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Malka Marcovich...enjeux internationaux
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Malka Marcovich...enjeux internationaux
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13 juin 2008

Les dernières cuisines du Conseil. C'est vraissemblablement le Nigéria qui assumera la Présidence à partir du 19 juin

Selon toute vraisemblance, ce sera le Nigeria qui assumera la Présidence du CDH à l'issue de l'élection qui devrait se faire par acclamation le 18 juin prochain.
Depuis plusieurs semaines, certaines rumeurs plaçaient l'Egypte à la Présidence. Mais selon la Tribune des Droits humains le groupe africain a fini par élire in entremis, lors d'une réunion à huis clos et par bulletin secret, son candidat unique le 12 juin, l'ambassadeur Martin Ihoeghian Uhomoibhi avec 18 voix, suivi de près par l'ambassadeur de Djibouti qui obtint 15 voix (que l'on a pu remarquer pour sa virulence et son soutien inconditionnel à l'OCI depuis 2006).

D'une certaine manière c'est un soulagement et...la plongée dans l'inconnu.
D'un côté le Nigéria n'est pas ce que l'on pourrait appeler l'incarnation du pays des droits humains, avec sa peine de mort, la poursuite des homosexuels...et il est considéré comme "partly free" selon l'estimation du "Freedom House".
De l'autre, l'ambassadeur Martin Ihoeghian Uhomoibhi, un chrétien du sud, qui n'est pas très loquace de manière générale, a très souvent pris son autonomie par rapport aux invectives du groupe africain mené par l'Egypte ou l'Algérie. Ainsi, le 12 juin, il a parlé en faveur des ONG lors de la présentation finale de l'EPU du Bahrein où l'Egypte leur a coupé 11 fois la parole.
Fin août 2007, lors de la première réunion préparatoire à la Conférence d'examen de Durban, il a pris des positions différentes de l'OCI et du groupe africain le premier jour, pour opérer un revirement radical le lendemain sur les mêmes thèmes.

Sinon, en ce qui concerne les dernières cuisines du Conseil, le Président a sélectionné les rapporteurs et membres vacants des groupes de travail qui devront être entérinés à l'issu de la session.
Quelques choix laissent perplexes....
L'agressive Algérie, par ailleurs en charge du Comité sur les normes complémentaires, remplace la Zambie dans le Groupe de travail sur les descendants d'Africain où elle siègera aux côtés de la Syrie, de la Suède et de la Roumanie.
Le Pakistan remplace la République islamique d'Iran dans le Groupe de travail sur la détention arbitraire.
Quand à celle qui remplacera la rapporteure spéciale sur la Traite Sigma Huda, emprisonnée au Bangladesh, elle est nigériane, s'appelle Joy Ngozi Ezilo Emekekwue et est totalement inconnue des organisations travaillant sur les droits des femmes et la traite.
Enfin, c'est la France représentée par Michel Forst, qui est nommée au poste d'expert indépendant auprès du Secrétaire Général sur la situation des droits de l'Homme en Haïti. Quel parcours remarquable ! En 1998, lors des célébrations pour la Déclaration Universelle,  Monsieur Forst était le directeur d'Amnesty International France. Il fut ensuite  le bras droit du Sénégalais Pierre Sané, lorsque ce dernier fut nommé Assistant du Directeur Général de l'Unesco du secteur des sciences humaines et sociales en 2001 (ce dernier était depuis 1992 Secrétaire Général d'Amnesty International). Puis Michel Forst devint Secrétaire Général de la Commission Nationale Consultative des droits de l'homme de France (CNCDH). Depuis la création du Conseil en 2006, il a pris un rôle central dans le regroupement international des  Commissions nationales (NHRI). Il va sans dire que sa (vraisemblable dernière)  intervention en tant que représentant du CNCDH, aujourd'hui était pleine d'éloge vis à vis de la France lors des conclusions sur l'Examen Périodique Universel !

Le suspens reste "entier" sur le remplacement de Louise Arbour

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Commentaires
S
A un moment où les droits des femmes sont particulièrement menacés par ceux qui contestent au sein même des Nations Unies la notion des droits universels de la personne, on ne peut que regretter l'absence de concertation avec les associations qui défendent le droit des femmes.<br /> Comment expliquer cette régression? S'agit-il d'une instruction venant du plus haut niveau de l'Etat? Il est urgent d'avoir des clarifications sur ce point,<br /> <br /> La présidente de la Ligue du Droit des Femmes,<br /> <br /> Annie Sugier
B
Au nom de la Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes (C.L.E.F.) qui représente 85 associations de femmes en France, nous ne pouvons que déplorer l'absence des associations représentatives des Françaises. Autrefois nous étions invitées au Quai d'Orsay pour les réunions préparatoires aux sessions de la Commission des Droits Humains. Aujourd'hui nous ne sommes invitées à rien du tout. <br /> Plus grave, non seulement il n'y a aucune Ministre des Droits des Femmes mais le Service des Droits des Femmes, qui assumait seul un travail nécessaire, même si ses moyens étaient dérisoires, est condamné à disparaître.<br /> Société civile peut-être mais si cette société est amputée de plus de sa moitié, de quoi peut-elle être représentative ?<br /> C'est une régression unique parmi les pays de l'Union Européenne et nous avons donc du mal à comprendre de quoi Monsieur Forst se félicite.
M
J'avais entendu en direct l'intervention de Monsieur Forst et avait été en effet choquée par la manière dont celui ci se félicitait de la manière dont la France avait associé la société civile à la préparation de l'EPU. c'est à ce sujet que j'avais mis plein d'éloges. J'aurais du en effet écrire "plein d'éloges sur la manière dont la France a associé la société civile aux travaus de l'EPU". En fait, il n'en est rien. La plupart des associations de femmes, dont certaines étaient jadis associées à la préparation des sessions de la Commission, n'ont pas été associées à la préparation de l'EPU, ainsi que les nombreuses associations qui participent chaque année à la CSW, dont la Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes qui représente le plus grand réseau d'organisations de femmes de France. En ce qui concerne les critiques du CNCDH sur l'EPU, elle touchent à la sitution des prisons, ce que la France a elle même reconnu, à la situation des migrants sans précision réelle, (ce qui est d'ailleurs un problème plus global et pas spécifiquement français) et aux réserves de la France sur certains texte sans qu'il y ait de précision sur cela. Aucune critique en revanche des politiques sur la traite, la prostitution et autres sujets essentiels pour nombre d'organisations de femmes.<br /> Ma formule "pleine d'éloges" était trop brève en effet et sans doute mauvaise. J'aurais du dire qu'il était exagéré de féliciter la France sur la participation de la société civile au processus, et que c'était trés complaisant.
M
Chère Malka, je crois que vous n'avez pas entendu ni lu mon intervention sur l'EPU de la France, vous y auriez vu que ni le ton, ni le contenu n'était "plein d'éloges vis à vis de la France", comme vous le laissez entendre.<br /> Bien au contraire, cette intervention a été jugée "bien sévère" par la délégation française à Genève!
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