Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

20 septembre 2009

Pouvons-nous faire libérer des citoyens, otages des dictatures fascistes, en oubliant les peuples dans leurs enfers ?

Par Ann Pak, réfugiée iranienne

Pouvons-nous faire libérer des citoyens, otages  des dictatures fascistes, terroristes tout en négligeant, en oubliant  les peuples dans leurs enfers ?


Comment ne pas se réjouir d’une  libération d’otages où qu’elle intervienne dans le monde, et ne pas  participer à ces moments d’émotion collective, rares instants de  concorde politique planétaire largement relayée par les médias ? 
On peut se demander cependant quel sera  le prix à payer pour les libertés fondamentales, là-bas et ici, lorsque  ces dénouements heureux s’accomplissent grâce à l’entremise des régimes  les plus dictatoriaux.
Il en fut  ainsi lors de la libération d’Ashraf El-Hojouj et Kristiyna Valcheva et  ses collègues, plus connus sous leur titre de "médecin palestinien" et  "infirmière bulgare" des geôles libyennes, qui permit au Colonel Khadafi  de prendre sa place dans le concert des Nations. Ce fut le début de  l’ascension politique de la Libye au niveau international.    Ainsi, un mois  après ces libérations, la Libye (Grande Jamahiriya arabe) était élue  présidente du comité préparatoire à la conférence d’examen de la  conférence mondiale contre le racisme dite "Durban II". Dans la  foulée, elle fut élue au Conseil de Sécurité, à la tête de l’Union  Africaine, et présidera à partir du 15 septembre pour un an   l’Assemblée Générale des Nations Unies.    On peut aussi  se demander quelles concessions auraient été faites à Hugo Chavez s’il  était parvenu à libérer Ingrid Betancourt de l’emprise des Farc…

Depuis  le printemps , nous assistons à une intense activité diplomatique de  l’administration Obama, qui a permis la libération des journalistes  Roxana Sabéri, otage du régime de Téhéran, Laura Ling et Euna Lee,  otages de République démocratique de Corée.    Puis est apparu au premier plan en France le visage de Clotilde Reiss dans le procès "en sorcellerie" de Téhéran après la révolte du mois de juin, suivi de celui du Président Syrien Bashar El Assad en potentiel libérateur.   

Et en ce début  d’automne, on en vient presque à oublier l’immense espoir qui a animé le  peuple iranien et les démocrates du monde entier, épris de liberté,  durant les semaines de révolte qui ont suivi les élections truquées et  le sort de ceux qui ont été arrêtés.    Le régime  islamiste d’Iran est un régime qui recourt souvent à la prise d’otage et  à la terreur aussi bien sur le plan national qu’international. Par  exemple, personne n’a oublié la prise d’otage du personnel de  l’ambassade des USA tout de suite après la prise de pouvoir de  Khomeiny.    Sans oublier le recours de ce régime à la  terreur et à l’assassinat de ses opposants sur le sol des pays libres.  Par exemple, parmi tant d’autres, l’assassinat de Shapour Bakhtyar à  Paris (la France a depuis libéré son assassin libanais embauché par le  régime islamique).   

La prise d’otage et l’emprisonnement de  Clotilde Reiss ont incité les médias français à s’intéresser, un court  instant, au sort des iraniennes et iraniens arrêtés par le régime  islamiste.    Mais, dès lors que la machine de négociations et de marchandages diplomatiques se mît en marche pour la libération de Clotilde Reiss, très consciencieusement, ils ont laissé aux oubliettes les barbaries infligées aux prisonniers politiques et au  peuple iranien.    Selon la loi islamique  constitutionnalisée en Iran, toute remise en question du régime, toute  requête en justice, toute quête d’égalité entre homme et femme est  considéré comme un blasphème.    Ainsi, le régime théocratique jette  l’anathème sur les citoyens qui réclament la justice, qui luttent pour  la démocratie et la liberté, qui réclament l’abolition de l’apatride  sexiste.   

Dès lors, tout un appareil  « impeccablement » infernal se met en action pour éliminer la  pensée, effacer l’individu, écraser la personne, briser toute aspiration  au changement, massacrer les opposants, et ce depuis trente ans.    Les premières éliminations commencèrent  en 1981 puis en 1988 lorsque Khomeiny ordonna le massacre de milliers de prisonniers politiques, de jeunes femmes et hommes. Le monde resta aveugle et sourd aux cris de ces prisonniers, parfois seulement âgés de  quinze ans.   

Et là, depuis la révolte du mois de juin,  la machine répressive du régime islamique, une fois de plus, terrorise  de façon impunie tout un peuple qui n’a que sa colère et sa révolte contre les « agents de dieu » armés jusqu’au cou.    La torture se pratique au nom d’«allah»,  ce qui produit deux conséquences : les tortionnaires détruisent  sans aucune mauvaise conscience et les prisonniers et prisonnières,  démolis et abattus, sont culpabilisés encore davantage face à ce dieu.     Des tortionnaires accompagnent les tortures de coups de fouets et des gestes répétitifs de supplice par la  répétition de «الله اکبر  /Allaho Akba/ dieu est  grand » et «  لا اله الا  الله/la élaha ella  lélla/ il n’y a pas d’autre dieux sauf Allah! »  Entre autres châtiments cruels et dégradants, le viol  des prisonnières et prisonniers fait partie d’un redoutable  moyen pour casser, briser, détruire, déshumaniser l’individu. Dans les  années 80 et 90, après le viol et l’exécution des prisonnières non  mariées, ils envoyaient une boite de gâteaux aux parents de ces  prisonnières parfois âgées de 15-16 ans, en guise de «cadeaux du marié».  Car « des fille vierges sont susceptibles d’entrer au paradis, il  faut donc les en empêcher » par le viol.

Depuis le mois de juin, ces pratiques barbares continuent de plus belle. Au mois d’aoûte, nos écrans ont montré quelques uns de ces procès  dans des «tribunaux commandés», avec des dizaines de prisonniers avouant  les pires des crimes, «l’espionnage, le renversement du régime  islamiste», passibles de la peine de mort.

Comment pensez-vous que le régime islamiste contraint des  prisonniers politiques d’avouer des crimes non commis ? Par la  torture, le viol et les menaces pour leurs familles. Ces barbaries  cruelles et moyenâgeuses, dignes d’être décrites par l’historien  Michelet, anéantissent la personne, tuent la volonté, et font que  l’individu avoue tout ce que lui demandent ses tortionnaires.

Quel peut être le but des ces cruautés  infligées aux êtres humains ? Obtenir des aveux pour des crimes non  commis ? Semer la terreur jusqu’au for intérieur de l’individu,  jusqu’au plus profond de la société ? Par la peur et la terreur,  faire tout accepter à l’individu et à la société ? Préserver le  pouvoir quelques jours de plus ? Ou bien peut-être montrer qu’il  n’y a plus de limites au mépris que les ayatollahs vouent, au nom de  dieu, aux êtres humains ?    Mais les clergés chrétiens qui jadis ont  exercé tout ce que les imams islamistes expérimentent aujourd’hui ne  nous ont-ils pas démontré que leur règne ne fut pas éternel ?    Face à cette vérité, les Etats des pays  libres doivent sortir de leur silence et de leur inertie.    Il faut arrêter de négocier la liberté  des femmes et des hommes avec des dictatures pour des intérêts  économico-pétroliers. Car à long terme, ils ne sont pas gagnants.    Il faut refuser toute reconnaissance, négociation et relation diplomatique avec le régime islamiste de Téhéran  et son candidat imposé Ahamadi néjad.
   
 

Posté par Malka Marcovich à 10:02 - Démocratie - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


01 juillet 2009

Malgré la résolution 1820, le terrorisme sexuel continue en RDC

The Washington Post
A Broken U.N. Promise In Congo

By Eve Ensler
Tuesday, June 30, 2009

BUKAVU, Democratic Republic of Congo -- Just over a year ago, in answering whether sexual violence in conflict was an issue that the U.N. Security Council should take on, then-Secretary of State Condoleezza Rice proclaimed, "I am proud that, today, we respond to that lingering question with a resounding 'yes!' " With this statement, and with the cooperation of other power brokers at the table, the Security Council unanimously adopted Resolution 1820, which finally recognized sexual violence as a widely used strategy of warfare and cleared the path for the council to respond to it worldwide.

U.N. Secretary General Ban Ki-moon is to report to the Security Council today on implementation of Resolution 1820. What will we learn? A year after adopting the resolution, Congo remains the worst place on the planet to be a woman. Over 12 years, in a regional economic war for resources, hundreds of thousands of women and girls have been raped and tortured, their bodies destroyed by unimaginable acts. The Security Council's implementation of Resolution 1820 in Congo -- the very place that inspired it -- has been an utter failure.

Rape as a weapon of war has increased in eastern Congo since June 2008. In January, military operations were launched in North Kivu with the supposed goal of arresting the rebel leader Laurent Nkunda and neutralizing his National Congress for the Defense of the People (CNDP) troops as well as the FDLR, the former Rwandan Hutu genocidaires. Even now, with Resolution 1820 in place, no one considers the women. Anneke Van Woudenberg of Human Rights Watch, just back from the front lines in both North and South Kivu, told me Monday that in nearly all the health centers, hospitals and rape counseling centers she visited, rape cases had doubled or tripled since January.

Rapes continue to be committed with near complete impunity. While the number of criminal prosecutions has risen marginally, only low-ranking soldiers are being prosecuted. Not a single commander or officer above the rank of major has been held responsible in all of Congo. Rapes by the national army are increasing, too. MONUC, the U.N. peacekeeping mission, is not only allowing perpetrators to go unpunished but is also providing logistical support to them for their movements in the field. A blacklist of war criminals and rapists who were commanders in current operations was shown to the Security Council, which gave it to President Laurent Kabila. Despite incriminating evidence, none of the commanders was removed. Resolution 1820 was supposed to make the United Nations more sensitive to the issue of sexual violence. How is it possible that in the past year, the United Nations became complicit in supporting rapists as commanders in its operations?

The U.N. spin on operations in the Congo is upbeat. The secretary general lauded their success in a March 8 commentary in the International Herald Tribune. Successful for whom? Chantal, a 3-year-old who was raped so brutally by militia soldiers that she died on the way to the hospital? All her sisters were raped, too.

Resolution 1820 must be enforced with seriousness by the Security Council and the secretary general. Arrests need to be made immediately of known rapists and war criminals at the highest levels. The United Nations must stop supporting military actions, because they are doomed in Congo. And the root economic causes of the war need to be addressed with the leaders of countries in Africa's Great Lakes region who commit violence to reap benefits from Congo's minerals, as well as their Western corporate partners. They, too, are liable for these atrocities.

President Obama and U.N. Ambassador Susan Rice should send a very clear message to the world. It is within U.S. power, as a member of the Security Council, to push for measures to end impunity and to carve out an enduring peace through careful diplomacy for the people of Congo.

A few days ago, I sat in a dark shack with 30 survivors of rape. These women had fled their villages after being brutally terrorized and had randomly found each other. They banded together to form a grass-roots group called I Will Not Kill Myself Today. The women of eastern Congo are enduring their 12th year of sexual terrorism. The girl children born of rape are now being raped. What will it take for the United Nations to finally do something meaningful to stop the violence? The women are waiting.

Eve Ensler, a playwright and activist, is the founder of V-Day, a global movement to end violence against women and girls.

Posté par Malka Marcovich à 19:24 - Conseil de Sécurité - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 juin 2009

Le 3eme cycle du Conseil des droits de l'homme s'achève sur de nouvelles régressions

Voilà tout juste trois ans que le Conseil des droits de l'Homme naissait avec tambours et trompettes. On nous promettait une ère nouvelle vers un futur glorieux. Malheureusement le nouveau Conseil a accéléré encore le processus délétère (voir Les Nations désunies) à l'œuvre depuis un certain nombre d'années que Claude Levenson et Jean-Claude Buher avaient été les premiers à dénoncer en 2003.(voir "l'ONU contre les droits de l'homme" Mille et une nuits, 2003). 

Aujourd'hui 31 ONG dont Human Right Watch et Amnesty International, qui refusaient d'y croire ou qui s'étaient tues jadis face à certaines dérives, semblent s'inquiéter et ont interpellé le Présidente du Conseil.    
   
En effet, la 11ème session du CDH  qui a commencé le 2 juin pour se terminer le 18 juin a encore d'avantage ouverte la béance dans laquelle les droits humains continuent leur chute vertigineuse. La rhétorique totalitaire se peaufine ;  les libertés individuelles, la liberté d'expression sont mises à l'indexe, quand elles ne sont pas redéfinies ou recyclées pour les vider de toutes substance...

Durant la session, plusieurs rapporteurs spéciaux ont été accusés de ne pas respecter le fameux code de conduite, qui les place depuis un an sous la tutelle du CDH et leur enlève toute indépendance. Philip Alston, Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires fut particulièrement attaqué lors de la présentation de son rapport sur le Kenya. Franck La Rue Lewy, rapporteur spécial sur la liberté d'expression n'a pas non plus été épargné; il lui a été reproché de ne pas avoir respecté les termes de son nouveau mandat, à savoir rapporter les cas où la liberté d'expression constitue une atteinte contre les religions.    
Aussi une résolution présentée par Cuba a été adoptée qui réaffirme le fameux code de conduite et demande auxrapporteurs spéciaux de s'y conformer.    
   
Le groupe de travail intergouvernemental sur le suivi de Durban a été reconduit. Deux membres du Conseil appartenant au groupe Europe de l'Ouest, le Canada et l'Italie (qui parlait aussi au nom des Pays Bas) se sont dissociés du consensus, conformément à la position qu'ils avaient adoptée pour Durban 2. L'Allemagne qui avait refusé de participer à la conférence de Durban 2 a en revanche endossé cette résolution, affirmant que désormais elle soutenait le texte de Durban 2. 

L’Egypte qui dirige le groupe africain, a voulu présenter une résolution pour la suppression du rapporteur sur le Soudan. L'Ouganda,  a eu le courage de se confronter à l'Egypte s'insurgeant contre la manière dont le représentant du Caire prétendait parler au non d'un consensus africain et dénonçant le manque de transparence dans la prise de décision. Du coup, l'Egypte a du se rétracter et présenter la résolution seulement en son nom. Le représentant egyptien a vertement tancé l'ambassadeur d'Ouganda, insinuant avec mépris que ce dernier ne participait jamais aux réunions du groupe africain. A sa suite, le Soudan a exprimé tout le dégout que lui inspirait la posture ougandaise.   
C'est ainsi que l'’Union européenne a pu proposer une série d’amendements sur cette résolution, dont le renouvellement du mandat sur le Soudan pour une année. Ces amendements ont été approuvés à une très courte majorité (21 voix contre 20). La Zambie et l’île Maurice se sont prononcées pour ; le Ghana, le Sénégal (qui préside par ailleurs l'Organistation de la Conférence Islamique), le Burkina Faso et le Nigeria se sont abstenus. Cependant, pour obtenir cette faible victoire, l'Union européenne a été obligée de proposer le titre "d'expert indépendant", qui a beaucoup moins de prestige et de poids que celui de "rapporteur spécial" qui implique l'existence d'une situation d'urgence.    
   
L'examen périodique universel a  donné lieu à un autre grand moment de la mascarade onusienne. Plusieurs pays dont l'Arabie Saoudite ou Cuba avait fait venir en nombre des fausses ONG pour faire l'éloge de leur gouvernement. Seules 10 ONG sont autorisées à intervenir lors du rapport de l'examen périodique universel des pays. Aussi la Havane a su prendre les devants et la liste des orateurs a été complétée avant même l'ouverture de la salle du Conseil, les ONG pro-castristes ayant pu pénétrer dans les bâtiments de l'ONU avec l'aide de diplomates dés 6h30 du matin le 9 juin afin de remplir la fiche d'inscription. 
   
Durant les trois semaines de la 11ème session, les thèmes qui se développent depuis trois ans contre les droits universels et qui finissent à la longue par devenir lancinants ont continué à creuser leur sillon :  la diffamation des religions, la focalisation sur Israël, la censure sur tout autre thème, la légitimation du terrorisme ou nom de l'autodétermination des peuples, la négation de la sexualité hors mariage pour les femmes, la condamnation de l'avortement, le refus de se pencher sur les systèmes discriminatoires à leur égard,  la mise au banc de l'homosexualité, la valorisation des pratiques traditionnelles et culturelles etc... tout cela, au nom du droit des peuples à la paix et à une vision lénifiante du monde où les libertés individuelles sont sacrifiées.   
   
Le 4ème cycle du Conseil a débuté le 19 juin avec l'élection de l'ambassadeur de Belgique Alex Van Meeuwen à la Présidence (c'était au tour du groupe d'Europe de l'Ouest d'assumer la Présidence du CDH) avec comme rapporteur l'ambassadeur d'Egypte Hisham Badr
L'ambassadeur de Belgique avait été vice-président du comité préparatoire de Durban 2, présidé par la Libye, aux côtés de la République islamique d'Iran, du Pakistan etc... Autant dire que les pays autoritaires qui composent la majorité du CDH ont appris à le connaître durant ces 14 mois de capitulation des démocraties

21 février 2009

Pakistan, la Charia en échange d’encore plus de terrorisme !

Par Huguette Chmosky Magnis, président du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme

« Pakistan : la charia en échange de la paix »,
tel était en résumé jeudi 19 février le titre des médias sur l’accord passé entre le gouvernement pakistanais et les talibans de la vallée de Swat. Ces médias soulignaient cependant que céder « pour avoir la paix » était un pari risqué.

Quelle serait donc la recette pour la paix, au Pakistan et ailleurs ?
D’abord témoigner de la déférence aux talibans et aux terroristes.
Ce terme doit d’ailleurs être banni et remplacé par celui de « résistants ».
Les assassinats d’otages doivent être étiquetés « exécutions ».
Il faut s’interdire toute critique d’organisations terroristes, taire les crimes qu’elles commettent contre les civils et au contraire louer leur « résistance ».

Mais comment ? Ces sages précautions sont déjà prises et cela ne suffit pas ?
Il convient alors d’observer quelques règles de bon sens :
priver les filles d’enseignement
persuader les femmes de dissimuler leur féminité
s’abstenir de participer aux funérailles de victimes d’attentats

Il faut de plus se montrer prudent pour éviter de croiser la route d’un « résistant » en partance pour le paradis :
ne pas aller se faire soigner à l’hôpital
ne pas aller au restaurant
ne pas prendre l’autobus, le train, l’avion
faire ses courses avec la plus extrême précaution

Et en outre :
ne pas écouter de musique
ne pas être juif, chrétien, chiite (sauf là où règne l’islamisme version chiite), d’une autre religion ou - surtout pas ! - athée en terre d’Islam
ne pas être homosexuel

Quant aux « occidentaux » il leur faut avoir un comportement raisonnable :
ne pas venir travailler dans un pays musulman, pas même comme humanitaires
ne pas fréquenter les hôtels de luxe
ne pas fréquenter non plus les petits centres d’hébergement pour routards - et surtout pas les centres Chabad (2)
en règle générale ne pas voyager sauf pour participer à des manifestations bien encadrées en l’honneur du fameux dialogue des civilisations.

Ce programme est caricatural ?
Certes le trait est un peu grossi mais, à coup de relativisme, d’accommodement et d’abandon des droits humains universels, on s’en rapproche dangereusement.
Quant à l’accord talibans-gouvernement pakistanais, il a été salué dès le lendemain par un nouvel attentat "suicide" commis, dans ce nord-ouest du Pakistan, bastion des talibans, au cours des funérailles d’un dirigeant chiite assassiné.
Bilan annoncé : 30 morts, plus de 50 blessés.

En fait de paix, céder aux talibans n’est qu’un encouragement au terrorisme.

Samar Minullah, anthropologue pachtoune le dit avec force :
« Le gouvernement pense pacifier les extrémistes mais il ne fait que les renforcer…… les femmes payent le prix le plus élevé de cette montée de l’extrémisme. Au niveau de l’éducation et de l’emploi, elles sont les premières visées. Après avoir souffert du sous-développement, les gens aujourd’hui sont privés de tout pouvoir. Ils ne peuvent s’exprimer contre les atrocités commises par les talibans, les destructions d’écoles, les assassinats, les opposants décapités. Personne n’ose plus élever la voix. Je suis très pessimiste sur l’avenir de mon peuple. »

Si personne au Pakistan n’ose plus élever la voix, c’est aux démocrates de tous les pays de le faire !
Alors ne tardons pas. Une signature de la pétition internationale NON AU TERRORISME, c’est une voix pour les filles, les femmes, les opprimés et les victimes sans voix du Pakistan et d’ailleurs. http://www.petitionnonaut.org

HCM

(1) Courant juif orthodoxe Loubavitch
(2) Le Monde du 19.02.09

Posté par Malka Marcovich à 15:34 - Terrorisme - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

22 janvier 2009

Menace de mort pour une défenseuse de la liberté d'expression

Communiqué du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme.

Christine Tassin, du Mouvement Républicain et Citoyen, collaboratrice du site Riposte Laïque, vient de recevoir sur son blog (1), en guise de commentaire à son billet, un message signé "Ezzedine EL Kassem" (2) se terminant par une menace de mort.

Paroles creuses ? Il faut l’espérer !

Mais peut-on hausser les épaules devant l’inadmissible ?

Et peut-on ignorer que le verbe des islamistes est souvent performatif ?

Christine Tassin a porté plainte et réagi avec grand courage.

La solidarité envers elle doit être totale.

Un soutien inconditionnel, indépendant de l’accord avec les positions qu’elle exprime, doit lui être apporté.

Défendre la liberté d’expression est crucial.

Dénoncer le Hamas est non seulement un droit mais un devoir pour tout démocrate.

Huguette Chomski Magnis.

Présidente du MPCT

(1) http://christinetasin.over-blog.fr/article-26991345.html

(2) Nom de la branche armée du Hamas

Posté par Malka Marcovich à 18:21 - Terrorisme - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

09 décembre 2008

Le terrorisme viole les droits humains selon Ban Ki Moon

BAN : LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME DOIT INCLURE LA PROTECTION DES DROITS FONDAMENTAUX

New York, Dec  9 2008  7:00PM

La meilleure défense contre le terrorisme est une résistance collective qui passe par la protection des valeurs menacées par cette forme de violence, a déclaré mardi le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors d’une séance du Conseil de sécurité.

« Le terrorisme est un fléau mondial. Les carnages qu’il cause sont ignobles et moralement répréhensibles » et il s’agit d’une des principales menaces pesant sur la paix et la sécurité internationale, a estimé le Secrétaire général.

« La meilleure réponse à cette idéologie corrosive et malveillante est de réaffirmer fermement la résistance collective. Nous devons défendre les droits de l’homme que le terrorisme viole si brutalement. Nous devons défendre les valeurs consacrées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme -, dont nous allons célébrer le soixantième anniversaire demain », a-t-il insisté.

Selon lui, il appartient à l’ONU de mener les efforts de la communauté internationale face à cette menace qui ne trouve de justification dans aucune cause, aucun grief. En tant qu’organisation universelle, indépendante et impartiale, l’ONU est remarquablement bien placée pour jouer ce rôle, a-t-il ajouté.

L’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU de la Stratégie antiterroriste mondiale de l’Organisation des Nations Unies en 2006 est une décision historique qui illustre l’engagement unanime et sans équivoque de la communauté internationale, a estimé le Secrétaire général.

Sur le plan culturel, « nous tirons également parti du pouvoir fédérateur de l’ONU dans le cadre de cette lutte », a-t-il dit. 

Lors d’un Sommet sur la culture de paix le mois dernier, les dirigeants et les hauts responsables de plus de 70 Etats Membres, représentant des confessions et communautés diverses, ont rejeté l’utilisation de la religion pour justifier le massacre d’innocents et les actes de terrorisme, la violence et la coercition. En septembre, l’ONU a organisé un séminaire sur le sort des victimes.

« L’ignoble paradoxe est que les voix des terroristes sont souvent plus entendues que celles des victimes qui subissent leur cruauté », a déploré Ban Ki-moon.

Il a rappelé que la séance du Conseil de sécurité se tenait « deux jours avant de commémorer l’attentat à la bombe commis contre les bureaux de l’ONU en Algérie il y a un an ».

Cet attentat avait fauché les vies de 17 personnes et blessé 40 autres. « Il est plus évident que jamais que l’ONU est elle aussi devenue une cible. Or, ces tragédies ne nous ont ni empêché ni entamé notre capacité de servir la communauté internationale. L’ONU poursuivra son travail crucial, où et quand il sera nécessaire », a-t-il affirmé.

Posté par Malka Marcovich à 17:19 - Terrorisme - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

28 novembre 2008

Attentats à Bombay, communiqué de l'Alliance internationale contre le terrorisme

BOMBAY ; Communiqué de presse de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme

Attaques de Bombay : l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme condamne les attentats et la prise d’otages.

Prenant la parole à Paris aujourd’hui, Huguette Chomski Magnis, coordinatrice de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme a déclaré que les membres de l’Alliance exprimaient leur solidarité et leur soutien à l’égard des victimes des abominables attaques de Bombay, en Inde.

L’Alliance, constituée par les organisations de différents pays, parle au nom des individus issus de diverses nations qui se sont trouvés impliqués malgré eux dans un processus de terreur qui leur a été imposé. En tant que victimes directes ou indirectes, ils se sentent personnellement attaqués au plus profond d’eux-mêmes par les vagues incessantes de terrorisme.

Nous assumons notre responsabilité de prendre la parole pour exprimer notre condamnation absolue. Nos voix s’expriment dans l’unité et la détermination contre les plus récentes manifestations de barbarie. C’est l’Inde aujourd’hui, demain ce sera un autre pays, et il y aura beaucoup d’autres demains.

Intégralité du communiqué sur
http://www.mpctasso.org/spip.php?article450

Posté par Malka Marcovich à 18:59 - Terrorisme - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

16 novembre 2008

La théorie de la conspiration du 11 septembre défendue par Falk expert de l'ONU

Dans le journal estudiantin écossais "The journal", Richard Falk, expert falk_2indépendant sur les territoires palestiniens occupés, dans un article intitulé "9/11: More than meets the eye", renouvelle les doutes qu'il avait déjà émis naguère sur l'origine des attentats du 11 septembre, et regrette qu'une discussion sur la véracité des événements n'ait pas accompagné la campagne présidentielle américaine.

En sus de sa fonction de Rapporteur spécial sur les territoires palestiniens occupés, Richard Falk a également été nommé en octobre Conseiller du Président de l'Assemblée Générale Miguel d'Esctoto Brockman aux côtés d'une quinzaine d'autres conseillers.

Ses positions douteuses sur l'origine du 11 septembre, ainsi que ses amalgames entre le sort des palestiniens et la Shoah (dans différents articles précédant sa nomination), n'ont semble-t-il jamais dérangé la diplomatie française. Non seulement elle a voté pour son élection au poste de Rapporteur Spécial au CDH sans prononcer quelque réserve que ce soit, mais lors d'un débat récent à la 3ème Commission de l'Assemblée Générale, la France a demandé instamment (au nom de l'UE) à Israël, de collaborer avec lui.

Posté par Malka Marcovich à 21:18 - Terrorisme - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

30 octobre 2008

Durban 2 : Etat des lieux d’un désastre annoncé

Alors que la France, Présidente de l’Union européenne, continue d’affirmer qu’elle ne laissera pas franchir les lignes rouges dans le processus de Durban 2, la situation aujourd’hui laisse présager du pire et montre sans ambiguïté que les lignes rouges ont nettement été franchies. Le Danemark vient d’ailleurs d’annoncer qu’il envisagerait de ne pas participer à Durban 2

Etat des lieux

Etat d’avancement des négociations sur le document
La dernière réunion du comité préparatoire tenue du 5 au 17 octobre 2008, a consisté notamment à organiser le document et l’ordre des paragraphes (environ 500). Le langage de ces paragraphes devra être négocié lors de futures réunions intergouvernementales et de la dernière réunion préparatoire qui aura lieu à la veille de la conférence d’examen en avril 2009.
Le document actuel est fait à partir d’une compilation de contributions issues de la Conférence régionale d'examen pour l’Amérique du Sud à Brasilia au Brésil, la Conférence régionale pour la région Afrique à Abuja au Nigeria, celles du groupe Asie, de l’Union Européenne, de l’Organisation de la conférence islamique, et du groupe de travail gouvernemental intersessionel. A noter qu’en dehors de la contribution de l’UE, toutes les autres sont influencées par la terminologie et l’idéologie politique du Mouvement des Non Alignés et de l’Organisation de la Conférence Islamique, qui forment la majorité des pays membres des différents groupes onusiens, en dehors du groupe Europe de l'Ouest et autre. (voir notamment dans « Les Nations désUnies)

Points qui posent problèmes

L’instrumentalisation de l’histoire, concurrence mémorielle, création de normes historiques et réparations
L’ONU devient le lieu de revendication de la réparation des « injustices historiques » qui sont la cause de la pauvreté, de la marginalisation, de l’exclusion sociale, des disparités économiques, de l’instabilité et de l’insécurité de nombreux peuples ». Ainsi, le racisme trouve en « premier lieu » ses sources « dans le colonialisme et l’esclavage » et la traite transatlantique, qui est toujours, (sauf dans un paragraphe proposé par l’UE qui parle de la traite intra africaine ou trans océan indien) le fait des occidentaux. D’un côté, on « apprécie » les « quelques expressions de regrets, ou les remords, les excuses, le paiement de réparations ou la restitution d’objets d’arts ou culturels depuis huit ans », et de l’autre on « demande urgemment »  à ceux qui ne l’on pas encore fait « de présenter des excuses aux victimes du colonialisme et des injustices historiques et de prendre toute les mesures appropriées afin de panser les blessures et parvenir à la réconciliation ». 

Les formes contemporaines d’esclavage
Les formes contemporaines d’esclavage sont décrites uniquement dans cette filiation précise de l’esclavage historique, ou encore le travail forcé, la servitude ou la traite des personnes. En aucun cas elles ne s’inscrivent dans les travaux du Groupe de travail sur les formes contemporaines d’esclavage, créé dans les années 1970, qui était sensé observer l’application des conventions relatives à l’esclavage ou pratiques analogues dont la Convention du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des être humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui. Cette convention citée dans le Programme d’Action de 2001 à Durban, ne fait plus partie des textes de références dans le projet de texte de la conférence d’examen de 2009.

La traite des personnes
En revanche on évoque largement la traite des personnes, en mélangeant tous les concepts, y compris la question des migrants. Alors même que les normes internationales les plus récentes en la matière font une claire distinction entre la traite et le trafic de migrants. Ce savant fourre tout linguistique, qui s’avèrera - à n’en pas douter- consensuel, n’a plus rien à voir avec la définition officielle de la traite. Ainsi des points essentiels tels que la non pertinence du consentement des victimes, ou la demande comme facteur favorisant la traite en sont tout bonnement absents. Les rapports de Sigma Huda, ancienne rapporteure spéciale sur la traite, qui portaient sur la demande masculine dans l’industrie du sexe, ou sur la traite aux fins de mariages forcés - sujets révolutionnaires s’il en est - ne sont bien évidemment nullement cités en référence, alors que les attendus des travaux d’autres rapporteurs spéciaux sont largement cités en exemple.

Les migrants
Outre l’amalgame entre traite de personnes et trafic de migrants, on identifie la plupart du temps les migrants à ceux en Europe,  issus essentiellement de la culture ou religion musulmane qui seraient victimes « d’Islamophobie »

Le terrorisme
On souligne les dérives de certaines actions dans la lutte anti-terroriste qui peut renforcer des préjugés racistes ou xénophobes. Parmi elles sont dénoncées les mesures de profilage « religieux » dans les sociétés multiculturelles (à comprendre occidentales). Que signifie le profilage religieux ? A moins qu’il ne s’agisse du profilage de ceux qui portent des signes distinctifs religieux ?

L’antisémitisme
L’antisémitisme est intégré comme une atteinte contre une religion, aux côtés de « l’islamophobie et de la christianophobie ». Or l’antisémitisme n’a jamais constitué une atteinte contre la religion juive (même si à certaines époques, cela s’appuyait sur des préjugés religieux) mais une attaque contre le peuple juif.

L’islamophobie
La Conférence de Durban en 2001 a entériné pour la première fois dans un document international le concept d’islamophobie. Certains pourraient arguer que l’on ne peut plus revenir sur un terme entériné. Dans le contexte actuel cela semble en effet  difficile. Cependant il y eut des précédents dans des conférences d’examen d’autres conférences mondiales comme lors de Pékin + 5 en 2000.

La légitimation intellectuelle et démocratique du racisme, contre le multiculturalisme
Cette formule inventée par le rapporteur spécial contre le racisme Doudou Diène, est intégrée à de nombreux passages du document. En réalité, cette dénonciation de la résistance au multiculturalisme est développée pour s’inquiéter aussitôt de « l’islamophobie » où de l’atteinte à la pratique de l’Islam. Des exemples sont cités tels que « des restrictions pour la construction de Mosquées et de minarets », le « contrôle de l’enseignement et de la culture de l’Islam ». Il n’est jamais question de la résistance au multiculturalisme dans des sociétés où les populations musulmanes sont majoritaires, lorsque des minorités sont discriminées, qu’elles soient ethniques ou/et religieuses.

Blasphème, diffamation et incitation à la haine religieuse
« La tendance la plus inquiétante du racisme depuis 2001 » serait la « diffamation des Musulmans, de leur croyance et l’incitation à la haine religieuse » qui « affecte la paix et la stabilité internationale et nationale ». Les musulmans seraient empêchés de « s’intégrer » dans les pays où ils sont minoritaires, par le fait qu’on leur interdise « la pratique de leur religion. » « La publication de caricatures offensantes » au nom de la « liberté d’expression » constitue un frein « à la volonté commune de combattre le terrorisme et l’occupation étrangère » 

L'occupation étrangère
« L’occupation étrangère trouve ses fondements dans des lois discriminatoires racistes ». « C’est une nouvelle forme d’apartheid, de crime contre l’humanité, de génocide et un sérieux danger pour la paix internationale et la sécurité. » « Il faut engager une campagne mondiale de prise de conscience sur les répercussions, les manifestations et conséquences de toutes les pratiques racistes des pouvoirs occupants qui prend racine dans une idéologie raciste. »
Sous la rubrique occupation étrangère, on ne fait mention que « des Palestiniens et des autres habitants des territoires arabes occupés » qui subissent une discrimination raciale par Israël.

Le peuple Palestinien

C’est le seul peuple mis en exergue et à faire l’objet de plusieurs paragraphes spécifiques. Le droit au retour du peuple palestinien est affirmé. La communauté internationale est interpelée pour fournir protection contre les actes racistes et d’agression. Jérusalem, « lieux saint des trois religions » est mise en danger "du fait de son occupation "et « des pratiques racistes ».

Prévention, dialogue interreligieux et inter civilisationnel
Pour prévenir le racisme, voir appaiser le conflit au moyen orient, il faut axer les actions autour  du « dialogue entre les cultures, les religions et les civilisations » afin de « promouvoir une culture de tolérance et de respect pour la diversité. Ainsi, il sera possible de « mettre fin aux incitations à la haine religieuse, en particulier à l’Islamophobie ». Il est demandé au « Conseil des droits de l’homme d’inviter des représentants de communautés religieuses et culturelles » afin « d’approfondir le dialogue » et « qu’ils mènent des actions communes s’inscrivant au cœur de leur foi par rapport à la paix, aux droits humains et au développement ».
L’action en la matière de l’UNESCO, du Conseil de l’Europe, de l’OSCE et de l’Alliance des civilisations est mise en exergue, cette dernière étant évoquée à plusieurs reprises.

Liberté d’expression
Dans plusieurs endroits les  "obstacles" identifiés "dans le combat collectif contre le racisme »  sont « le manque de stratégies morales et éducatives », « l’impunité sous divers prétexte comme la liberté d’expression, la lutte contre le terrorisme »

Normes complémentaires et nouvelles structures
« Il faut identifier les manques dans les instruments internationaux des droits humains » afin « d’élaborer des normes complémentaires ». « Le Comité Ad Hoc doit continuer urgemment à identifier ces manques afin d’élaborer des recommandations pour l’élaboration de normes complémentaires »

19 octobre 2008

L'Europe deviendra-t-elle la nouvelle prophétesse du dialogue contre le terrorisme ?

La cheffe de la diplomatie Suisse, Micheline Calmy Rey avait soulevé l'indignation de nombreux commentateurs, lorsqu'elle se rendit à Téhéran voilée pour signer un contrat gazier en mars 2008, aprés qu'elle eut cédé aux pressions de la Libye lors de l'arrestation d'Hannibal Khadafi suite à la plainte de ses domestiques pour maltraitance. Dans la foulée,  elle avait envisagé ensuite la possibilité de dialoguer avec Ben Laden.

Dans son édition du 9 octobre, Le Monde rapportait que le Ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner se disait lui aussi prêt à dialoguer avec les Talibans.

Le Dialogue est décidemment de plus en plus à la mode et quand on y rajoute les termes "interculturel" ou "civilisationnel", il semble soudain se transformer en talisman capable de prévenir l'apocalypse nucléaire et le terrorisme.

Lors de la conférence initiée par l'ancien président iranien Khatami sur  "la religion dans le monde moderne" , où se pressaient de nombreux anciens dirigeants politiques occidentaux (dont l'ancien Premier Ministre Lionel Jospin), il n'a pas été une seule fois question du programme nucléaire iranien, mais on a pu entendre à nouveau la rengaine sur les stéréotypes et la stigmatisation des religions (en particulier de l'Islam) comme cause de la montée de la violence mondiale.

En marge des gesticulations diplomatiques extérieures à l’enceinte des Nations Unies, se tenait les 8 et 9 octobre 2008, dans le cadre de la sixième commission de l’Assemblée Générale, une réunion chargée d’étudier les stratégies de luttes contre le terrorisme, et notamment l’aboutissement d’une Convention internationale contre le terrorisme qui n’avait pu être achevée en 2005, faute de Consensus.

Les termes du débat depuis 2005 n’ont guère changé.
En revanche le rapport de force semble définitivement renversé. Plus offensifs que jamais, le Mouvement des Non Alignés [(NAM) qui compte 118 pays sur les 192 de l’ONU], l’Organisation de la Conférence Islamique [(OCI) 57 pays], le groupe africain [53 pays], et de nombreux pays individuellement dont l’Algérie, l’Iran, la Libye, la Malaisie, le Qatar, le l’Egypte, le Yemen …. ont demandé que la Convention fournisse
une définition qui établisse une distinction claire entre les actes de terrorisme régis par la convention et les moyens utilisés (quel qu’ils soient) dans la lutte légitime des peuples exerçant leur droit à l’autodétermination ou s’élevant contre une occupation étrangère.

L’Inde, se référant sans doute au conflit au Kashmir - a demandé des précisions sur ce que l’on entendait par « droit des peuples à l’autodétermination ».

Quant à la France, (au nom de la Croatie, de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, de l’Albanie, de la Bosnie Herzégovine, de l’Islande, du Monténégro et Serbie, de l’Ukraine, de la Moldavie et de l’Arménie et de la Turquie) n’a pas évoqué la distinction proposée dans la définition.

Il faut dire que l’Albanie et la Turquie sont membres de l’OCI et que cela aurait pu les placer en porte à faux vis à vis de leur organisation de tutelle. A moins qu’il ne s’agisse d’un retrait au regard de négociations qui se déroulent dans d’autres contextes.
Aussi la France a mis principalement en avant la nécessité du renforcement « du dialogue et de la compréhension mutuelle entre les cultures », s’est félicitée de la « fondation de l’Union pour la Méditerranée » et a salué les initiatives telles que l’Alliance des civilisations, le Dialogue interconfessionnel et les travaux de l’UNESCO en la matière.

Dans ce contexte, il y a fort à craindre que la définition du terrorisme et que les droits des femmes soient sacrifiés sur l’autel du dialogue dans la prévention des conflits.

D’ailleurs, l’Arabie Saoudite, pays d’apartheid sexuel, se propose de créer à Riyad un centre international de lutte contre le terrorisme sous l’égide des Nations Unies. Et l’Egypte a proposé la convocation d’urgence d’une conférence de haut niveau liée au projet de Convention générale contre le terrorisme.
Ces deux pays qui semblent à présent  prendre le rôle de tête de file dans la lutte antiterroriste ne sont pas, loin s'en faut, les champions des droits humains et des droits des femmes en particulier.

Posté par Malka Marcovich à 17:50 - Terrorisme - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
« Accueil  1  2   Page suivante »