09 avril 2009
SRI LANKA : L';ONU TOUJOURS TRÈS INQUIÈTE POUR LES 100.000 CIVILS PRIS AU PIÈGE
« Je suis profondément préoccupé pour la vie de plus de 100.000 civils pris au piège dans une zone de 14 kilomètres carrés dans la région de Vanni déclarée zone de cessez-le-feu par le gouvernement sri-lankais », a déclaré mardi l';Envoyé spécial du secrétaire général pour les droits des déplacés internes, Walter Kälin, à l';issue d';une visite de quatre jours au Sri Lanka.
Selon lui, « à la suite d';informations selon lesquelles les combattants du LTTE (Tigres de libération de l';Eelam tamoul) sont maintenant complètement acculés, beaucoup plus (de civils tamouls) risquent de perdre la vie ». Il a de nouveau exhorté le LTTE à laisser partir les civils du théâtre du conflit et demandé au gouvernement sri lankais de « respecter scrupuleusement la zone de cessez-le-feu ».
L';Envoyé spécial, qui a constaté que 52.000 personnes étaient arrivées dans la région de Vanvuniya depuis novembre dernier, a salué la reconnaissance par le gouvernement de sa responsabilité de protéger et de prêter assistance à ces personnes, et a reconnu les mesures déjà prises à cet effet.
Il a par ailleurs estimé que d'; « extraordinaires efforts devaient être déployés par le gouvernement, les Nations Unies, les organisations non gouvernementales, les donateurs, agissant en pleine coopération, pour réussir à faire face aux besoins humanitaires de cette population et des dizaines de milliers d';autres personnes qui devraient arriver dans les prochaines semaines ou mois ».
A la suite de ces rencontres avec divers responsables gouvernementaux, Walter Kälin, s';est félicité de la réceptivité affichée par le gouvernement sri lankais qui a allégé la pression sur les ressources disponibles dans la région de Vavaniya en transférant certains déplacés vers d';autres secteurs.
Apr 7 2009 2:00PM
08 avril 2009
HCR : DEUX DRAMATIQUES CHAVIRAGES AU LARGE DU YÉMEN
New York, Apr 7 2009 2:00PM
Huit migrants clandestins ont trouvé la mort et 22 autres sont portés disparus suite au chavirage de deux bateaux dans le golfe d';Aden au large du Yémen, a annoncé mardi le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Le premier bateau, transportant quelque 40 Somaliens, a chaviré dimanche alors que les passagers commençaient à débarquer sur les côtes du Yémen à environ 80 kilomètres à l'est de Mayfa'a. Des survivants ont raconté que le bateau des trafiquants était parti de Marera, à l'est de la ville somalienne de Bossasso.
Une seconde tragédie a eu lieu dimanche au large de la côte de Rujeema, à 120 kilomètres à l'est de Mayfa'a. Les survivants ont dit que huit personnes étaient mortes et que deux étaient portées disparues après que leur bateau transportant 23 passagers ait fait route dans une mer démontée et qu'il ait commencé à prendre l'eau. Des témoins ont dit que certains passagers sont morts par suffocation après que les trafiquants les aient tous recouvert avec une bâche pour empêcher l'eau d'entrer dans le bateau. Les survivants ont expliqué que le bateau était parti de la ville somalienne d'Elayo, à l'ouest de Bossasso.
Pour cette année, 339 bateaux et plus de 17.035 personnes sont arrivées au Yémen après avoir effectué le périlleux voyage à travers le golfe d';Aden, selon le HCR. A ce jour, 74 personnes seraient mortes et 51 sont portées disparues.
Selon le Haut-commissariat pour les réfugiés, les personnes qui font la traversée tentent d';échapper aux situations désespérées de guerres civiles, d';instabilité politique, mais aussi à la pauvreté et à la famine qui sévissent en somalie et dans la corne de l';Afrique.
06 avril 2009
RDC : DES COMBATS CAUSENT UNE NOUVELLE VAGUE DE DÉPLACEMENT DE POPULATION DANS L';EST
La reprise des combats entre deux milices rivales dans l';Est de la République démocratique du Congo (RDC) a poussé plus de 30.000 Congolais à fuir leurs maisons, a indiqué mardi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
Le 31 mars, le Front populaire pour la justice au Congo (FPJC) a attaqué les villages de Tcheyi, de Bavi et de Songolo dans la région d';Irumu du district d';Ituri (Province Orientale), à environ 50 à 80 kilomètres au sud-est de Bunia, la capitale. Et le 2 avril, le Front révolutionnaire pour la paix en Ituri (FRPI) a lancé une contre-attaque pour reprendre Bavi, a précisé un porte-parole du HCR lors d';un point de presse à Genève.
Le FPJC s';oppose au FPRI depuis septembre 2008 et ce mouvement a mené plusieurs attaques qui ont provoqué des déplacements et des souffrances parmi les populations de la région. Le FPRI est un groupe connu pour avoir refusé de participer au processus de paix en RDC. Il a également été accusé de graves violations des droits humains en Ituri, a ajouté le porte-parole.
Les personnes déplacées ont fui vers les villages de Nyakunde et Marabo et se trouvent également le long de la route reliant Kagaba, Chikede, Geti et Aveba, à environ 50 à 70 kilomètres au sud de Bunia. Un grand nombre parmi les nouveaux déplacés sont des personnes qui étaient déjà déracinées lors de précédents raids menés par le FRPI en 2006 dans le district d';Ituri. Elles avaient reçu une assistance du HCR pour rentrer dans leurs villages d';origine à la fin 2006.
Selon le HCR, ces tout derniers combats menacent de renverser les progrès importants réalisés pour le rapatriement et la réinstallation de milliers de Congolais affectés par de précédents conflits dans la région.
27 février 2009
les victimes de guerre délaissées du Sierra Léone
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En manque de fonds pour indemniser les personnes dont les droits humains ont été violés au cours de la guerre civile qui a déchiré la Sierra Leone pendant 11 ans, le gouvernement se trouve confronté à un choix difficile : décider qui recevra quel type d’aide. |
IRIN, Freetown - L’aide aux victimes, qui figure parmi les recommandations de la Commission Vérité et réconciliation (CVR) sierra-léonaise, devrait être dispensée à compter de la fin février. Jusqu’à 100 000 personnes – parmi lesquelles des amputés et autres blessés de guerre, des victimes de violences sexuelles, des veuves de guerre et des enfants - y auront droit.
Mais la Commission nationale pour l’action sociale (NACSA), qui dirige le programme d’indemnisation, a un budget de moins de 3,5 millions de dollars pour mener le programme en 2009/2010 - une somme bien inférieure aux 14 millions de dollars requis, selon Amadu Bangura, responsable des programmes d’indemnisation à la NACSA.
L’essentiel des financements de cette année provient du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix. En guise d’indemnisation, les bénéficiaires recevront des logements, des formations professionnelles, des soins de santé et des aides éducatives et agricoles ; des activités symboliques seront également organisées, comme des ré-inhumations, construction de mémoriaux, cérémonies commémoratives, a indiqué à IRIN M. Bangura, de la NACSA.
En raison du manque de fonds, les veuves de guerre qui s’inscrivent ne recevront pas d’aide avant 2010, au plus tôt, selon M. Bangura, et les nouveaux logements, d’une valeur de 6 500 dollars chacun, ne devraient être accordés qu’aux amputés et aux blessés de guerre.
L’argent est éphémère
La NACSA a choisi l’indemnisation par la prestation de services plutôt que par le versement de subventions, a indiqué M. Bangura.
« Nous pensons que l’argent est un avantage éphémère qui a vite fait de disparaître. Nous dispensons des services sociaux pour aider les gens à retrouver leur dignité personnelle, permettre aux blessures de se refermer et promouvoir la réconciliation ».
Mais tout le monde n’est pas satisfait de ce qu’offre la NACSA. Lamin Jusu Jaka, président de l’Association des amputés et des blessés de guerre, un organisme communautaire de Freetown, la capitale, a expliqué à IRIN que les membres de l’association préfèreraient recevoir des subventions.
Les anciens combattants ont reçu des aides financières de quelques centaines de dollars, et certains ont suivi des formations professionnelles après avoir quitté les rangs des forces armées, en 2002. « Nous nous attendions à ce que l’on puisse nous verser des allocations, comme ils l’ont fait pour les anciens combattants », a expliqué M. Jaka, dont les deux mains ont été tranchées par un rebelle connu sous le nom de CO Cut Hands [CO le trancheur de mains].
« Cet argent permettrait aux bénéficiaires, dont bon nombre ne peuvent plus travailler, de décider par eux-mêmes ce dont ils ont le plus besoin ; cela pourrait les rendre plus autonomes », a estimé M. Jaka. « Nous sommes des adultes, pas des enfants. Nous sommes capables de prendre nos décisions nous-mêmes ».
M. Jaka lui-même dépend à l’heure actuelle de l’aide des associations caritatives pour subvenir aux besoins de ses deux femmes et de ses six enfants, a-t-il déclaré.
Un système qui convient à certains
Mais d’autres sont satisfaits des services offerts. Marie Kargbo (un nom d’emprunt), qui a perdu son mari et son jeune fils durant la guerre, a pour sa part assuré qu’elle serait contente de recevoir des soins de santé gratuits et de l’argent pour payer les frais de scolarité des trois enfants qu’il lui reste.
Mme Kargbo, violée par trois rebelles pendant la guerre, a été rejetée par sa communauté, y compris par la famille de son défunt époux. Elle a fui Batkanu, dans le nord, pour s’installer à Freetown et ne s’est pas remariée. « Les gens rient de moi. Je ne peux pas me sentir bien dans ma peau ».
Aujourd’hui, Mme Kargbo subvient aux besoins de sa famille, notamment de sa fille, née d’un viol, en vendant de l’eau et une boisson gazeuse au gingembre au bord de la route.
Elle aimerait être formée au tie-dye (technique de teinture au nœud) et à la couture. « Je veux être autonome », a-t-elle confié à IRIN.
Les allocations et les formations professionnelles feront partie des indemnisations accordés, mais elles devront être reportées jusqu’à ce que des fonds supplémentaires soient débloqués.
Trouver des fonds supplémentaires
Le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone doit fonctionner sur une période d’un an, avec un budget de trois millions de dollars, selon M. Bangura ; l’avenir du programme d’indemnisation est donc incertain. Le gouvernement sierra-léonais y participe actuellement à hauteur de 246 000 dollars.
Aujourd’hui, la principale difficulté de la NACSA consiste à obtenir des fonds supplémentaires, a expliqué M. Bangura. A l’heure actuelle, aucun versement de fonds supplémentaire n’est prévu pour poursuivre l’indemnisation des victimes de guerre, et selon M. Bangura, de nombreux bailleurs attendent de voir si les premiers fonds versés seront dépensés à bon escient.
Mohamed Suma dirige le programme d’indemnisation du Sierra Leone Court Monitoring Programme (Programme de contrôle des tribunaux en Sierra Leone - SLCMP), qui surveille l’application des recommandations de la CVR ; pour lui, il incombe au gouvernement de trouver des fonds.
« La Sierra Leone ne peut pas continuer de tenir la communauté internationale pour unique responsable du manque de fonds. La question de l’indemnisation est essentiellement nationale ».
Un engagement plus ferme
L’accord de paix signé à Lomé, en 1999, et le rapport publié par la CVR en 2004 recommandaient tous deux au gouvernement de mettre en place des systèmes de collecte de fonds en vue de l’indemnisation des victimes, et notamment d’utiliser les revenus générés par l’exploitation des mines de diamants.
Mais d’après M. Suma, le gouvernement n’a essayé de mettre en place aucun des systèmes recommandés.
D’après M. Bangura, de la NACSA, toutefois, l’indemnisation a été retardée en partie parce que le gouvernement s’est efforcé de rétablir la paix et de réformer les secteurs de l’armée, de la police et de la justice. « L’accent a désormais été mis sur l’indemnisation », a-t-il affirmé.
Pour M. Suma, le gouvernement doit soutenir davantage ce programme. « Si le gouvernement soutient énergiquement l’indemnisation dans son discours, les actes n’accompagnent pas [les paroles] », a-t-il déploré, faisant remarquer que la CVR avait publié ses recommandations en 2005.
En outre, pour montrer son engagement, le gouvernement devrait aller plus loin, en s’excusant publiquement pour le rôle qu’il a joué dans la guerre civile, a estimé M. Suma.
« L’Etat n’a pas protégé ses citoyens. On ne peut pas indemniser sans s’excuser. Cela équivaut à soudoyer les victimes pour qu’elles gardent le silence ».
24 février 2009
Millions de déplacés en Colombie
COLOMBIE : LES MILLIONS DE DÉPLACÉS, UN GRAVE PROBLÈME HUMANITAIRE - HOLMES
New York, Feb 24 2009 12:00PM
Au premier jour de sa mission en Colombie, le responsable humanitaire des Nations Unies John Holmes a évoqué lundi la gravité de la situation dans le pays avec les autorités et divers acteurs non gouvernementaux.
« Il est clair qu'il existe une grave situation humanitaire en Colombie, notamment le problème des millions de personnes déplacées à l'intérieur du territoire, et qu'il faut faire plus, collectivement, pour y répondre », a déclaré M. Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU.
Il a rencontré le ministre de la justice Fabio Valencia Cossio, la directrice du département de la prévention des catastrophes, Luz Amanda Pulido, le ministre des Affaires étrangères, Jaime Bermudez, et le conseiller présidentiel à l'action sociale Luis Alfonso Hoyos, selon un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (<" http://www.reliefweb.int/rw/dbc.nsf/doc100?openForm">OCHA).
John Holmes a rendu hommage aux progrès réalisés par le gouvernement tout en l'encourageant à accroître le dialogue notamment sur la protection des civils. Le gouvernement a aussi convenu de la nécessité d'améliorer la préparation et la prévention des catastrophes naturelles.
Le Secrétaire général adjoint a aussi rencontré un groupe de représentants de la société civile colombienne, composés d'indigènes, d'Afro-colombiens, de défenseurs des droits de l'homme, ainsi qu'un groupe de représentants des femmes et de la jeunesse.
M. Holmes s'est notamment élevé contre les récents meurtres de membres de la communauté Awa, à Nariño.
Mardi, John Holmes devait se rendre dans la région du Chocó pour y rencontrer des membres des communautés afro-colombiennes et indigènes et des personnes déplacées à Bebedo, Dipurdu et Quibdo.
23 février 2009
850 000 personnes déplacées en RDC
RDC : L'INSÉCURITÉ CROISSANTE CAUSE DE NOUVEAUX DÉPLACEMENTS AU NORD-KIVU - HCR
New York,
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés reste extrêmement préoccupé par la violence croissante survenant contre des civils au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, a dit son porte-parole Ron Redmond mardi à Genève.
« Depuis le 13 février, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ont mené de nombreuses attaques dans les zones de Masisi, de Lubero et de Walikale au Nord-Kivu, suscitant une nouvelle vague de déplacements », a déclaré le porte-parole.
Les autorités locales ont informé le HCR que près de 3.000 personnes déplacées internes se trouvent dans le village de Remeka, à environ 20 kilomètres au sud de Masisi, suite à une récente attaque des FDLR.
Certaines parmi elles ont trouvé abri dans des églises et des écoles. D'autres ont trouvé refuge dans plusieurs sites gérés par le HCR aux alentours de la ville de Masisi.
Mardi, une équipe conjointe des Nations Unies devait se rendre à Kitanga, située non loin de Masisi, pour surveiller et évaluer les besoins des personnes nouvellement déplacées.
Les FDLR, qui utilisent des armes à feu et des couteaux de brousse, ont attaqué Kipopo, Remeka et Kamuobe près de Masisi ainsi que Kanyatsi et Busigho près de Lubero, tuant des civils et violant des femmes.
Le HCR craint de plus en plus, par ailleurs, des attaques de représailles menées par les FDLR contre des civils soupçonnés de collaborer avec l'opération militaire conjointe RDC-Rwanda contre le groupe rebelle qui a débuté fin janvier.
Les FDLR sont principalement composées de Hutus rwandais qui sont arrivés en RDC à la suite du génocide de 1994 survenu au Rwanda. Aujourd'hui, près de 30% des membres des FDLR seraient des Hutus congolais.
La situation humanitaire au Nord-Kivu est déjà dramatique, avec quelque 85O.000 personnes déplacées internes. Parmi elles, quelque 250.000 ont été contraintes de fuir depuis le mois d'août dernier, et beaucoup d'entre elles ont déjà été déplacées plusieurs fois.
27 janvier 2009
Déplacements forcés en RDC
27 janvier 2009
Un expert en droits de l’homme des Nations Unies craint de nouveaux déplacements de population dans l’Est de la RDC
GENÈVE - M. Walter Kälin, le Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays, a appelé aujourd’hui tous les acteurs impliqués dans les opérations militaires menées actuellement dans les provinces de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) à respecter scrupuleusement le droit international humanitaire et les droits de l’homme. Ces opérations sont menées par les forces armées de la RDC et du Rwanda, en association avec des groupes armés non-étatiques, contre les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé non-étatique opérant dans le Nord et Sud Kivu.
« A moins qu’une distinction claire ne soit établie entre les combattants et les civils et que des mesures de précaution ne soient prises pour protéger ces derniers, je crains que ces opérations ne provoquent de nouveaux déplacements massifs de la population civile et n’aggravent la crise humanitaire dans la région du Kivu », a indiqué M. Kälin. Celui-ci a ajouté : « Lors du lancement d’opérations militaires, le Gouvernement de la RDC a la responsabilité de protéger la population civile et d’organiser l’assistance humanitaire nécessaire. Cela signifie également que toute information pertinente relative à la réponse humanitaire et à la protection des civils doit être communiquée de façon transparente et en temps utile à la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC). Toutes les parties au conflit doivent faciliter l’accès aux agences humanitaires ».
M. Kälin a également rappelé que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, y compris le déplacement forcé de population, doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites et doivent être punis. « Ils peuvent également faire l’objet de poursuites devant la Cour pénale internationale », a ajouté M. Kälin.
« Nous avons observé récemment des actes de représailles violents commis contre les civils par des groupes armés non-étatiques dans la Province Orientale », a souligné M. Kälin. A la mi-décembre 2008, les forces armées de la RDC et de l’Ouganda ont lancé une opération militaire conjointe contre l’Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), un groupe armé non-étatique dont le chef Joseph Kony a été inculpé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. M. Kälin a précisé : « les combattants de la LRA fuyant l’offensive ont tué au-moins 500 civils, violé des femmes et enlevé des enfants. On estime que plus de 100,000 personnes ont été déplacées de manière forcée ».
Le communiqué de M. Kälin est publié en sa qualité de Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays, à la suite de sa visite du 17 au 23 janvier 2009 à Kinshasa et Goma (la capitale provinciale du Nord-Kivu).
M. Kälin a effectué cette visite à l’invitation du Gouvernement de la RDC. Il est membre du groupe des sept experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, suite à sa session spéciale du 1er décembre 2008, d’examiner de façon urgente la situation actuelle dans l’Est de la RDC, afin de faire rapport au Conseil des droits de l’homme lors de sa 10ème session au mois de mars 2009, sur les meilleurs moyens d’apporter une assistance technique à la RDC pour répondre à la situation des droits de l’homme, en vue d’obtenir des améliorations tangibles sur le terrain, tout en prenant en considération les besoins formulés par le Gouvernement de la RDC (cf. la résolution S-8/1 du Conseil des droits de l’homme, qui fait écho à la résolution 7/20).
M. Kälin, un expert indépendant et professeur de droit à l’Université de Berne (Suisse), occupe le poste de Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays depuis 2004.


