Le 26 mars, j'étais invitée sur Radio France Internationale dans l'émission le débat du jour du journaliste Jean-François Cadet, autour du thème de la diffamation des religions, avec l'Ambassadeur de l'OCI à Genève, Monsieur Babacar Ba. L'intégralité de l'émission est consultable sur http://marcovichnews.canalblog.com/archives/2009/03/27/13156258.html ainsi que son décryptage intégral http://marcovichnews.canalblog.com/archives/2009/03/27/13208012.html dont je ne présenterai ici que quelques extraits significatifs des interventions de l'ambassadeur Ba.

Le concept de diffamation des religion (...) est le fait de stigmatiser, de mettre sous forme de stéréotypes les valeurs et principes de l'Islam et mettre les musulmans en situation de défensive, en critiquant leur comportements, leur nature, leurs valeurs.
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Il nous faut combattre ce genre de phénomène car comme vous le savez le rôle principal des Nations Unies, c'est d'assurer une cohésion, une certaine entente entre les populations, entre les peuples, entre les communautés. Et tout ce qui doit concourir, agir dans le sens de la désunion, d'une passion ou l'incitation à la haine entre les communautés doit être combattu.
(...) L
orsque vous parlez d'un musulman, c'est une identité, c'est la personne qui s'identifie à une religion. Donc vous ne pouvez pas faire la distinction entre la religion et la personne qui s'identifie à cette religion d'autre part. Lorsque vous parlez de l'homme musulman, il faut intégrer ses deux concepts. Vous ne pouvez pas faire d'un côté son expérience et ses valeurs et dire que nous pouvons les piétiner et mettre de l'autre côté l'homme et dire qu'il peut être protéger.
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l'Islam en tant que religion et en tant que croyance doit être protégée (...) notamment le patrimoine [dans le cadre de l'Unesco], c'est comme le patrimoine culturel. Les patrimoines culturels sont protégés ainsi que les valeurs religieuses par des conventions au niveau du système des Nations Unies.
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Les discriminations raciales, ou l'incitation à la haine raciale ou religieuse constituent des phénomènes graves qui sont en train de menacer l'équilibre international et l'entente entre les communautés et notre seul objectif est de préserver la paix et l'entente entre les communautés. Si cela est une vision politique, alors c'est cela notre objectif. Et je crois que c'est quelque chose d'important dans la mesure où les Nations Unies elles mêmes au niveau de Genève comme de New York se sont rendus compte de la nécessité de mettre en œuvre une stratégie pour combattre ces phénomènes là. Le rapporteur spécial des Nations Unies depuis huit ans, reconnaît la nécessité de se mobiliser pour combattre ce phénomène de stigmatisation et de discrimination qui frappe les musulmans.
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Nous
vivons dans un monde globalisé. Il faut penser à l'équilibre mondial, éviter qu'il y ait des tensions entre les communautés, c'est déjà balayer devant sa porte. Il faut préserver le monde d'une certaine tension. Le lien entre diffamation et discrimination. C'est partir d'une certaine pratique de diffamation soutenue qu'il y a discrimination. A force de diffamer une religion, de stigmatiser, de diaboliser un groupe, on entraîne les autres qui n'en savent pas plus de faire des discriminations à l'encontre des personnes qui se réclament de cette religion là. Donc il y a bien un lien entre la diffamation et la discrimination. C'est cela que nous voulons démontrer à travers les Nations Unies, pour montrer que si nous voulons combattre les discriminations, nous devons d'abord combattre ceux qui utilisent un langage extrémiste pour diffamer ou discriminer des personnes en raison de leur appartenance à une religion.