l'époque des négociations qui se déroulaient à l'ONU à Vienne pour la Convention dite de Palerme Contre la criminalité transnationale organisée.
La Conférence autour de la lutte contre la traite des personnes, où se presseront tous les tenants de l'industrie du sexe auxquels je me confronte depuis tant d'années, est financée par les Émirats Arabes Unis.
Je déguste un thé en attendant l'avion. Je déteste les souvenirs de Vienne. Un éternel recommencement. Défilent les souvenirs de cette ville musée goûtée à toutes les saisons. Tant de souvenirs pesants.
Une annonce dans l'aéroport : non pas pour annoncer un retard, une annulation, une annonce insolite. Non une annonce invraisemblable, jamais entendue dans un aéroport :
Nous informons les voyageurs qu'une prière chrétienne sera célébrée à 12h15 dans la chapelle de l'aérogare.
Je ne rêve pas. La laïcité fout le camp même à l'aéroport de Paris.
01 février 2008
Vive le cosmopolitisme universaliste !
Alors que je signais la pétition "Sauvegardons la laïcité de la République", lancée à l'initiative de la Ligue de l'enseignement, et que je la faisais circuler, une amie féministe me faisais remarquer que cette pétition utilisait le terme de multiculturalisme, terminologie qui a permis et permet toujours de légitimer ou de laisser faire des pratiques d'oppression à l'encontre des femmes telles que l'excision ou le voile. La plupart du temps, ce terme sert à camoufler le "relativisme culturel".
La laïcité et l'universalité des droits sont attaquées aujourd'hui au plus haut niveau de l'Etat. Dans le même temps, certaines plates-formes défendent les pratiques les plus obscurantistes sous couvert de respect du droit à la différence. La France s'est engagée à promouvoir l'année européenne du "dialogue interculturel" lors de sa présidence qui débute en juillet 2008. Dés lors, il devient urgent que nos amis, qui se battent pour la protection de la laïcité, soient d'une absolue clarté lorsqu'ils évoquent le "multiculturalisme".
A l'heure où l'on assiste parallèlement à la mondialisation et au replis identitaire, je pencherai pour l'expression "cosmopolitisme universaliste".


