Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

19 juin 2009

Le 3eme cycle du Conseil des droits de l'homme s'achève sur de nouvelles régressions

Voilà tout juste trois ans que le Conseil des droits de l'Homme naissait avec tambours et trompettes. On nous promettait une ère nouvelle vers un futur glorieux. Malheureusement le nouveau Conseil a accéléré encore le processus délétère (voir Les Nations désunies) à l'œuvre depuis un certain nombre d'années que Claude Levenson et Jean-Claude Buher avaient été les premiers à dénoncer en 2003.(voir "l'ONU contre les droits de l'homme" Mille et une nuits, 2003). 

Aujourd'hui 31 ONG dont Human Right Watch et Amnesty International, qui refusaient d'y croire ou qui s'étaient tues jadis face à certaines dérives, semblent s'inquiéter et ont interpellé le Présidente du Conseil.    
   
En effet, la 11ème session du CDH  qui a commencé le 2 juin pour se terminer le 18 juin a encore d'avantage ouverte la béance dans laquelle les droits humains continuent leur chute vertigineuse. La rhétorique totalitaire se peaufine ;  les libertés individuelles, la liberté d'expression sont mises à l'indexe, quand elles ne sont pas redéfinies ou recyclées pour les vider de toutes substance...

Durant la session, plusieurs rapporteurs spéciaux ont été accusés de ne pas respecter le fameux code de conduite, qui les place depuis un an sous la tutelle du CDH et leur enlève toute indépendance. Philip Alston, Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires fut particulièrement attaqué lors de la présentation de son rapport sur le Kenya. Franck La Rue Lewy, rapporteur spécial sur la liberté d'expression n'a pas non plus été épargné; il lui a été reproché de ne pas avoir respecté les termes de son nouveau mandat, à savoir rapporter les cas où la liberté d'expression constitue une atteinte contre les religions.    
Aussi une résolution présentée par Cuba a été adoptée qui réaffirme le fameux code de conduite et demande auxrapporteurs spéciaux de s'y conformer.    
   
Le groupe de travail intergouvernemental sur le suivi de Durban a été reconduit. Deux membres du Conseil appartenant au groupe Europe de l'Ouest, le Canada et l'Italie (qui parlait aussi au nom des Pays Bas) se sont dissociés du consensus, conformément à la position qu'ils avaient adoptée pour Durban 2. L'Allemagne qui avait refusé de participer à la conférence de Durban 2 a en revanche endossé cette résolution, affirmant que désormais elle soutenait le texte de Durban 2. 

L’Egypte qui dirige le groupe africain, a voulu présenter une résolution pour la suppression du rapporteur sur le Soudan. L'Ouganda,  a eu le courage de se confronter à l'Egypte s'insurgeant contre la manière dont le représentant du Caire prétendait parler au non d'un consensus africain et dénonçant le manque de transparence dans la prise de décision. Du coup, l'Egypte a du se rétracter et présenter la résolution seulement en son nom. Le représentant egyptien a vertement tancé l'ambassadeur d'Ouganda, insinuant avec mépris que ce dernier ne participait jamais aux réunions du groupe africain. A sa suite, le Soudan a exprimé tout le dégout que lui inspirait la posture ougandaise.   
C'est ainsi que l'’Union européenne a pu proposer une série d’amendements sur cette résolution, dont le renouvellement du mandat sur le Soudan pour une année. Ces amendements ont été approuvés à une très courte majorité (21 voix contre 20). La Zambie et l’île Maurice se sont prononcées pour ; le Ghana, le Sénégal (qui préside par ailleurs l'Organistation de la Conférence Islamique), le Burkina Faso et le Nigeria se sont abstenus. Cependant, pour obtenir cette faible victoire, l'Union européenne a été obligée de proposer le titre "d'expert indépendant", qui a beaucoup moins de prestige et de poids que celui de "rapporteur spécial" qui implique l'existence d'une situation d'urgence.    
   
L'examen périodique universel a  donné lieu à un autre grand moment de la mascarade onusienne. Plusieurs pays dont l'Arabie Saoudite ou Cuba avait fait venir en nombre des fausses ONG pour faire l'éloge de leur gouvernement. Seules 10 ONG sont autorisées à intervenir lors du rapport de l'examen périodique universel des pays. Aussi la Havane a su prendre les devants et la liste des orateurs a été complétée avant même l'ouverture de la salle du Conseil, les ONG pro-castristes ayant pu pénétrer dans les bâtiments de l'ONU avec l'aide de diplomates dés 6h30 du matin le 9 juin afin de remplir la fiche d'inscription. 
   
Durant les trois semaines de la 11ème session, les thèmes qui se développent depuis trois ans contre les droits universels et qui finissent à la longue par devenir lancinants ont continué à creuser leur sillon :  la diffamation des religions, la focalisation sur Israël, la censure sur tout autre thème, la légitimation du terrorisme ou nom de l'autodétermination des peuples, la négation de la sexualité hors mariage pour les femmes, la condamnation de l'avortement, le refus de se pencher sur les systèmes discriminatoires à leur égard,  la mise au banc de l'homosexualité, la valorisation des pratiques traditionnelles et culturelles etc... tout cela, au nom du droit des peuples à la paix et à une vision lénifiante du monde où les libertés individuelles sont sacrifiées.   
   
Le 4ème cycle du Conseil a débuté le 19 juin avec l'élection de l'ambassadeur de Belgique Alex Van Meeuwen à la Présidence (c'était au tour du groupe d'Europe de l'Ouest d'assumer la Présidence du CDH) avec comme rapporteur l'ambassadeur d'Egypte Hisham Badr
L'ambassadeur de Belgique avait été vice-président du comité préparatoire de Durban 2, présidé par la Libye, aux côtés de la République islamique d'Iran, du Pakistan etc... Autant dire que les pays autoritaires qui composent la majorité du CDH ont appris à le connaître durant ces 14 mois de capitulation des démocraties



06 juin 2009

Alors qu'Hillary Clinton rit au Caire, les droits des femmes pleurent à Genève

610x 4 juin 2009, Caire- Genève.
Hasard du calendrier. Tandis que le Président Obama était en visite religieuse au Caire et se prononçait en faveur du "droit des femmes à choisir le voile", et tandis que la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton visitait  la Mosquée du Caire à ses côtés, voilée "ostentatoire" immortalisée par les caméras et photographes, au même moment au Conseil des droits de l'homme se déroulait une journée de discussion consacrée  aux droits desfemmes.   

Les pays européens, le Canada, l'Australie et le Chili notamment avaient défendu l'idée de créer un nouveau mécanisme visant à se pencher sur les lois discriminatoires à l'encontre des femmes.    

Mais l'opposition de la l'Organisation de la conférence islamique fut sans appel. Le Pakistan
au nom des 57 membres argua que cela créerait un mécanisme qui serait contre productif par rapport aux instruments déjà existants. (Cet argument est pour le moins sidérant lorsque l'on connaît la multitude de mécanismes qui ont été créés, redondant et s'annulant les uns les autres.)

Islamabad mit surtout en avant le fait qu'il fallait respecter les traditions et cultures, et que pareil mandat porterait atteinte à la vision universelle qui doit respecter la diversité culturelle et ses complexités religieuses et culturelles. 
A sa suite, plusieurs pays de l'OCI soutinrent le Pakistan, tel le Qatar, le Yemen etc...


Le Bahreïn se posa en modèle, démontrant combien le code de la famille basé sur la Charia était
à l'avantage des droits des femmes dans le pays.

La République islamique d'Iran
avança que le renforcement de la famille permettrait de lutter contre la violence domestique et l'exploitation sexuelle, la chasteté étant essentielle pour lutter contre la traite et la victimisation des femmes.      
image

L'Algérie
rappela qu'il fallait respecter les particularités nationales.   


La représentante "voilée" de l'Egypte affirma que les seules discriminations existantes étaient l'accès au marché du travail, et qu'un nouveau rapporteur sur les lois qui discriminent les femmes politiserait le débat et porterait atteinte aux travaux du CDH. 

Posté par Malka Marcovich à 06:39 - Conseil des Droits de l'Homme - Commentaires [0] - Permalien [#]
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03 juin 2009

La liberté d'expression du rapporteur spécial sur la liberté d'expression contestée au Conseil des droits de l'homme

Le nouveau rapporteur spécial pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'expression, Frank La Rue Lewy a présenté son premier rapport le 2 juin lors de la 11ème session du Conseil des droits l'homme. Son mandat avait été redéfini dans le cadre des réformes de l'ONU et des mandats des rapporteurs spéciaux.   

Malgré son évidente bonne volonté à ménager la chèvre et le choux, et même à valoriser le résultat de Durban 2 qu'il considère comme marquant "l'aube d'une ère nouvelle dans la lutte contre la discrimination raciale", il fut cependant la cible de nombreuses critiques car il n'avait pas abordé dans son rapport "les cas où la liberté d'expression constitue un acte de discrimination raciale ou religieuse". 
Et cela malgré le fait que dans son rapport, il ait mis en exergue la notion de "responsabilisation des médias" (nouvelle formule pour paraphraser la censure) et avoir  lancé une réflexion pour établir un programme de formation sur Internet à destination des journalistes sur les questions de droits de l'homme, de diversité culturelle et de déontologie, afin de responsabiliser les journalistes dans leur travail sur les questions sensibles sur le plan culturel. 

Mais pour certaines délégations, (
Le groupe africain, OCI, Ligue arabe, Inde, Emirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, le Sri lanka, l'Algérie, l'Afrique du Sud, la Malaisie...), son appel à la "responsabilisation" des journalistes et son soutien à Durban 2 n'a pas semblé suffisant.

Ainsi, Cuba a reproché au rapporteur spécial de ne pas avoir évoqué explicitement les questions relatives aux incitations à la haine par la presse et a accusé le rapporteur d'avoir noué des contacts avec des organisations à la réputation douteuse.    

L'Egypte
au nom du groupe africain (puis en son nom propre) a ajouté que le Rapporteur n'avait pas respecté le code de conduite auquel sont soumis les titulaires de mandats, puisqu'il n'avait pas abordé les abus de la liberté d'expression qui favorisent la haine des religions, à savoir la diffamation des religions.       

Dans le même sens le Pakistan, au nom de l'OCI a déclaré que la liberté d'expression n'était pas une liberté absolue
 et que c'était la raison pour laquelle le CDH avait révisé les termes du mandat du Rapporteur spécial sur la liberté d'expression. La diffamation religieuse est un défi du monde moderne et il faut la combattre pour éviter les chocs de civilisation a lancé le représentant de l'OCI.    

La Fédération de Russie
a  dit que Rapporteur Spécial outrepassait les limites de son mandat en étendant son champ d'application.  Il lui a demandé de diriger son travail autour du droit à une information fiable et objective, ainsi qu'à la diffusion responsable des informations par la presse.    

La Chine
mit en avant le principe selon lequel le respect des droits humains passait avant tout par celui des lois des pays, de leur histoire, de leurs traditions et de leurs valeurs morales.       

La Turquie
a dit prendre bonne note de la proposition faite par le Rapporteur visant à développer des formations en ligne sur la liberté d'expression, les droits de l'homme et le multiculturalisme pour les journalistes. Il a  demandé que le résultat consensuel de la Conférence d'examen de Durban, qui affirme que toute incitation à la haine nationale, raciale ou religieuse devrait être prohibée, guide à l'avenir le travail du Rapporteur spécial.    

Le Venezuela
a dénoncé les activités de certains médias privés qui trahissent la noble finalité de leur tâche en tentant de porter atteinte à la paix et à la tranquillité sociale en incitant à la confrontation. De telles campagnes affectent en fait le droit des personnes à une information véridique et impartiale. Il a reproché que le Rapporteur spécial se soit manifesté négativement sur la liberté d'opinion et d'expression au Venezuela, en se basant sur des nouvelles diffusées par ces médias partiaux..    

Le Soudan
a dit que la tolérance supposait non seulement d'accepter l'autre, mais aussi de le comprendre, ce qui est la condition pour éviter les stéréotypes. La liberté d'expression est trop précieuse pour être compromise par la diffamation, la haine ou l'intolérance.       

Le Maroc
a estimé que la liberté d'opinion et d'expression n'est pas un droit absolu: son exercice devrait être optimisé par le nécessaire respect des droits et libertés des autres et de la diversité culturelle, religieuse et civilisationnelle caractérisant notre monde.    

Le Qatar
  a condamné l'égocentrisme culturel
, notamment dans la prise en compte de questions religieuses.    

L'Afrique du Sud
a estimé que le rapport était superficiel
et a rappelé que les droits d'opinions et d'expressions doivent être exercés afin de promouvoir la tolérance interraciale et inter-religieuse.

Plusieurs pays ont soutenu le nouveau Rapporteur spécial et défendu sans conditions la liberté d'expression (la République Tchèque au nom de l'UE, la Slovénie, la France, les USA, le Mexique, le Canada, le Pérou, les Pays Bas). Certains ont été particulièrement éloquents.

Ainsi, prenant la défense du Rapporteur, le Royaume Uni s'est inquiété de certains commentaires formulés lors de ce dialogue interactif, commentaires semblant être en contradiction avec l'indépendance et l'intégrité des titulaires de mandat. 

Le Chili
a rappelé que son pays avait été privé de liberté d'expression pendant dix-sept ans, en même temps que de la jouissance d'autres droits humains. Il a mis en exergue le fait que le niveau d'exercice de la liberté d'expression est un bon indicateur du degré de protection et de respect de tous les droits humains.

Posté par Malka Marcovich à 13:31 - Conseil des Droits de l'Homme - Commentaires [2] - Permalien [#]
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31 mai 2009

Sri Lanka : la faillite de l'Onu

Par Granada

Instrumentalisée par les dictatures, l'ONU a une fois de plus failli au Sri Lanka, comme naguère en Irak après le gazage des Kurdes à Halabja sous Saddam Hussein en l988, à Srebenica en Bosnie-Herzégovine, lors du génocide au Rwanda en 1994, toujours au Darfour et encore au Tibet.
Alors que les combats faisaient rage dans le nord de l'île et que le ministre du bien-être social du Sri Lanka avait lui-même reconnu que "les sources du conflit résident dans des facteurs et des forces qui concernent particulièrement la Conférence de Durban de 2001 et la présente Conférence d'examen, à savoir le racisme", la réunion
de Durban 2 à Genève qui venait d'assister le 20 avril au show négationniste et antisémite d'Ahmadinejad, n'a pas eu un mot pour évoquer le sort des victimes prises entre deux feux au Sri Lanka.
Le 22 avril au Conseil de sécurité à New-York, la Chine et la Russie, appuyées par le Vietnam, la Turquie et la Libye, s'opposaient à une "pause humanitaire", estimant qu'il s'agissait d'une affaire interne au Sri Lanka.
Ce n'est qu'après trente ans de massacres et près de 100.000 morts , une fois le forfait accompli que le mal nommé Conseil des droits de l'homme vient de tenir fin mai une session spéciale sur le Sri Lanka réclamée à grand peine par l'Union européenne, le Canada, la Suisse, l'île Maurice et quelques pays latino-américains. Et le gouvernement de Colombo a réussi le tour de force de faire adopter par 29 voix contre 12 et 6 abstentions une résolution qu'il avait lui-même présentée et dans laquelle le Conseil des DH "se réjouit de l'engagement continu du Sri Lanka en faveur de la promotion et de la protection de tous les droits de l'homme". La résolution se borne à condamner les seules violations commises par les Tigres tamouls.
C'est en vain que l'Union européenne et quelques autres pays démocratiques minoritaires au Conseil de DH avaient tenté d'apporter des amendements en faveur des victimes, demandant notamment le plein accès des humanitaires aux camps de réfugiés et l'ouverture d'une enquête sur les allégations de violations des droits de l'homme.
Figurant avec la Chine , le Pakistan, l'Arabie Saoudite et d'autres Etats du groupe islamique parmi les soutiens les plus actifs du Sri Lanka, Cuba s'est empressé de stopper net ces velléités en faisant voter par la majorité automatique une "motion d'inaction" revenant à empêcher toute discussion et à clore le débat.
Ainsi vont les droits de l'homme à l'ONU où les pays liberticides parviennent à imposer leur loi et à occuper la place sans se préoccuper de considérations morales, tandis que les démocraties baissent les bras ou regardent ailleurs.
Alors qu'à la requête de l'Organisation de la conférence islamique, qui occupe un tiers de ses 47 sièges, le Conseil des DH a déjà consacré cinq réunions spéciales en trois ans d'existence pour stigmatiser Israël, il pourra revenir durant sa session de juin sur Gaza et entendre la mission d'enquête qu'il a créée pour suivre cette question sans commune mesure avec les 20.000 morts de la dernière offensive de l'armée au Sri Lanka. Comme d'innombrables autres victimes ailleurs à travers le monde, les civils tamouls passent par pertes et profit.
Conscient de ces carences, le précédent secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, n'avait cessé de tirer l'alarme. Avant de passer la main en 2007 , il avait enjoint le Conseil de DH de "ne pas concentrer toute son attention sur le conflit israélo-palestinien au détriment d'autres situations tout aussi graves". " A en juger par ce qui se passe au Darfour, ajoutait-il, il semble que nous n'avons pas beaucoup progressé depuis le désastre de la Bosnie et du Rwanda. Comment une communauté internationale qui prétend faire respecter les droits de l'homme peut-elle tolérer que ces horreurs continuent?" avait-il conclu. A voir aujourd'hui la démission de l'ONU au Sri Lanka, sans parler du Tibet réduit au silence, c'est un peu comme s'il avait prêché dans le désert.

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25 mai 2009

Le Sri Lanka : la défaite diplomatique annoncée des démocraties

Le mardi 26 mai se tiendra la 11ème session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme autour de la situation au Sri Lanka.
La tenue d'une session spéciale peut se faire à la demande d'un tiers des membres du Conseil, soit 16 sur 47.
La manière dont une session extraordinaire se met en place illustre on ne peut mieux les lignes de forces politiques au sein du CDH, que ce soit sur la composition des pays qui convoquent ce type de session que sur les résolutions qui en découlent.
Ainsi sur 8 sessions extraordinaires impliquant des violations des droits humains par des pays, 5 sessions concernaient les violations commises par Israël, 1 le Soudan/Darfour, 1 la Birmanie et 1 la République démocratique du Congo. Tandis que les 5 sessions visant Israël purent être convoquées rapidement en raison de l'implication systématique des pays de l'Organisation de la Conférence Islamique qui composent au moins un tiers des membres du CDH, il en fut tout autrement pour les 3 dernières où aucun membre de l'OCI ne se s'est mobilisé.

Il fut impossible d'évoquer la question du Sri Lanka lors de la conférence d'examen de Durban.
Devant la très forte mobilisation d'organisations en Asie
, ainsi que l'inquiétude soulevée par le drame humanitaire et les exactions commises par le gouvernement du Sri Lanka, l'Allemagne, au nom de 17 membres du CDH (Allemagne, Argentine, Bosnie-Herzégovine, Canada, Chili, France, Italie, Maroc, Maurice, Mexique, Pays-Bas, République de Corée, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suisse, Ukraine et Uruguay), est parvenue le 19 mai à demander la convocation d'une session extraordinaire . 
En effet, rien n'était joué, car le 15 mai, Cuba envoyait un courrier au Président du CDH Martin Ihoeghian Uhomoibhi, lui indiquant que le Mouvement des non alignés s'était réuni afin "d'explorer les possibilités d'idées alternatives à la tentative de certains pays de convoquer une session extraordinaire sur le Sri Lanka." En conséquence, ils avaient créé un quartet composé de l'Egypte, de l'Inde, du Pakistan et de Cuba, sensé servir d'interlocuteur au Sri Lanka. 
Le 22 mai, la Suisse présentait une proposition de résolution lors d'une réunion informelle en préparation de la session spéciale, mais elle fut rejetée par une résolution émanant du Sri Lanka lui même, soutenue par l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, la Bolivie, la Chine, Cuba, l'Egypte, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, le Nicaragua, les Philippines, le Pakistan. (A 24 heures de la session spéciale, seule la résolution du Sri Lanka est disponible sur le site extranet de l'ONU)

Cette résolution intitulée assistance au Sri Lanka dans la protection et la promotion des droits humains, (sri_lanka_draft_res)  est tout simplement une ovation à Colombo. Par ailleurs, elle réaffirme le principe de non ingérence dans des sujets qui concernent essentiellement les juridictions internes des Etats.
Le gouvernement  Sri lankais est salué comme un libérateur qui amènera la paix permanente dans le pays, qui a fait le nécessaire pour apporter une aide aux personnes déplacées, et complimenté pour la manière constructive avec laquelle il coopère avec les instances humanitaires.

Durant la session informelle du 22 mai présidée par la Suisse,  le Sri Lanka dénonça la tenue d'une session extraordinaire.
L'Egypte continua dans le même sens, considérant que pareille session était partisane et qu'il aurait été plus pertinent de convoquer une session extraordinaire sur la situation en Palestine, en Afghanistan ou en Iraq.
La Syrie renchérit en indiquant que le pays concerné savait mieux que tout autre ce dont il avait besoin.
Le Chili fut particulièrement éloquent dans la défense de la session extraordinaire, rappelant que les pays à l'origine de cette convocation, avaient tenté de se rapprocher du Sri Lanka pour entamer un dialogue et que le Président du CDH avait même proposé un panel, toutes propositions systématiquement rejetées par Colombo.

Il est à noter que Le Sri Lanka a été membre du CDH de 2006 à 2008.

Posté par Malka Marcovich à 15:58 - Conseil des Droits de l'Homme - Commentaires [0] - Permalien [#]
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12 mai 2009

CINQ NOUVEAUX MEMBRES, DONT LES ETATS-UNIS, ENTRENT AU CONSEIL DES DROITS DE L';HOMME

New York, May 12 2009
Cinq nouveaux membres (Belgique, États-Unis, Hongrie, Kirghizstan et Norvège) ont fait mardi leur entrée au Conseil des droits de l';homme, à l';issue d';élections par l';Assemblée générale de l';ONU visant à remplacer les 18 membres du Conseil dont le mandat arrive à expiration le 18 juin 2009.
Les 18 membres siègeront au Conseil pour un mandat de trois ans prenant effet le 19 juin 2009. Les 13 États réélus devront attendre au moins un an après l';expiration de ce second mandat pour pouvoir se représenter. Candidat ce mardi, l';Azerbaïdjan a perdu les élections au profit de la Hongrie.
Le Conseil des droits de l';homme est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 États qui ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l';homme autour du globe. Le Conseil a été créé par l';Assemblée générale de l';ONU, le 15 mars 2006, avec pour but principal d';aborder des situations de violations de droits de l';homme et d';émettre des recommandations à leur encontre.
Élus à la majorité simple sur 192 votants potentiels, les 47 membres sont choisis « pour le concours apporté à la cause de la promotion et de la défense des droits de l';homme et les engagements pris volontairement en la matière ». L';Assemblée générale pourra, en effet, suspendre le droit de siéger d';un membre qui aurait commis des violations flagrantes et systématiques des droits de l';homme.
Pour les cinq sièges à pourvoir au sein du Groupe des États d';Afrique, le Cameroun (142 voix), Djibouti (141 voix), Maurice (162 voix), le Nigéria (148 voix) et le Sénégal (165 voix) ont été réélus.  Candidat pour la première fois, le Kenya (133 voix) n';a pas été élu. Le nombre des bulletins valides était de 191.
Pour les cinq sièges à pourvoir au sein du Groupe des États d';Asie, le Bangladesh (171 voix), la Chine (167 voix), la Jordanie (178 voix) et l';Arabie saoudite (154 voix) ont été réélus. Le Kirghizstan fait son entrée au Conseil des droits de l';homme (174 voix); la Malaisie n';étant pas candidate à un autre mandat. Le nombre des bulletins valides était de 191.
Pour les deux sièges à pourvoir au sein du Groupe des États d';Europe orientale, la Fédération de Russie (146 voix) a été réélue. La Hongrie (131 voix) fait son entrée au Conseil des droits de l';homme pour prendre la place de l';Azerbaïdjan qui, avec 89 voix sur 191 bulletins valides, n';a pas été réélu.
Pour les trois sièges à pourvoir au sein du Groupe des États d';Amérique latine et des Caraïbes, Cuba (163 voix), le Mexique (175 voix) et l';Uruguay (173 voix) ont été réélus. Le nombre des bulletins valides était de 189.
Pour les trois sièges à pourvoir au sein du Groupe d';Europe occidentale et autres États, la Belgique (177 voix), la Norvège (179 voix) et les États-Unis (167 voix) ont été élus pour la première fois.  L';Allemagne, le Canada et la Suisse n';étaient pas candidats à un autre mandat. Le nombre des bulletins valides était de 189.
Composition du Conseil des droits de l';homme à compter du 19 juin 2009
Afrique du Sud, Angola, Arabie saoudite, Argentine, Bahreïn, Bangladesh, Belgique, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Burkina-Faso, Cameroun, Chili, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, États-Unis, Fédération de Russie, France, Gabon, Ghana, Hongrie, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Jordanie, Kirghizistan, Madagascar, Maurice, Mexique, Nicaragua, Nigéria, Norvège, Pakistan, Pays-Bas, Philippines, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Sénégal, Slovaquie, Slovénie, Ukraine, Uruguay et Zambie.

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03 mai 2009

Sri Lanka, la faillite de l'Onu

De Granada

Instrumentalisée par les dictatures, l'ONU a une fois de plus failli au Sri Lanka, comme naguère en Irak après le gazage des Kurdes à Halabja sous Saddam Hussein en l988, à Srebenica en Bosnie-Herzégovine, lors du génocide au Rwanda en 1994, toujours au Darfour et encore au Tibet. Alors que les combats faisaient rage dans le nord de l'île et que le ministre du bien-être social du Sri Lanka avait lui-même reconnu que "les sources du conflit résident dans des facteurs et des forces qui concernent particulièrement la Conférence de Durban de 2001 et la présente Conférence d'examen, à savoir le racisme", la réunion de Durban 2 à Genève qui venait d'assister le 20 avril au show négationniste et antisémite d'Ahmadinejad, n'a pas eu un mot pour évoquer le sort des victimes prises entre deux feux au Sri Lanka. Le 22 avril au Conseil de sécurité à New-York, la Chine et la Russie, appuyées par le Vietnam, la Turquie et la Libye, s'opposaient à une "pause humanitaire", estimant qu'il s'agissait d'une affaire interne au Sri Lanka.
Ce n'est qu'après trente ans de massacres et près de 100.000 morts , une fois le forfait accompli que le mal nommé Conseil des droits de l'homme vient de tenir fin mai une session spéciale sur le Sri Lanka réclamée à grand peine par l'Union européenne, le Canada, la Suisse, l'île Maurice et quelques pays latino-américains. Et le gouvernement de Colombo a réussi le tour de force de faire adopter par 29 voix contre 12 et 6 abstentions une résolution qu'il avait lui-même présentée et dans laquelle le Conseil des DH "se réjouit de l'engagement continu du Sri Lanka en faveur de la promotion et de la protection de tous les droits de l'homme". La résolution se borne à condamner les seules violations commises par les Tigres tamouls.
C'est en vain que l'Union européenne et quelques autres pays démocratiques minoritaires au Conseil de DH avaient tenté d'apporter des amendements en faveur des victimes, demandant notamment le plein accès des humanitaires aux camps de réfugiés et l'ouverture d'une enquête sur les allégations de violations des droits de l'homme. Figurant avec la Chine , le Pakistan, l'Arabie Saoudite et d'autres Etats du groupe islamique parmi les soutiens les plus actifs du Sri Lanka, Cuba s'est empressé de stopper net ces velléités en faisant voter par la majorité automatique une "motion d'inaction" revenant à empêcher toute discussion et à clore le débat.
Ainsi vont les droits de l'homme à l'ONU où les pays liberticides parviennent à imposer leur loi et à occuper la place sans se préoccuper de considérations morales, tandis que les démocraties baissent les bras ou regardent ailleurs.
Alors qu'à la requête de l'Organisation de la conférence islamique, qui occupe un tiers de ses 47 sièges, le Conseil des DH a déjà consacré cinq réunions spéciales en trois ans d'existence pour stigmatiser Israël, il pourra revenir durant sa session de juin sur Gaza et entendre la mission d'enquête qu'il a créée pour suivre cette question sans commune mesure avec les 20.000 morts de la dernière offensive de l'armée au Sri Lanka. Comme d'innombrables autres victimes ailleurs à travers le monde, les civils tamouls passent par pertes et profit.
Conscient de ces carences, le précédent secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, n'avait cessé de tirer l'alarme. Avant de passer la main en 2007 , il avait enjoint le Conseil de DH de "ne pas concentrer toute son attention sur le conflit israélo-palestinien au détriment d'autres situations tout aussi graves". " A en juger par ce qui se passe au Darfour, ajoutait-il, il semble que nous n'avons pas beaucoup progressé depuis le désastre de la Bosnie et du Rwanda. Comment une communauté internationale qui prétend faire respecter les droits de l'homme peut-elle tolérer que ces horreurs continuent?" avait-il conclu. A voir aujourd'hui la démission de l'ONU au Sri Lanka, sans parler du Tibet réduit au silence, c'est un peu comme s'il avait prêché dans le désert.

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19 avril 2009

La France ira à Genève défendre sa vision des droits de l'homme

C'est l'annonce qui a été faite dimanche 19 avril dans la soirée, tandis que les USA, l'Australie, les Pays Bas, l'Allemagne, la Nouvelle Zélande ont décidé ce même jour de se retirer de la conférence d'examen dite de Durban 2.

La France est membre du Conseil des droits de l'homme depuis 2006 et l'on se demande ce qu'elle a bien pu défendre comme vision durant les trois ans d'existence de cette instance.
Dans le processus de Durban 2, ses efforts auront été vains.  14 mois auront servi à accoucher d'un texte qui, à la veille de la conférence, entérine toutes les dérives à l'oeuvre depuis huit ans contre les droits universels, la laïcité, les libertés individuelles et qui a peu à voir avec les voix des victimes du racisme.

Les lignes rouges de la France étaient bien faibles, et ne peuvent en aucune manière prétendre servir de rempart aux victimes du racisme et des discriminations à travers le monde.

Ironie de l'histoire, la Libye avait été élue présidente du comité préparatoire en août 2007, quelques semaines après la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien, Ashraf al-Hajouj.
Comme un boomerang, ce fut un sacré coup de théâtre lors des dernières heures du comité préparatoire, lorsque le médecin palestinien prit la parole et fut censuré par la présidente libyenne. (voir reportage de cet incident sur TSR http://www.tsr.chwww.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500010&bcid=663165&vid=10586392&channel=info)

La République islamique d'Iran avait été élue vice-presidente sans que cela ne pose le moindre problème, comme si la diplomatie iranienne pouvait avoir un autre discours que celui de son Président, Ahmadinedjad qui s'annonce à coup de tambours et trompettes pour la séance inaugurale du 20 avril et qui, avant de s'envoler pour la Suisse, continuait d'affirmer son projet de destruction d'Israël.

Certes, la délégation française sera réduite au minimum a déclaré Bernard Kouchner.  Sans doute la France défend elle aujourd'hui autre chose que "sa vision des droits de l'homme", mais des positions économiques et stratégiques dans cette période de crise économique mondiale. Nous avons nos armes à vendre, et notre économie est largement soutenue par les pays du Golfe et fort dépendante aussi de la Chine...

Finalement, tout cela a peu à voir sans doute avec les droits humains, la lutte contre le racisme et les discriminations, ou le fameux dialogue multilatéral dont nous abreuvent aujourd'hui nos diplomates.

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17 avril 2009

Durban II, à l'ombre d'Orwell

Par Jean-Claude Buhrer *
En Egypte, un des donneurs de leçons patentés au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le syndicat des médecins, s’oppose au don d’organes entre personnes de religions ou de nationalités différentes au prétexte d’un hypothétique trafic d’organes. Le quotidien panarabe Al-Hayat qui s’en est indigné estime que cette prise de position «vise en réalité les Egyptiens coptes et musulmans et que son langage confine au racisme». En Arabie Saoudite, qui siège aussi parmi les 47 membres de l’organe onusien des droits de l’homme, le fonctionnaire chargé des châtiments corporels à la prison des femmes à Riyad refuse d’être appelé «bourreau», se voulant plus prosaïquement «exécuteur des peines religieuses», puisqu’il ne fait«qu’appliquer la volonté d’Allah» conformément à la stricte observance de la charia islamique dans le royaume wahhabite.
Au Venezuela, on ne plaisante guère davantage avec l’ordre établi par le président Chávez : les émissaires de l’ONG Human Rights Watch l’ont appris à leurs dépens quand en septembre, le chef d’une escouade d’agents de sécurité venus les chercher à l’hôtel pour les expulser manu militari, s’est présenté à eux comme «fonctionnaire des droits de l’homme»…
Dans ce même ordre d’idées, l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui dispose d’un tiers des sièges au Conseil des droits de l’homme, n’a-t-elle pas fait adopter une modification du mandat du rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, l’enjoignant désormais de faire la chasse aux individus qui abuseraient de ce droit ?
Autant d’exemples aux réminiscences orwelliennes. Dans la novlangue, le langage perverti imaginé par l’écrivain britannique George Orwell dans son roman 1984, Big Brother proclamait : «La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage, et l’ignorance, c’est la force.» Manipuler les mots est le propre de toutes les propagandes ou de toutes les dictatures. Ainsi, la junte militaire birmane a-t-elle remplacé le nom du pays par «Myanmar», comme si cela suffisait à changer la réalité. Les Khmers rouges avaient fait de même avec le Kampuchea démocratique, redevenu le Cambodge à la chute de leur régime meurtrier. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’on en viendrait pour peu à s’interroger sur la transformation en 2006 de la Commission en Conseil des droits de l’homme aux Nations unies…
Alors que le nouvel organe a été investi par une majorité d’Etats eux-mêmes en délicatesse avec les principes qu’ils sont censés promouvoir et défendre, à l’usage le remède s’avère pire que le mal.«C’est comme si l’on faisait appel à des criminels notoires pour faire la police dans le monde», avait déploré Mohammed Zitout, de l’ONG panarabe Al-Karama, lors de la constitution du Conseil. Autre ombre au tableau, près de 80 % des exécutions capitales officiellement enregistrées en 2008 à travers le monde l’ont été dans des pays siégeant au Conseil, la Chine largement en tête de ce sinistre décompte. Le Conseil n’en a cure, pas plus qu’il ne se préoccupe des violations commises en Russie, au Pakistan, à Cuba, en Algérie, au Zimbabwe ou dans d’autres pays liberticides, sans parler du sort des Tibétains ou des Papous d’Indonésie.
Au nom du relativisme culturel à la mode, le révisionnisme est à l’œuvre avec des droits de l’homme à géométrie variable. Emmenés par la Chine et l’OCI, nombre de pays s’accrochent à la sacro-sainte souveraineté des Etats pour contester le concept même d’universalité. Or, ce sont ceux-là précisément qui violent les droits de l’homme, alors que leurs victimes, elles, s’en réclament. Le clivage se situe entre démocraties et dictatures, quelles que soient les latitudes : de fait, on assiste au démantèlement subreptice du système des droits de l’homme patiemment mis en place depuis l’adoption en 1948 de la déclaration universelle. Déjà les mandats de rapporteurs ont été supprimés pour le Bélarus, Cuba, la république démocratique du Congo, le Liberia et le Soudan. Il est maintenant question d’éliminer les dernières procédures spéciales par pays et de renoncer à mentionner des noms précis. A une exception près, Israël, redevenu le bouc émissaire par excellence. Cinq sessions spéciales sur neuf lui ont été consacrées et, en trois ans, il a fait l’objet de 26 résolutions sur 33 concernant les pays. Pour les membres de l’OCI qui en ont fait leur principal cheval de bataille avec la «diffamation des religions», cette fixation sur le Proche-Orient fait écran à tout vrai débat sur le racisme et les moyens de s’en débarrasser.
C’est dire que les dérives verbales et la confusion qui s’ensuit à la veille de l’ouverture de la conférence, dite de suivi contre le racisme, laissent entrevoir encore de belles heures à un antiracisme dévoyé. Le spectre de Durban semble s’être invité au palais des Nations à Genève, comme pour remettre en mémoire le sévère rappel d’Irwin Cotler, ancien ministre de la Justice du Canada, qui constatait :«L’Holocauste n’a pas commencé dans les chambres à gaz, mais avec des mots», renvoyant en écho ce propos de Karl Jaspers qui prévenait naguère : «Quand le désordre atteint le langage, tout tourne au désastre.»

Co-auteur avec Claude B. Levenson de "L'ONU contre les droits de l'homme", éditions les Mille et une nuits, 2003

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17 janvier 2009

Gaza : (quasi) unanimité à l'ONU pour condamner l'intervention militaire Israélienne sans nommer le Hamas

Durant les 15 premiers jours de l’année, la Communauté internationale a été toute entière et quasiment exclusivement mobilisée autour de l'intervention militaire d'Israël et de la situation humanitaire dans la bande de gaza.


Sur
59 communiqués de presse émanant du service de presse de l’ONU, et évoquant des situations politiques ou humanitaires, 52 visaient Israël parmis lesquels 47 évoquaient la situation à Gaza et 5 le Sud Liban.

Parmi les 59 communiqués, 11 d’entre eux évoquaient les situations en République démocratique du Congo, 9 au Darfour/Soudan, 6 en Somalie, 5 en Iraq, 2 au Ghana, 2 en Iran, 2 au Zimbabwe,1 en Afghanistan, 1 en Birmanie/Myanmar, 1 en Centre Afrique, 1 à Chypre, 1 à Djibouti / Erythré, 1 aux Îles Fidji, 1 en Indonésie, 1 au Malawi, 1 au Sénégal,1 au Sri Lanka et 1 au Tchad.


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Sur 45 déclarations à la presse de personnalités politiques au siège de l’ONU à New York, (Ministres des affaires étrangères ou ambassadeurs de gouvernements ou représentants d’organisations politiques) 43 d’entre elles étaient consacrées à Gaza, une à la République démocratique du Congo et une autre à la Somalie.


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Sur le site Unispal (United nation informationsystem on the question of Palestine) , plus de 220 communiqués étaient consacrés à Gaza durant les 15 premier jours de 2009. ( A noter que seule la question de la Palestine est dotée d’une base de donnée spécifique, alors qu’il n’en existe pour aucune autre région, autre pays ou conflit au sein des Nations Unies)

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Le 8 janvier
le
Conseil de Sécurité adoptait la résolution 1860 CS_1860 (proposée par La France et l’Egypte, pour laquelle les US se sont abstenus) appelant notamment au cessez le feu, au retrait des forces israéliennes de Gaza, et appelant tous les États Membres à soutenir les efforts internationaux déployés pour améliorer la situation humanitaire et économique à Gaza, notamment en versant des contributions supplémentaires nécessaires de toute urgence à l’UNRWA et par le biais du Comité de liaison ad hoc.
(Le terme Hamas n’apparaît nulle part dans cette résolution)

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Le 9 janvier, le Conseil des droits de l’Homme tenait sa neuvième session extraordinaire, soit la cinquième consacrée à des opérations militaires israéliennes, dont trois en 2006 et une en 2008. (Les autres sessions extraordinaires avaient porté sur la situation des droits de l'homme au Darfour (2006), la situation des droits de l'homme au Myanmar (2007), l'impact négatif de l'aggravation de la crise alimentaire mondiale sur la réalisation du droit à l'alimentation pour tous (2008); et la situation des droits de l'homme dans l'Est de la République démocratique du Congo (2008).)

Etant donné le nombre important d’interventions, la session extraordinaire a du se prolonger sur une demie journée supplémentaire et s’est achevée le 12 janvier.

Cette session avait été convoquée à la demande de l’Egypte au nom du groupe arabe (21 membres) et du groupe africain (53 membres), du Pakistan au nom de l’Organisation de la conférence islamique (57 membres), de Cuba au nom du Mouvement des non alignés (118 membres) ainsi que par 32 des 47 membres du Conseil des droits de l’homme, à savoir l’Afrique du Sud, l’Angola, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, le Bangladesh, la Bolivie, le Brésil, le Burkina Faso, le Cameroun, le Chili, Cuba, Djibouti, l’Égypte, la Fédération de Russie, le Gabon, le Ghana, l’Inde, l’Indonésie, la Jordanie, Madagascar, la Malaisie, Maurice, le Nicaragua, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines, le Qatar, le Sénégal, la Suisse et la Zambie.

Durant les débats de la session spéciale du CDH, 81 pays se sont exprimés

dont l’Égypte 3 fois : au nom du Groupe arabe, du Groupe africain (voir déclaration Egypte___African_group) ainsi qu'en son propre nom ;

le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence islamique - OCI (voir déclaration
Pakistan_OIC_9_January);

Cuba au nom du Mouvement des pays non alignés (voir déclaration
Cuba__NAM_9_January);

la République tchèque au nom de l'Union européenne (voir déclaration
Rep_Czech_EU_9_January) ;

le Chili au nom du Groupe des États d'Amérique latine et des Caraïbes (voir déclaration)
Chile_Grulac_9enero.

L’OCI, la Ligue arabe et l’Union africaine se sont exprimés à nouveau à la fin des débats en tant que structures propres. (Voir les communiqués de presse rapportant partiellement les débats
9_eme_session_sp_cial_cdh. L’ensemble des débats sont consultables en webcast le 9 janvier et le 12 janvier

Le 12 janvier, la résolution qui (ne nomme pas le Hamas) affirme qu’Israël vise délibérément les populations civiles. C’est en raison de cette affirmation qu’un certain nombre de pays ont décidé de s’abstenir.


La résolution a été adoptée par 33 voix en faveur (Afrique du Sud, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Azerbaijan, Bahrain, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Burkina Faso, Chili, Chine, Cuba, Djibouti, Egypt, Gabon, Ghana, Inde, Indonesie, Jordanie, Madagascar, Malaysie, Mauritius, Mexique, Nicaragua, Nigeria, Pakistan, Philippines, Qatar, Federation de Russie, Senegal, Uruguay, et Zambi


13 abstentions
(Allemagne, Bosnie et Herzegovine, Cameroun, France, , Italie, Japon, Pays Bas, Republic of Korea, Royaume Uni, Slovaquie, Slovenie, Suisse, Ukraine)


1 non (
le Canada)

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Le 15 janvier, L’Assemblée générale se réunissait dans le cadre de sa 10ème session extraordinaire. Elle avait été convoquée à la demande du
Président de l’Assemblée Générale,
Miguel d’Escoto Brockman le 8 janvier, quelques heures avant l’adoption de la résolution 1860 du Conseil de Sécurité, afin de pallier notamment "aux blocages inhérents au fonctionnement" du Conseil de Sécurité sur la situation à Gaza.

A la suite de débats acharnés où 75 gouvernements se sont exprimés, y compris sur la légitimité de la tenue de cette session extraordinaire, cette dernière s’est achevée le 16 janvier. (voir résumé des déclarations dans les communiqués de presse 1 et 2. à noter que le communiqué de presse en anglais comporte plus d'éléments d'informations, notamment sur les votes en annexe et demandes de vote

Deux résolutions avaient été soumises à la discussion de l’AG. La première proposée au départ par le Président de l'Assemblée Générale, puis renégociée par l’Egypte s’inscrivait dans la suite de la résolution Egyptanofrançaise 1860 du Conseil de Sécurité.

Un texte proposé par le Guatemala comportait des termes beaucoup plus radicaux vis à vis d’Israël. Le Président de l’Assemblée Générale retira alors son soutien à sa propre résolution, en raison des modifications égyptiennes, du refus de prendre en compre la proposition du Guatemala et de la demande de vote par Israël.

La résolution fut adoptée par 142 voix pour, 4 contre  et 8 abstentions.


Parmi les contre
on trouve Israel, Nauru, les Etats Unis, le Venezuela, pour des raisons diamétralement opposées.

De même les tenants de l'abstention n'avaient pas les mêmes motivations : l' Australia, le Canada, la Côte d’Ivoire, l' Equateur, l'Indonesie, l'Iran, le Nigeria et la Syrie.

(La encore, dans cette résolution, le Hamas n’est pas nommé)

Posté par Malka Marcovich à 17:46 - ONU général - Commentaires [0] - Permalien [#]
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