Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

22 avril 2009

Le coq français gonfle son jabot devant l’épouvantail Ahmadinedjad

tandis que Micheline Calmy Rey se fait discrète

Le 10 décembre 2008, alors que la France célébrait le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner déclarait qu’ “
On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme”.

Dans la pièce qui s’est déroulée en début de semaine à Genève, notre pays a su jouer la carte de la Realpolitik avec brio , puisque c’est au nom des“droits de l’homme et de la lutte contre le racisme”, que fut mise en scène la fameuse “diplomatie de façade” devant les caméras du monde entier.

La République islamique d’Iran a été le premier pays à s’adresser à la Conférence et a même eu l’insigne privilège de parler plus de 30 minutes, alors que la règle était de 7 minutes par pays.
Les européens (enfin ceux qui ne s’étaient pas encore retirés du processus de Durban 2 soit 23 membres sur 27) avaient prévenu qu’ils partiraient aux premiers mots proférés stigmatisant Israël comme un pays raciste.

La pièce de théâtre fut parfaitement jouée. Bien que la France n’assuma plus la Présidence européenne, c’est l’Ambassadeurcock français Mattei qui mena la marche de la résistance, un dossier jaune sous le bras, sans doute pour que les caméras de télévision le repèrent bien dans le défilé de costumes gris.

Aussitôt le discours terminé,  les européens retournèrent dans la salle pour acclamer la Norvège. Mais ils n’étaient plus que 22 désormais puisque la République Tchèque qui préside l’UE décidait de ne plus revenir.

En revanche, personne ne se leva plus tard lorsque l’Egypte se focalisa sur le sort des Palestiniens. L’UE ne broncha pas d’avantage lorsque le Ministre syrien des affaires étrangères Faysal Mekdad dit que “l’autodétermination des juifs” était une forme de “discrimination raciale”, parla de la “judaïsation d’Israël” et de “l’épuration ethnique de 1948,” ou lorsque le délégué Palestinien affirma que durant les “60 dernières années, le peuple palestinien avait souffert d’un des aspect les plus laid du racisme et de la discrimination”…

Et puis il y eut ce nouveau coup de théâtre, l’adoption du texte négocié par le Comité préparatoire, sans aucune discussion en plénière le 21 avril, sous l’égide de l’ambassadeur russe Boychenko, ancien membre du KGB, passé de facilitateur lors des réunions informelles de ces derniers mois,  à Président du comité de rédaction de la Conférence .

Ces formidables rebondissements qui défrayèrent la chronique pouvaient dés lors être transformés et, comme l’on dit désormais en politique, permettre aux uns et aux autre d’en sortir “gagnant gagnant” !
La France qui ne préside plus l’Union européenne a su encore se singulariser auprès de l’opinion (française plus que mondiale), afin de montrer son courage et sa détermination contre le diable venu en personne Ahmadinedjad.
Ainsi, le texte adopté fut proclamé par Bernard Kouchner comme trophée de la victoire du dialogue et de la bataille des droits de l’homme. Cette fanfaronnade servit alors à camoufler les véritables raisons pour lesquelles les autres pays
avaient refusé de participer à la mascarade de Genève.
De nombreux commentateurs prétendirent en effet que l’annonce de la venue d’Ahmadinedjad avait pesé dans le retrait des USA et des autres pays qui
s’étaient retirés le dimanche 19.
En réalité, si l’administration Obama a décidé de ne pas se rendre à Genève, c’est en raison du texte proposé vendredi 17 avril au soir. Celui ci maintenait d’une part le premier paragraphe que les USA avaient déjà refusé le 17 mars, qui entérine dans sa totalité la Déclaration et le programme d’action de 2001 qui comporte des paragraphes se focalisant sur un seul pays, Israël. D'autre part, il comportait des formulations portant atteinte à la liberté d’expression. (voir communiqué de presse sur
lien )

En effet, les lignes rouges de Washington, de Paris ou d’Amsterdam n’ont jamais été les mêmes. On peut d’ailleurs regretter que ces pays n’aient pas mis la barre plus haute. 

Bien qu’étant à l’origine du slogan des lignes rouges, la France attendit relativement longtemps pour les définir précisément..
C’est seulement le 2 mars, lors du dîner annuel du Crif que ces dernières furent présentées . Le  texte de 2009 ne devait pas se focaliser sur les Palestiniens et ne pas intégrer la “diffamation des religions”.
Bien évidemment, cela n’empêcha pas que des paragraphes renvoient à des plateformes autres qui se focalisent sur les palestiniens, voir utilisent le fameux “langage de haine” . De même la diffamation a été paraphrasée en  “haine des religions” et certains paragraphes se réfèrent à d’autres mécanismes, renforcent certaines structures qui ont déjà, de facto, entériné le concept de diffamation des religions.
Une fois le tour de passe passe accomplis, la diplomatie française a répété à l’usure combien elle avait protégé les droits humains, montrant par la même le bien fondé de sa présence. Dans la foulée, elle adressa par la voix de ses diplomates une leçon de multilatéralisme et de dialogue, stigmatisant dans le même temps les irresponsables déserteurs qui n’avaient pas fait œuvre de pareil courage.

Durant ces événements, Micheline Calmy Rey, la Conseillère fédérale en charge des affaires étrangères,
qui s’était rendue voilée à Téhéran pour négocier un contrat gazier en mars 2008, figure emblématique, prophétesse des droits universels et du féminisme, se fit plus que discrète.
C’est le Président de la Conférence helvétique, Hans-Rudolf Merz qui reçut le président iranien.
Quel dommage ! Quel merveilleux coup médiatique cela aurait été si elle avait osé le rencontrer. Elle aurait pu ainsi lui faire l’accolade en cheffe de la diplomatie, lui serrer la main
la tête découverte !
De surcroit, elle aurait pu faire taire les méchantes langues qui lui ont tant reproché jadis de s’être rendue voilée rencontrer le Président de la République islamique d’Iran.

On a aussi entendu, à juste titre, que le Président iranien faisait campagne, à dix semaines des élections en Iran. Dans le jeu des Mollahs, et des diplomaties du monde qui lorgnent sur les réserves minérales perses, le repoussoir Ahmadinedjad rendra d’autant plus fréquentable un futur président, prétendument modéré, faisant preuve de mesure, bien qu'appliquant la Charia et poursuivant son programme nucléaire qui, il faut le rappeler, fut engagé par le “fréquentable”
Khatami.

Depuis l’annonce de l’adoption du fameux texte… les journalistes semblent avoir déserté Genève. La conférence contre le racisme continue cependant. Les diatribes à la tribune n'ont pas cessé.
Et les ONG qui n’ont pas eu de forum, celles qui se sont déplacées parfois de loin pour faire entendre les voix des victimes n’auront aucune caisse de résonnance.
Les gesticulations des Etats leur auront volé leur conférence pour des enjeux géo-politico-économico-stratégiques, ayant peu à voir avec le racisme et les discriminations.

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19 avril 2009

La France ira à Genève défendre sa vision des droits de l'homme

C'est l'annonce qui a été faite dimanche 19 avril dans la soirée, tandis que les USA, l'Australie, les Pays Bas, l'Allemagne, la Nouvelle Zélande ont décidé ce même jour de se retirer de la conférence d'examen dite de Durban 2.

La France est membre du Conseil des droits de l'homme depuis 2006 et l'on se demande ce qu'elle a bien pu défendre comme vision durant les trois ans d'existence de cette instance.
Dans le processus de Durban 2, ses efforts auront été vains.  14 mois auront servi à accoucher d'un texte qui, à la veille de la conférence, entérine toutes les dérives à l'oeuvre depuis huit ans contre les droits universels, la laïcité, les libertés individuelles et qui a peu à voir avec les voix des victimes du racisme.

Les lignes rouges de la France étaient bien faibles, et ne peuvent en aucune manière prétendre servir de rempart aux victimes du racisme et des discriminations à travers le monde.

Ironie de l'histoire, la Libye avait été élue présidente du comité préparatoire en août 2007, quelques semaines après la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien, Ashraf al-Hajouj.
Comme un boomerang, ce fut un sacré coup de théâtre lors des dernières heures du comité préparatoire, lorsque le médecin palestinien prit la parole et fut censuré par la présidente libyenne. (voir reportage de cet incident sur TSR http://www.tsr.chwww.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500010&bcid=663165&vid=10586392&channel=info)

La République islamique d'Iran avait été élue vice-presidente sans que cela ne pose le moindre problème, comme si la diplomatie iranienne pouvait avoir un autre discours que celui de son Président, Ahmadinedjad qui s'annonce à coup de tambours et trompettes pour la séance inaugurale du 20 avril et qui, avant de s'envoler pour la Suisse, continuait d'affirmer son projet de destruction d'Israël.

Certes, la délégation française sera réduite au minimum a déclaré Bernard Kouchner.  Sans doute la France défend elle aujourd'hui autre chose que "sa vision des droits de l'homme", mais des positions économiques et stratégiques dans cette période de crise économique mondiale. Nous avons nos armes à vendre, et notre économie est largement soutenue par les pays du Golfe et fort dépendante aussi de la Chine...

Finalement, tout cela a peu à voir sans doute avec les droits humains, la lutte contre le racisme et les discriminations, ou le fameux dialogue multilatéral dont nous abreuvent aujourd'hui nos diplomates.

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26 mars 2009

Quand l'ONU déraille,

De Durban à la conférence de Genève

interview par Marie-France Etchegoin, Nouvel Observateur 26 mars

Pour l'historienne Malka Marcovich, l'influence des thèses islamistes sur les débats de la conférence contre le racisme prévue à la fin du mois devrait nous interdire d'y participer


Le Nouvel Observateur. - Les Etats-Unis, l'Italie, le Canada et Israël ne participeront pas à cette conférence. La France devrait-elle en faire autant ?
Malka Marcovich. - Oui, car les jeux sont faits. La déclaration finale est, à peu de chose près, déjà écrite. Et elle est inacceptable. Comment s'en étonner ? C'est la Libye qui préside le comité préparatoire, avec l'Iran et le Pakistan en vice-présidents et Cuba en rapporteur ! Cette conférence de Genève dite «Durban II» ne fera qu'entériner le Durban I de 2001. J'y étais, et j'ai vu la haine déferler lors du forum des ONG, en marge de la réunion gouvernementale. Ce fut un choc terrible : Castro terminant son discours par «Free, free Palestine !», et la foule reprenant en coeur : «Kill, kill the Jews !»; la vente de «Mein Kampf», mais aussi les attaques contre la laïcité, les femmes réduites au silence...

N. O. - Cette fois, plusieurs pays ont exigé que ce forum soit supprimé.
M. Marcovich. - Cela ne change rien. Les débordements ne sont pas seulement le fait de quelques excités. La déclaration finale gouvernementale de Durban I stigmatise, elle aussi, Israël comme le seul pays raciste du monde, alors que nombre d'atteintes aux droits de l'homme ailleurs dans le monde n'ont pu être évoquées. Rien sur le Tibet, sur le Rwanda ou sur le sort des immigrants noirs dans les pays arabes. D'autre part, cette déclaration intronise la religion comme «valeur intrinsèque des êtres humains» et introduit, pour la première fois dans un texte onusien, la notion d'«islamophobie». Un terme qui désigne, en réalité, principalement le blasphème et menace la liberté d'expression.

N. O. - La semaine dernière, pourtant, d'intenses négociations ont accouché d'un nouveau texte présenté comme «acceptable».
M. Marcovich. - C'est un masque grossier. La nouvelle mouture ne se focalise plus sur Israël (c'était l'une des fameuses «lignes rouges» fixées par les Occidentaux), mais elle renvoie, sur ce sujet, à la déclaration de... Durban I ! Elle entérine donc tout ce qui a été proféré en 2001, y compris l'antisémitisme, seulement défini en annexe comme «attaque contre les Arabes». La «diffamation des religions» disparaît également. Mais il est demandé que la «haine religieuse» soit interdite par la loi. Par ailleurs, pour obtenir ces concessions, les démocraties ont accepté que soient passés sous silence la traite transsaharienne ou l'esclavage moderne, les discriminations de caste, mais aussi celles subies par les femmes ou liées à l'orientation sexuelle.

N. O. - Rama Yade assure pourtant que la France est en pointe sur la dépénalisation de l'homosexualité.
M. Marcovich. - Diplomatie de façade. La France a simplement soutenu un discours oral prononcé à l'ONU qui n'a aucune valeur, même symbolique. Liée par des intérêts pétroliers, financiers et géopolitiques avec les pays du Golfe, l'Afrique, la Russie ou la Chine, elle veut à tout prix sauver la conférence. Elle cherche à rassurer les organisations juives (comme si seuls les juifs étaient concernés). C'est au dîner du Crif en 2008 que Nicolas Sarkozy a lancé le slogan des «lignes rouges», repris cette année encore par François Fillon. Mais cette focalisation légitime sur l'antisémitisme empêche de rendre visibles tous les autres scandales. Depuis les années 1990, les pays islamiques, qui ont passé une alliance objective avec tous les régimes autoritaires de la planète, mènent une bataille sémantique acharnée au sein de l'ONU pour vider de leur sens les textes fondateurs et les réinterpréter à leur profit. La lutte contre le racisme est instrumentalisée pour donner un rôle politique aux religions, en particulier à l'islam. Le «relativisme culturel» sert d'alibi pour justifier les atteintes aux droits des personnes. Début mars, Rama Yade m'a invitée avec d'autres intellectuels pour nous expliquer que la France heurterait les pays africains en se retirant de la conférence. Sous prétexte de «dialogue entre les civilisations», notre pays s'apprête à cautionner toutes les dérives. L'ONU est en train de dérailler. Il est temps de dire stop.

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13 mars 2009

Se retirer ou non de Durban 2 ?

Après le retrait des USA le 27 février, qui ont considéré le texte de Durban 2 "insauvable", suivis par l'Italie le 5 mars, la France continue d'affirmer que la négociation peut encore sauver le processus,que les lignes rouges n'ont toujours pas été franchies et que l'on peut parvenir à un consensus honorable.
Ceux qui suivent depuis deux ans les négociations et l'édifice qui se structure au sein des Nations Unies, ont pu observer que les lignes rouges ont été largement franchies.
Je reviendrai bientôt plus en profondeur sur tout cela prochainement.
Il est à noter qu'en France, les prises de position en faveur du retrait se multiplient. On trouve sur cette ligne des intellectuels tels que Fodé Sylla dans son intervention le 1er mars au colloque organisé par Africa International et l'IFIE, Bernard Henri Levy ou Pascal Bruckner, des personnalités politiques tels que Bertrand Delanoé ou Claude Goasguen, ainsi que des organisations telles que la Ligue du droit international des femmes ,le Grand Orient et la LICRA.
D'autres continuent de croire visiblement en la diplomatie de façade qui se joue à Genève.  Tout en s'inquiétant des perspectives de cette conférence, ils soutiennent la position de Nicolas Sarkozy qui prétend que l'on parviendra en étant présent à faire évoluer le texte et parvenir à un compromis.
On trouve parmi ceux qui soutiennent la politique de la France, le CRIF, ainsi que la journaliste Caroline Fourest.
Tous deux semblent visiblement ignorer la manière dont se mènent au quotidien depuis sept ans les négociations à l'ONU et l'évolution des normes.
Ils perpétuent l'idée fausse qu'en 2001 le texte de la conférence aurait été sauvé par la présence des européens et que seul le Forum des ONG aurait donné lieu à des dérives.
Il est évident que les motivations de la France à rester, qui continue de clamer que les lignes rouges n'ont toujours pas été franchies, a peu à voir avec le combat antiraciste et contre les discriminations.
Pour la conférence organisée par Africa International et l'IFIE où j'intervenais sur l'état des négociations, j'avais préparé deux rapports. Le premier date de début février avant que les Etats Unis entrent dans le processus de négociation. Rapport_Durban_Malka_MarcovichMarcovich_02_2009
L'autre plus court a été rédigé aprés que les USA aient commencé à participer, mais avant leur retrait rapport_f_vrier_court
Ces rapport permettent de comprendre les mythes qui se sont structurés depuis Durban 1, la réalité de la Déclaration et du Programme d'Action, la structuration idéologique depuis, et ce qui sera entériné à Durban 2.

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17 janvier 2009

Gaza : (quasi) unanimité à l'ONU pour condamner l'intervention militaire Israélienne sans nommer le Hamas

Durant les 15 premiers jours de l’année, la Communauté internationale a été toute entière et quasiment exclusivement mobilisée autour de l'intervention militaire d'Israël et de la situation humanitaire dans la bande de gaza.


Sur
59 communiqués de presse émanant du service de presse de l’ONU, et évoquant des situations politiques ou humanitaires, 52 visaient Israël parmis lesquels 47 évoquaient la situation à Gaza et 5 le Sud Liban.

Parmi les 59 communiqués, 11 d’entre eux évoquaient les situations en République démocratique du Congo, 9 au Darfour/Soudan, 6 en Somalie, 5 en Iraq, 2 au Ghana, 2 en Iran, 2 au Zimbabwe,1 en Afghanistan, 1 en Birmanie/Myanmar, 1 en Centre Afrique, 1 à Chypre, 1 à Djibouti / Erythré, 1 aux Îles Fidji, 1 en Indonésie, 1 au Malawi, 1 au Sénégal,1 au Sri Lanka et 1 au Tchad.


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Sur 45 déclarations à la presse de personnalités politiques au siège de l’ONU à New York, (Ministres des affaires étrangères ou ambassadeurs de gouvernements ou représentants d’organisations politiques) 43 d’entre elles étaient consacrées à Gaza, une à la République démocratique du Congo et une autre à la Somalie.


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Sur le site Unispal (United nation informationsystem on the question of Palestine) , plus de 220 communiqués étaient consacrés à Gaza durant les 15 premier jours de 2009. ( A noter que seule la question de la Palestine est dotée d’une base de donnée spécifique, alors qu’il n’en existe pour aucune autre région, autre pays ou conflit au sein des Nations Unies)

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Le 8 janvier
le
Conseil de Sécurité adoptait la résolution 1860 CS_1860 (proposée par La France et l’Egypte, pour laquelle les US se sont abstenus) appelant notamment au cessez le feu, au retrait des forces israéliennes de Gaza, et appelant tous les États Membres à soutenir les efforts internationaux déployés pour améliorer la situation humanitaire et économique à Gaza, notamment en versant des contributions supplémentaires nécessaires de toute urgence à l’UNRWA et par le biais du Comité de liaison ad hoc.
(Le terme Hamas n’apparaît nulle part dans cette résolution)

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Le 9 janvier, le Conseil des droits de l’Homme tenait sa neuvième session extraordinaire, soit la cinquième consacrée à des opérations militaires israéliennes, dont trois en 2006 et une en 2008. (Les autres sessions extraordinaires avaient porté sur la situation des droits de l'homme au Darfour (2006), la situation des droits de l'homme au Myanmar (2007), l'impact négatif de l'aggravation de la crise alimentaire mondiale sur la réalisation du droit à l'alimentation pour tous (2008); et la situation des droits de l'homme dans l'Est de la République démocratique du Congo (2008).)

Etant donné le nombre important d’interventions, la session extraordinaire a du se prolonger sur une demie journée supplémentaire et s’est achevée le 12 janvier.

Cette session avait été convoquée à la demande de l’Egypte au nom du groupe arabe (21 membres) et du groupe africain (53 membres), du Pakistan au nom de l’Organisation de la conférence islamique (57 membres), de Cuba au nom du Mouvement des non alignés (118 membres) ainsi que par 32 des 47 membres du Conseil des droits de l’homme, à savoir l’Afrique du Sud, l’Angola, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, le Bangladesh, la Bolivie, le Brésil, le Burkina Faso, le Cameroun, le Chili, Cuba, Djibouti, l’Égypte, la Fédération de Russie, le Gabon, le Ghana, l’Inde, l’Indonésie, la Jordanie, Madagascar, la Malaisie, Maurice, le Nicaragua, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines, le Qatar, le Sénégal, la Suisse et la Zambie.

Durant les débats de la session spéciale du CDH, 81 pays se sont exprimés

dont l’Égypte 3 fois : au nom du Groupe arabe, du Groupe africain (voir déclaration Egypte___African_group) ainsi qu'en son propre nom ;

le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence islamique - OCI (voir déclaration
Pakistan_OIC_9_January);

Cuba au nom du Mouvement des pays non alignés (voir déclaration
Cuba__NAM_9_January);

la République tchèque au nom de l'Union européenne (voir déclaration
Rep_Czech_EU_9_January) ;

le Chili au nom du Groupe des États d'Amérique latine et des Caraïbes (voir déclaration)
Chile_Grulac_9enero.

L’OCI, la Ligue arabe et l’Union africaine se sont exprimés à nouveau à la fin des débats en tant que structures propres. (Voir les communiqués de presse rapportant partiellement les débats
9_eme_session_sp_cial_cdh. L’ensemble des débats sont consultables en webcast le 9 janvier et le 12 janvier

Le 12 janvier, la résolution qui (ne nomme pas le Hamas) affirme qu’Israël vise délibérément les populations civiles. C’est en raison de cette affirmation qu’un certain nombre de pays ont décidé de s’abstenir.


La résolution a été adoptée par 33 voix en faveur (Afrique du Sud, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Azerbaijan, Bahrain, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Burkina Faso, Chili, Chine, Cuba, Djibouti, Egypt, Gabon, Ghana, Inde, Indonesie, Jordanie, Madagascar, Malaysie, Mauritius, Mexique, Nicaragua, Nigeria, Pakistan, Philippines, Qatar, Federation de Russie, Senegal, Uruguay, et Zambi


13 abstentions
(Allemagne, Bosnie et Herzegovine, Cameroun, France, , Italie, Japon, Pays Bas, Republic of Korea, Royaume Uni, Slovaquie, Slovenie, Suisse, Ukraine)


1 non (
le Canada)

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Le 15 janvier, L’Assemblée générale se réunissait dans le cadre de sa 10ème session extraordinaire. Elle avait été convoquée à la demande du
Président de l’Assemblée Générale,
Miguel d’Escoto Brockman le 8 janvier, quelques heures avant l’adoption de la résolution 1860 du Conseil de Sécurité, afin de pallier notamment "aux blocages inhérents au fonctionnement" du Conseil de Sécurité sur la situation à Gaza.

A la suite de débats acharnés où 75 gouvernements se sont exprimés, y compris sur la légitimité de la tenue de cette session extraordinaire, cette dernière s’est achevée le 16 janvier. (voir résumé des déclarations dans les communiqués de presse 1 et 2. à noter que le communiqué de presse en anglais comporte plus d'éléments d'informations, notamment sur les votes en annexe et demandes de vote

Deux résolutions avaient été soumises à la discussion de l’AG. La première proposée au départ par le Président de l'Assemblée Générale, puis renégociée par l’Egypte s’inscrivait dans la suite de la résolution Egyptanofrançaise 1860 du Conseil de Sécurité.

Un texte proposé par le Guatemala comportait des termes beaucoup plus radicaux vis à vis d’Israël. Le Président de l’Assemblée Générale retira alors son soutien à sa propre résolution, en raison des modifications égyptiennes, du refus de prendre en compre la proposition du Guatemala et de la demande de vote par Israël.

La résolution fut adoptée par 142 voix pour, 4 contre  et 8 abstentions.


Parmi les contre
on trouve Israel, Nauru, les Etats Unis, le Venezuela, pour des raisons diamétralement opposées.

De même les tenants de l'abstention n'avaient pas les mêmes motivations : l' Australia, le Canada, la Côte d’Ivoire, l' Equateur, l'Indonesie, l'Iran, le Nigeria et la Syrie.

(La encore, dans cette résolution, le Hamas n’est pas nommé)

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20 décembre 2008

Ce qu'il faut savoir sur la déclaration autour de la dépénalisation de l'homosexualité

Cela fait plusieurs mois que la France, par la voix de sa Secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade, fait savoir qu'elle prépare une Déclaration pour la 63ème Assemblée Générale concernant la dépénalisation de l'homosexualité. Des communiqués et articles de presse datés du 19 et du 20 décembre se sont réjouis de ce nouveau pas dans l'avancement des droits humains, grâce à cette Déclaration signée de 66 pays, présentée le 18 décembre devant l'Assemblé Générale de l'ONU.

Tous les textes officiels possèdent une cote. Pourtant,  il est impossible de trouver le texte de cette Déclaration dans le système de données de l'organisation. Et pour cause !  Cette déclaration n'est pas un texte enregistré à l'ONU comme tout texte qui  aurait du faire l'objet d'un vote. Il ne s'agit donc pas d'une Déclaration telle qu'on l'entend d'ordinaire dans le jargon onusien, mais d'un discours oral fait par l'Argentine et au nom de 66 pays *.

66 signatures, sur les 192 membres de l'ONU, il n'y a certes pas de quoi crier victoire ! Surtout lorsque l'on compare ce nombre avec les 57
pays qui par la voix de la Syrie ont répondu par une autre déclaration orale très violente, instrumentalisant à l'extrême le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle, déclaration qui fut suivie ensuite par d'autres déclarations orales de la Fédération de Russie, de la Biélorrusie et du Saint Siège.

Enfin, 66 autres pays ne se sont pas exprimés sur la dépénalisation de l'homosexualité.

Il n'existe pratiquement aucune information officielle sur ces débats, mais il est possible d'écouter sur le webcast l'ensemble de la 70ème session où la question a été abordée entre la résolution sur le moratoire sur la peine de mort et la pause déjeuner...

Pays qui ont endossé la déclaration orale de l'Argentine sur la dépénalisation de l'homosexualité :
ArgentinaAlbanie, Allemagne, Andore, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Belgique Bolivie, Bosnie et Herzgovine, Brésil, Bulgarie, Cap Vert, Canada, Colombie, Croatie, Cuba, Chili, Chypre, Danemark, Equateur, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Estonie, Macédoine Finlande, France, Gabon, Georgie, Grèce, Guinée Bissau, Hongrie, Islande, Irlande, Israël, Italie, Japon, Lettonie,  Lichtenchtein, Lituanie, Luxembourg, Mourice, Mexico, Montenegro, Népal, Nicaragua, Norvège, Nouvelle Zélande, Pays bas, Paraguay, Pologne, Portugal, République Centra Africaine, Roumanie, Royaume Uni, San Marin, Taome et Principe, Timor Oriental , Suède, Suisse, Uruguay, Venezuela.

Le Saint Siège a fait une déclaration contre la pénalisation sans endosser la déclaration de l'Argentine (voir déclaration plus bas)

Pays qui ont endossé la déclaration orale de la Syrie contre la dépénalisation de l'homosexualité (voir déclaration plus bas) :
Afghanistan, Algérie, Arabie Saoudite, Bahrein, Bangladesh, Bénin, Brunei Darussalam, Cameroun, Tchad, Comores, Côte d'Ivoire, République démocratie de Corée, Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Fidji, Gambie, Guinée, Indonésie, Iran, Irak, Jordanie, Kazakstan, Kenya, Koweit, Liban, Libye, Malawie, Malaisie, Maldives, Mali, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigéria, Oman Pakistan, Qatar, Rwanda, Sénégal, Siera Léone, Sainte Lucie, Somalie, Soudan, Syrie, Swaziland, tadjikistan, Togo, Tunisie, Trickmenistan, Ouganda, Emirats arabes unis, Tanzanie, Yemen, Zimbabwe.

La Fédération de Russie et la Bielorussie ont fait des déclarations en adéquation avec la déclaration de la Syrie (voir déclaration plus bas)

Extraits de la déclaration orale
de la Syrie le 18 décembre 2008 :
syrie"La famille des droits humains a célébré le 10 décembre 2008 le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, (...) et se sont engagés à nouveau sans équivoque sur les principes qui y sont inscrits, (...) principes de non discrimination et d'égalité (...), notamment entre les femmes et les hommes. (...)
Nous sommes inquiets de la volonté de ceux qui veulent mettre en exergue certaines personnes sur la base de leur intérêt et de leur comportement sexuel, tout en ignorant que l'intolérance et la discrimination existent malheureusement dans de nombreuses parties du monde, sur la base de la couleur, de la race, du sexe ou de la religion. (...)
Cette déclaration est contraire à la souveraineté des Etats et au principe de non intervention. Cela amène à la légitimation de nombreux actes déplorables tels que la pédophilie. (...)
Nous ne pensons pas que certaines personnes soient de façon inhérentes vulnérables. Certains sont vulnérables en raison des facteurs sociaux économiques dans lesquels ils vivent. Les groupes de personnes vulnérables sont les femmes, les enfants, les vieux, les peuples sous occupation étrangère, les réfugiés, les démandeurs d'asil, les migrants, les personnes privées de liberté, les personnes appartenant à des groupes nationaux, ethniques, religieux ou linguistiques minoritaires. Ils sont bulnérables en raison de l'intolérance et des discriminations qu'ils subissent. Nous déplorons toutes formes d'exclusions liées aux stréréotypes, la stigmatisation, les préjugés (...)
Nous réafirmons l'article 29 de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui demande de se plier "aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société" (...)
Cette tentative [de créer de nouvelles normes] ne sape pas seulement les intentions des rédacteurs ou des signataires des traités sur les droits humains, mais met en péril le cadre même des droits de l'homme. Nous appelons tous les Etats à continuer de porter leurs efforts contre toutes les formes de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance associées. (...)
Nous demandons urgemment aux Etats membres et aux ONG de placer tous leurs efforts dans la protection de la famille, le groupe naturel et l'unité fondamentale de la société, conformément à l'article 16 de la Déclaration Universelle des droits de l'homme." **

Extraits de la déclaration orale de la Fédération de Russie
"Nous avons célébré il y a une semaine le 60ème anniversaire de la DUDH et nous nous sommes engagés pour un monde plus juste basé sur les respect de la diversité et des valeurs traditionnelles de l'espèce humaine. Les droits humains dovient être unifiés et non pas utilisés pour se diviser dans nos relations internationales. Cette approche signigie qu'aucun nouveau sujet ne doit être mis dans l'agenda qui pourrait susciter confrontations et divisions entre les membres de l'ONU. (...) Nous partageons la plupart des préoccupations de la Syrie au nom d'un groupe de pays."

Extraits de la déclaration orale de la Biélorussie le 18 décembre 2008
"Les droits de l'homme ne doivent pas amener à des désaccords et confrontations entre Etats membres. Ce type de discussion doit avoir lieu dans le cadre d'un dialogue mutuel et respectueux, comme il le fut demandé lors de la 61ème session de l'AG  dans sa résolution 61/166 à l'initiative de la Bielorussie."

Extraits de la déclaration orale du Saint Siège le 18 décembre 2008
" Nous sommes satisfaits de cette tentative de la déclaration de l’Argentine, visant à condamner toutes les formes de violences contre les personnes homosexuelles, et nous appelons urgemment les Etats à prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à toutes les pénalisations à leur encontre. En même temps, la terminologie de la déclaration dépasse cette position. Ainsi, la catégorie d’orientation sexuelle et d’identité sexuelle n’a pas de définition claire dans la loi internationale. (…) Nous devons mettre un terme aux discriminations contre les personnes homosexuelles et à leur criminalisation."

* Le communiqué de presse anglais (AG/10801) qui évoque la Déclaration contre la pénalisation de l'homosexualité parle de "General statement" fait par l'Argentine(En français cela se traduirait par "déclaration orale d'ordre général) lors de la 70ème session de l'AG, sans même préciser le nom des pays qui l'ont endossé. (le communiqué de presse en français ne parle même pas de déclaration)

** Au sujet de l'article 16 de la DUDH, voir page 50 des "Nations désUnies"

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15 décembre 2008

TUVALU DEFIE LA CHINE ET EN REMONTRE AUX EMIRATS ARABES UNIS

Le 11 décembre, Tuvalu se présentait devant l'Examen Périodique Universel du CDH. La liberté de ton de son Secrétaire permanent aux affaires étrangères, Monsieur Sopoaga, contrastait formidablement avec la langue de bois habituelle... et notamment avec l'autocensure de certains pays vis à vis de la Chine. Engagement sans conteste en faveur des droits humains qui contrastait avec le refus des Emirats Arabes Unis de respecter les droits des travailleurs migrants, l'égalité entre les femmes et les hommes etc... (A noter que les Emirats arabes unis sont les principaux financiers du nouvel organe de l'ONU, UNGift, qui a vocation à lutter contre la traite et l'esclavage dans le monde).

Par Jean-Claude Buhrer

On a souvent besoin de plus petit que soi. Alors que l’ONU et la plupart des Etats font généralement profil bas devant Pékin, il aura fallu le petit Tuvalu – pays le moins peuplé du monde avec à peine 12.000 habitants répartis sur neuf atolls d’une superficie totale de 26 km2 au fond du Pacifique – pour oser tenir tête à la grande Chine. Et cela, quelques jours à peine après les remous suscités par la rencontre à Gdansk en Pologne du Dalaï-lama et du président Sarkozy, ce qui n’a pas fini de valoir à la France l’ire des maîtres de la Cité interdite.


TuvaluSans faire la ‘une’ de l’actualité et pourtant révélateur, l’incident diplomatique s’est produit à la mi-décembre à Genève lors du passage réussi du mini-Etat devant un groupe de travail du Conseil des droits de l’homme chargé d’évaluer ses prestations en matière de respect des normes dans le cadre de la nouvelle procédure dite d’examen périodique universel. Le sang du représentant chinois n’a fait qu’un tour quand le ministre des affaires étrangères de ce minuscule royaume insulaire, voisin de la France par le territoire de Wallis et Futuna, a remercié de leur aide les pays de la zone, et en particulier la « République de Chine, Taiwan ».


Se référant à une résolution du Conseil de sécurité qui lui réserve l’exclusivité de la dénomination « Chine », Pékin a vivement protesté contre cette « usurpation ». Vaillant, le ministre de Tuvalu a refusé de rectifier ses propos et a tenu bon, au nom du « droit à l’autodétermination et à la liberté d’expression ». Autant de principes dont se moque impunément Pékin, que ce soit au Tibet occupé, au Turkestan oriental ou en Mongolie intérieure, sans parler des libertés fondamentales déniées à sa propre population. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que, comme d’autres petits Etats du Pacifique, Tuvalu se trouve dans le tourbillon de la compétition entre Pékin et Taipeh dans la région. En échange d’une aide économique, Tuvalu apporte à Taiwan son soutien diplomatique et Taipeh dispose de la seule ambassade dans l’archipel.

Ancienne colonie britannique devenue indépendante en 1978, Tuvalu pourrait servir d’exemple à bien des « grands » de l’ONU. Son entrée en souveraineté avait été sanctionnée par l’adhésion aux Nations unies et l’abolition de la peine de mort. Depuis, cette monarchie parlementaire polynésienne n’a cessé de renforcer ses institutions démocratiques et surtout d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les conséquences désastreuses du changement climatique qui menace l’existence même de l’archipel. Si rien n’est entrepris pour réduire les émissions à effets de serre, Tuvalu, dont le plus haut ‘sommet’ se situe à quatre mètres au-dessus du niveau de la mer, pourrait être submergé d’ici à 2040 ou 2050. Aussi la défense des droits de l’homme s’inscrit-elle également dans la lutte pour sa survie. Déjà, son gouvernement a ratifié la Convention sur l’élimination de toute discrimination envers les femmes ; maintenant, il s’est engagé à adhérer aux deux principaux pactes de l’ONU, l’un sur les droits civils et politiques, et l’autre sur les droits économiques et sociaux, ainsi qu’à ratifier les Conventions sur la torture et contre la discrimination raciale. De plus, il s’active en vue d’éradiquer la violence familiale et celle faite aux femmes, de même qu’il respecte l’orientation sexuelle de chacun.

En tout cas, l’engagement de Tuvalu en faveur des droits de l’homme contraste singulièrement avec les réticences émises en la matière par les Emirats arabes unis, autre pays soumis au cours de la session de décembre à l’examen périodique universel. Ainsi, se retranchant derrière la charia islamique, les Emirats ont refusé plusieurs recommandations de l’ONU, notamment au sujet de l’abolition des châtiments corporels et du moratoire sur l’application de la peine de mort. Ils ont aussi rejeté celles concernant l’égalité pour les femmes, le droit à l’orientation sexuelle et à la liberté religieuse. Ils n’ont rien voulu entendre non plus du droit d’association des travailleurs, en particulier des employés domestiques, ni des réformes de la loi sur la presse, pas plus que de la ratification de la Convention sur les travailleurs migrants et leurs familles. Il en va de même de l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe, ce qui les qualifie parfaitement pour siéger au Conseil des droits de l’homme et s’ériger en donneurs de leçons tout en ignorant superbement pour eux-mêmes les principes de la Déclaration universelle que l’ONU est censée promouvoir et défendre.

01 décembre 2008

Nouvel échec diplomatique de l’UE face aux exactions en République Démocratique du Congo

La diplomatie Européenne, présidée par la France, s’est démenée sans relâche ces deux dernières semaines pour obtenir les signatures requises d’un tiers des membres du CDH, pour convoquer une session spéciale (le 27 novembre), sur les violations des droits humains et les massacres au nord Kivu en République Démocratique du Congo.
Cela a été d’autant plus dur qu’aucun pays africain membre du CDH n’a accepté de signer la convocation, et qu’ils avaient même boycotté la réunion préparatoire.


D’autres discussions eurent lieu concernant le report de la session, la délégation congolaise prétextant  que les ministres n’avaient pas obtenu leurs visas à temps. Ce qui offusqua on ne peut plus les autorités Suisses qui affirmèrent avoir fait le nécessaire.
Enfin la session spéciale démarra grâce à la détermination française le 27 l’après midi. Mais très vite les débats tournèrent au vinaigre.
L’Egypte, au nom du groupe africain attaqua avec violence ceux qui avaient refusé le report de la session, car ils portaient ainsi atteinte à l’esprit de consensus qui a toujours animé le Conseil.
Le Pakistan au nom de l’OCI, tout en condamnant la mort des populations civiles, a assuré de sa solidarité le gouvernement de RDC.
Pour Cuba, ce sont notamment le passé colonial et des siècles d'esclavage qui sont la cause du drame humain.
La Chine a dit vouloir jouer un rôle constructif futur sur place dans l’apaisement du conflit.
L’Algérie, tout en demandant à ce que la RDC ne soit pas singularisée, s’est révoltée du fait que cette Session spéciale fut convoquée par seize pays NON Africains ! 

Le 1er décembre, la France, au nom de l’UE a accepté de retirer sa résolution refusée par le groupe africain, au profit de la nouvelle résolution africaine qui fut adoptée par Consensus.
A l’encontre de la résolution de l’UE plus incisive, cette résolution ne condamne aucune des parties et appelle à la paix et au dialogue. Elle convoque l’envoie sur le terrain de sept rapporteurs thématiques (violence contre les femmes, déplacement de population, indépendance des juges et des avocats, défenseurs des droits de l’homme, rôle des multinationales, mineurs dans les conflits armés et droit a la santé). En revanche, la demande de l’UE d’inclure les rapporteurs spéciaux sur la torture et sur les exécutions extrajudiciaires a été refusée.
La France a par ailleurs dit « regretter » que la RDC refuse de coopérer avec la Cour Pénale Internationale.

En mars dernier, l’UE avait déjà accepté la suppression du rapporteur spécial sur la République Démocratique du Congo, afin de sauver le consensus et… la diplomatie de façade.
Depuis deux ans au CDH, l'esprit de Consensus est sauf.....

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29 novembre 2008

La Sainte Alliance des Dictatures à l’œuvre à l’ONU

Par Jean-Claude Buhrer

Les pays liberticides se sont une fois de plus signalés fin novembre à New York lors du vote par la Troisième commission de l’Assemblée générale de l’ONU de trois résolutions sur les violations des droits de l’homme en Birmanie, en République démocratique de Corée et en Iran. Alors que ces résolutions, non contraignantes, présentées par la France au nom de l’Union européenne ont finalement toutes trois passé la rampe, un groupe d’irréductibles emmené par Cuba et l’Organisation de la conférence islamique(OCI), avec le soutien actif de la Chine et de la Russie, a multiplié les manœuvres dilatoires pour se porter au secours des dictatures incriminées.

Après avoir vainement présenté des motions de non-action pour s’opposer à toute entrée en matière, ces pays ont réaffirmé leur hostilité aux résolutions ciblant un Etat en particulier, oubliant qu’eux-mêmes le font systématiquement quand il s’agit d’Israël, exception par excellence à leur règle. Le ridicule ne tuant pas, encore moins aux Nations unies qu’ailleurs, le représentant de Cuba, porte-parole du Mouvement des non-alignés, a réclamé l’interdiction de « l’exploitation des droits de l’homme à des fins politiques, car cela est contraire aux principes fondateurs des Nations unies ». Les représentants de l’Algérie, du Venezuela, du Soudan, de la Libye, de l’Egypte, de la Malaisie et bien entendu de la Chine ont fait chorus, invoquant le respect de l’intégrité territoriale et de la non-ingérence. Et pour traiter de ces questions, toutes ces bonnes âmes de s’en référer au nouveau mécanisme dit d’examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme où les dictatures n’en font qu’à leur guise et se ménagent les unes les autres.

En fait, les trois pays sur la sellette figurent parmi les pires violateurs des droits de l’homme et les pires prédateurs de la liberté de la presse. Ainsi, selon le récent classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, l’Iran, la Birmanie et la Corée du Nord se retrouvent en queue de liste, respectivement au 166e, 170e et 172e rang, juste avant l’Erythrée, lanterne rouge de ce palmarès. Un noyau dur de vingt pays, également parmi les moins respectueux de la liberté d’expression et des droits fondamentaux, s’est distingué en rejetant les trois résolutions en question : Algérie, Belarus, Chine, Cuba, Corée du Nord, Egypte, Iran, Libye, Malaisie, Myanmar, Nicaragua, Oman, Russie, Somalie, Soudan, Syrie, Ouzbékistan, Venezuela, Vietnam et Zimbabwe – autant de parangons de vertu démocratique.

Lors de l’approbation par 95 voix contre 24 et 62 abstentions de la résolution sur la Corée du Nord, ils ont été rejoints par la Guinée, l’Indonésie, le Laos et la Namibie. La résolution sur le Myanmar, qui a recueilli 89 voix contre 29, avec 63 abstentions, a bénéficié de l’apport supplémentaire de l’Azerbaïdjan, du Bangladesh, de Brunei, de la Côte d’Ivoire, de l’Inde, du Laos, de la Namibie, du Niger et du Sri Lanka. Alors que l’OCI avait déjà fourni le gros des troupes de soutien à ces deux dictatures non musulmanes que sont la Corée du Nord et la Birmanie, la solidarité islamique a joué à fond lors de l’acceptation de la résolution stigmatisant l’Iran par 70 voix contre 51 avec 60 abstentions pour « la violation systématique des droits de l’homme et la répression violente des femmes ».

Si la tâche leur est moins aisée à l’Assemblée générale qu’au nouveau Conseil des droits de l’homme où le rapport de forces leur est plus favorable, les pays les moins respectueux des libertés fondamentales continuent de se serrer les coudes et de remettre insidieusement en cause les principes mêmes de la Déclaration universelle dont on s’apprête à célébrer le 60e anniversaire. Ainsi, après avoir préparé le terrain au Conseil des droits de l’homme, l’OCI vient de faire adopter le 25 novembre par 85 voix contre 50 avec 42 abstentions par la Troisième commission une résolution co-parrainée par le Bélarus et le Venezuela, appelant les Etats à combattre la « diffamation des religions, en particulier de l’islam ». Par un curieux hasard, le jour même où des extrémistes islamistes semaient la terreur à Bombay, l’Assemblée générale se déclarait « profondément préoccupée par le fait que l’islam est souvent faussement associé aux violations des droits de l’homme et au terrorisme. » Et « d’exhorter les Etats à appliquer, et au besoin, à renforcer les lois existantes (…) afin de mettre fin à l’impunité dont jouissent les auteurs de tels actes [d’intolérance]. » En plus des pays musulmans, ce texte a également été approuvé par la Chine, Cuba, la Russie ou encore le Bélarus, la Bolivie, la Corée du Nord, le Myanmar, le Nicaragua, le Sri Lanka, le Venezuela, le Vietnam et le Zimbabwe. En revanche, tous les pays occidentaux ont voté contre, y voyant une tentative de limiter la liberté d’ expression.

Comme le craignent plusieurs ONG, l’adoption de cette résolution s’inscrit dans une offensive de l’OCI contre la laïcité et l’universalité des droits de l’homme. L’objectif poursuivi est d’introduire dans le droit international de nouvelles normes sur le racisme, au nom des interdits islamiques contre le blasphème avec pour corollaire la restriction des libertés individuelles. Or, les droits de l’homme visent à protéger les individus et non à promouvoir une religion ou une quelconque croyance. Au-delà de ces manœuvres, ce sont la Déclaration universelle et ses acquis patiemment mis en place depuis soixante ans qui se trouvent dans le collimateur des régimes liberticides qui ne s’en sont jamais accommodés.

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27 novembre 2008

Quels droits humains le Crif souhaite-t-il défendre ?

Selon un communiqué commun, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le Conseil Français du culte musulman (CFCM) viennent de créer "des commissions de travail communes dédiées au droits de l'homme, à l'enseignement et aux questions internationales"
Ce blog n'a pas pour mission de traquer les faits et gestes de tel ou tel représentant de communauté mais de traquer les dérives sur les questions des droits universels, en particulier au niveau international. Mais ici, la chose est suffisamment grave pour que cette information soit soulignée.

Le Crif abandonne la laïcité qu'il prétendait défendre il y a prés d'un an
Le pendant du CFCM, qui représente la religion musulmane en France (dans sa forme la plus obscurantiste), est le Consistoire qui représente la religion juive, (dans sa forme la plus obscurantiste). En aucun cas le CRIF !
En se plaçant directement en interlocuteur,  le CRIF abandonne la laïcité républicaine et trahit la filiation laïque d'une partie du peuple juif depuis la Haskala  (les lumières) au 19ème siècle
contre l'obscurantisme du Ghetto.

"Travail commun dédié aux Droits de l'Homme " (des femmes en France) ?
En matière de droits humains des femmes, le Crif s'est en effet déjà illustré par son silence après les violences conjugales subies par Madame Muriel Krief, épouse du Grand Rabbin de Bordeaux Marc Krief. Plus grave, lors d'une réunion publique organisée sous son égide, le CRIF n'a rien dit lorsque répondant à une question de la Présidente de la Wizo, Madame Cohen Beiserman, le Rabbin Sitruk a condamné le fait que Madame Krief ait rompu le Shabbat pour aller porter plainte au commissariat !

Droits humains
"Questions internationales"
Quels droits humains le CRIF a-t-il jamais défendu au niveau international ?

Israël, Durban et la France
Beaucoup d'incohérence dans son soutien même à l'Etat d'Israël :
- Inconditionnalité ( non pas seulement à son existence mais à toutes les actions d'Israël) , quel que soit le gouvernement, alors même que la société israélienne n'est pas une.
- Mais le CRIF ne soutient pas la décision d'Israël de ne par participer à Durban 2
en raison du texte qui a franchi de nombreuses lignes rouges
- Il ne critique pas  la France qui a franchi (ou laissé franchir) de nombreuses lignes rouges depuis plus d'un an au Conseil des Droits de l'Homme et à l'Assemblée Générale de l'ONU

La Chine
- Le 23 juillet, le Président du Crif se rendait à l'ambassade de Chine à deux semaines des jeux Olympique, mais ne rencontrait pas le Dalaï Lama, représentant du peuple Tibétain en exil durant son séjours en France au mois d'août.

L'Egypte

- Dans le cadre de la réunion préparatoire Durban 2, une délégation a rencontré Omar Shalaby, ambassadeur d'Egypte à Genève sans aucune préparation. Le compte rendu de cette rencontre témoigne d'une grave ignorance sur la manière dont la diplomatie Egyptienne mène la danse à Genève et sape, réunion aprés réunion, tout l'édifice des droits humains. (Censure systématique des ONG, accusation, plaintes, interdiction de prononcer le mot religion, démonisation de l'homosexualité, du blasphème, déni du droit des femmes et des droits reproductifs, acteur actif contre la liberté d'expression etc....). (voir notamment sur les censures egyptiennes sur le site de International Humanist and Ethical Union)

Dans le compte rendu de cette rencontre, le CRIF parle d'une "rencontre
chaleureuse et prometteuse" et n'emet aucune critique sur les scandaleuses positions égyptiennes et ses violations massives des droits humains en Egypte

Graves inquiétudes pour le futur
LE CFCM représente en France les positions affirmées de
l'Organisation de la Conférence Islamique
Travailler au niveau local entre communautés identifiées comme "communautés religieuses" peut comporter souvent des dangers mais n'est pas en soit condamnable...
Mais ici, on peu se demander quelles sont les capacités du CRIF à  travailler avec le CFCM sur les questions internationales  liées aux droits humains lorsque l'on voit le peu de cohérence de ses actions internationales jusqu'à ce jour  en la matière.

De plus, quelle légitimité le CRIF a-t-il pour contracter pareille alliance pour un travail international sur les droits humains avec ceux qui défendent les positions internationales de l'OCI, qui placent la Charia au dessus des normes universelles. (Sans parler du processus préparatoire pour Durban 2)

Le
60ème anniversaire de la Déclaration universelle aura un goût amer pour les juifs de France, d'Europe et du monde, qui revendiquent la filiation des lumières.

Posté par Malka Marcovich à 06:29 - Laïcité - Commentaires [2] - Permalien [#]
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