Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

11 juin 2009

La Libye élue par acclamation Présidente de l'Assemblée Générale

La Jamahiriya arabe libyenne poursuit son ascension diplomatique.   
Après avoir été élue à la présidence du Comité préparatoire de la Conférence d'examen de Durban en août 2007, être devenue membre du Conseil de sécurité en janvier 2008 et avoir accédé à la Présidence de l'Union Africaine pour l'année 2009,  l'ambassadeur de Libye, Ali Abdessalam Trek a été élu par acclamation le 10 juin 2009 et présidera la 64ème session de l'AG à partir du 15 septembre 2009.    
Le secrétaire général Ban Ki-Moon a salué l'expérience diplomatique inestimable du futur Président, face aux nouveaux problèmes et menaces auxquels notre monde est confronté.    
Ce dernier a cité parmi ses priorités la réforme du système des Nations Unies, en particulier le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, soulignant que le partage du pouvoir ("la place de lion") accordé aux pays victorieux de la seconde guerre mondiale s'était transformée en anomalie. 
Parmi les vices présidents de l'Assemblée générale élus à sa suite, on trouve le Soudan et le Venezuela.    
Pour le bureau des six commissions de l'AG, on peut encore citer l'élection du Qatar à la Présidence de la Commission portant sur les questions politiques spéciales et la décolonisation (Quatrième Commission) avec comme rapporteur le Soudan.   
La Commission des questions juridiques (Sixième Commission) sera présidée par l’Algérie avec comme vice présidente la  République islamique d'Iran.

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06 juin 2009

Alors qu'Hillary Clinton rit au Caire, les droits des femmes pleurent à Genève

610x 4 juin 2009, Caire- Genève.
Hasard du calendrier. Tandis que le Président Obama était en visite religieuse au Caire et se prononçait en faveur du "droit des femmes à choisir le voile", et tandis que la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton visitait  la Mosquée du Caire à ses côtés, voilée "ostentatoire" immortalisée par les caméras et photographes, au même moment au Conseil des droits de l'homme se déroulait une journée de discussion consacrée  aux droits desfemmes.   

Les pays européens, le Canada, l'Australie et le Chili notamment avaient défendu l'idée de créer un nouveau mécanisme visant à se pencher sur les lois discriminatoires à l'encontre des femmes.    

Mais l'opposition de la l'Organisation de la conférence islamique fut sans appel. Le Pakistan
au nom des 57 membres argua que cela créerait un mécanisme qui serait contre productif par rapport aux instruments déjà existants. (Cet argument est pour le moins sidérant lorsque l'on connaît la multitude de mécanismes qui ont été créés, redondant et s'annulant les uns les autres.)

Islamabad mit surtout en avant le fait qu'il fallait respecter les traditions et cultures, et que pareil mandat porterait atteinte à la vision universelle qui doit respecter la diversité culturelle et ses complexités religieuses et culturelles. 
A sa suite, plusieurs pays de l'OCI soutinrent le Pakistan, tel le Qatar, le Yemen etc...


Le Bahreïn se posa en modèle, démontrant combien le code de la famille basé sur la Charia était
à l'avantage des droits des femmes dans le pays.

La République islamique d'Iran
avança que le renforcement de la famille permettrait de lutter contre la violence domestique et l'exploitation sexuelle, la chasteté étant essentielle pour lutter contre la traite et la victimisation des femmes.      
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L'Algérie
rappela qu'il fallait respecter les particularités nationales.   


La représentante "voilée" de l'Egypte affirma que les seules discriminations existantes étaient l'accès au marché du travail, et qu'un nouveau rapporteur sur les lois qui discriminent les femmes politiserait le débat et porterait atteinte aux travaux du CDH. 

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02 juin 2009

Unesco, l'ancien ministre algérien Bedjaoui dans la course pour... le Cambodge

Bedjaoui sera l’adversaire du candidat de l’Algérie
Il représente le Cambodge pour l’élection du DG de l’Unesco
Par : SALIM KOUDIL
article paru sur www.liberte-algerie.com

Mohamed Bedjaoui  sera bel et bien l’adversaire du candidat soutenu par l’Algérie pour le poste de directeur général  de l’Unesco, en l’occurrence l’Égyptien Farouk Hosni.  L’information est officielle depuis  le 1er juin dernier.

Il faut savoir que la date butoir pour le dépôt des candidatures était le 31 mai à 23h59. Même si elle ne sera proclamée par le conseil exécutif de l’Unesco que lundi prochain, nous avons pu nous procurer la liste définitive des postulants au remplacement du Japonais Koïchiro Matsura à la tête de l’Unesco. Ils sont neuf au total à briguer le mandat de quatre ans et dont le vainqueur sera connu en octobre, à l’issue des élections du conseil exécutif. Il s’agit d’Ivonne A-Baki (48 ans, ex-ambassadrice de l’Équateur à Washington), de Benita Ferrero-Waldner (60 ans, Autrichienne, commissaire de l’UE pour les Relations extérieures), d’Irina Bokova (58 ans, ambassadrice de la Bulgarie à l’Unesco), d’Alexandre Yakovenko (ministre russe des Affaires étrangères adjoint), d’Ina Marciulionyte (46 ans, ambassadrice de la Lituanie à l’Unesco), de Noureini Tidjani-Serpos (63 ans, Béninois, actuel directeur général pour l’Afrique à l’Unesco), de Sospeter Muhongo (54 ans, Tanzanien), de Mohamed Bedjaoui (79 ans, Algérien) et, enfin, de l’Égyptien Farouk Hosni (71 ans, actuel ministre de la Culture).

Ils auraient pu être deux
En ce qui concerne l’Algérie, le problème est loin d’être banal. La confirmation de la candidature de Bedjaoui a tout l’air d’un défi de l’ex-ministre des Affaires étrangères envers la présidence. L’Algérie soutient officiellement, et cela depuis plusieurs mois, la candidature (annoncée depuis 2007) de l’Égyptien Farouk Hosni. Une position qui s’inscrit dans le cadre des recommandations de la Ligue arabe et de l’Union africaine, deux organisations qui ont opté pour le ministre de Hosni Moubarak. Malgré cela, et n’ayant pas obtenu l’accord de son pays pour le proposer en tant que candidat, Bedjaoui a décidé de se présenter pour le compte du Cambodge. Pour en savoir plus, nous avons contacté par téléphone Bedjaoui. Après avoir confirmé sa candidature, il s’est abstenu de tout commentaire  “Je ne veux faire aucun commentaire pour le moment”, a-t-il précisé. Selon son entourage, sa position est surtout liée à “un refus d’obtempérer au choix du président égyptien qui veut imposer son ministre”. Ce qui est loin d’être une vue de l’esprit puisque la candidature de Farouk Hosni est considérée au pays des Pharaons comme une affaire d’État. En novembre prochain, le seul représentant égyptien à la tête d’une organisation mondiale, Mohamed El-Baradei, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis le 1er décembre 1997, prendra sa retraite. Si Farouk Hosni n’obtient pas ce poste à la tête de l’Unesco, ce sera la première fois depuis près de 18 ans que Moubarak n’aura pas réussi à placer un Égyptien à la tête d’une organisation internationale. Boutros-Boutros Ghali avait été secrétaire général de l’ONU de janvier 1992 à décembre 1996. En plus de Bedjaoui, la liste des candidats aurait pu contenir un autre candidat algérien dont le nom circulait dans les couloirs du siège parisien de l’Unesco depuis plusieurs mois.
Mounir Bouchenaki, 66 ans, actuellement en poste en Italie où il est directeur général du Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM). Pressenti pour être parrainé par la Bosnie, cet archéologue aurait finalement fait marche arrière à la dernière minute. Il faut cependant relever que le cas de Bedjaoui n’est pas isolé. Dix ans auparavant, soit en 1999, un certain Ismaïl Séragueddine n’avait pas obtenu l’accord de son pays, qui n’était autre que l’Égypte, pour espérer succéder à Federico Mayor. Il avait alors décidé de se présenter sous la bannière du Burkina Faso. Cette année-là, plusieurs présidents arabes, dont Hosni Moubarak, avaient soutenu un candidat unique, le Saoudien Ghazi al Qosseby (à l’époque ambassadeur à Londres) qui, au bout, sera battu par le Japonais.

Abdelmoumène,  Un exemple à méditer !
Plusieurs cas du genre on été signalés par le passé. Le cas de l’Algérien Mohamed-Larbi Abdelmoumène en 1993. Postulant pour le poste de directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il avait été soutenu par les États-Unis et était quasiment assuré de prendre le poste. Cependant, il a été carrément lâché par plusieurs pays le jour du vote dont l’Algérie qui lui avait préféré le Japonais Hiroshi Nakajimaest qui briguait un second mandat.
Un désistement des autorités algériennes qui avait beaucoup surpris. D’ailleurs, lorsqu’en 2001, Abdelmoumène avait été nommé ministre de la Santé pour prendre, quelques mois plus tard, le portefeuille du Travail et de la Sécurité sociale, certains y avaient vu une forme de compensation.

Sous l’ombre de Barbosa
Reste maintenant l’élection prévue en octobre prochain et qui semble susciter l’intérêt de plusieurs États et pas des moindres. En vue des remous constatés à plusieurs niveaux et sous différentes formes, l’enjeu dépasse de très loin le cadre du siège parisien de l’Unesco. 
Dans l’état actuel des choses, il faut dire que pour Bedjaoui, les chances d’obtenir le poste sont quasiment nulles. Le candidat le plus sérieux reste l’Égyptien Farouk Hosni.
Nos sources précisent que la candidature de l’ex-ministre des AE ferait partie du plan de Marcio Barbosa, directeur général adjoint de l’organisation depuis huit ans. Ce dernier, à l’instar de Bedjaoui, n’avait pu obtenir le soutien de son pays.
Le Brésil soutenant officiellement le candidat des pays arabes sur lesquels le président Lula da Silva compte beaucoup pour appuyer la candidature de son pays pour l’obtention d’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.
Le numéro deux de l’Unesco aurait tout fait pour inciter Bedjaoui (avec qui il entretiendrait de très bonnes relations depuis plusieurs années) à se représenter. L’objectif escompté était de démontrer aux autorités brésiliennes que l’unanimité arabe n’était que de façade et qu’il serait plus adéquat de le soutenir dans sa démarche de remplacer Matsura. Le plan instauré par Barbosa ne touchait pas uniquement le groupe des pays arabes qui représente 7 sièges sur les 58 que compte le bureau exécutif de l’Unesco. L’Afrique a été également touchée. Le Tanzanien, Sospeter Muhongo, et le Béninois, Noureini Tidjani-Serpos (dont la candidature a été déposée quelques heures avant la fin de l’ultimatum), seraient les deux autres “pions” de Barbosa pour démontrer que l’Afrique part en rangs dispersés pour l’élection d’octobre prochain.
Malgré toutes ses manœuvres, le DG adjoint de l’organisation n’a pu changer la position officielle de son pays ni encore trouver un pays qui puisse le parrainer. Ne voulant pas abdiquer, le Brésilien se présente encore comme une “solution”, et c’est ce qui expliquerait le fait que Bedjaoui maintienne toujours sa candidature.

Manœuvres  et contre-manœuvres
Selon des informations recueillies auprès de certaines délégations accréditées à l’Unesco, certains pays européens et africains comptent convoquer prochainement un conseil exécutif extraordinaire pour prolonger la date limite du dépôt des candidatures. Une “combine” derrière laquelle Barbosa ne peut être étranger. Devant la présence des sérieuses candidatures de la Lituanienne Ina Marciulionyte (en plus de son pays, elle est parrainée par la Lettonie, l’Estonie, ainsi que l’Ukraine), de l’Autrichienne Benita Ferrero-Waldner, (cautionnée par son pays et la Colombie) et Farouk Hosni (parrainé par l’Égypte, le Soudan, les Émirats arabes unis et le Koweït), le Brésilien compte se présenter en tant que candidat de consensus. En face, il y a l’“opposition”, qui représente essentiellement des pays qui soutiennent le ministre égyptien, qui ne semble pas vouloir rester les bras croisés. D’après les échos qui nous sont parvenus, la situation risque de prendre d’autres proportions.
Des menaces de divulgation de détails “croustillants” sur la gestion de l’équipe du directeur général sortant (en poste depuis 1999) sont à peine voilées. Des “bribes” avaient déjà été livrées il y a environ huit mois. Toutes les délégations accréditées à l’Unesco avaient reçu un document, dont l’auteur était anonyme, dénonçant la gestion de la direction générale de l’organisation. La controverse va sans aucun doute s’amplifier au fil des jours et des semaines.
Le candidat de l’Algérie semble toutefois confiant. Il le répète souvent dans ses déclarations. Mercredi dernier, Farouk Hosni a profité de sa rencontre au Caire avec le DG de l’ENTV, Abdelkader Leulmi, et le conseiller de la ministre de la Culture, Noureddine Othmani (en visite officielle pour expliquer les contours de la deuxième édition du Panaf) pour déclarer à l’APS qu’il était “bien placé” pour succéder à Matsura.
Il profita de l’occasion pour affirmer qu’il était étonné de l’attitude de l’Europe avec les nombreuses candidatures. “Le tour est au monde arabe qui doit avoir un représentant”, a-t-il déclaré tout en ajoutant que “les pays du Sud occupent ce poste, car connaissant mieux leurs capacités et leurs besoins”.
Les Égyptiens sont surtout outrés par la position de la Russie qui, après avoir affiché son soutien à Hosni, se “rétracte” et annonce, quelques jours avant la fin du mois de mai, qu’elle aura son “poulain” en la personne de son ministre russe des Affaires étrangères adjoint, Alexandre Yakovenko.
La déception égyptienne s’est également exprimée via la plume de l’un des plus influents journalistes, Mohamed Salmawy, dont l’une de ses “casquettes” est le poste de secrétaire général de l’Union des écrivains arabes. Sur les colonnes d’El Ahram Hebdo (édition du 27 mai au 2 juin), il a publié un article dont le titre est : “Un coup de poignard russe dans le dos”.
Après avoir critiqué avec virulence l’attitude du gouvernement russe, Salawnay lança un avertissement à peine voilé : “Si le peuple égyptien a réussi malgré les accords officiels à boycotter l’État qui œuvre à exterminer le peuple palestinien, il ne lui sera pas difficile de boycotter le blé russe, avec tous les insectes qu’il comporte.”
Deux jours après la parution de l’article, et à la surprise générale, plus de 30 étudiants russes ont été interpellés en Égypte… Décidément, la guerre pour le poste de DG de l’Unesco cache d’autres conflits d’intérêts colossaux qui mettent en jeu des États entiers.

 

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01 décembre 2008

Nouvel échec diplomatique de l’UE face aux exactions en République Démocratique du Congo

La diplomatie Européenne, présidée par la France, s’est démenée sans relâche ces deux dernières semaines pour obtenir les signatures requises d’un tiers des membres du CDH, pour convoquer une session spéciale (le 27 novembre), sur les violations des droits humains et les massacres au nord Kivu en République Démocratique du Congo.
Cela a été d’autant plus dur qu’aucun pays africain membre du CDH n’a accepté de signer la convocation, et qu’ils avaient même boycotté la réunion préparatoire.


D’autres discussions eurent lieu concernant le report de la session, la délégation congolaise prétextant  que les ministres n’avaient pas obtenu leurs visas à temps. Ce qui offusqua on ne peut plus les autorités Suisses qui affirmèrent avoir fait le nécessaire.
Enfin la session spéciale démarra grâce à la détermination française le 27 l’après midi. Mais très vite les débats tournèrent au vinaigre.
L’Egypte, au nom du groupe africain attaqua avec violence ceux qui avaient refusé le report de la session, car ils portaient ainsi atteinte à l’esprit de consensus qui a toujours animé le Conseil.
Le Pakistan au nom de l’OCI, tout en condamnant la mort des populations civiles, a assuré de sa solidarité le gouvernement de RDC.
Pour Cuba, ce sont notamment le passé colonial et des siècles d'esclavage qui sont la cause du drame humain.
La Chine a dit vouloir jouer un rôle constructif futur sur place dans l’apaisement du conflit.
L’Algérie, tout en demandant à ce que la RDC ne soit pas singularisée, s’est révoltée du fait que cette Session spéciale fut convoquée par seize pays NON Africains ! 

Le 1er décembre, la France, au nom de l’UE a accepté de retirer sa résolution refusée par le groupe africain, au profit de la nouvelle résolution africaine qui fut adoptée par Consensus.
A l’encontre de la résolution de l’UE plus incisive, cette résolution ne condamne aucune des parties et appelle à la paix et au dialogue. Elle convoque l’envoie sur le terrain de sept rapporteurs thématiques (violence contre les femmes, déplacement de population, indépendance des juges et des avocats, défenseurs des droits de l’homme, rôle des multinationales, mineurs dans les conflits armés et droit a la santé). En revanche, la demande de l’UE d’inclure les rapporteurs spéciaux sur la torture et sur les exécutions extrajudiciaires a été refusée.
La France a par ailleurs dit « regretter » que la RDC refuse de coopérer avec la Cour Pénale Internationale.

En mars dernier, l’UE avait déjà accepté la suppression du rapporteur spécial sur la République Démocratique du Congo, afin de sauver le consensus et… la diplomatie de façade.
Depuis deux ans au CDH, l'esprit de Consensus est sauf.....

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29 novembre 2008

La Sainte Alliance des Dictatures à l’œuvre à l’ONU

Par Jean-Claude Buhrer

Les pays liberticides se sont une fois de plus signalés fin novembre à New York lors du vote par la Troisième commission de l’Assemblée générale de l’ONU de trois résolutions sur les violations des droits de l’homme en Birmanie, en République démocratique de Corée et en Iran. Alors que ces résolutions, non contraignantes, présentées par la France au nom de l’Union européenne ont finalement toutes trois passé la rampe, un groupe d’irréductibles emmené par Cuba et l’Organisation de la conférence islamique(OCI), avec le soutien actif de la Chine et de la Russie, a multiplié les manœuvres dilatoires pour se porter au secours des dictatures incriminées.

Après avoir vainement présenté des motions de non-action pour s’opposer à toute entrée en matière, ces pays ont réaffirmé leur hostilité aux résolutions ciblant un Etat en particulier, oubliant qu’eux-mêmes le font systématiquement quand il s’agit d’Israël, exception par excellence à leur règle. Le ridicule ne tuant pas, encore moins aux Nations unies qu’ailleurs, le représentant de Cuba, porte-parole du Mouvement des non-alignés, a réclamé l’interdiction de « l’exploitation des droits de l’homme à des fins politiques, car cela est contraire aux principes fondateurs des Nations unies ». Les représentants de l’Algérie, du Venezuela, du Soudan, de la Libye, de l’Egypte, de la Malaisie et bien entendu de la Chine ont fait chorus, invoquant le respect de l’intégrité territoriale et de la non-ingérence. Et pour traiter de ces questions, toutes ces bonnes âmes de s’en référer au nouveau mécanisme dit d’examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme où les dictatures n’en font qu’à leur guise et se ménagent les unes les autres.

En fait, les trois pays sur la sellette figurent parmi les pires violateurs des droits de l’homme et les pires prédateurs de la liberté de la presse. Ainsi, selon le récent classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, l’Iran, la Birmanie et la Corée du Nord se retrouvent en queue de liste, respectivement au 166e, 170e et 172e rang, juste avant l’Erythrée, lanterne rouge de ce palmarès. Un noyau dur de vingt pays, également parmi les moins respectueux de la liberté d’expression et des droits fondamentaux, s’est distingué en rejetant les trois résolutions en question : Algérie, Belarus, Chine, Cuba, Corée du Nord, Egypte, Iran, Libye, Malaisie, Myanmar, Nicaragua, Oman, Russie, Somalie, Soudan, Syrie, Ouzbékistan, Venezuela, Vietnam et Zimbabwe – autant de parangons de vertu démocratique.

Lors de l’approbation par 95 voix contre 24 et 62 abstentions de la résolution sur la Corée du Nord, ils ont été rejoints par la Guinée, l’Indonésie, le Laos et la Namibie. La résolution sur le Myanmar, qui a recueilli 89 voix contre 29, avec 63 abstentions, a bénéficié de l’apport supplémentaire de l’Azerbaïdjan, du Bangladesh, de Brunei, de la Côte d’Ivoire, de l’Inde, du Laos, de la Namibie, du Niger et du Sri Lanka. Alors que l’OCI avait déjà fourni le gros des troupes de soutien à ces deux dictatures non musulmanes que sont la Corée du Nord et la Birmanie, la solidarité islamique a joué à fond lors de l’acceptation de la résolution stigmatisant l’Iran par 70 voix contre 51 avec 60 abstentions pour « la violation systématique des droits de l’homme et la répression violente des femmes ».

Si la tâche leur est moins aisée à l’Assemblée générale qu’au nouveau Conseil des droits de l’homme où le rapport de forces leur est plus favorable, les pays les moins respectueux des libertés fondamentales continuent de se serrer les coudes et de remettre insidieusement en cause les principes mêmes de la Déclaration universelle dont on s’apprête à célébrer le 60e anniversaire. Ainsi, après avoir préparé le terrain au Conseil des droits de l’homme, l’OCI vient de faire adopter le 25 novembre par 85 voix contre 50 avec 42 abstentions par la Troisième commission une résolution co-parrainée par le Bélarus et le Venezuela, appelant les Etats à combattre la « diffamation des religions, en particulier de l’islam ». Par un curieux hasard, le jour même où des extrémistes islamistes semaient la terreur à Bombay, l’Assemblée générale se déclarait « profondément préoccupée par le fait que l’islam est souvent faussement associé aux violations des droits de l’homme et au terrorisme. » Et « d’exhorter les Etats à appliquer, et au besoin, à renforcer les lois existantes (…) afin de mettre fin à l’impunité dont jouissent les auteurs de tels actes [d’intolérance]. » En plus des pays musulmans, ce texte a également été approuvé par la Chine, Cuba, la Russie ou encore le Bélarus, la Bolivie, la Corée du Nord, le Myanmar, le Nicaragua, le Sri Lanka, le Venezuela, le Vietnam et le Zimbabwe. En revanche, tous les pays occidentaux ont voté contre, y voyant une tentative de limiter la liberté d’ expression.

Comme le craignent plusieurs ONG, l’adoption de cette résolution s’inscrit dans une offensive de l’OCI contre la laïcité et l’universalité des droits de l’homme. L’objectif poursuivi est d’introduire dans le droit international de nouvelles normes sur le racisme, au nom des interdits islamiques contre le blasphème avec pour corollaire la restriction des libertés individuelles. Or, les droits de l’homme visent à protéger les individus et non à promouvoir une religion ou une quelconque croyance. Au-delà de ces manœuvres, ce sont la Déclaration universelle et ses acquis patiemment mis en place depuis soixante ans qui se trouvent dans le collimateur des régimes liberticides qui ne s’en sont jamais accommodés.

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19 octobre 2008

L'Europe deviendra-t-elle la nouvelle prophétesse du dialogue contre le terrorisme ?

La cheffe de la diplomatie Suisse, Micheline Calmy Rey avait soulevé l'indignation de nombreux commentateurs, lorsqu'elle se rendit à Téhéran voilée pour signer un contrat gazier en mars 2008, aprés qu'elle eut cédé aux pressions de la Libye lors de l'arrestation d'Hannibal Khadafi suite à la plainte de ses domestiques pour maltraitance. Dans la foulée,  elle avait envisagé ensuite la possibilité de dialoguer avec Ben Laden.

Dans son édition du 9 octobre, Le Monde rapportait que le Ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner se disait lui aussi prêt à dialoguer avec les Talibans.

Le Dialogue est décidemment de plus en plus à la mode et quand on y rajoute les termes "interculturel" ou "civilisationnel", il semble soudain se transformer en talisman capable de prévenir l'apocalypse nucléaire et le terrorisme.

Lors de la conférence initiée par l'ancien président iranien Khatami sur  "la religion dans le monde moderne" , où se pressaient de nombreux anciens dirigeants politiques occidentaux (dont l'ancien Premier Ministre Lionel Jospin), il n'a pas été une seule fois question du programme nucléaire iranien, mais on a pu entendre à nouveau la rengaine sur les stéréotypes et la stigmatisation des religions (en particulier de l'Islam) comme cause de la montée de la violence mondiale.

En marge des gesticulations diplomatiques extérieures à l’enceinte des Nations Unies, se tenait les 8 et 9 octobre 2008, dans le cadre de la sixième commission de l’Assemblée Générale, une réunion chargée d’étudier les stratégies de luttes contre le terrorisme, et notamment l’aboutissement d’une Convention internationale contre le terrorisme qui n’avait pu être achevée en 2005, faute de Consensus.

Les termes du débat depuis 2005 n’ont guère changé.
En revanche le rapport de force semble définitivement renversé. Plus offensifs que jamais, le Mouvement des Non Alignés [(NAM) qui compte 118 pays sur les 192 de l’ONU], l’Organisation de la Conférence Islamique [(OCI) 57 pays], le groupe africain [53 pays], et de nombreux pays individuellement dont l’Algérie, l’Iran, la Libye, la Malaisie, le Qatar, le l’Egypte, le Yemen …. ont demandé que la Convention fournisse
une définition qui établisse une distinction claire entre les actes de terrorisme régis par la convention et les moyens utilisés (quel qu’ils soient) dans la lutte légitime des peuples exerçant leur droit à l’autodétermination ou s’élevant contre une occupation étrangère.

L’Inde, se référant sans doute au conflit au Kashmir - a demandé des précisions sur ce que l’on entendait par « droit des peuples à l’autodétermination ».

Quant à la France, (au nom de la Croatie, de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, de l’Albanie, de la Bosnie Herzégovine, de l’Islande, du Monténégro et Serbie, de l’Ukraine, de la Moldavie et de l’Arménie et de la Turquie) n’a pas évoqué la distinction proposée dans la définition.

Il faut dire que l’Albanie et la Turquie sont membres de l’OCI et que cela aurait pu les placer en porte à faux vis à vis de leur organisation de tutelle. A moins qu’il ne s’agisse d’un retrait au regard de négociations qui se déroulent dans d’autres contextes.
Aussi la France a mis principalement en avant la nécessité du renforcement « du dialogue et de la compréhension mutuelle entre les cultures », s’est félicitée de la « fondation de l’Union pour la Méditerranée » et a salué les initiatives telles que l’Alliance des civilisations, le Dialogue interconfessionnel et les travaux de l’UNESCO en la matière.

Dans ce contexte, il y a fort à craindre que la définition du terrorisme et que les droits des femmes soient sacrifiés sur l’autel du dialogue dans la prévention des conflits.

D’ailleurs, l’Arabie Saoudite, pays d’apartheid sexuel, se propose de créer à Riyad un centre international de lutte contre le terrorisme sous l’égide des Nations Unies. Et l’Egypte a proposé la convocation d’urgence d’une conférence de haut niveau liée au projet de Convention générale contre le terrorisme.
Ces deux pays qui semblent à présent  prendre le rôle de tête de file dans la lutte antiterroriste ne sont pas, loin s'en faut, les champions des droits humains et des droits des femmes en particulier.

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06 octobre 2008

Première défaite diplomatique de l'UE dans les premières heures de la Conférence préparatoire de Durban 2

Ce matin, s'ouvrait la réunion préparatoire globale à la Conférence d'examen de la conférence mondiale contre le racisme dite de "Durban 2"

La discussion portait sur l'accréditation de certaines ONG, dont une qui soutient les droits des Dalits : la "International Dalit Solidarity Network (IDSN)".
L
'Inde la refusa catégoriquement tandis que le Pakistan et l'UE la soutinrent. 

Najat_Durban_6_octobreEn absence de Consensus, il aurait donc fallu procéder à un vote , ce qui pose problème à la Présidente Libyenne Najat Al-Hajjaji, toujours soucieuse de parvenir, à force d'épuisement, au Consensus.

L'ambassadeur d'Algérie Idriss Jazeiry trouva donc la solution.
Il suffisait de
renvoyer à plus tard la décision afin de parvenir à un consensus . Il argua que la négociation (dans les coulisses) et le dialogue avaient toujours été le moteur de ce processus et qu'un Consensus devait à tout prix être trouvé.

Les discussions dés lors prirent une tournure diamétralement différente. Les tenants du vote immédiat (France, Allemagne, Suède)  se retrouvèrent en opposition avec ceux qui souhaitaient le report de la décision (Afrique du Sud, Algérie, Bangladesh, Cuba, Maroc, Nigeria, Zimbabwe). En effet, il fallait leur donner le temps de consulter leur capitale, de prendre le temps de la réflexion et d'étudier cette question si difficile à trancher.  L'Inde préféra dés lors se taire et le Danemark chercha à satisfaire tour le monde en demandant un report de seulement  48h qui ne fut pas d'avantage accepté.

Les tenants du consensus et du report de décision déployèrent toute une série d'argument : 
- Les pays du Sud  privilégient le dialogue et la concertation, et ne prennent pas de décisions à l'emporte pièce comme les pays de l'Ouest.
- Les pays du Sud, par essence pauvres et donc ayant moins de moyens de communication !!!!, doivent avoir un temps supplémentaire pour consulter leurs capitales. Cela ne se fait pas en 48h mais nécessite plusieurs jours.
- Il faut suivre la volonté de la Présidente et sa grande sagesse - si formidablement démontrée jusqu'alors - pour parvenir au Consensus.

La France, présidente de l'UE n'eut plus qu'à se taire. En effet, s'opposer au report de décision aurait été considéré comme un acte hautement agressif et hégémonique.

Quelle que soit la décision qui sera prise, elle constituera une défaite dans la défense des droits humains.
A : Si l'ONG "National Campaign on Dalit Human Rights" est accréditée par CONSENSUS. Cela signifie que l'Inde a subi des pressions très fortes du Pakistan, de l'OCI et de l'ensemble des groupes, pressions qui n'ont strictement rien à voir avec le sujet.

B : Si l'ONG n'est pas accréditée. (Ce qui est peu probable) On concède cela à l'Inde. Cela constituera une défaite pour la défense des droits humains des Dalits, les intouchables.

Dans tous les cas, cette première matinée de session a montré encore la manière dont les causes les plus légitimes sont instrumentalisées à toutes autres fins que celles du racisme ou des droits humains.

Que la France n'ait eu d'autre choix que d'accepter de participer à ce simulacre de négociations est en soi une défaite. De plus, cela constituera un précédent lorsqu'elle voudra s'opposer à d'autres ONG qui posent réellement problème.

Voilà un an que l'UE prétend ne pas céder au sacro-saint consensus.
Ici, pour un sujet à priori qui ne la concerne pas en premier chef, la France a montré encore une fois la faiblesse des démocraties et de la manière dont elles sont prêtes à s'incliner au mépris des valeurs qu'elles prétendent défendre.  A moins que la France ne soit prête à sacrifier les Dalits pour des sujets pour lesquelles une voix publique lui semble plus importante.
(Ce qui ne présage en rien de ce qui est  dit et ce que l'on accepte dans le cadre de négociations hors caméras.)

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20 septembre 2008

Les dernières dérives sémantiques du Conseil au nom de la lutte antiraciste

Le 19 septembre, le CDH  a accomplis avec virtuosité un de ses exercices de style favoris, à savoir le triturage des concepts qui permettra d'aboutir à un consensus probable de toutes les parties pour de nouvelles normes visant à limiter la liberté d'expression et à redéfinir l'antisémitisme.

Du blasphème à la diffamation.... à l'incitation à la haine religieuse
RS_racismeDans sa première apparition au Conseil, le nouveau rapporteur spécial sur le racisme, le Kenyan Githu Muigai, a présenté et a fait sienne le dernier rapport de son prédécesseur Doudou Diène sur la diffamation des religions.
Pour parvenir à un consensus, il suggère que ne soient pas créées de nouvelle normes contre la diffamation des religions. Il propose cependant que la question de la diffamation des religions soit déplacée dans la Convention contre le racisme dans l'article consacré à l'incitation à la haine religieuse, qui devra de fait être reprécisée à l'aune des manifestations de haine religieuse contemporaine qui intègrent le blasphème.
La France, au nom de l'Union Européenne tout en ayant fait un discours fort sur la protection de la liberté d'expression, affirme son entier soutien à cette évolution du concept qu'elle ne définit pas . Par ailleurs elle n'a pas critiqué l'approche du rapporteur sur le sujet.  L'ambassadeur Matteï se contentant d'affirmer que la diffamation n'est pas une notion juridique internationale.

L'antisémitisme est considéré comme de la haine religieuse
Selon le rapporteur, l'antisémitisme doit être considéré comme une tradition discriminatoire envers une des trois religions (que par ailleurs il ne cite pas) aux côté de l'islamophobie et de la christianophobie.
La judéïté et la haine des juifs (qui sont des mots devenus tabous) restant uniquement inscrits dans le champ religieux !
Qu'en est-il donc de l'antisémitisme chrétien contre un "peuple" considéré comme "déïcide", de l'antisémitisme raciste de Gobineau à Hitler, et de l'antisémitisme contemporain qui n'est nullement illustré par une insulte à l'encontre  de la religion juive. Cette évolution est en tout point conforme à l'approche iranienne sur le sujet. (voir les Nations désUnies)

L'antisémitisme contemporain est islamophobe
Cette formulation de haine religieuse rencontre en écho les déclarations du Président du Comité adHoc sur les normes complémentaire Idriss Jazeiry, qui n'a de cesse de répéter au nom de son pays, que l'antisémitisme est une attaque raciste contre les arabes et par extension contre tous les musulmans. Cette fois encore, l'ambassadeur n'a pas mâché ses mots.
Alg_rie« Ce ne sont pas tant les religions qui sont diffamées mais surtout leurs fidèles. La religion est utilisée contre ceux-ci comme moyen de les déshumaniser et de justifier ainsi le racisme à leur encontre.
La diffamation des religions, en particulier l’islamophobie, est un phénomène qui prend le relais de l’antisémitisme traditionnel devenu « politiquement incorrect » dans de nombreuses sociétés de pays riches. Cette nouvelle forme d’hostilité raciste à une religion, l’Islam et à ses racines sémites, par contre se propage impunément.
(…) L’exercice [du droit à la liberté d’expression] ne doit pas avoir pour effet de légitimer une nouvelle forme d’antisémitisme « politiquement correct » ciblant désormais les Arabes et par extension tous les Musulmans. »

Ni le nouveau rapporteur spécial sur le racisme, ni la France au nom de l'Union Européenne n'ont condamné ces déviances de langage qui ont court depuis plus d'un an déjà au CDH.  Le journal suisse Le Temps a rapporté l'événement (qualification de la diffamation en incitation à la haine religieuse) en parlant de progrès dans les négociations. Le journaliste a même rapporté les propos de l'Algérie sans emmettre la moindre critique mais en expliquant  ce que l'ambassadeur entendait par antisémitisme contre les arabes.




15 septembre 2008

Triple baptême du feu au Conseil des droits de l’homme

pr_sident_8_septembreAujourd’hui commençait à huis clos la 2ème semaine de la 9ème session du Conseil des droits de l’homme (qui a débuté le 8 septembre) pour le 3ème cycle du CDH par un triple baptême du feu.


Le 8 septembre, c’était la première fois
que le nouveau Président Nigérian Martin Ihoeghian Uhomoibhi, élu en juin dernier, présidait une session, la première fois que la nouvelle Haute Commissaire, la juge sud africaine Navanethem Pillay - connue pour son engagement en faveur des droits humains, des droits des femmes, de sa lutte contre l’apartheid dont elle a personnellement été victime,  haute figure du Tribunal pénal international pour le Rwanda et  de la Cour pénale internationale - s’adressait au Conseil.  Et c'est aussi la première fois que la France intervenait en tant que Présidente de l’UE.

La France** a défendu l’indépendance du Haut Commissariat qui est fortement en France_8_septembredanger et a déclaré que « Dans une société démocratique, aucune insatisfaction à l’égard de l’exercice du droit à la liberté d’expression, ne saurait justifier une menace envers les personnes qui l’exercent. Il est tout aussi important que la liberté d’expression aille de pair avec le besoin de respecter les autres dans on exercice » !!! Quelle formule diplomatique pour faire plaisir à  l’OCI qui martèle en toutes occasions qu’il faut limiter la liberté d’expression en cas de blasphème et que l'islamophobie est une incitation au terrorisme.


Le Président Martin Ihoeghian Uhomoibhi a su gérer de façon normande la première motion d’ordre de la Chine lors de l’évocation du Tibet par l’association Society for Threatened Peoples, en autorisant l’orateur à continuer son intervention, puis en donnant raison à la Chine et en coupant l'ONG, lors du débat sur les populations autochtones.* voir déclaration
Society_20for_20threatened_20peoples_indigenous__100908


haute_commissaire_8_marsLa Haute commissaire s’est félicitée des premiers résultats du processus qui aboutira à la conférence de révision sur le racisme en avril 2009 et s’est dite engagée à promouvoir la participation de TOUS. Elle a exhorté les États à ne pas laisser « des points de vue divergents » et s’est indignée que la conférence ait été « l'objet de féroces critiques par certains groupes de pression ». Elle faisait ici allusion certainement aux craintes de nombreuses associations, aux questionnements de l’Union Européenne qui pour le moment a accepté tous les consensus, aux réserves des USA et d’Israël quant à leur participation, et au refus clair du Canada de se rendre à une conférence qui montre d’ores et déjà qu’elle servira de plateforme pour la construction des normes antisémites internationales de demain (notamment lorsque l'on observe les discussions de cet été à Brasilia et à Abuja ainsi que dans le cadre du bureau restreint pour l’élaboration du document rédactionnel ou se trouve notamment l’Iran).


Mais il n’y y pas que cela qui pose de graves problèmes dans cette conférence : la consécration de la limitation de la liberté d’expression et surtout, phénomène nouveau, l’instrumentalisation et la mise en lumière des droits des femmes - alors qu'elles étaient mises à silence en 2001 – visibilité des femmes à toutes les sauces mêmes si c’est pour remettre en question leurs acquis depuis 60 ans.

Parité politique certes, mais tout en promouvant les valeurs familiales ! A l’instar de l’Iran qui, plus que jamais déterminé avec l’OCI à mener la danse, a mis en avant « le rôle de la chasteté (et les vêtements pudiques) pour renforcer la prévention de la criminalité et éliminer les violences faites aux femmes et aux enfants."


Aucune organisation de femme ou de défense globale des droits humains, présente à Genève, ne prend officiellement position contre ces déviances. Ainsi, Human Rights Watch, Amnesty International, la Fédération internationale des femmes universitaires, Zonta international, la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté etc… (voir Joint_20Statement_Human_20Rights_20Watch) semblent plus préoccupées par les mécanismes du Conseil et la visibilité des femmes, les professions de foi sur l’égalité politique et économique et la fin des violences que du détournement des concepts d’autodétermination des femmes.
Certes, emboîtant le pas sur la déclaration de la Haute commissaire, elles ont souhaité que « les coutumes ne servent plus à dominer et discriminer les femmes ». Mais il faut entendre ici le mot « coutume » dans le sens le plus restrictif que lui donnent les pays les plus réactionnaires de l’ONU, à savoir comme des pratiques barbares telles que les mutilations sexuelles, qui n’ont strictement rien à voir avec les préceptes religieux (charia, mariage) où les valeurs familiales qui doivent redevenir le lieu d’épanouissement des femmes.

L'enterrement des droits humains, en ce soixantième anniversaire de la Déclaration universelle continue sa marche infernale.

* a été soulevé également par l’Algérie le problème posé par la continuité territoriale (faisant allusion au Sahara Occidental) dans le cadre de la discussion sur les populations autochtones. Le Maroc, son frère ennemi a pour sa part demandé au nom du Groupe arabe que la haute commissaire pose  le point 7 de l’ordre du jour en priorité  dans son agenda. "Son non respect mettrait en péril la structure même des mécanismes des droits humains".

** La France n'a rien dit - ni en son nom, ni au nom de l'UE - lorsque l'Egypte notamment, ou la nouvelle rapporteure spéciale sur l'esclavage contemporain a utilisé la terminologie de "prostitution forcée", terminologie entrant en parfaite contradiction avec toutes les normes internationales élaborées depuis 60 ans relatives à la traite et à l'exploitation de la traite des êtres humains.

13 juin 2008

Les dernières cuisines du Conseil. C'est vraissemblablement le Nigéria qui assumera la Présidence à partir du 19 juin

Selon toute vraisemblance, ce sera le Nigeria qui assumera la Présidence du CDH à l'issue de l'élection qui devrait se faire par acclamation le 18 juin prochain.
Depuis plusieurs semaines, certaines rumeurs plaçaient l'Egypte à la Présidence. Mais selon la Tribune des Droits humains le groupe africain a fini par élire in entremis, lors d'une réunion à huis clos et par bulletin secret, son candidat unique le 12 juin, l'ambassadeur Martin Ihoeghian Uhomoibhi avec 18 voix, suivi de près par l'ambassadeur de Djibouti qui obtint 15 voix (que l'on a pu remarquer pour sa virulence et son soutien inconditionnel à l'OCI depuis 2006).

D'une certaine manière c'est un soulagement et...la plongée dans l'inconnu.
D'un côté le Nigéria n'est pas ce que l'on pourrait appeler l'incarnation du pays des droits humains, avec sa peine de mort, la poursuite des homosexuels...et il est considéré comme "partly free" selon l'estimation du "Freedom House".
De l'autre, l'ambassadeur Martin Ihoeghian Uhomoibhi, un chrétien du sud, qui n'est pas très loquace de manière générale, a très souvent pris son autonomie par rapport aux invectives du groupe africain mené par l'Egypte ou l'Algérie. Ainsi, le 12 juin, il a parlé en faveur des ONG lors de la présentation finale de l'EPU du Bahrein où l'Egypte leur a coupé 11 fois la parole.
Fin août 2007, lors de la première réunion préparatoire à la Conférence d'examen de Durban, il a pris des positions différentes de l'OCI et du groupe africain le premier jour, pour opérer un revirement radical le lendemain sur les mêmes thèmes.

Sinon, en ce qui concerne les dernières cuisines du Conseil, le Président a sélectionné les rapporteurs et membres vacants des groupes de travail qui devront être entérinés à l'issu de la session.
Quelques choix laissent perplexes....
L'agressive Algérie, par ailleurs en charge du Comité sur les normes complémentaires, remplace la Zambie dans le Groupe de travail sur les descendants d'Africain où elle siègera aux côtés de la Syrie, de la Suède et de la Roumanie.
Le Pakistan remplace la République islamique d'Iran dans le Groupe de travail sur la détention arbitraire.
Quand à celle qui remplacera la rapporteure spéciale sur la Traite Sigma Huda, emprisonnée au Bangladesh, elle est nigériane, s'appelle Joy Ngozi Ezilo Emekekwue et est totalement inconnue des organisations travaillant sur les droits des femmes et la traite.
Enfin, c'est la France représentée par Michel Forst, qui est nommée au poste d'expert indépendant auprès du Secrétaire Général sur la situation des droits de l'Homme en Haïti. Quel parcours remarquable ! En 1998, lors des célébrations pour la Déclaration Universelle,  Monsieur Forst était le directeur d'Amnesty International France. Il fut ensuite  le bras droit du Sénégalais Pierre Sané, lorsque ce dernier fut nommé Assistant du Directeur Général de l'Unesco du secteur des sciences humaines et sociales en 2001 (ce dernier était depuis 1992 Secrétaire Général d'Amnesty International). Puis Michel Forst devint Secrétaire Général de la Commission Nationale Consultative des droits de l'homme de France (CNCDH). Depuis la création du Conseil en 2006, il a pris un rôle central dans le regroupement international des  Commissions nationales (NHRI). Il va sans dire que sa (vraisemblable dernière)  intervention en tant que représentant du CNCDH, aujourd'hui était pleine d'éloge vis à vis de la France lors des conclusions sur l'Examen Périodique Universel !

Le suspens reste "entier" sur le remplacement de Louise Arbour

Posté par Malka Marcovich à 15:45 - Conseil des Droits de l'Homme - Commentaires [4] - Permalien [#]
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