Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

22 avril 2009

Le coq français gonfle son jabot devant l’épouvantail Ahmadinedjad

tandis que Micheline Calmy Rey se fait discrète

Le 10 décembre 2008, alors que la France célébrait le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner déclarait qu’ “
On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme”.

Dans la pièce qui s’est déroulée en début de semaine à Genève, notre pays a su jouer la carte de la Realpolitik avec brio , puisque c’est au nom des“droits de l’homme et de la lutte contre le racisme”, que fut mise en scène la fameuse “diplomatie de façade” devant les caméras du monde entier.

La République islamique d’Iran a été le premier pays à s’adresser à la Conférence et a même eu l’insigne privilège de parler plus de 30 minutes, alors que la règle était de 7 minutes par pays.
Les européens (enfin ceux qui ne s’étaient pas encore retirés du processus de Durban 2 soit 23 membres sur 27) avaient prévenu qu’ils partiraient aux premiers mots proférés stigmatisant Israël comme un pays raciste.

La pièce de théâtre fut parfaitement jouée. Bien que la France n’assuma plus la Présidence européenne, c’est l’Ambassadeurcock français Mattei qui mena la marche de la résistance, un dossier jaune sous le bras, sans doute pour que les caméras de télévision le repèrent bien dans le défilé de costumes gris.

Aussitôt le discours terminé,  les européens retournèrent dans la salle pour acclamer la Norvège. Mais ils n’étaient plus que 22 désormais puisque la République Tchèque qui préside l’UE décidait de ne plus revenir.

En revanche, personne ne se leva plus tard lorsque l’Egypte se focalisa sur le sort des Palestiniens. L’UE ne broncha pas d’avantage lorsque le Ministre syrien des affaires étrangères Faysal Mekdad dit que “l’autodétermination des juifs” était une forme de “discrimination raciale”, parla de la “judaïsation d’Israël” et de “l’épuration ethnique de 1948,” ou lorsque le délégué Palestinien affirma que durant les “60 dernières années, le peuple palestinien avait souffert d’un des aspect les plus laid du racisme et de la discrimination”…

Et puis il y eut ce nouveau coup de théâtre, l’adoption du texte négocié par le Comité préparatoire, sans aucune discussion en plénière le 21 avril, sous l’égide de l’ambassadeur russe Boychenko, ancien membre du KGB, passé de facilitateur lors des réunions informelles de ces derniers mois,  à Président du comité de rédaction de la Conférence .

Ces formidables rebondissements qui défrayèrent la chronique pouvaient dés lors être transformés et, comme l’on dit désormais en politique, permettre aux uns et aux autre d’en sortir “gagnant gagnant” !
La France qui ne préside plus l’Union européenne a su encore se singulariser auprès de l’opinion (française plus que mondiale), afin de montrer son courage et sa détermination contre le diable venu en personne Ahmadinedjad.
Ainsi, le texte adopté fut proclamé par Bernard Kouchner comme trophée de la victoire du dialogue et de la bataille des droits de l’homme. Cette fanfaronnade servit alors à camoufler les véritables raisons pour lesquelles les autres pays
avaient refusé de participer à la mascarade de Genève.
De nombreux commentateurs prétendirent en effet que l’annonce de la venue d’Ahmadinedjad avait pesé dans le retrait des USA et des autres pays qui
s’étaient retirés le dimanche 19.
En réalité, si l’administration Obama a décidé de ne pas se rendre à Genève, c’est en raison du texte proposé vendredi 17 avril au soir. Celui ci maintenait d’une part le premier paragraphe que les USA avaient déjà refusé le 17 mars, qui entérine dans sa totalité la Déclaration et le programme d’action de 2001 qui comporte des paragraphes se focalisant sur un seul pays, Israël. D'autre part, il comportait des formulations portant atteinte à la liberté d’expression. (voir communiqué de presse sur
lien )

En effet, les lignes rouges de Washington, de Paris ou d’Amsterdam n’ont jamais été les mêmes. On peut d’ailleurs regretter que ces pays n’aient pas mis la barre plus haute. 

Bien qu’étant à l’origine du slogan des lignes rouges, la France attendit relativement longtemps pour les définir précisément..
C’est seulement le 2 mars, lors du dîner annuel du Crif que ces dernières furent présentées . Le  texte de 2009 ne devait pas se focaliser sur les Palestiniens et ne pas intégrer la “diffamation des religions”.
Bien évidemment, cela n’empêcha pas que des paragraphes renvoient à des plateformes autres qui se focalisent sur les palestiniens, voir utilisent le fameux “langage de haine” . De même la diffamation a été paraphrasée en  “haine des religions” et certains paragraphes se réfèrent à d’autres mécanismes, renforcent certaines structures qui ont déjà, de facto, entériné le concept de diffamation des religions.
Une fois le tour de passe passe accomplis, la diplomatie française a répété à l’usure combien elle avait protégé les droits humains, montrant par la même le bien fondé de sa présence. Dans la foulée, elle adressa par la voix de ses diplomates une leçon de multilatéralisme et de dialogue, stigmatisant dans le même temps les irresponsables déserteurs qui n’avaient pas fait œuvre de pareil courage.

Durant ces événements, Micheline Calmy Rey, la Conseillère fédérale en charge des affaires étrangères,
qui s’était rendue voilée à Téhéran pour négocier un contrat gazier en mars 2008, figure emblématique, prophétesse des droits universels et du féminisme, se fit plus que discrète.
C’est le Président de la Conférence helvétique, Hans-Rudolf Merz qui reçut le président iranien.
Quel dommage ! Quel merveilleux coup médiatique cela aurait été si elle avait osé le rencontrer. Elle aurait pu ainsi lui faire l’accolade en cheffe de la diplomatie, lui serrer la main
la tête découverte !
De surcroit, elle aurait pu faire taire les méchantes langues qui lui ont tant reproché jadis de s’être rendue voilée rencontrer le Président de la République islamique d’Iran.

On a aussi entendu, à juste titre, que le Président iranien faisait campagne, à dix semaines des élections en Iran. Dans le jeu des Mollahs, et des diplomaties du monde qui lorgnent sur les réserves minérales perses, le repoussoir Ahmadinedjad rendra d’autant plus fréquentable un futur président, prétendument modéré, faisant preuve de mesure, bien qu'appliquant la Charia et poursuivant son programme nucléaire qui, il faut le rappeler, fut engagé par le “fréquentable”
Khatami.

Depuis l’annonce de l’adoption du fameux texte… les journalistes semblent avoir déserté Genève. La conférence contre le racisme continue cependant. Les diatribes à la tribune n'ont pas cessé.
Et les ONG qui n’ont pas eu de forum, celles qui se sont déplacées parfois de loin pour faire entendre les voix des victimes n’auront aucune caisse de résonnance.
Les gesticulations des Etats leur auront volé leur conférence pour des enjeux géo-politico-économico-stratégiques, ayant peu à voir avec le racisme et les discriminations.

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03 octobre 2008

La Suisse n'a rien contre le Hezbollah

La Suisse a plus d'un tour dans son sac. Et cette fois elle affirme qu'elle n'a rien contre le Hezbollah et ne voit "aucun problème" à entretenir de bonnes relations avec le mouvement de Dieu, bras de l'Iran au Liban.

Est-ce pour effacer les "gaffes" de sa Ministre des affaires étrangères Micheline Calmy Rey - qui prétendait pouvoir dialoguer avec Ben Laden (voir le remarquable article de Charles Malou sur les compromissions suisses "La Suisse se voile à Téhéran, se couche à Tripoli et se réveille du côté de Ben Laden" - que les représentants du gouvernements suisse sont si complaisants à présent à l'égard du Hezbollah ?

Quoi qu'il en soit, voilà le nouveau lapin sorti du chapeau de la diplomatie helvète.
Pour Micheline Calmy Rey, seul Al-Qaida est sujette à caution puisque c'est la seule organisation condamnée et considérée comme terroriste à l'ONU. Par ailleurs, elle affirme que son pays" ne suit pas de recommandations autres que celles qui émanent des Nations Unies en la matière"
Cette déclaration est en parfaite contradiction avec l'attitude de la Ministre qui n'a pas hésité à enfreindre les sanctions imposées par le Conseil de Sécurité, en se rendant en mars 2008, voilée à Téhéran pour y établir un contrat gazier.

Dans un article publié sur Swissinfo, le Cheikh Naïm Kassem, un des fondateurs du Hezbollah, dans un entretien exclusif avec le correspondant suisse au Liban, se présente comme un homme formidablement modéré.

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19 septembre 2008

La Suisse se voile à Téhéran, se couche à Tripoli et se réveille du côté de Ben Laden

Mars 2008, la Ministre des Affaires étrangères suisse, Micheline Calmy Rey, se rend à Téhéran pour signer un contrat gazier de plusieurs milliards de dollars,  l’obligation de porter le voile constituant  « une question secondaire par rapport à l’intérêt de la mission diplomatique» pour l'ambassadrice de Suisse  Livia Leu Agosti.

Eté 2008, Hannibal Kadhafi, fils cadet du dictateur libyien, est arrêté à Genève avec son épouse, après que leurs domestiques eurent porté plainte à la suite de maltraitances extrêmes. Un véritable feuilleton à rebondissement, où la Suisse fait profil bas, et où Jean Ziegler (nouveau membre du comité consultatif des droits de l'homme du CDH) cherche à apaiser les choses en faveur de son ami le colonel Khadafi.

Septembre 2008, Micheline Calmy Rey dit qu'il faut rechercher le dialogue sans discrimination, même avec Ben Laden. Le journaliste de l'AFP qui a rapporté cette proposition dans une dépêche, se voit attiré les foudres de la chef de la diplomatie helvétique. Elle n'a pas hésité à se plaindre à Bernard Kouchner et a tout bonnement demandé des sanctions à l'AFP à l'encontre du journaliste. Espérons que Reporter sans frontières s'indignera de ce type de pratique qui fait honte à la démocratie et la met en péril.

Charles Malou, revient sur cette triple saga dans un long article qu'il m'autorise à publier in extenso

Micheline Calmy-Rey, la ministre suisse des affaires étrangères, persiste et signe. En mars 2007, en visite à Téhéran pour la signature d’un contrat gazier, elle avait suscité l’indignation des féministes iraniennes en se faisant photographier, voilée et tout sourire, aux côtés du président Ahmadinejad sous un portrait géant de l’ayatollah Khomeyni. Maintenant, elle vient de nommer une femme, qui a d’ores et déjà fait savoir qu’elle se soumettra au rite du voile islamique, comme ambassadrice de Suisse en Iran. L’envoi d’une femme dans un pays dominé par les hommes aurait pu être un signe en faveur de l’égalité, mais encore aurait-il fallu qu’elle-même fût traitée sur le même pied que les autres ambassadeurs. Or, en se pliant à cette contrainte de soumission de la femme, imposée par les intégristes, la diplomatie helvétique pêche par excès de zèle, allant même au-delà de ce que les mollahs pouvaient exiger d’elle.

Interrogé par le quotidien « La Liberté » de Fribourg lors des remous provoqués par l’accoutrement de la ministre suisse à Téhéran, un journaliste iranien d’une publication officielle avait dit apprécier le geste, tout en reconnaissant que « rien dans le protocole ne force une personnalité étrangère non musulmane à se couvrir la tête ». D’ailleurs, la pusillanimité de Mme Camy-Rey avait été vivement critiquée par Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, qui lui avait reproché de s’être intéressée aux seuls accords commerciaux sans mentionner une fois les droits de l’homme, et encore moins ceux de la femme, à Téhéran.

Dans des déclarations à la presse, la future ambassadrice de Suisse, Livia Leu Agosti, a fait valoir que l’obligation de porter le voile constitue pour elle « une question secondaire par<rapport à l’intérêt de la mission diplomatique. » Comme sa ministre, elle respectera donc une loi iranienne… qui ne s’applique pas à elle, sans trop se soucier que c’est également dans la loi que sont inscrites toutes les discriminations entre hommes et femmes en Iran. Sans oublier les châtiments corporels, comme la lapidation ou les amputations, ni les exécutions de mineurs ou encore la peine de mort pour blasphème.

… SE COUCHE A TRIPOLI …

La ministre suisse des affaires étrangères a également adopté un profil bas dans le bras de fer avec la Libye depuis le scandale provoqué à la mi-juillet dans un palace de Genève par le fils cadet du colonel Kadhafi.
suite........LA_SUISSE_SE_VOILE_A_TEHERAN_1_

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13 mai 2008

Oyez les femmes, la Suisse nous plante un couteau dans le dos

olympe

Comme il est dur de défendre les droits universels, de lutter pour les droits des femmes dans l'universel, de combattre l'oppression des femmes, et de voir ainsi l'instrumentalisation des droits des femmes contre l'universel

Nous n'avons pas cessé de crier depuis Olympe de Gouges jusqu'à  nos jours, pour  l’inclusion des femmes dans l'universel.
Même si nous n'en faisions pas partie, même si les lois étaient faites par les hommes jaloux de maintenir leurs privilèges sexués au sein des démocraties héritières des lumières, nous revendiquions l'universel, comme seule lumière.
Le chemin demeurait encore long mais nous y croyions, et vaillamment forgions ce que nous rêvions de notre futur.
Devant nous, à chaque étape se dressaient les forteresses de préjugés, plus fortes que toutes les prisons législatives.

Il fallait tout inventer, tout recréer, tout déconstruire, tout analyser, décortiquer, reconstituer.
Ni sexe faible,  ni victimes. Autodéterminées et  toujours - malgré les avancées palpables et visibles depuis l'accès au suffrage jusqu'au droit à l'avortement- encore opprimées, réduites à notre sexe, objétisées, scindées.

Nous portions en nous cette utopie, l'universalisme plus fort que tout, dans un monde que nous voulions résolument positiviste. Nous nous battions pour être pleinement sujets, égales de nos frères... les hommes. 
Femmes sujets, femmes pensantes , et non pas savantes comme on est chienne savante, parties prenantes du politique, non catégorisables... Oui nous rêvions de cette humanité non morcelée, non relativisée, un jour réconciliée.

La tache était transversale et nous nous battions, acrobates, bondissant d'un sujet à l'autre.
Certains dans les hautes sphères du politisme consensuel, appelaient cela le "gender mainstreaming". Rendre la question des femmes transversale à tous les sujets étant une manière le plus souvent de la faire disparaître.

Comment être présentes partout à la fois, revendiquer la justice et l'égalité, et refuser l'arbitraire catégorie. Certaines n’en finissaient pas de tourner le problème dans tous les sens. D’autres partaient à l’action. Nous étions de toute façon complémentaires. Il y avait les visibles et les moins visibles.

Il y a quarante ans, les femmes brûlèrent leurs soutiens gorges dans les mouvements de libération, comme jadis leurs grand-mères jetaient leur corset.
Puis l'industrie du sexe commença à se développer, devenue symbole de la libération sexuelle des femmes.
Les proxénètes avaient su avant tous les autres recycler très vite les slogans féministes.
Les femmes exploitées défendaient désormais les privilèges sexuels masculins au nom « du droit à disposer de son corps ».
Durant vingt ans, on nous balançait qu'il était légitime de demander plus de droit. A force, le mot droit si beau avait perdu tout sons sens. 
Droit à toutes les sauces, même droit à l'oppression. 
Toujours plus de droits pour être libres d'être abusées, plus de droit pour être payées pour le désir "irrépressible" des hommes.
Surtout, il ne fallait pas affirmer notre droit sexuel le plus élémentaire, le droit au désir... et nous ne devions même pas revendiquer le droit universel au désir bilatéral.

Pour faire passer la pilule, (si l'on peut dire), on qualifiait les femmes qui revendiquaient le droit au désir - donc opposées à la sexualité marchande - de femmes coincées rétrogrades faisant pacte avec l'église.
Bizarre comme argument ! C'est aussi pour cette raison que les démocrates laïques refusèrent le droit de vote aux femmes après la première guerre mondiale. C’est pour cette raison que l'on refusa la scolarisation des filles à la fin du XIXème siècle.
Les femmes auraient-elles une prédisposition  naturelle à pactiser avec les obscurantismes ?

Les hommes avec un petit h, (puisqu'avec un grand H, cela intègrerait les femmes), doivent avoir sans doute une conception plus aboutie de l'universel.  Les femmes après tout sont si futiles !

Nos détracteurs nous balançaient aussi que nous étions "mal baisées", "hystériques" et, crime entre tous les crimes forcément "lesbiennes américaines" qui haïssaient les hommes.   Après la chasse aux communistes "au couteau entre les dents", était venu le temps de la stigmatisation « des sorcières », aux ciseaux entre les dents.
Nous empêchions décidemment les hommes de s’amuser à réfléchir en rond.
Vieilles acariâtres de Lucky Luck avec un parapluie rageur cherchant l’ivrogne de mari dans le saloon, puis Bonnemine d’Asterix avec son rouleau à pâtisserie, rien ne nous aura été épargné.

Il y a dix ans, les femmes se mobilisèrent avec plus de vigueur pour un langage non sexiste.
On nous brandit alors l'universel à toutes les sauces.

Les femmes chicanent tant. Droits Humains, c'est un adjectif, comme droit animal. C'est anglo-saxon donc par essence non universel puisque seule la France incarne la marche des lumières.   
Pauvre Olympe ! Combien de fois ta tête sera-t-elle ainsi tranchée ?

En attendant donc à l'ONU, pour parler
des Droits de l'homme des femmes..., on nous dit droits "sexospécifiques".
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas très envie, qu’on ne voit pas où se cache l’universel dans ce terme, et en entendant ce vocable, on a vite envie de retourner à nos broderies.

Nous revendiquions plus de représentation politique. On nous demandait d'être patientes, que la juste machine du temps, le juste mouvement de l'histoire, l'histoire forcément juste et dynamique et imperturbablement progressiste allait à n'en pas douter faire bouger les lignes.
Mais malgré la loi sur la parité, au pays des Droits de l’Homme, les hommes avec un petit h préférèrent mettre la main au porte monnaie et empêcher les femmes d’être
Homme politique.

Alors certains eurent cette idée géniale, rendre les femmes visibles dans les sphères du pouvoir - ministres, ambassadrices - mais laisser les choses inchangées. Rien de mieux pour faire taire plus de la moitié de l’humanité. Quelques portes drapeaux féminins et le tour est joué.
L’Iran, le Pakistan,
le Bahrein ne s’y sont pas trompées. Voilées, parlant un anglais parfait, modestes et déterminées, une image parfaite des femmes libérées à l’ONU.
De la mesure, du doigté, vive l’universalité de la charia.

L’image des femmes a toujours été utilisée. Vendre une voiture ou un programme politique, quelle différence ?
Aujourd’hui en France, nous n’avons jamais eu autant de femmes ministres, et pas seulement ministre de la famille. Non de vrais titres comme Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Ministre de l’économie, de la Culture… mais les services des droits des femmes si essentiels créés par Yvette Roudy il y a plus de vingt ans sont démantelés, disparaissent dans l’énorme machine à engloutir le n’importe quoi de la Cohésion sociale.

A la Ligue des Droits de l'Homme avec un grand H, on s'intéressait au sort de toutes les minorités visibles. Et pour la LDH, bien que les femmes constituaient plus de 50% de l'humanité, elles étaient une minorité visible parmi d'autres.
Les minorités des minorités, parmi les minorités visibles, les femmes prostituées et trafiquées.

On revendiquait plus de droits pour elles, le droit d'être  achetées, objétisées sexuellement, pénétrées sans désir, humiliées... dans de bonnes conditions.
La prostitution devenait une "orientation sexuelle".
Désormais, en plus de "mal-baisées", grenouilles de bénitiers, nous devenions de surcroît "homophobes" !

Robert Badinter - qui animait les célébrations du cinquantième anniversaire de la déclaration universelle il y a dix ans, cette grande conscience des temps où l’on croyait en un futur glorieux, qui avait aboli la peine de mort - s'était opposé en 2002, au projet de loi pour la pénalisation des clients de mineurs. Il s’était exclamé au Sénat :
"Pour quelques instants d'insouciance, briser la vie d'un homme et de sa famille !"

Que valait pour l’illustre avocat la vie d'une femme mineure abusée sexuellement ? Que valait son futur de femme ? Certainement moins que celui d'un homme qui avait été "insouciant quelques instants", certainement moins que sa réputation et "sa famille".

Alors les femmes, celles qui croyaient en l'universel incluant les droits des femmes, celles qui ne voulaient pas être enfermées dans la sphère de la famille, revendiquant une sexualité autonome, et assumant de toutes leurs forces le droit au désir, le droit de ne pas être abusées, le droit de ne pas être victimisées par les "pulsions irrépressibles" et "l'insouciance ponctuelle" des hommes aux commandes du politique, n'avaient plus qu'à se taire face au Grand Homme, figure de l'universel.
Les hommes publiques, majoritaires en politique, assumaient à présent leur droit d'abuser les femmes publiques mineures

D'ailleurs la philosophe universaliste, Elisabeth Badinter, répondit sans détours aux "prudes, lesbiennes, hystériques, américaines, mal baisées, homophobes" . Elles faisaient "fausse route".  Tout simplement. Elles se plaçaient dans une posture de victimes. 

Comme d'autres, j'avais beaucoup écouté, beaucoup voyagé, en France et ailleurs, j'avais entendu des centaines de femmes qui marchaient la tête haute, jamais pleurnichardes, toujours dignes, mais meurtries à jamais par le traumatisme que constitue le fait d'avoir été des morceaux de viandes pénétrés encore et encore par des  centaines de corps masculins que l'on ne désire pas.

De doctes docteurs du CNRS nous rétorquaient alors : quelle différence y a-t-il avec le mariage, l'enfermement du mariage, le viol conjugal ?

Au moins les femmes prostituées libres, sont libres de l’unique homme dominateur, nous disaient certaines chercheuses qui à présent insinuaient que les hommes avaient perdu leur repères.
Pauvres abuseurs, victimes de leurs « irrépressibles besoins ».  Elles sont libres, libres, libres, entendez vous pauvres inconscientes coincées ! Elles aiment le sexe.  L'humanité se partageait désormais entre celles qui aiment le sexe et les autres, les "pro-sexe" et les "anti-sexe".

Les humanitaires qui avaient fréquenté les bordels dans les zones de conflits, ou les touristes nous affirmaient même, qu'il y avait des prédispositions sexuelles en fonction de telle ou telle origine. Donc les femmes qui s'étaient battues pour les lumières de l'universel n'entraient pas dans la case "sexualité", cela ne faisait pas partie de leur culture sans doute.

Il y avait celles et ceux qui nous parlaient d’oppressions plus grandes ailleurs pour nous faire taire sur les oppressions et violences ici. Burqa contre traite des femmes, que choisissez vous ?
Il fallait maintenant que l’on se taise sur l’injustice que nous subissions ici. Parce que d’autres femmes ailleurs, avaient moins de droits que nous ici, nous devions  dire merci. Les feministes étaient décidemment insatiables...elles en voulaient toujours plus.

Est-ce parce que les prisons chiliennes étaient plus cruelles que les prisons françaises, que les défenseurs des droits de l'homme allaient baisser les bras contre les enfermements arbitraires et la torture pratiquée en France?
Non,  pour la Ligue des droits de l'Homme et autres Amnesty nationales et internationales, c'était un principe. L'universalité avait toujours rimé avec "non sélectivité".

Et puis vint l'offensive antiraciste, après la porno chic et choc, débarquèrent les mêmes arguties sur le voile, foulard, bandana et Burqa. Il fallait donner le choix aux femmes, libres de choisir, libres que leur corps tout entier caché soit réduit à un sexe. 

Au nom de l'universalité et du droit des minorités visibles, il fallait  revendiquer le droit des femmes à se couvrir la tête.
Et comme jadis, la Ligue des droits de l'Homme brandit alors l'étendard de la lutte contre les discriminations.
La même qui au nom de l'universalité, ne pliait jamais  sur le mot HOMME
, qui parfois renvoyait aussi
les femmes dans la catégorie des handicapés et des immigrés, organisait des séminaires non mixtes pour préserver la pudeur des femmes qui revendiquaient le droit de cacher leur corps de la tête aux pieds.

Et puis vint
Micheline Calmy Rey, la diva des droits humains, la sauveuse de l’ONU, l'apôtre de l'universel, celle qui se voile et fait de juteux marchés avec Téhéran et organise des bordels bien propres dans les grandes villes suisses...

Elle vient d'annoncer aujourd’hui à l’ONU qu'elle ferait la promotion d'un langage non sexiste et se battrait pour la représentation des femmes en toutes circonstances.

Peut-être que grâce à la Suisse, Droits humains pour lequel nous nous sommes tant battues va remplacer droit de l'Homme ?
Après avoir blanchi l’argent de la mafia russe, l’argent de tous les dictateurs, les pétrodollars dans les comptes fermés suisses, la Suisse recycle l'universel et les droits des femmes. Oh douce Suisse… neutre jadis, complice de tant et tant de crimes passés, tu as entendue la voix inspirée et tu t'es engagée pour l’humanité, pour l’humanité des femmes.

Plus de deux cents ans de rêves de lumières pour ça ?

Le futur des femmes et de l'universel semble si fragile soudain.....

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08 mai 2008

Sainte Suisse, boutez les méchants hors des droits de l'homme !

suiise_1_7_maiAujourd'hui, c'était au tour de la Confédération helvétique de passer l'examen périodique universel .
Micheline Calmy Rey, Cheffe du département fédéral des affaires étrangères, croit plus que jamais en sa mission salvatrice. Celle que certains médias comparent à une Jeanne d'Arc des temps modernes n'a pas lésiné sur les moyens pour prouver son attachement à la cause des droits humains, et sa passion pour l'ONU qu'elle n'a intégré qu'en 2002.
Elle a fait un lobbying jamais égalé pour l'élection du citoyen helvète Jean Ziegler,un des experts les plus controversé de l'ONU, en raison de ses amitiés avec des dictateurs de tout poil.
Elle n'a pas hésité à se rendre voilée à Téhéran pour signer un contrat gazier, bravant les sanctions du Conseil de Sécurité imposées sur la République islamique d'Iran.
C'est dire si cette féministe à la mode suisse a fait le bonheur aujourd'hui des "distingués" membres du Conseil des droits de l'homme.
Tous on salué son rapport, son engagement en faveur des droits humains, et l'Iran a dit combien son pays était heureux de cette proche coopération depuis tant d'années. Inspirée par tant de louanges, la Suisse a bien l'intention de devenir tête de file de la croisade pour l'universel, le dialogue, l'accomplissement de la paix entre les peuples.
L'ambassadeur Algérien, Idriss Jazeiry - par ailleurs président du Ad hoc comité sur les normes complémentaires sur le racisme, et promoteur de la nouvelle définition de l'antisémitisme, n'a pas pu cacher ses sentiments de piété face à celle qui est en train de devenir l'icône Calmy Rey.

"Permettez moi de dire combien j'étais ému par moment par la présentation d'une grande sincérité de son excellence Madamesuisse_7_mai Micheline Calmy Rey, Conseillère fédérale suisse. Nous nous félicitons de l'attachement de la Suisse que Madame Calmy Rey symbolise avec brio, au multilatéralisme, notamment au plan humanitaire et à la promotion des droits de l'homme.
Nous sommes désireux de voir la Suisse exercer un leadership moral dans le domaine de la lutte contre le racisme, de par son ouverture sur l'universel en tant qu'Etat hôte des Nations Unies."

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29 mars 2008

Est-ce pour obtenir une voix de plus que Jean Ziegler a fait machine arrière sur les bio-carburants ?

Le 26 mars, les 18 experts du Comité Consultatif ont été élus (si l'on peut parler d'élection pour certains groupes) au CDH. En effet, pour le groupe Afrique composé de 5 membres, il n'y avait pas plus de 5 candidats, idem pour les 5 experts du groupe Asie. Pour le groupe Amérique latine et caraïbe, le Brésil s'était retiré à la dernière minute, la désignation des 3 experts s'effectua du coup sans vote. Un vote fut donc nécessaire pour le groupe Europe orientale, qui a désigné haut la main l'Azerbaïdjan (membre de l'OCI) et la Fédération du Russie, contre la Croatie et la Pologne. Pour l'Europe de l'Ouest et autre où l'on assista à une vraie compétition pour l'élection des 3 experts parmi 8 candidats, Jean Ziegler fut élu avec 40 voix sur 47 malgré de nombreuses protestations ! Le retrait du Brésil a certainement profité à Cuba.
Était-ce le prix à payer par le plus grand pays d'Amérique du Sud pour que Ziegler fasse machine arrière sur son projet de moratoire sur les bio-carburants ? Ou bien aurait-il eu ainsi le vote du Brésil ? C'est ce que suggère Michel Bührer dans son article "Ziegler fait un geste pour les carburants verts"

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25 mars 2008

LE DOUBLE JEU DE JEAN ZIEGLER

Jean Ziegler, l'ancien rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation brigue un poste dans le nouvel organe du Conseil, le Comité Consultatif des droits de l'homme. Cet homme au passé sulfureux est-il le mieux placé pour représenter le groupe Europe ? C'est en tout cas ce que pense la Suisse qui ne ménage pas son lobbying auprès des gouvernements.


Merci à Charles Malou de nous autoriser à mettre en ligne ce texte rédigé à partir de plusieurs articles publiés dans "
l'Hebdo" de Lausanne. Dans les archives du Monde, il est possible de retrouver des articles datant des années 1990 consacrés à Jean Ziegler.


En 1986/1987, le candidat de la Suisse au nouveau comité consultatif des droits de l’homme avait publié deux versions d’un ouvrage écrit avec un apparatchik soviétique, l’une dans la ligne du Kremlin pour les lecteurs russes, l’autre adapté par ses soins pour le public occidental. A l’époque, la presse suisse avait dénoncé cette supercherie ; aujourd’hui, dans la brochure officielle de soutien à sa candidature, ce livre gênant a disparu de sa bibliographie.

            

Tranchant avec son habituelle retenue, la Suisse s’est dépensée sans compter pour promouvoir la candidature de Jean Ziegler au Comité consultatif des droits de l’homme de l’ONU. Alors que la ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey s’est personnellement investie dans cette campagne, l’ambassadeur helvétique auprès des Nations unies à Genève, Blaise Godet, a mené un intense travail de lobbying afin de persuader les membres du Conseil de voter en faveur du poulain de son pays. Dans une démarche tout à fait inédite, la Suisse est allée jusqu’à publier une brochure sur papier glacé aux couleurs nationales vantant les mérites et les qualifications exceptionnelles de l’intéressé. Quitte à passer sous silence les aspects les plus déplaisants de ce candidat fortement controversé.

Ainsi, une abondante bibliographie relate ses moindres écrits, mais omet soigneusement de citer un ouvrage de Jean Ziegler  écrit conjointement an milieu des années 1980 avec un apparatchik de l’Union soviétique, Iouri Popov. Pourtant, ce livre commandité par le ministère soviétique des affaires étrangères avait suscité quelques remous et même une certaine indignation dans la presse suisse lors de sa publication en 1986. Fruit de trois semaines de conversations dans la capitale soviétique en septembre 1985 entre les deux auteurs, ce livre a donné lieu à une première publication par les Editions du Progrès de Moscou. Comme Jean Ziegler l’a reconnu dans une préface à l’édition russe, une seule condition lui avait été posée par ses commanditaires, qu’il « n’avance aucun argument touchant à la souveraineté de l’Union soviétique ». Il en résultait un texte d’une grande complaisance envers la politique de l’Union soviétique. A tel point que son éditeur français, Le Seuil, avait refusé de le publier. Finalement, le livre de Jean Ziegler et Iouri Popov est sorti en français chez un petit éditeur, Favre, de Lausanne, sous le titre « Dialogue Est-Ouest », mais dans une version corrigée et avec des critiques adressées à la politique de l’URSS absentes de l’édition russe.

Sous le titre « Jean réveille-toi, Ziegler est devenu fou », le magazine suisse  « L’Hebdo »avait soigneusement recensé dans son numéro du 14 mai 1987 les nombreuses modifications apportées par l’auteur d’une version à l’autre sans avoir pris la peine de les signaler à son éditeur et encore moins au lecteur. Interrogé sur sa rigueur scientifique et intellectuelle, Jean Ziegler avait répondu avec candeur : « J’aime mieux avoir les mains sales, car seuls ont les mains propres ceux qui n’agissent pas ». Dans la brochure qu’elle lui consacre, la Suisse se dit convaincue que son candidat répond entièrement aux exigences d’une « haute moralité » et saura « faire preuve d’indépendance et d’impartialité » en cas d’élection. Ce qui reste encore à démontrer…

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21 mars 2008

La Suisse, toujours à l'avant garde des Droits Humains

350728_origVoilà tout juste cinq ans, le 3 mars 2002 que la Suisse est devenue membre de l'ONU. Et elle n'a pas chômée, prenant un rôle des plus actifs dans les réformes engagées par l'ancien Secrétaire Général Kofi Annan.
Trés impliquée dans le processus de création du Conseil des Droits de l'Homme en 2005, membre du CDH, elle a prôné tout dernièrement des droits humains
"à la carte" . Dans la perspective des célébrations du 60ème anniversaire, elle a organisé le 5 mars au CDH une table ronde portant sur "les droits humains et les objectifs volontaires" .

Aujourd'hui, Micheline Calmy-Rey, la conseillère fédérale
(Ministre des affaires étrangères) aimerait bien remplacer
Louise Arbour au poste de Haut Commissaire. Bien que cette désignation reste plus qu'improbable, elle compte néanmoins sur le soutien indéfectible du rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation; Jean Ziegler, qui fut ovationné le 11 mars  par le Zimbabwe, l'Iran, Cuba, le Venezuela, l'Algérie.... après la présentation de son dernier rapport.

Violant les décisions de sanctions contre l'Iran du Conseil de Sécurité en raison de la poursuite du programme nucléaire iranien, Micheline Calmy Rey s'est néanmoins rendue à Téhéran, la tête couverte d'une mousseline de soie blanche, pour signer le 18 mars un contrat de gaz qui
s'élèverait entre 13 et 18 milliards d'Euros.
Du côté des féministes iraniennes, c'est  la stupeur.

Allons ! Ce  n'est pas la première fois qu'une femme ayant un poste à hautes responsabilités adopte ce signe de respect et de soumission à l'endroit du régime iranien. Avant elle il y eut
Louise Arbour en septembre 2007, Yakin Ertruk, la rapporteure spéciale sur les violences faites aux femmes en janvier 2005, et Mary Robinson, Haute Commissaire aux Droits de l'Homme pour la réunion préparatoire en février 2001 à Téhéran de la conférence mondiale contre le racisme à Durban en août 2001.

Posté par Malka Marcovich à 11:29 - Liaisons dangereuses - Commentaires [0] - Permalien [#]
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