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Malka Marcovich...enjeux internationaux
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Malka Marcovich...enjeux internationaux
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18 juin 2008

L'épouse du Rabbin Krief a défendu par son acte les Lumières, tandis que le Rabbin Sitruk nous plonge dans les ténèbres

Lettre ouverte à Madame Muriel Krief, qui a eu le courage de porter plainte pour violences conjugales contre son mari le Grand Rabbin de Bordeaux, le Rabbin Marc Krief,

Chère Madame,

Je ne vous connais pas, et n'aurais sans doute jamais eu vent de cette affaire. Je n'habite pas Bordeaux, et ne suis strictement rien aux affaires consistoriales françaises qui ne me passionnent pas. Cette vieille institution napoléonienne archaïque n'a jamais été ma tasse de thé. J'avais tord.
J'avais eu vent des élections prochaines au Consistoire mais en ignorais même la date, jusqu'à ce que j'apprenne incidemment les propos qu'a tenus le Grand Rabbin Sitruk  lors d'une réunion publique du CRIF, où il osa critiquer le fait que vous
ayez cassé le "repos" du Shabbat pour porter plainte pour violences conjugales, contre votre bourreau de mari, le Grand Rabbin de Bordeaux.

Madame, j'admire votre courage et la grandeur de votre acte. Vous avez choisi la vie contre la mort alors que le médecin a conclu à cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT), pour lesquels Monsieur Krief peut encourir jusqu'à cinq ans de prison. Mais grâce à la procédure "plaider coupable", il n'y aura pas de procès et il restera en liberté avec une peine que le juge doit prononcer le 18 juin.

J'imagine - à l'instar de toutes les femmes victimes de violences conjugales que nous connaissons, enfermées dans l'humiliation quotidienne, emprisonnées par la prison familiale - combien il a dû être difficile de partir dans la nuit, meurtrie et douloureuse. Dans votre cas, s'ajoutait la transgression du Shabbat et la réputation de votre mari Grand Rabbin dans la bonne ville bourgeoise de Bordeaux . Vous avez choisi de demander de l'aide et d'être protégée par les lois de la République laïque. En cela votre geste de vie est un acte exemplaire.
Mais loin de vous honorer,  le Grand Rabbin Sitruk vous a condamné en public. Et ceux qui étaient présents n'ont rien dit, n'ont rédigé aucune déclaration écrite de condamnation, aucun communiqué de Presse. Personne n'a critiqué le fait qu'un candidat en campagne électorale profère pareils propos d'un autre âge.

Les mots infâmes du Rabbin Sitruk qui incarne pour certains une haute autorité morale, ajoutent encore à l'humiliation que vous avez subie. En vous humiliant chère Madame, il humilie et méprise toutes les femmes victimes de violences conjugales, épouses de notables dans les villes de province ou enfermées dans les milieux orthodoxes, ainsi que toutes les femmes de manière générale. Par ses propos, le Grand Rabbin Sitruk ne protège pas seulement votre mari potentiel électeur, il se fait complice des violences que vous avez endurées et des souffrances que des milliers de femmes subissent en silence.

Comment ceux qui ont entendu le Grand Rabbin proférer ces  abjections ont-ils pu continuer ainsi à rester silencieux ? Pourquoi n'ont ils pas mené campagne contre son élection ?
Je ne me suis jamais intéressée aux choses consistoriales.  Mais aujourd'hui j'appelle ceux qui voteront dimanche à barrer la route à ce Rabbin obscurantiste qui est indigne d'avoir un quelconque rôle politique et de représentation.
Madame, par votre acte héroïque, vous avez symboliquement ravivé les Lumières si fragiles actuellement dans notre pays.
Je suis en toute solidarité dans l'épreuve que vous traversez.

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Commentaires
M
Je suis autant profondément juive qu'athée, sioniste aussi et souvent dégoûtée des prises de positions des religieux. Mais ce que je viens d'apprendre là dépasse les bornes de ce que je peux supporter d'un autre Juif. Q'un rabbin, homme de Loi, puisse frapper sa femme, une femme qui j'en suis certaine a passé sa vie à le servir et l'honorer comme on le lui a appris, mais encore que des membres de cette même communauté, non seulement ne le clouent pas au pilori pour cette conduite abjecte, mais s'en prennent à la victime qu'ils stigmatisent, ont-ils oublié que leur Dieu, d'après ses enseignements a privilégié la vie sur la tradition, ou encore une, fois je me suis fais des illusion ?<br /> De grâce, Rabbins, considérez les femmes comme le sel de la terre, porteuses de vie et d'amour, et pas comme des servantes ou des victimes désignées, vous dépoussiérerez peut-être une religion qui en a grand besoin et vous retrouverez votre dignité d'homme.
C
Mesdames, Je partage votre indignation tant la vôtre que celle de Madame Cohen Beizermann qui ne manquera pas je le suppose de recevoir dans l'avenir les foudres des "autorités" de la communauté. ...Malheureusement il y a des sujets dont il est difficle de parler dans notre communauté ; pour exemple, la laicité et la citoyenneté, sur lesquelles nous sommes très exigeants à l'égard des "autres", mais pour lesquelles une partie de la communauté émet des réserves pour son propre avantage ressemblant à des privilèges. <br /> Quoiqu'il en soit, je m'indigne de l'humanité défaillante d'une autorité rabbinique, mais je m'indigne tout autant d'un auditoire muet ....<br /> cordialement <br /> A.L.
B
Chère Madame,<br /> C'est moi qui ai posé la réponse au rabbin concernant le maintien du rabbin Krief en tant qu'électeur compte tenu des violences infligées à sa femme. J'ai été très choquée par ses réponses. Personne dans la communauté n'a souhaité en faire état. J'ai subi de nombreuses pressions pour me faire taire. Mais j'ai parlé de ce scandale au Nouvel Obs, Marianne et le Monde. Les articles doivent sortir.<br /> Tout ceci est monstrueux. J'ai fait hier une conférence devant 80 femmes. Elles sont parfois leur pire énnemi. La femme du hazan m'a insultée. On reste en contact si vous le souhaitez. Bravo pour votre lettre, mais ce serait gentil de rectifier que si personne n'a bronché, j'ai quand même ramassé des coups pour en avoir parlé.<br /> Cordialement,<br /> Nathalie Cohen-Beizermann<br /> Présidente WIZO France
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