14 mai 2009
Pékin en coulisses au Sri Lanka
Par JEAN-CLAUDE BUHRER
Publié dans Libération le 14- 5 - 2009
Il y a un an, c’était la Birmanie, frappée par le cyclone Nargis qui a laissé derrière lui 138 000 morts ou disparus ainsi que 2,4 millions de sinistrés. La junte militaire avait d’abord refusé l’entrée des secours aux victimes et ouvertement nargué l’ONU, n’hésitant pas à maintenir le 10 mai un référendum constitutionnel taillé sur mesure, en pleine catastrophe. Aujourd’hui, c’est le Sri Lanka, où 200 000 civils ont fui les combats ces derniers mois, tandis que 50 000 autres restent piégés entre deux feux et que 6 500 ont péri en trois mois. Pressé d’en finir avec les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), le gouvernement sri-lankais fait la sourde oreille aux appels bien tardifs au respect du droit humanitaire et poursuit son «offensive finale» à l’abri des regards indiscrets. L’ONU reste coite.
Comme les militaires birmans, le gouvernement nationaliste de Colombo ne pourrait défier impunément tout le monde sans soutiens extérieurs, à commencer par celui de la Chine. L’an dernier, la junte avait ignoré les appels de l’ONU et de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi de donner la priorité au sauvetage des victimes du cyclone.
L’impuissance de la communauté internationale est encore plus manifeste au Sri Lanka, qui n’a jamais été réprimandé et avait même réussi à se faire élire au Conseil des droits de l’homme. D’ailleurs, comme la Birmanie, Colombo peut compter au Conseil de sécurité sur le double veto de Pékin et de Moscou. En mai 2008 déjà, ces deux-là n’avaient rien voulu entendre du principe de «la responsabilité de protéger» reconnu lors du sommet de l’ONU en 2005 et qui aurait facilité l’acheminement des secours dans la Birmanie dévastée. La Chine et la Russie, appuyées par le Vietnam, la Turquie, la Libye et le Japon, se sont opposées, le 22 avril, à une «pause humanitaire» réclamée par les Occidentaux au Sri Lanka, estimant qu’il s’agissait d’une affaire interne et non d’une menace pour la sécurité internationale. Les mêmes raisons sont invoquées à propos du Tibet, de la Tchétchénie, du Zimbabwe, voire du Darfour. Il est vrai que les méthodes expéditives des Tigres tamouls, placés sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis et l’Union européenne, expliquent aussi ces atermoiements, et que le gouvernement de Colombo a longtemps bénéficié de leur complaisance dans cette «sale guerre» qui a fait près de 70 000 morts en un quart de siècle. N’empêche que les civils paient un lourd tribut à l’indifférence de la communauté internationale.
Cette indifférence étonne d’autant plus que le Sri Lanka et la Birmanie suscitent bien des convoitises, ne serait-ce qu’en raison de leur position géostratégique : la grande île au sud du sous-continent en tant que point névralgique pour le contrôle maritime du commerce international dans l’océan Indien ; la seconde, à la charnière des mondes indien et chinois sur le golfe du Bengale. Ce double intérêt n’a pas échappé à Pékin, devenu le principal allié politique et militaire du régime birman sans cesser d’étendre son emprise économique chez son voisin du sud. En plus de barrages hydrauliques en construction, un projet de pipeline de la baie du Bengale au Yunnan devrait permettre à la Chine d’acheminer le pétrole du Moyen-Orient en évitant le détroit de Malacca.
La Chine a également renforcé sa présence au Sri Lanka, dont elle est devenue le principal donateur, afin de diversifier ses routes d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique. Entre les détroits d’Ormuz et de Malacca, elle se dote méthodiquement d’un véritable chapelet de ports en eaux profondes, de la base navale de Gwadar au Pakistan à Hambantota au Sri Lanka, et de Chittagong au Bangladesh à Sittwe en Birmanie. A Hambantota, Pékin a investi un milliard de dollars dans la construction d’un grand centre logistique de transbordement maritime. Outre l’aide financière et un appui politique «inconditionnel», la Chine a largement contribué à l’effort de guerre de Colombo et au basculement du rapport de forces sur le terrain… à peine les Etats-Unis avaient-ils suspendu leur coopération militaire en raison de la constante dégradation des droits de l’homme sur l’île. Illustrant ce rapprochement, le président Mahinda Rajapaksa était reçu par son homologue Hu Jintao en février à Pékin, puis en mars, ce fut au tour de son frère et ministre de la Défense Gotabhaya de remercier la Chine de son «soutien résolu dans le renforcement de la lutte contre le terrorisme».
Traditionnellement proche du Sri Lanka par la géographie et la culture, l’Inde se tient en retrait depuis le désastre de son opération de maintien de la paix (1987-1990) et surtout l’assassinat en 1991 du Premier ministre Rajiv Gandhi lors d’un attentat suicide des Tigres tamouls. Alors que Pékin en a profité pour avancer ses pions, Colombo a également trouvé des accommodements avec le groupe islamique et divers pays liberticides, chacun se renvoyant l’ascenseur. Autre souci pour New Delhi, des pays comme l’Iran, l’Arabie Saoudite ou la Malaisie sont entrés en compétition dans l’île avec la compagnie pétrolière indienne. Sans oublier le Pakistan, qui avec les encouragements de Pékin approvisionne largement le Sri Lanka en armes chinoises de petit calibre et fournit un entraînement militaire à ses forces aériennes. «Le problème des Tamouls, confiait à des journalistes l’ambassadeur du Pakistan auprès de l’ONU à Genève, c’est de ne pas être musulmans.»
Reste à savoir comment sortir de cette double impasse. En tout cas, ce n’est pas par les armes que le problème tamoul sera résolu au Sri Lanka, pas plus que l’implacable dictature militaire n’a réglé celui des minorités ethniques en Birmanie. A des degrés divers, ces crises récurrentes plongent leurs racines dans l’époque coloniale quand l’empire britannique avait favorisé des minorités comme les Tamouls à Ceylan et les Karens, ou d’autres encore, en Birmanie. Depuis, certaines ont pu se sentir victimes de discriminations à leur tour, jusqu’à prendre les armes - ce qui fut le cas des Tamouls sri-lankais et des Karens toujours en rébellion en Birmanie. Même si le LTTE était militairement défait, il faudra bien trouver une solution politique pour tenir compte des aspirations des Tamouls au Sri Lanka. Encore faudrait-il qu’il y ait volonté politique.
30 avril 2009
Un ancien prisonnier Ouïgour de Guantanamo, réfugié en Albanie, considéré comme terroriste en Chine
Par Briseida Memma, TIRANA, (AFP) -
Abu Bekker Qassim, l'un des cinq Ouïgours libérés de Guantanamo et ayant pu bénéficier de l'asile politique en Albanie en 2006, se réjouit d'apprendre la fermeture annoncée de la prison militaire américaine à Cuba mais rêve surtout de pouvoir revoir un jour les siens.
"Obama a compris que Guantanamo était une grave erreur qui devait être corrigée. Mais la Chine nous considère toujours comme des terroristes", résume Abu Bekker, 39 ans, devant l'AFP.
Dans son appartement de Tirana aux murs presque nus, où sont accrochées quelques photos de sa femme et de ses trois enfants, qu'il n'a pas revus depuis neuf ans, Abu retrace avec force gestes, dans un mélange d'albanais et de mots turcs anciens, l'étonnant parcours de sa vie.
La minorité ouïgoure, turcophone et de confession musulmane, vit au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.
Certains groupes ouïgours dénoncent la répression politique et religieuse menée par la Chine dans cette région, Pékin les accusant pour sa part de "terrorisme".
Fuyant avec quelques compagnons ouïgours les "persécutions" de Pékin, Abu a gagné l'Afghanistan au moment de l'offensive américaine contre le régime des talibans, après les attentats du 11 septembre 2001.
Arrêté, il était transféré peu après vers Guantanomo où il a passé quatre ans et demi.
"A Guantanamo, les lois n'existaient pas et les gens n'étaient que des numéros", explique Abu. Il portait lui-même le numéro 283.
"Je fais encore des cauchemards. Il me semble encore entendre les hurlements et les pleurs des prisonniers. Plusieurs d'entre eux devenaient fous après des tortures et des pressions psychologiques", raconte l'ex-détenu.
Au bout de plusieurs années d'épreuves, la Cour fédérale américaine a reconnu son innocence, ainsi que celle de ses quatre compagnons ouïgours qui ont bénéficié de l'asile politique en Albanie.
Les Etats-Unis avaient demandé à plusieurs pays de les accueillir mais seul Tirana a accepté, malgré les protestations de la Chine.
Abu essaye maintenant de refaire sa vie en Albanie. Son espoir le plus cher est de revoir les siens et il fonde tous ses espoirs dans l'aide des Etats-Unis.
"Même l'ONU n'a pu nous aider. L'Albanie non plus. Nous ne pouvons pas retourner en Chine, car on nous accuse d'être liés au Mouvement islamique du Turkestan Oriental" (le Xinjiang, ndlr), explique-t-il.
Deux de ses amis ouïghours, qui ont partagé son destin, ont accepté que leurs femmes puissent se remarier. Mais pas Abu, qui espère toujours reconstituer un jour sa famille.
Ajup Muhamet, 25 ans, le plus jeune du groupe, suit des études à l'Université de New York à Tirana et veut se marier avec une Albanaise.
Deux autres suivent des cours de cuisine et d'albanais. Un quatrième enfin a demandé l'asile politique en Suède.
"A Guantanamo, nous gardions notre barbe, car cela fait partie de nos moeurs et coutumes. Mais à Tirana, je l'ai enlevée, car il y a encore des gens, comme partout ailleurs, qui pensent que derrière tout barbu se cache un terroriste", explique Abu, élégant dans son costume bien taillé.
A leur arrivée en Albanie, ils étaient perdus. Personne ne connaissait leur langue. Les avocats ont même essayé de leur trouver un autre pays d'accueil.
Aujourd'hui, Abu a appris à faire des pizzas, se rend régulièrement à la mosquée et prépare des plats ouïgours dans le restaurant d'un ami turc à Tirana. Avec l'argent gagné, il a participé à un projet de plantations d'arbres devant une école.
Et il veut voir ces arbres grandir. Car Abu s'inquiète maintenant de son avenir en Albanie.
A la fin de l'année, l'Etat albanais ne s'occupera plus d'eux et ne paiera plus le loyer de leurs appartements à Tirana. Ni lui ni ses compagnons ne disposent d'un véritable travail leur permettant de gagner leur vie.
Abu s'inquiète aussi du sort des 17 autres Ouïghours qui "sont toujours à Guantanamo et que personne ne veut accueillir".
09 avril 2009
SRI LANKA : L';ONU TOUJOURS TRÈS INQUIÈTE POUR LES 100.000 CIVILS PRIS AU PIÈGE
« Je suis profondément préoccupé pour la vie de plus de 100.000 civils pris au piège dans une zone de 14 kilomètres carrés dans la région de Vanni déclarée zone de cessez-le-feu par le gouvernement sri-lankais », a déclaré mardi l';Envoyé spécial du secrétaire général pour les droits des déplacés internes, Walter Kälin, à l';issue d';une visite de quatre jours au Sri Lanka.
Selon lui, « à la suite d';informations selon lesquelles les combattants du LTTE (Tigres de libération de l';Eelam tamoul) sont maintenant complètement acculés, beaucoup plus (de civils tamouls) risquent de perdre la vie ». Il a de nouveau exhorté le LTTE à laisser partir les civils du théâtre du conflit et demandé au gouvernement sri lankais de « respecter scrupuleusement la zone de cessez-le-feu ».
L';Envoyé spécial, qui a constaté que 52.000 personnes étaient arrivées dans la région de Vanvuniya depuis novembre dernier, a salué la reconnaissance par le gouvernement de sa responsabilité de protéger et de prêter assistance à ces personnes, et a reconnu les mesures déjà prises à cet effet.
Il a par ailleurs estimé que d'; « extraordinaires efforts devaient être déployés par le gouvernement, les Nations Unies, les organisations non gouvernementales, les donateurs, agissant en pleine coopération, pour réussir à faire face aux besoins humanitaires de cette population et des dizaines de milliers d';autres personnes qui devraient arriver dans les prochaines semaines ou mois ».
A la suite de ces rencontres avec divers responsables gouvernementaux, Walter Kälin, s';est félicité de la réceptivité affichée par le gouvernement sri lankais qui a allégé la pression sur les ressources disponibles dans la région de Vavaniya en transférant certains déplacés vers d';autres secteurs.
Apr 7 2009 2:00PM
08 avril 2009
HCR : DEUX DRAMATIQUES CHAVIRAGES AU LARGE DU YÉMEN
New York, Apr 7 2009 2:00PM
Huit migrants clandestins ont trouvé la mort et 22 autres sont portés disparus suite au chavirage de deux bateaux dans le golfe d';Aden au large du Yémen, a annoncé mardi le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Le premier bateau, transportant quelque 40 Somaliens, a chaviré dimanche alors que les passagers commençaient à débarquer sur les côtes du Yémen à environ 80 kilomètres à l'est de Mayfa'a. Des survivants ont raconté que le bateau des trafiquants était parti de Marera, à l'est de la ville somalienne de Bossasso.
Une seconde tragédie a eu lieu dimanche au large de la côte de Rujeema, à 120 kilomètres à l'est de Mayfa'a. Les survivants ont dit que huit personnes étaient mortes et que deux étaient portées disparues après que leur bateau transportant 23 passagers ait fait route dans une mer démontée et qu'il ait commencé à prendre l'eau. Des témoins ont dit que certains passagers sont morts par suffocation après que les trafiquants les aient tous recouvert avec une bâche pour empêcher l'eau d'entrer dans le bateau. Les survivants ont expliqué que le bateau était parti de la ville somalienne d'Elayo, à l'ouest de Bossasso.
Pour cette année, 339 bateaux et plus de 17.035 personnes sont arrivées au Yémen après avoir effectué le périlleux voyage à travers le golfe d';Aden, selon le HCR. A ce jour, 74 personnes seraient mortes et 51 sont portées disparues.
Selon le Haut-commissariat pour les réfugiés, les personnes qui font la traversée tentent d';échapper aux situations désespérées de guerres civiles, d';instabilité politique, mais aussi à la pauvreté et à la famine qui sévissent en somalie et dans la corne de l';Afrique.
06 avril 2009
RDC : DES COMBATS CAUSENT UNE NOUVELLE VAGUE DE DÉPLACEMENT DE POPULATION DANS L';EST
La reprise des combats entre deux milices rivales dans l';Est de la République démocratique du Congo (RDC) a poussé plus de 30.000 Congolais à fuir leurs maisons, a indiqué mardi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
Le 31 mars, le Front populaire pour la justice au Congo (FPJC) a attaqué les villages de Tcheyi, de Bavi et de Songolo dans la région d';Irumu du district d';Ituri (Province Orientale), à environ 50 à 80 kilomètres au sud-est de Bunia, la capitale. Et le 2 avril, le Front révolutionnaire pour la paix en Ituri (FRPI) a lancé une contre-attaque pour reprendre Bavi, a précisé un porte-parole du HCR lors d';un point de presse à Genève.
Le FPJC s';oppose au FPRI depuis septembre 2008 et ce mouvement a mené plusieurs attaques qui ont provoqué des déplacements et des souffrances parmi les populations de la région. Le FPRI est un groupe connu pour avoir refusé de participer au processus de paix en RDC. Il a également été accusé de graves violations des droits humains en Ituri, a ajouté le porte-parole.
Les personnes déplacées ont fui vers les villages de Nyakunde et Marabo et se trouvent également le long de la route reliant Kagaba, Chikede, Geti et Aveba, à environ 50 à 70 kilomètres au sud de Bunia. Un grand nombre parmi les nouveaux déplacés sont des personnes qui étaient déjà déracinées lors de précédents raids menés par le FRPI en 2006 dans le district d';Ituri. Elles avaient reçu une assistance du HCR pour rentrer dans leurs villages d';origine à la fin 2006.
Selon le HCR, ces tout derniers combats menacent de renverser les progrès importants réalisés pour le rapatriement et la réinstallation de milliers de Congolais affectés par de précédents conflits dans la région.
24 février 2009
Millions de déplacés en Colombie
COLOMBIE : LES MILLIONS DE DÉPLACÉS, UN GRAVE PROBLÈME HUMANITAIRE - HOLMES
New York, Feb 24 2009 12:00PM
Au premier jour de sa mission en Colombie, le responsable humanitaire des Nations Unies John Holmes a évoqué lundi la gravité de la situation dans le pays avec les autorités et divers acteurs non gouvernementaux.
« Il est clair qu'il existe une grave situation humanitaire en Colombie, notamment le problème des millions de personnes déplacées à l'intérieur du territoire, et qu'il faut faire plus, collectivement, pour y répondre », a déclaré M. Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU.
Il a rencontré le ministre de la justice Fabio Valencia Cossio, la directrice du département de la prévention des catastrophes, Luz Amanda Pulido, le ministre des Affaires étrangères, Jaime Bermudez, et le conseiller présidentiel à l'action sociale Luis Alfonso Hoyos, selon un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (<" http://www.reliefweb.int/rw/dbc.nsf/doc100?openForm">OCHA).
John Holmes a rendu hommage aux progrès réalisés par le gouvernement tout en l'encourageant à accroître le dialogue notamment sur la protection des civils. Le gouvernement a aussi convenu de la nécessité d'améliorer la préparation et la prévention des catastrophes naturelles.
Le Secrétaire général adjoint a aussi rencontré un groupe de représentants de la société civile colombienne, composés d'indigènes, d'Afro-colombiens, de défenseurs des droits de l'homme, ainsi qu'un groupe de représentants des femmes et de la jeunesse.
M. Holmes s'est notamment élevé contre les récents meurtres de membres de la communauté Awa, à Nariño.
Mardi, John Holmes devait se rendre dans la région du Chocó pour y rencontrer des membres des communautés afro-colombiennes et indigènes et des personnes déplacées à Bebedo, Dipurdu et Quibdo.
23 février 2009
850 000 personnes déplacées en RDC
RDC : L'INSÉCURITÉ CROISSANTE CAUSE DE NOUVEAUX DÉPLACEMENTS AU NORD-KIVU - HCR
New York,
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés reste extrêmement préoccupé par la violence croissante survenant contre des civils au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, a dit son porte-parole Ron Redmond mardi à Genève.
« Depuis le 13 février, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ont mené de nombreuses attaques dans les zones de Masisi, de Lubero et de Walikale au Nord-Kivu, suscitant une nouvelle vague de déplacements », a déclaré le porte-parole.
Les autorités locales ont informé le HCR que près de 3.000 personnes déplacées internes se trouvent dans le village de Remeka, à environ 20 kilomètres au sud de Masisi, suite à une récente attaque des FDLR.
Certaines parmi elles ont trouvé abri dans des églises et des écoles. D'autres ont trouvé refuge dans plusieurs sites gérés par le HCR aux alentours de la ville de Masisi.
Mardi, une équipe conjointe des Nations Unies devait se rendre à Kitanga, située non loin de Masisi, pour surveiller et évaluer les besoins des personnes nouvellement déplacées.
Les FDLR, qui utilisent des armes à feu et des couteaux de brousse, ont attaqué Kipopo, Remeka et Kamuobe près de Masisi ainsi que Kanyatsi et Busigho près de Lubero, tuant des civils et violant des femmes.
Le HCR craint de plus en plus, par ailleurs, des attaques de représailles menées par les FDLR contre des civils soupçonnés de collaborer avec l'opération militaire conjointe RDC-Rwanda contre le groupe rebelle qui a débuté fin janvier.
Les FDLR sont principalement composées de Hutus rwandais qui sont arrivés en RDC à la suite du génocide de 1994 survenu au Rwanda. Aujourd'hui, près de 30% des membres des FDLR seraient des Hutus congolais.
La situation humanitaire au Nord-Kivu est déjà dramatique, avec quelque 85O.000 personnes déplacées internes. Parmi elles, quelque 250.000 ont été contraintes de fuir depuis le mois d'août dernier, et beaucoup d'entre elles ont déjà été déplacées plusieurs fois.
27 janvier 2009
Déplacements forcés en RDC
27 janvier 2009
Un expert en droits de l’homme des Nations Unies craint de nouveaux déplacements de population dans l’Est de la RDC
GENÈVE - M. Walter Kälin, le Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays, a appelé aujourd’hui tous les acteurs impliqués dans les opérations militaires menées actuellement dans les provinces de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) à respecter scrupuleusement le droit international humanitaire et les droits de l’homme. Ces opérations sont menées par les forces armées de la RDC et du Rwanda, en association avec des groupes armés non-étatiques, contre les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé non-étatique opérant dans le Nord et Sud Kivu.
« A moins qu’une distinction claire ne soit établie entre les combattants et les civils et que des mesures de précaution ne soient prises pour protéger ces derniers, je crains que ces opérations ne provoquent de nouveaux déplacements massifs de la population civile et n’aggravent la crise humanitaire dans la région du Kivu », a indiqué M. Kälin. Celui-ci a ajouté : « Lors du lancement d’opérations militaires, le Gouvernement de la RDC a la responsabilité de protéger la population civile et d’organiser l’assistance humanitaire nécessaire. Cela signifie également que toute information pertinente relative à la réponse humanitaire et à la protection des civils doit être communiquée de façon transparente et en temps utile à la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC). Toutes les parties au conflit doivent faciliter l’accès aux agences humanitaires ».
M. Kälin a également rappelé que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, y compris le déplacement forcé de population, doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites et doivent être punis. « Ils peuvent également faire l’objet de poursuites devant la Cour pénale internationale », a ajouté M. Kälin.
« Nous avons observé récemment des actes de représailles violents commis contre les civils par des groupes armés non-étatiques dans la Province Orientale », a souligné M. Kälin. A la mi-décembre 2008, les forces armées de la RDC et de l’Ouganda ont lancé une opération militaire conjointe contre l’Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), un groupe armé non-étatique dont le chef Joseph Kony a été inculpé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. M. Kälin a précisé : « les combattants de la LRA fuyant l’offensive ont tué au-moins 500 civils, violé des femmes et enlevé des enfants. On estime que plus de 100,000 personnes ont été déplacées de manière forcée ».
Le communiqué de M. Kälin est publié en sa qualité de Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays, à la suite de sa visite du 17 au 23 janvier 2009 à Kinshasa et Goma (la capitale provinciale du Nord-Kivu).
M. Kälin a effectué cette visite à l’invitation du Gouvernement de la RDC. Il est membre du groupe des sept experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, suite à sa session spéciale du 1er décembre 2008, d’examiner de façon urgente la situation actuelle dans l’Est de la RDC, afin de faire rapport au Conseil des droits de l’homme lors de sa 10ème session au mois de mars 2009, sur les meilleurs moyens d’apporter une assistance technique à la RDC pour répondre à la situation des droits de l’homme, en vue d’obtenir des améliorations tangibles sur le terrain, tout en prenant en considération les besoins formulés par le Gouvernement de la RDC (cf. la résolution S-8/1 du Conseil des droits de l’homme, qui fait écho à la résolution 7/20).
M. Kälin, un expert indépendant et professeur de droit à l’Université de Berne (Suisse), occupe le poste de Représentant du Secrétaire-Général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays depuis 2004.
02 octobre 2008
52 cadavres de somaliens qui fuient les combats flottent dans les eaux du Golfe d'Aden
Nouvelle envoyée le 29 septembre par les services de presse de l'ONU.
52 SOMALIENS MORTS APRÈS AVOIR ÉTÉ ABANDONNÉS PAR LEURS PASSEURS
New York, Sep 29 2008 11:00AM
Cinquante deux Somaliens sont morts après que leur bateau a été abandonné par les trafiquants qui devaient assurer leur passage de Somalie vers le Yémen dans le Golfe d'Aden, a indiqué lundi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
« Les passagers du bateau, qui n'était plus navigable, ont été abandonnés sans eau ni nourriture, dérivant pendant 18 jours. Soixante et onze personnes ont survécu à ce supplice », précise le HCR dans un communiqué.
Les trafiquants ont abandonné les 124 passagers à leur sort quelques heures après le début de la traversée sous prétexte d';aller chercher du matériel pour réparer le bateau.
En tout, 38 hommes et 10 femmes sont morts pendant la traversée, leurs corps jetés par dessus bord. Dérivant près de la côté du Yémen, trois personnes ont plongé pour alerter les autorités. L'une d'entre elles est toujours portée disparue.
Enfin, quatre survivants sont morts après avoir été hospitalisés.
Les Somaliens avaient payé entre 70 et 100 dollars pour le voyage, espérant quitter leur pays frappé par l';insécurité, la guerre, la sécheresse et le chômage.
En 2008, plus de 31.000 personnes ont fait ce dangereux voyage, dont 21.200 Somaliens et 9.800 Ethiopiens. Plus de 228 sont morts et 260 restent portés disparus.
27 septembre 2008
15 000 personnes ont fui Mogadiscio dans l'indifférence de presque tous
Dans la série des violations ou des drames ignorés au CDH, voici un conflit où l'ONU semble bien impuissante, qui engendre des cortèges de réfugiés. La Somalie ne semble retenir vraiment l'attention des médias actuellement que lorsqu'il s'agit de prises d'otages par des pirates au large de ses côtes.
Et oui ! Il est loin le temps où le monde retenait son souffle devant les tragédies humanitaires et la famine en Somalie, et où même notre actuel Ministre des affaires étrangères mettait la main à la pâte en décharchant des sacs de riz devant les caméras médusées.
Aujourd'hui, la Somalie attire rarement les caméras. Et ce, malgré le drame insupportable qui s'y joue, et qui aura des conséquences sur l'ensemble de l'Afrique et du monde.
Rien que pour cette dernière semaine, le Haut Commissariat aux réfugiés indique que 15 000 personnes auraient quitté leurs foyers dans la capitale Mogadiscio à la suite des combats qui continuent de faire rage dans ce territoire stratégique pour les islamistes.
Ci-après le dernier communiqué du Haut Commissariat aux réfugiés.
26 septembre 2008 – Le nombre de Somaliens arrivant dans le camp de réfugiés de Dadaab dans le nord-est du Kenya ne cesse d'augmenter, atteignant 45.000 personnes depuis le début de l'année, au moment où une nouvelle vague de civils a fui les combats à Mogadiscio cette semaine, s'est inquiété vendredi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).
Les combats de cette semaine dans la capitale somalienne, décrits par des témoins comme les pires depuis le début de la dernière insurrection en février 2007, a forcé au moins 15.000 personnes à abandonner leurs maisons, selon des estimations de partenaires humanitaires du HCR dans la ville, a indiqué le porte-parole de l'agence des Nations Unies, Ron Redmond. Près de la moitié des nouveaux déplacés ont fui vers des zones plus sûres de Mogadiscio, tandis que les autres ont fui vers la ville somalienne d'Afgooye, une zone où s'entassent plus de 300.000 déplacés, a-t-il ajouté.
Dans le même temps, les équipes du HCR dans le camp de réfugiés de Dadaab, à quelques 80 kilomètres de la frontière avec la Somalie, signalent l'arrivée continue de milliers de réfugiés somaliens chaque mois. Même si la frontière entre le Kenya et la Somalie est restée fermée depuis le début 2007, plus de 45.000 nouvelles arrivées ont été enregistrées cette année.
Le camp de Dadaab, un des camps de réfugiés les plus grands, les plus anciens et les plus surpeuplés au monde, accueille maintenant plus de 215.000 personnes, soit une augmentation de 25% depuis le début de cette année, a dit Ron Redmond. La plupart des Somaliens arrivant à Dadaab sont de Mogadiscio. Les autres viennent des régions de Kismayo, Jamame et Afmadow, a-t-il ajouté.
Le camp de Dadaab, qui compte trois sites (Ifo, Dagahaley et Hagadera) a une population plus de deux fois supérieure à cette qui était prévue. Le HCR a fait de la décongestion du camp une priorité. Le gouvernement kenyan a récemment identifié un espace supplémentaire dans le district de Fafi, aussi dans le nord du Kenya, où il est prévu de construire un autre camp pour accueillir les nouveaux réfugiés somaliens.
De son côté, le coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour la Somalie, Mark Bowden, a indiqué que les agences humanitaires avaient intensifié leurs efforts d'assistance auprès des populations affectées à Mogadiscio et ses alentours après les combats des derniers jours. Plus de 80 civils auraient été tués et des centaines d'autres blessés, souligne un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour la Somalie.
« La recrudescence des combats à Mogadiscio au cours du weekend aggrave une situation humanitaire déjà désespérée en Somalie. Une énorme proportion de la population a absolument besoin d'aide », a dit M. Bowden.
Les personnes déplacées depuis ce week-end reçoivent de l'aide alimentaire le long du corridor d'Afgooye et le Programme alimentaire mondial (PAM) transporte actuellement davantage de nourriture dans les zones en bordure de Mogadiscio.


