Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

24 novembre 2009

LES AHMADITES, CES MUSULMANS RéFORMISTES INTERDITS DE MECQUE

Par Jean-Claude Buhrer

Qualifié d’ « hérétique » par l’islam orthodoxe, ce courant non violent, hors la loi au Pakistan, est à l’origine du premier minaret de Suisse
 
 Dans le cadre du débat sur les minarets et accessoirement de la place de l’islam dans les sociétés européennes,  les médias ont évoqué l’exemple de la première mosquée de Suisse, inaugurée officiellement en 1963 dans un quartier résidentiel de Zurich en présence de l’ancien ministre pakistanais des affaires étrangères Zafrulla Khan  et du maire de la ville.  Depuis lors, le minaret de dix-huit mètres de haut de l’édifice fait bon ménage avec le clocher de l’église réformée voisine sans faire de vagues. Or, il convient de préciser que, si ses fidèles sont plutôt discrets, la mosquée Mahmud a été bâtie par la communauté ahmadite, un courant musulman réformiste et pacifique considéré comme « hérétique » par l’islam orthodoxe  et dont les adeptes sont persécutés dans plusieurs pays.
Aujourd’hui stigmatisé comme secte par ses détracteurs,  le mouvement ahmadite (Ahmadiyya  Muslim Jamaat), du nom de son fondateur Hazrat Mirza Ghulam Ahmad,  vit le jour en 1889 à Qadian, un village du Pendjab, en Inde d’avant la Partition. Estimant que l’islam s’était sclérosé,  ce  prédicateur musulman prêcha pour un renouveau et se proclama mahdi (messie), alors que pour les orthodoxes Mahomet passe pour le dernier prophète. A sa mort en 1908, un califat fut instauré et  à ce jour cinq califes élus à vie lui ont succédé à la tête du mouvement, ce qui a encore alimenté l’hostilité des autres mahométans.
Avec pour devise Amour pour tous, haine envers personne, les ahmadites prônent l’ouverture et la bonne entente dans la société, rejetant l’interprétation agressive du djihad et toute forme de terrorisme.  Au nombre de vingt à trente millions à travers le monde selon les sources, ils sont actifs dans les œuvres sociales et l’humanitaire, notamment en Afrique où vivent d’importantes communautés indo-pakistanaises. Relativement prospères et dynamiques, les communautés d’Amérique du Nord, d’Australie et de Grande-Bretagne se sont signalées par la construction d’imposantes mosquées financées par de généreux donateurs, comme celle de Londres pouvant  accueillir dix mille croyants et dotée d’une chaine satellitaire dernier cri.
Alors qu’ils cohabitaient jusque là avec leurs coreligionnaires et que certains avaient même occupé de hautes fonctions dans leurs pays respectifs,  les ahmadites ont été mis au ban de la société depuis qu’en 1973 l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), créée quatre ans plus tôt pour « libérer Jérusalem », les a déclarés « non-musulmans »,  leur interdisant du même coup de faire le pèlerinage de La Mecque.  Ensuite, en 1979, le mouvement ahmadite était exclu de la communauté musulmane par la Ligue islamique mondiale, si bien que la mosquée de Zurich est désormais boycottée par les autres obédiences.
C’est en République islamique du Pakistan, berceau de leur foi et où ils étaient bien représentés dans l’élite intellectuelle, que la condition des quelques millions d’ahmadites que compte le pays n’a cessé d’empirer. Jugés hérétiques et déclarés « minorité non-musulmane » par un amendement constitutionnel introduit en 1974 pour donner satisfaction aux fondamentalistes, ils en sont réduits à raser les murs et font l’objet de toutes sortes de vexations : leurs lieux de culte sont étroitement surveillés, ils n’ont pas le droit de les appeler mosquée, ni même d’inscrire sur les murs des versets du Coran et encore moins de se  déclarer musulman ou d’entrer dans une mosquée reconnue.  En vertu d’une ordonnance de 1984 sur l’interdiction des activités « anti-islamiques »,  puis l’année suivante d’une loi  prévoyant la peine de mort pour blasphème, la situation s’est encore détériorée pour les ahmadites ainsi que pour les minorités chrétienne et hindouiste, en bute  à des raids meurtriers et boucs émissaires tout désignés dès qu’une flambée de mécontentement éclate quelque part.  Ainsi, le 1er août, dans un village du Pendjab, une foule en colère a tué six chrétiens et en a blessé une dizaine d’autres quelle accusait d’avoir profané le Coran.  Près de Lahore, un chrétien a été battu à mort pour avoir bu du thé dans une tasse réservée aux musulmans, tandis qu’à Islamabad un mur a été construit pour protéger les musulmans des chrétiens d’un bidonville.
Même les témoins muets du passé préislamique n’échappent pas au vent de folie meurtrière qui souffle sur le « Pays des purs ».  En 2007, les islamistes avaient dynamité un bouddha de sept mètres de haut dans la vallée de Swat, l’un des derniers vestiges de la civilisation du Gandhara depuis la destruction par les talibans des bouddhas de Bamyan en 2001 en Afghanistan. Dans l’indifférence générale.  Ensuite ils ont fait sauter des écoles de filles, parce que pour eux l’éducation n’est pas faite pour les femmes, avant d’imposer la charia et leur régime de terreur qui a fait fuir des centaines de milliers de paisibles civils de la vallée naguère l’un des lieux de villégiature les plus prisés. Le 17 novembre encore, une nouvelle école de filles, la troisième en un mois, était détruite à l’explosif près de Peshawar, alors que dans le reste du pays, y compris dans la capitale, les écoles doivent fermer régulièrement  sous les menaces des islamistes.  Sans parler des attentats-suicides, presque quotidiens et même contre des mosquées, commis par des musulmans contre d’autres musulmans.  Plus sanglants que d’autres conflits surmédiatisés, ces règlements de comptes inter-mahométans  n’émeuvent guère l’ONU et encore moins le monde islamique.
 Toujours prompt à faire la leçon aux autres comme porte-parole de l’OCI, le Pakistan ne se prive pas de fouler impunément au pied la liberté religieuse garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme. D’ailleurs,  l’Organisation internationale du travail la rappelé à l’ordre pour «recours au travail forcé ou obligatoire en tant que mesure de discrimination religieuse ». Aujourd’hui on imagine difficilement une personnalité ahmadite éminente comme naguère Zafrulla Khan  accéder aux plus hautes fonctions.  Pourtant, ce musulman fervent qui ne pourrait plus s’affirmer comme tel a fait honneur à son pays : premier ministre des affaires étrangères du Pakistan en 1947 et chef de sa délégation à l’ONU, élu juge à la Cour internationale de justice de La Haye en 1954, il fut ensuite appelé en 1962 à présider l’Assemblée générale des Nations unies. A sa mort en 1983, il fut enterré dans la petite ville de Rabwa, centre de la communauté ahmadite et où des islamistes provoquèrent de sanglantes émeutes.
C’est également à Rabwa que repose le Dr Abdus Sallam, premier musulman honoré en 1979 du Prix Nobel de physique.  Comme d’autres ahmadites victimes de persécution religieuse, il avait été amené à s’expatrier en Grande-Bretagne pour faire carrière.  Lors de ses obsèques en 1996, les oulémas sunnites décrétèrent que personne ne pouvait prier Allah pour ce « mécréant » ni inscrire un verset du Coran sur son tombeau. L’épitaphe Abdus Sallam, 1er musulman lauréat du Prix Nobel avait été gravée sur la stèle, mais les docteurs de la loi firent supprimer le mot «musulman » et la pierre porte maintenant l’absurde « inscription « Abdus Sallam,  1er  lauréat du Prix Nobel ».
Les ahmadites ne sont pas mieux traités au Bangladesh et dans d’autres pays islamiques. En Indonésie, pourtant réputée plus modérée, le conseil de oulémas les a également qualifiés «d’hérétiques ». Depuis que des manifestants survoltés ont mis le feu à une mosquée ahmadite et saccagé son école coranique  dans la ville de Sukabumi en avril 2008, d’autres lieux de culte de la communauté on été incendiés et une milice musulmane a commis plusieurs attentats contre  des  édifices lui appartenant.  En réponse à ce déchainement de violence, le gouvernement  interdit par décret aux ahmadites de diffuser leur enseignement sous prétexte de préserver l’harmonie religieuse et l’ordre public. A Zurich, la communauté ahmadite  peut au moins appeler sa mosquée par son nom et  s’enorgueillir d’un minaret, ce qui lui est dénié dans des pays officiellement musulmans.  Dans son pays d’origine, sa situation n’est pas sans rappeler celle des Baha’is en Iran eux aussi opprimés sur la terre qui a vu naître leur foi et définis par les lois comme « infidèles dénués de protection ». Au-delà de querelles de minarets, l’ostracisme qui frappe les ahmadites et d’autre minorités en terre d’islam pose le problème de la montée du fondamentalisme, aussi dangereux  pour ses cibles que pour les musulmans eux-mêmes. 
Jean-Claude Buhrer   

 

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10 juillet 2009

L'honneur d'un ingénieur-général

Le Monde 10 juillet 2009

Par Joseph Illand, Fonctionnaire de sécurité de défense au CNRS
voir également sur le site : http://www.cifpr.fr/+L-honneur-d-un-ingenieur-general

V
incent Geisser et son comité de soutien ont lancé une campagne médiatique visant à me présenter comme une sorte de barbouze infiltré au CNRS, en croisade contre l'islam. Jusqu'ici, je n'ai pas pu répondre à ces accusations, attendant que la commission consultative rende son délibéré. Ceci étant fait, il m'est possible de m'exprimer, à titre personnel, pour donner ma version des faits. Certaines contre-vérités lancées ces dernières semaines dans la presse portent atteinte à mon honneur professionnel, à celle de mon équipe, et, plus encore, à la vérité.

D'abord ma fonction : je conçois qu'elle soit mal connue du grand public, mais, contrairement aux fantasmes qu'elle semble susciter, il ne s'agit en rien d'un poste d'agent secret. J'ai un statut d'ingénieur général, d'un corps à statut interministériel, et, au CNRS, j'exerce depuis 2003 des fonctions de protection du "patrimoine scientifique". Je n'ai pas de pouvoir contraignant ou disciplinaire. En 2008, mon équipe et moi avons ainsi aidé à sécuriser plus de 1 000 déplacements d'agents du CNRS à l'étranger. Il ne s'agit pas du tout de les contrôler, mais de conseiller et d'être réactif dans des situations qui peuvent être dramatiques... Une tâche qui nous tient à coeur et qu'il est dur de voir présenter comme une volonté d'espionner.

Ma seule autorité "décisionnelle" concerne mon habilitation à signer les dépôts de plainte pour intrusion dans les systèmes d'information. Les procédures que mon service gère se font sous forme d'avis, sans autorité pour autoriser ou interdire. Au titre de la protection du CNRS, il m'arrive aussi de signaler d'éventuelles utilisations abusives ou illégales de la marque "CNRS". Là non plus, pas de façon contraignante mais en tant que conseiller.

C'est en septembre 2005, à l'occasion d'une enquête lancée par Vincent Geisser, que j'ai fait sa connaissance. Son enquête sur les trajectoires de chercheurs issus des migrations rencontrait des oppositions. Il est vrai qu'elle posait de sérieux problèmes au regard de la loi informatique et libertés. Je suis intervenu alors, non pour le sanctionner (quelle idée ?), mais pour lui éviter d'être épinglé par la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) et de courir, lui et son directeur, des risques pénaux ! J'ai tenté de sauver son enquête sur la base d'une reformulation des questions. Nous avons tenu une réunion de travail à Aix-en-Provence, dans un esprit plutôt amical dont pourront témoigner les nombreux participants. J'avais aussi, en fin de réunion, évoqué le problème de l'appui explicite de l'autorité de chercheur du CNRS lorsque des propos relèvent, non de la recherche, mais d'engagements personnels. Il m'est arrivé de soumettre cette interrogation à la direction du CNRS, sans aucune prétention d'autorité et encore moins de sanctions.

Le 14 avril, pendant mes congés, des personnes du CNRS ont eu la surprise de trouver mon nom dans un courriel de Vincent Geisser mis en ligne sur un site. Il m'accusait d'être "un idéologue qui traque les musulmans et leurs "amis", comme à une certaine époque on traquait les juifs et les Justes". Il s'agissait d'un message envoyé à un comité de soutien, destiné à faire témoignage public. Le comité défendait une allocataire de recherche travaillant dans un laboratoire du CNRS, licenciée par l'université pour maintien du port de signes religieux ostensibles. Visiblement, Vincent Geisser me rend responsable de cette décision. Je ne suis pour rien dans cette décision, très ferme, de l'université.

Choqué par la violence du message, j'ai souhaité porter plainte à titre personnel. La direction du CNRS a engagé en parallèle une procédure administrative et convoqué M. Geisser en commission paritaire. Ce qui a déclenché une tempête médiatique et une campagne présentant Vincent Geisser comme étant la victime d'un complot digne d'un film d'espionnage. Quelque 5 000 chercheurs l'ont soutenu, sincèrement persuadés d'une obscure barbouzerie, une version accréditée par le témoignage d'un chercheur, Olivier Roy, que je cite : "(...) Il ne s'agit pas d'un conflit personnel entre lui et Vincent Geisser, mais bien d'une attaque systématique envers les chercheurs qui refusent les clichés sur l'islam. En 2007-2008, j'ai reçu un mail signé du haut fonctionnaire de défense me reprochant de mieux traiter l'islam que le christianisme."

J'avoue ne pas m'être remis de ces lignes. Il se trouve que contrairement à Olivier Roy j'ai conservé ce courriel. Il s'agissait d'une simple question qui ne portait pas du tout sur l'aspect religieux. Pourtant, ce vague souvenir a suffi pour censer prouver chez moi une inquisition obsessionnelle et islamophobe. Comment peut-on formuler des accusations aussi graves avec autant de légèreté ? Ce procès d'intention est à la fois salissant et blessant. Je ne me reconnais ni dans ce portrait ni dans cette version des faits, reconstruite et fantasmagorique. Voilà pourquoi je tenais, malgré mon devoir de réserve, à rétablir une part de rationalité.

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02 juillet 2009

L' « Islam hard » et les intellectuels

Réaction au Rebond d'Esther Benbassa dans Libération au sujet de l'affaire Vincent Geisser

Par Rose Prudence

Il faut bien évidemment défendre avec la dernière énergie le droit de V. Geisser à dire tout ce qu'il veut. Et même à insulter qui il veut - il ne serait pas le premier. Et même au titre de son expertise de chercheur ? Pourquoi pas. Mais il n'est pas interdit de connaître ses propos. N'en déplaise à ses ardents défenseurs, ceux-ci n'ont rien de futile, compte tenu des personnes qu'il attaque, et des dangers auxquels il les expose - dangers sans proportion aucune avec le Conseil de discipline devant lequel il est convoqué.

Ses partisans ont-il lu « 'Islam light ': un produit qui se vend bien » (http://oumma.com/Islam-light-un-produit-qui-se-vend ) ? VG s'y livre à une diatribe enfammée contre un certain nombre d'intellectuels d'origine musulmane opposés à l'islamisme, et qui plaident, chacun à sa manière, pour un  « Islam des Lumières ». Selon lui, Abdelwahab Meddeb, Malek Chebel, Fethi Benslama, Abdennour Bidar seraient devenus à peu de frais en quelques années les très suspects « chouchous musulmans des médias et des intellectuels français ».  Or, dit VG, ces intellectuels, prétendument novateurs,  ne sont en réalité que les « les suiveurs et les héritiers d'une critique « interne  à l'islam qui a connu son apogée durant la période coloniale et, plus particulièrement, en Algérie française » - laquelle critique,  « répondait moins à une volonté de réformer l'islam de l'intérieur que de donner des gages de « conformité » au discours ambiant »  Traduisons : Meddeb, Chebel, Ben Slama, Bidar ne font que remettre au gout du jour de vieilles pratiques de collaboration intellectuelle avec le colonisateur. A force de vouloir s'acheter une bonne conduite auprès des « élites politiques, [des]  médias, [des] intellectuels habitués des plateaux TV, » et retrouvent tout bonnement, « les accents fortement assimilationnistes de certaines élites indigènes profrançaises pendant la période coloniale » (je souligne).

Ces avocats d'un « islam des Lumières » ne font donc, selon V.G., que continuer dans les media aujourd'hui le travail de négation et de destruction de l'identité musulmane entrepris depuis la colonisation - et deviennent, ce faisant, les alliés objectifs du post-colonialisme assimilationniste, les alibis et les soutiens des politiques discriminatoires, racistes, éradicatrices même, à l'encontre des musulmans de France : ils sont, tout simplement des « musulmans islamophobes » (dans un style à peine moins châtié - mais plus explicite -, Marc-Edouard Nabe, officiellement aux antipodes des opinions de Geisser, les appelle, lui, des collabeurs). Nous savons, et VG ne peut l'ignorer lorsqu'il s'exprime bardé de  la liste de ses ouvrages scientifiques que les qualifier ainsi, c'est les exposer, d'emblée, à une fatwa ou, pire,  à la vindicte du premier djihadiste venu -

On mesure la mansuétude qu'il aura fallu à certains de ces intellectuels pour, malgré tout, signer une pétition de soutien à celui qui les accuse, rien de moins, que de vouloir « promouvoir un islam sans musulmans, ….  épuré des ses croyants et de ses pratiquants »!

Il y a pire. Le ton de VG change dès lors qu'il est question des femmes d'origine musulmane, laïques et féministes, qu'il désigne, dans un titre stupéfiant, comme « les poupées-Barbie de l'Islam light » (Oumma.com, 11 février 2008). Le mépris des femmes, le machisme virulent de l'ardent pourfendeur de l'islamophobie se donne ici libre cours, dans les clichés les plus grossièrement misogynes et sexistes. Les femmes auxquelles il s'attaque (Latifa Ben Mansour, Malika Mokeddem ou Khalida Messaoudi d'une part, Chahdortt Djavann, Irshad Manji ou Ayaan Hirsi Ali de l'autre) deviennent sous sa plume des « Cosette musulmanes »  incapables, contrairement à leurs alliés masculins, d'une once de réflexion politique. Elles sont les  « actrices passives d'une mise en scène émotionnelle et passionnelle », dont la seule fonction médiatique est celle d'un « exhibitionnisme télévisuel, jouant sur une forme d'érotisme malsain ».

Le crime de Chahdortt Djavann, Irshad Manji ou Ayaan Hirsi Ali ? C'est (aux yeux de VG) d'abord d'être jeunes, télégéniques et…  « sexy ». Si elles sont sollicitées par les media c'est d'abord pour leur « capacité à mettre en scène un érotisme victimaire (sic). Et ces , « nouvelles martyres » ne renvoient à «  une image de sensualité et de pureté, presque innocente, sortes de Madones des temps modernes » que, pour  mieux faire passer le « racisme à peine voilé » de leur message islamophobe,

Sois belle, martyre, et tais-toi - mais fais-moi bander ! Il reste que, tout occupé à ériger des contructions érotico-S&M sur les femmes des Lumières, VG en oublie l'essentiel : c'est que, ces « Cosette musulmanes », ces « poupées-Barbie » (on appréciera la délicatesse de l'insulte), au cerveau lisse comme un petit pois mais érotiques à souhait ont néanmoins été jugées, toutes trois, dignes de faire l'objet de fatwas : que les unes et les autres vivent aujourd'hui sous protection constante, en danger permanent d'agression - de meurtre. Toutes trois risquent le sort de Théo van Gogh, ami d'Ayaan Hirsi Ali (on sait que celle-ci fut nommément désignée aux coups de son meurtier). De cela, VG ne dit mot, ni de leur courage, ni de l'obstination dont elles doivent faire preuve pour défendre leurs opinions, et notre liberté - les défendre contre les islamistes et aussi contre les chercheurs qui ne voient en elles que des  «poupées» à usage sexuel.

Environ 5000 chercheurs se sont émus de la menace que le CNRS ferait peser sur la liberté d'expression de VG (on sait qu'il risque, au mieux, un blâme administratif), et sur sa préférence manifeste pour un « Islam hard ». Je me demande combien d'entre eux se sont mobilisés pour  défendre la liberté de mouvement, et … le simple droit de vivre des « poupées-Barbie » Ayaan Hirsi Ali, Chadortt Djavann, Irshad Manji, ou encore de Latifa Ben Mansour, Malika Mokeddem ou Khalida Messaoudi - et de tous les autres musulmans laïcs et progressistes, victimes désignées de ceux qu'il présente, pour sa part, comme les vrais représentants de l'Islam.

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24 juin 2009

Les forces démocratiques et progressistes, soutenons le peuple iranien !

Par Ann Pak

Avant le 12 juin personne n’était prêt à parier sur la révolte du peuple iranien ou même à prévoir sa probabilité. Le 12 juin, un chroniqueur de France culture qualifie l’ambiance électorale comme étant « démocratique ».Et lorsque, le soir des élections, les faux résultats sont tombés aucun journaliste ne put prédire un soulèvement populaire surtout d’une telle ampleur.
C’est que les médias occidentaux ne se sont pas réellement penchés sur notre peuple, sur ses luttes et sur ses revendications, alors que depuis 30 ans, des femmes et des hommes n’ont jamais cessé de lutter contre la dictature des ayatollahs.
Mois de juin est devenue une date presque symbolique : c’est le 18 juin 1999 qu’a eu lieu le célèbre massacre des étudiants qui avaient osé réclamer plus de liberté, c’est le 12 juin 2006 que des femmes sont descendues dans la rue pour réclamer leurs droits humain et que, suite à la répression, elles ont décidé d’agir différemment et de lancer d’autres moyen de lutte, comme par exemple « la campagne d’un million de signatures ».

Je ne veux même pas rappeler ici les combats des iraniennes et des iraniens et les sanctions subies depuis la révolution islamique et surtout pendant la guerre Iran-Irak. Je ne veux même pas invoquer les assassinats des journalistes, intellectuel-les, écrivain-es…..pour illustrer le fait que les iraniennes et iraniens ne se sont jamais montrés soumis au régime islamiste durant ces 30 années.
Or, les médias français qui reflètent des informations sur toutes ces luttes sont rares, voire inexistants. Ils ont été plutôt fascinés par la supercherie du « dialogue des civilisations » très à la mode chez les bien-pensants, plutôt occupés par le nucléaire iranien gonflé à dessein par le régime pour augmenter la répression contre le peuple.
Rien sur la lutte des femmes, des hommes et des étudiants de ce pays.

Aujourd’hui, travailler pour un journaliste en Iran est extrêmement difficile. Mais les iraniennes et iraniens, malgré le censure, envoient des images et fournissent les infos aux journalistes étrangers pour pouvoir enfin faire entendre leur voix à la communauté internationale, pour enfin monter le vrai visage de ce régime et son rejet de la part du peuple.

Et cependant, certains restent sourds aux cris des manifestants. Ainsi, un journaliste de la  BBC, (chassé à son tour par les autorités) relayé par des chaînes de télé françaises, déclare : « ces manifestations sont juste des rassemblements d’unité, les manifestants n’expriment aucune revendication », alors que lui-même était emporté par la foule des manifestants qui entonnaient « Marg bar dictature, Marg bar dicteurs » « mort à la dictature, mort aux dictateurs ». Et même s’il ne comprend pas la langue persane, même s’il ne sait pas la traduire, il peut au moins s’abstenir de tout commentaire, car le sien signifiait plutôt « comment-taire » les cris du peuple iranien.

Depuis le jour même des élections, les iraniennes et les iraniens en exil ont manifesté, dans tous les pays du monde, pour exprimer leur solidarité avec leurs concitoyens. Ils ont réclamé plus de liberté, plus de démocratie et une constitution laïque, comme ce fut le cas à Bruxelles  à Washington ou dans des villes des Pays-Bas, ou bien à Paris.

Pourtant les médias français ont préféré couvrir un autre rassemblement, et braquer leur caméra sur celui des Mojahédine du peuple. Pourquoi ?
Ceux-ci forment un mouvement islamique et sectaire, longtemps reconnu comme terroriste.
Il est vrai que nous vivons dans un air de mise en scène. Le goût de l’exotisme, du spectacle règne avec force. Et il est vrai que les mojahédine sont parfaitement organisés et dotés d’énormes moyens financiers qui leur permettent de répondre à ce goût.

Ainsi, une des chaînes de télévision françaises les présente comme « la seule force opposante au régime islamiste. » Pendant deux jours, à l’heure des  informations,  ces chaînes repassent en boucle les photos et les interviews de Maryam Rajavie, leur « icône sacrée »- élue par les mojahédine, comme future présidente iranienne. Citons au passage qu’elle est bien voilée et couverte de la tête aux pieds d’un habit vert (couleur du chiisme politique).

Tout ceci occulte les véritables aspirations du peuple iranien. Si aujourd’hui les iraniennes et les iraniens sont dans la rue, s’ils affrontent la mort, s’ils se moquent des répressions et des menaces, ce n’est en aucun cas pour remplacer l’islamisme des ayatollahs, par n’importe quel autre islamisme fusse-t-il bien déguisé !

Toutes les nuits, depuis le 12 juin,  la population crie sur les toits « marg bar dictature », « we want democratie », « peace in the middle east » ; tous les jours, ils sont des milliers à être battus, arrêtés, violentés ; des centaines
 sont tués … Les femmes, les hommes et les jeunes d’Iran ont ras le bol du dictat islamiste. C’est cela la réalité de l’Iran.
Et nous, iraniens démocratiques et laïques en exil, devons regrouper toutes nos forces et toutes nos énergies pour être à la hauteur de toutes les attentes de nos concitoyens, pour montrer à la communauté internationale le vrai visage de notre pays, pour tenir en échec toutes les tentatives d’intimidation par la religion.
Le directeur de conscience d’Ahmadinajad, un « guide suprême », vient de donner une « fatwa » en faveur des fraudes électorales et pour la liquidation « physique » de Moussavi et Karoubi ! Il est temps de relier et faire retentir le cri et le refus du peuple iranien du régime islamiste.

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03 mai 2009

Egypte : les éleveurs de porcs affrontent la police

NOUVELOBS.COM | 03.05.2009 | 18:14

Le gouvernement égyptien a ordonné mercredi l'abattage de 250.000 porcs par mesure de précaution, provoquant de violents affrontements qui ont fait 12 morts.
Douze personnes ont été blessées dans les affrontements qui ont opposé au Caire les forces de sécurité à des propriétaires de porcs leur lançant des pierres pour les empêcher de mener à bien les mesures d'abattage des porcs décidées comme mesure de précaution contre la grippe A(H1N1), dimanche 3 mai.
Trois à quatre cents résidents du quartier de Manchiyet Nasr, en haut de la colline du Moqattam, habité majoritairement par des chiffonniers chrétiens coptes, ont accueilli par des jets de pierres et de bouteilles, les forces de police, dépêchées sur les lieux en mi-journée.
Des policiers des forces anti-émeutes, quelques centaines, ont alors répliqué en lançant des gaz lacrymogènes et en tirant des balles en caoutchouc contre les manifestants, pour la plupart des jeunes gens.
"Gagne-pain" des chiffoniers
Un des éleveurs avait déclaré que jamais ils ne se laisseraient voler leur "gagne-pain" en excluant toute entrée dans le quartier où résident 35.000 chiffonniers ou "zabbaline", une communauté qui trie sur place les ordures et élève quelque 60.000 porcs. Mais la police a finalement réussi à pénétrer dans le quartier en début d'après-midi.
Un poste de contrôle de police, à l'orée du quartier, a été détruit par les manifestants. Un officier a répliqué en tirant en l'air un coup de semonce à balles réelles.
Des incidents ont aussi éclaté de nouveau entre éleveurs de porcs et policiers à Khanka, dans le gouvernorat de Qalioubiya, à 25 km au nord du Caire, a-t-on appris d'une source des services de sécurité. Les policiers avaient déjà essayé d'entrer dans cette zone mercredi avant de rebrousser chemin après avoir essuyé des jets de cailloux et de bouteilles.
"Se débarrasser des cochons"
Mercredi, le gouvernement avait ordonné l'abattage de 250.000 cochons élevés dans le pays, notamment en prévention de la grippe porcine. La mesure  est très controversée. Aucun cas n'a pour le moment été recensé en Egypte et l'OMS n'a fait état d'aucune contamination du porc à l'homme. Le gouvernement a ensuite affirmer qu'il s'agissait d'éradiquer des élevages insalubres.
Sur les 80 millions d'Egyptiens, musulmans pour la majorité, on compte 6 à 10% de chrétiens coptes, qui élèvent et consomment du porc. Un autre éleveur de porc estime que les autorités veulent "se débarrasser des cochons", animal considéré comme "impur" et interdit par l'islam.
Les autorités, qui voulaient que l'abattage se fasse immédiatement ont admis qu'il faudrait au moins six mois aux abattoirs pour venir à bout de tout le cheptel. L'Egypte devrait importer trois nouvelles machines pour atteindre la capacité d'abattage de 3.000 porcs par jour, a annoncé le ministre de l'Agriculture, Amine Abaza.
Le quotidien Al-Ahram a annoncé le barème de dédommagements des éleveurs. Chacun recevra 100 livres (14 euros) de compensation par porc abattu. Ce montant atteindra 250 livres par femelle (35 euros).

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07 avril 2009

De l'Otan à l'Alliance des civilisations , on ne badine pas avec les caricatures

media_xl_890916L'ex-premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, a pu être nommé à la tête de l'Otan le 4 avril, en raison de l'action "providentielle" du nouveau président américain Obama qui s'était porté "garant" du respect d'un certain nombre d"engagements vis à vis du monde musulman. En effet, le  premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan contestait cette nomination en raison du soutien de Rasmussen en 2005 au journal danois qui avait publié les caricatures de Mahomet. A la veille de l'ouverture du deuxième forum de l'Alliance des civilisations à Istanbul le 6 avril, la presse turque attendait que Rasmussen présenta des excuses au monde musulman.
Les excuses à proprement dite n'ont pas été présentées. En revanche il a dit : "En tant q
ue secrétaire général de l'OTAN, je ferai particulièrement attention aux sensibilités religieuses et culturelles. (...) Notre dialogue et nos relations avec le monde musulman vont se développer"

Photo d'Anders Fogh Rasmussen avec l'ancien président iranien Mohammed Khatami à Istanbul lors du deuxième Forum de l'Alliance des Civilisations



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18 mars 2009

Munich, le grand retour et la fin de la lutte contre le racisme

ChamberlainLe texte présenté hier victorieusement par le facilitateur russe Youri Boychenko a un petit goût nauséabond de déjà vu et sent le souffre.
"Durban 2 est sauvé !" clament certains commentateurs comme Chamberlain hurlait à la paix à son retour de Munich en septembre 1938.
"Les lignes rouges bougent dans le bon sens" se réjouissent d'autres comme Daladier acclamé par la foule à sa descente au Bourget un an avant le déclenchement de la deuxième guerre mondiale.
En fait de succès, le nouveau texte est en réalité un masque assez grossier pour parvenir au consensus tant désiré par les dictateurs, consensus qui permet par ailleurs aux quelques démocraties restantes de prétendre encore maintenir le cap dans la diplomatie de façade.

Les 2 lignes rouges que les pays européens voulaient défendre restent toujours d'actualité
Focalisation sur Israël
Si Israël n'est pas visé spécifiquement, un paragraphe a été entériné définitivement qui renvoit au Programme d'action et déclaration de 2001 qui stigmatisaient spécifiquement ce pays.
Liberté d'expression
Certes la terminologie de diffamation des religions a disparu et il est demandé en remplacement à ce que la haine raciale ou religieuse qui constitue une discrimination soit interdite par la loi. Dans le même temps, le projet de résolution s'inquiète que les médias dans leurs diverses formes contribuent à l'incitation à la haine raciale ou des communautés religieuses.
Au vu des discussions qui ont lieu actuellement au même moment au Conseil des droits de l'homme sur une nouvelle résolution sur la diffamation des religions, et ce qui a déjà été adopté ces derniers mois à l'AG et au CDH concernant la limitation de la liberté d'expression, cette nouvelle formulation est pour le moins cocasse et témoigne, si besoin était, du double langage de la diplomatie.

Cette victoire en trompe l'oeil a également un prix : l'absence de prise en compte des discriminations en raison de l'orientation sexuelle,de la traite transsaharienne ou dans l'océan indien, des discriminations que subissent les femmes, les discriminations de caste etc.

En revanche sont mis à l'honneur les rapports du rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme qui a consacré ces 7 dernières années à traquer "l'islamophobie" et à condamner la diffamation des religions.
De même le comité ad Hoc sur les normes complémentaires est félicité... On se souvient que ce comité a enteriné la révision terminologique proposée par l'OCI en 2001 qui considére que l'antisémitisme affecte majoritairement les arabes en tant que sémites, et par extension tous les musulmans.


Rien n'est encore joué. Sans doute l'Europe aura-t-elle comme en d'autres époques, à la fois le deshonneur et la guerre.

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15 mars 2009

KADHAFI DONNE LE TON DE DURBAN II

« L’islam règnera sur la planète, comme Allah l’a promis »

Par Jean-Claude Buhrer, ancien correspondant du Monde à l'ONU et co-auteur de "L'Onu contre les droits de l'homme", éditions les Mille et une nuits, 2003


A l’approche de la Conférence dite d’examen de la mal nommée Conférence mondiale contre le racisme de Durban, qui doit se tenir du 20 au 24 avril à Genève, le colonel Kadhafi a donné un avant-goût de ce que promet cette réunion controversée, dont le comité préparatoire est précisément présidé par la Libye, avec l’Iran parmi les vice-présidents. Dans un discours prononcé le 12 mars à Nouakchott en Mauritanie, à l’occasion de la commémoration de la naissance du prophète Mahomet, le guide libyen a pris des accents prophétiques non pas pour évoquer les droits de l’homme, mais « l’universalité de la religion musulmane ». Et de prédire que « l’islam règnera sur la planète, comme Allah l’a promis, les religions qui l’on précédé, ayant expiré, selon la version du prophète Mahomet, dernier messager de Dieu ».
Fort de cette certitude, Mouammar Kadhafi a lancé un appel à l’humanité tout entière à rendre justice au prophète Mahomet en reconnaissant sa religion comme la finalité de celles révélées par ses prédécesseurs que sont Moïse et Jésus. Selon le président libyen, « le Coran démontre qu’il n’existe pas de divergences entre l’islam et Moïse ainsi que ses proches fidèles, parce qu’ils étaient des musulmans. S’ils avaient vécu du temps de Mahomet, ils auraient cru en lui, tout comme il n’existe pas de problème avec Jésus et les autres prophètes, étant tous des musulmans et Mahomet le sceau des prophètes. » Si discorde il y a, a –t-il ajouté, elle se situe « entre nous et ceux qui ont refusé de suivre Mahomet, qui est un messager des juifs, des chrétiens et de toute l’humanité ». Dans la foulée, le dictateur libyen a encore invité ses coreligionnaires à instituer un « calendrier musulman à l’image des chrétiens », reprenant une revendication de « scientifiques » et  autres dignitaires de l’islam réunis l’an dernier au Qatar  lors d’une conférence intitulée : « La Mecque, Centre du Monde, Théorie et pratique ». A cette occasion, ils ont appelé à remplacer  l’heure GMT du méridien de Greenwich par celle de la Mecque, alléguant que cette ville saoudienne est le vrai centre du monde par « la volonté d’Allah » et comme la « science moderne en a enfin fourni la preuve ».1,
S’érigeant en défenseur de l’islam, le nouveau président de l’Union africaine a fait valoir qu’il est du devoir de chaque musulman de fortifier la religion et de la propager partout dans le monde. D’ailleurs, il n’a pas manqué de citer la grande contribution de la Mauritanie à la diffusion de l’islam  en Afrique de l’Ouest et du Centre, se gardant bien de parler du sort des Noirs maintenus en esclavage par les Maures et toujours victimes de discrimination raciale dans son propre pays. Abordant l’avenir de l’islam en Europe, le colonel Kadhafi s’est félicité de sa progression croissante avec la présence de millions de musulmans, alors que le nombre de non-mahométans est en régression et  que « la dynamique des conversions à l’islam se poursuivra avec l’entrée de la Turquie, de l’Albanie et de la Bosnie-Herzégovine dans l’Union européenne ». Quant à l’Afrique et à l’Asie, estime le dirigeant libyen, « elles s’orientent peu à peu vers l’islam, sonnant ainsi la fin de certaines religions appelées à être remplacées par l’islam, quoi que disent les polythéistes et les incrédules ».
A entendre le colonel Kadhafi, on est bien loin des illusions entretenues par les promoteurs de l’Alliance des civilisations, cette initiative lancée conjointement par le premier ministre turc Recep Erdogan et son collègue espagnol José Luis Zapatero suivant une idée de l’ancien président et hodjatoleslam iranien Khatami d’un dialogue entre l’islam et l’Occident. Placé sous l’égide de l’ONU en 2005, ce regroupement a connu une nouvelle consécration avec l’inauguration en grande pompe à la veille du 60e anniversaire le 10 décembre dernier de la Déclaration universelle des droits de l’homme au Palais des Nations à Genève, d’une nouvelle salle entièrement rénovée aux frais de l’Espagne  et  baptisée  « Conseil des droits de l’homme et de l’Alliance des civilisations ». Comme si cette dernière devait prendre le pas sur un système des droits de l’homme de plus en plus mis à mal et vidé de sa substance…
C’est dans ce contexte de remise en cause de l’universalité des droits de l’homme et de démantèlement des acquis que l’Organisation de la conférence islamique(OCI), forte de 57 membres sur  192 à l’ONU, s’active à faire entrer la religion dans les instances internationales et à imposer des normes anti-blasphème restreignant la liberté d’expression sous couvert de lutte contre « l’islamophobie » et la diffamation des religions, à commencer par l’islam. La même présidente libyenne du comité préparatoire de Durban II s’était déjà distinguée alors qu’elle dirigeait en 2003 la Commission des droits de l’homme qui a sombré dans le discrédit, en s’adressant à l’assemblée par ces pieuses paroles : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux, je vous salue avec les salutations de l’islam, que la piété de Dieu vous entoure. » Comme si elle se prenait pour une envoyée du ciel. A la fin de la session, Mme Najat Al-Hajjaji, avait manœuvré avec ses compères de l’OCI  pour empêcher tout débat sur une résolution réclamant la fin des discriminations contre les homosexuels. D’abord  en reléguant la question au dernier point de l’ordre du jour, puis en acceptant une suspension de séance pour permettre aux délégués musulmans d’aller faire leur prière, avant de clore la session et d’enterrer ce sujet litigieux.
Oubliant leurs propres principes de séparation du religieux et du temporel, les démocraties et autres pays laïcs s’étaient résignés et ont laissé faire. Comme ils n’ont guère été en mesure jusqu’à présent de résister à la majorité automatique de l’OCI  et de ses affidés qui impose sa loi au nouveau Conseil et aux travaux préparatoires de Durban II. Ainsi, la dernière mouture du projet de déclaration se présente comme une tentative de légitimer des violations flagrantes des droits de l’homme, tout en ignorant les nombreuses victimes du racisme à travers le monde. Qu’il s’agisse des Noirs exterminés au Darfour, des droits des femmes bafoués en Arabie Saoudite, des homosexuels exécutés en Iran, des Tibétains sous la botte de Pékin, aucune de ces victimes n’est mentionnée dans ce texte.
Avec la bénédiction de la  Jamahiriya arabe libyenne du colonel Kadhafi et de l’Iran des ayatollahs, Durban II est décidément bien mal parti. Les démocraties sauront-elles se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard, ou accepteront-elles sans broncher de servir de caution aux desseins des dictatures, quitte à se renier et à boire le calice jusqu’à la lie ?

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08 mars 2009

La Ligue du droit international des femmes, fondé par Simone de Beauvoir, demande à la France de se retirer de Durban 2

  Ligue du droit international des femmes
COMMUNIQUE DE PRESSE.
Le 7 mars 2009


Si la France prétend défendre les droits des femmes en France et dans le monde, elle doit oser l’affirmer au niveau international et se retirer de « Durban 2 »


En cette semaine marquée par les multiples célébrations de la journée internationale des femmes, on oublie trop souvent les grandes manœuvres internationales dont les femmes font les frais au nom du retour en force de la religion et du respect de la diversité culturelle.


Un moment fort dont les Nations-Unies ont le secret, sera la rencontre internationale qui se tiendra à Genève du 20 au 24 avril, dite « Durban2 ». Son objet sera le suivi des travaux de la conférence de 2001 contre le racisme qui avait eu lieu à Durban. Aucun doute ne subsiste quant aux orientations qu’elle adoptera : à l’image de ce qui s’est passé en 2001, le fait religieux – principalement islamique – sera présenté comme la solution à tous les conflits sociétaux et internationaux.


Plus que tout autre pays, la France n’a pas le droit de capituler et devrait se retirer de la conférence Durban 2. Il en va de la démocratie et de l’avenir des femmes en France et dans le monde. 


Depuis 1983 et singulièrement au cours de la décennie actuelle, la ligue du droit international des femmes (http://www.ldif.asso.fr ), dont la fondatrice et première présidente fût Simone de Beauvoir, a régulièrement dénoncé la manière dont les droits humains universels des femmes ont été remis en question au nom du multiculturalisme et du respect des religions et des civilisations. Parallèlement, elle constate un phénomène plus nouveau, le détournement de certaines revendications des organisations féministes, y compris au sein des institutions internationales, pour mieux faire taire les aspirations émancipatrices et universalistes des femmes. Ainsi l’application des la charia est préconisée pour venir à bout de pratiques traditionnelles telles que les mutilations sexuelles, ou pour endiguer les violences conjugales, quant à la prostitution et la traite des femmes elles seraient censées disparaître si la polygamie était maintenue et que les femmes retrouvaient leur fonction maternelle dans la société. Même la parité et l’éducation des filles sont affirmés comme étant des objectifs portés par la Charia.

Force est de constater qu’aujourd’hui la musique entonnée il y a trente ans par la révolution islamique d’Iran donne le « la » dans les discussions internationales et que les droits des femmes sont instrumentalisés pour enterrer l’universalité de leurs droits.

En 2001, lors de la Conférence contre le racisme à Durban, les organisations de femmes qui auraient dû pouvoir s’exprimer librement au cours de la Conférence des ONG qui se tenait en marge des négociations gouvernementales, furent en fait muselées. Au niveau des Etats, ce fût pire encore, la République islamique d’Iran proposait tout simplement que le mot « femme » soit supprimé de l’ensemble du texte  gouvernemental. Dans la foulée, les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn, l’Arabie Saoudite, le Sultanat d’Oman, le Qatar et le Koweït, se démarquaient des libellés et concepts contraires à la charia islamique. Quant à certaines démocraties, elles avaient déjà capitulé en reconnaissant la religion comme « valeur intrinsèque des êtres humains », qui « peut aider à promouvoir la dignité » et « éliminer le racisme ».

Pour l’Organisation de la conférence islamique qui tient la dragée haute dans les instances internationales (et qui est représentée par le Pakistan au Conseil des droits de l’homme), les femmes doivent être valorisées, protégées et respectées, mais la sexualité hors mariage pénalisée et l’avortement considéré comme une « exécution extrajudiciaire ». Pour les nouveaux chantres des droits humains, si les femmes sont exploitées sexuellement, la faute en revient aux féministes occidentales qui ont favorisé la transformation des femmes en objets sexuels et tout ce qui s’en suit : pornographie, viol, prostitution, lesbianisme.


La conférence « Durban 2 » - dont le comité préparatoire est présidé par la Libye avec comme vice présidence notamment l’Iran - ne fera qu’entériner ces régressions idéologiques à l’œuvre depuis sept ans, qui se sont encore aggravées lors des négociations sur le texte de la Conférence.


La France ne doit pas cautionner la mise en avant des religions et l’attaque de la liberté d’expression dont les femmes, jadis comme aujourd’hui, sont toujours les premières victimes. Le Président Sarkozy a affirmé lors de son discours d’investiture le 6 mai 2007, que la France n’abandonnerait pas les femmes opprimées dans le monde.


L’année 2008 a été marquée par les célébrations du centième anniversaire de Simone de Beauvoir, et par le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’année 2009 devrait être marquée par une autre célébration symbolique, celle du trentième anniversaire de la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’encontre des femmes (CEDAW). N’acceptons pas qu’elle soit en fait l’année de l’enterrement des droits universels des femmes.

La présidente de la Ligue du Droit internationale des femmes


Membre de la rédaction du journal électronique Riposte Laïque ( et co-auteur du livre « Les dessous du voile, 1989-2009, vingt ans d’offensive islamique contre la République laïque »).


Annie Sugier

06 08 48 79 33

Ligue du droit international des femmes
6, Place Saint-Germain-des-Prés 75006 Paris - France

TEL : (33) 1.45.49.04.00 - FAX : (33) 1.45.49.16.71

Email : w113111@club-internet.fr

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23 janvier 2009

Une manifestation de rue de femmes divorcées au Nigéria considérée comme non-islamique

Sharia police block women's rally

The Hisbah are charged with policing the morals of Kano's Muslims Islamic authorities in the northern Nigerian city of Kano have told organisers of a planned protest by divorced women to cancel the event.

The head of the Sharia police, or Hisbah, said the planned protest was an "embarrassment", and is "un-Islamic".
The organisers have agreed to postpone their protest scheduled for 29 January.
Women's rights activists say divorced women are often thrown out of their homes, lose custody of their children, and many end up destitute.
The Director General of the Hisbah, Saidu Dukawa, said there were also security concerns over the protest.
"We fear what could happen in the streets if there is a large gathering of people, it could get out of control," he told the BBC's Hausa Service.
Large gatherings of people can be volatile in Nigeria, which has been rocked by violence between Muslims and Christians over the last 10 years.

Quarrelling spouses

He also said the idea of street protests was "un-Islamic" and "morally wrong". "Never in the history of Islam have women taken to the street to press for their demands," he said.

The Hisbah were reported by local media to have said they feared the demonstration would "ridicule Kanoin the eyes of the world".
Kanois one of 12 northern Muslim-majority states governed by Sharia law.
The Hisbah are in charge of policing the morals of Muslims to make sure they are "Sharia-compliant".
They do not have the authority to ban the protest from going ahead, but told organisers they would report the demonstration to the police if they continued with it.
One of their duties is to reconcile quarrelling spouses and prevent divorce.
But divorce in polygamous northern Nigeria is very common. The Association of Divorcees Widows and Orphans has could not immediately be reached for a comment.

sources BBCnews http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7837512.stm

Posté par Malka Marcovich à 11:32 - Islam politique - Commentaires [0] - Permalien [#]
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