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23 mars 2010

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24 novembre 2009

LES AHMADITES, CES MUSULMANS RéFORMISTES INTERDITS DE MECQUE

Par Jean-Claude Buhrer

Qualifié d’ « hérétique » par l’islam orthodoxe, ce courant non violent, hors la loi au Pakistan, est à l’origine du premier minaret de Suisse
 
 Dans le cadre du débat sur les minarets et accessoirement de la place de l’islam dans les sociétés européennes,  les médias ont évoqué l’exemple de la première mosquée de Suisse, inaugurée officiellement en 1963 dans un quartier résidentiel de Zurich en présence de l’ancien ministre pakistanais des affaires étrangères Zafrulla Khan  et du maire de la ville.  Depuis lors, le minaret de dix-huit mètres de haut de l’édifice fait bon ménage avec le clocher de l’église réformée voisine sans faire de vagues. Or, il convient de préciser que, si ses fidèles sont plutôt discrets, la mosquée Mahmud a été bâtie par la communauté ahmadite, un courant musulman réformiste et pacifique considéré comme « hérétique » par l’islam orthodoxe  et dont les adeptes sont persécutés dans plusieurs pays.
Aujourd’hui stigmatisé comme secte par ses détracteurs,  le mouvement ahmadite (Ahmadiyya  Muslim Jamaat), du nom de son fondateur Hazrat Mirza Ghulam Ahmad,  vit le jour en 1889 à Qadian, un village du Pendjab, en Inde d’avant la Partition. Estimant que l’islam s’était sclérosé,  ce  prédicateur musulman prêcha pour un renouveau et se proclama mahdi (messie), alors que pour les orthodoxes Mahomet passe pour le dernier prophète. A sa mort en 1908, un califat fut instauré et  à ce jour cinq califes élus à vie lui ont succédé à la tête du mouvement, ce qui a encore alimenté l’hostilité des autres mahométans.
Avec pour devise Amour pour tous, haine envers personne, les ahmadites prônent l’ouverture et la bonne entente dans la société, rejetant l’interprétation agressive du djihad et toute forme de terrorisme.  Au nombre de vingt à trente millions à travers le monde selon les sources, ils sont actifs dans les œuvres sociales et l’humanitaire, notamment en Afrique où vivent d’importantes communautés indo-pakistanaises. Relativement prospères et dynamiques, les communautés d’Amérique du Nord, d’Australie et de Grande-Bretagne se sont signalées par la construction d’imposantes mosquées financées par de généreux donateurs, comme celle de Londres pouvant  accueillir dix mille croyants et dotée d’une chaine satellitaire dernier cri.
Alors qu’ils cohabitaient jusque là avec leurs coreligionnaires et que certains avaient même occupé de hautes fonctions dans leurs pays respectifs,  les ahmadites ont été mis au ban de la société depuis qu’en 1973 l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), créée quatre ans plus tôt pour « libérer Jérusalem », les a déclarés « non-musulmans »,  leur interdisant du même coup de faire le pèlerinage de La Mecque.  Ensuite, en 1979, le mouvement ahmadite était exclu de la communauté musulmane par la Ligue islamique mondiale, si bien que la mosquée de Zurich est désormais boycottée par les autres obédiences.
C’est en République islamique du Pakistan, berceau de leur foi et où ils étaient bien représentés dans l’élite intellectuelle, que la condition des quelques millions d’ahmadites que compte le pays n’a cessé d’empirer. Jugés hérétiques et déclarés « minorité non-musulmane » par un amendement constitutionnel introduit en 1974 pour donner satisfaction aux fondamentalistes, ils en sont réduits à raser les murs et font l’objet de toutes sortes de vexations : leurs lieux de culte sont étroitement surveillés, ils n’ont pas le droit de les appeler mosquée, ni même d’inscrire sur les murs des versets du Coran et encore moins de se  déclarer musulman ou d’entrer dans une mosquée reconnue.  En vertu d’une ordonnance de 1984 sur l’interdiction des activités « anti-islamiques »,  puis l’année suivante d’une loi  prévoyant la peine de mort pour blasphème, la situation s’est encore détériorée pour les ahmadites ainsi que pour les minorités chrétienne et hindouiste, en bute  à des raids meurtriers et boucs émissaires tout désignés dès qu’une flambée de mécontentement éclate quelque part.  Ainsi, le 1er août, dans un village du Pendjab, une foule en colère a tué six chrétiens et en a blessé une dizaine d’autres quelle accusait d’avoir profané le Coran.  Près de Lahore, un chrétien a été battu à mort pour avoir bu du thé dans une tasse réservée aux musulmans, tandis qu’à Islamabad un mur a été construit pour protéger les musulmans des chrétiens d’un bidonville.
Même les témoins muets du passé préislamique n’échappent pas au vent de folie meurtrière qui souffle sur le « Pays des purs ».  En 2007, les islamistes avaient dynamité un bouddha de sept mètres de haut dans la vallée de Swat, l’un des derniers vestiges de la civilisation du Gandhara depuis la destruction par les talibans des bouddhas de Bamyan en 2001 en Afghanistan. Dans l’indifférence générale.  Ensuite ils ont fait sauter des écoles de filles, parce que pour eux l’éducation n’est pas faite pour les femmes, avant d’imposer la charia et leur régime de terreur qui a fait fuir des centaines de milliers de paisibles civils de la vallée naguère l’un des lieux de villégiature les plus prisés. Le 17 novembre encore, une nouvelle école de filles, la troisième en un mois, était détruite à l’explosif près de Peshawar, alors que dans le reste du pays, y compris dans la capitale, les écoles doivent fermer régulièrement  sous les menaces des islamistes.  Sans parler des attentats-suicides, presque quotidiens et même contre des mosquées, commis par des musulmans contre d’autres musulmans.  Plus sanglants que d’autres conflits surmédiatisés, ces règlements de comptes inter-mahométans  n’émeuvent guère l’ONU et encore moins le monde islamique.
 Toujours prompt à faire la leçon aux autres comme porte-parole de l’OCI, le Pakistan ne se prive pas de fouler impunément au pied la liberté religieuse garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme. D’ailleurs,  l’Organisation internationale du travail la rappelé à l’ordre pour «recours au travail forcé ou obligatoire en tant que mesure de discrimination religieuse ». Aujourd’hui on imagine difficilement une personnalité ahmadite éminente comme naguère Zafrulla Khan  accéder aux plus hautes fonctions.  Pourtant, ce musulman fervent qui ne pourrait plus s’affirmer comme tel a fait honneur à son pays : premier ministre des affaires étrangères du Pakistan en 1947 et chef de sa délégation à l’ONU, élu juge à la Cour internationale de justice de La Haye en 1954, il fut ensuite appelé en 1962 à présider l’Assemblée générale des Nations unies. A sa mort en 1983, il fut enterré dans la petite ville de Rabwa, centre de la communauté ahmadite et où des islamistes provoquèrent de sanglantes émeutes.
C’est également à Rabwa que repose le Dr Abdus Sallam, premier musulman honoré en 1979 du Prix Nobel de physique.  Comme d’autres ahmadites victimes de persécution religieuse, il avait été amené à s’expatrier en Grande-Bretagne pour faire carrière.  Lors de ses obsèques en 1996, les oulémas sunnites décrétèrent que personne ne pouvait prier Allah pour ce « mécréant » ni inscrire un verset du Coran sur son tombeau. L’épitaphe Abdus Sallam, 1er musulman lauréat du Prix Nobel avait été gravée sur la stèle, mais les docteurs de la loi firent supprimer le mot «musulman » et la pierre porte maintenant l’absurde « inscription « Abdus Sallam,  1er  lauréat du Prix Nobel ».
Les ahmadites ne sont pas mieux traités au Bangladesh et dans d’autres pays islamiques. En Indonésie, pourtant réputée plus modérée, le conseil de oulémas les a également qualifiés «d’hérétiques ». Depuis que des manifestants survoltés ont mis le feu à une mosquée ahmadite et saccagé son école coranique  dans la ville de Sukabumi en avril 2008, d’autres lieux de culte de la communauté on été incendiés et une milice musulmane a commis plusieurs attentats contre  des  édifices lui appartenant.  En réponse à ce déchainement de violence, le gouvernement  interdit par décret aux ahmadites de diffuser leur enseignement sous prétexte de préserver l’harmonie religieuse et l’ordre public. A Zurich, la communauté ahmadite  peut au moins appeler sa mosquée par son nom et  s’enorgueillir d’un minaret, ce qui lui est dénié dans des pays officiellement musulmans.  Dans son pays d’origine, sa situation n’est pas sans rappeler celle des Baha’is en Iran eux aussi opprimés sur la terre qui a vu naître leur foi et définis par les lois comme « infidèles dénués de protection ». Au-delà de querelles de minarets, l’ostracisme qui frappe les ahmadites et d’autre minorités en terre d’islam pose le problème de la montée du fondamentalisme, aussi dangereux  pour ses cibles que pour les musulmans eux-mêmes. 
Jean-Claude Buhrer   

 

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17 octobre 2009

« PARLEZ POUR VOUS, M. MITTERRAND ! »

« PARLEZ POUR VOUS, M. MITTERRAND ! »
Lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture,
par le réseau "Encore féministes !" Florence Montreynaud

Monsieur,
Quand vous avez été nommé directeur de la Villa Médicis, puis ministre de la Culture, s'est vérifiée une « exception française » : dans les autres pays occidentaux, un homme ayant payé de jeunes prostitués à Bangkok et l'ayant rapporté dans un récit autobiographique se serait de ce fait exclu de tout poste officiel.

Quand vous avez soutenu le chanteur Orelsan, vous avez déclaré « ne rien voir de choquant » dans la chanson « Sale pute ! » Ne percevoir que l'expression légitime d'un « dépit amoureux » dans des paroles comme « T'es juste bonne à te faire péter le rectum [.] On verra comment tu suces quand j'te déboiterai la mâchoire. [.]  J'vais te mettre en cloque (sale pute) Et t'avorter à l'Opinel », et rapprocher Orelsan de Rimbaud ont achevé de donner la mesure de votre sensibilité culturelle.

Quand vous avez défendu Roman Polanski, poursuivi pour un viol sur une fille de 13 ans, en parlant d'une « histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens », vous avez banalisé le crime de viol, sur mineure qui plus est. On a alors appris que, dans une lettre à en-tête de la Villa Médicis, vous aviez minimisé, en le qualifiant d'« écart », le viol d'une mineure commis par deux garçons que vous protégez. Vous persistez donc à secourir des agresseurs en vous plaçant au-dessus de la loi.

Quand le scandale éclate et que le 8 octobre vous vous expliquez au Journal de TF1, vous déclarez, au sujet de vos actes de prostitution à Bangkok : « Que vienne me jeter la première pierre celui qui n'a jamais commis ce genre d'erreur au moins une fois dans sa vie ! » Selon vous, exploiter la misère en payant des actes sexuels ne serait qu'une « erreur », et vous la justifiez en osant prétendre qu'elle est générale.

M. MITTERRAND, NE PARLEZ PAS POUR NOUS !

NON, tous les hommes n'ont pas payé pour un acte de prostitution ! Et toutes les femmes encore moins !

Respectez celles et ceux pour qui la sexualité humaine est la rencontre, dans la gratuité, de deux désirs !

Sur le site de "Encore féministes !", des hommes disent NON au viol et NON à la prostitution !

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23 septembre 2009

Le programme politique de la Libye, présidente de l'Assemblée Générale.

On a fait grand bruit (avant et après) autour de l'intervention du président iranien Ahmadinedjad dont on peut trouver l'intégralité du texte sur le site de l'ONU http://www.un.org/ga/64/generaldebate/pdf/IR_en.pdf

La déclaration de Mouammar Kadhafi le 23 septembre 2009, dont il n'existe aucune version retranscrite, s'est déroulée durant 1heure40 et a donné lieu à des commentaires plutôt amusés de la part des commentateurs. Son programme politique pour l'année à venir, en tant que pays PRESIDENT POUR UN AN de l'Assemblée Générale mérite pourtant que l'on s'y attarde. Il peut être écouté dans son intégralité sur  http://www.un.org/ga/64/generaldebate/LY.shtml. La traduction anglaise de son discours en arabe n'a pas été assurée par les traducteurs de l'ONU mais par un membre de la délégation libyenne.

En voici quelques extraits traduits en français. Après on ne pourra pas dire que l'on ne savait pas quel programme politique sera à l'ordre du jour de la 64ème Assemblée Générale :

"Au nom de l'Union africaine, je vous souhaite la bienvenue, dans cette réunion qui sera historique dans l'histoire du monde. Au nom imagede la Libye qui préside l'Assemblée Générale, au nom de l'Union africaine, et au nom des 1000 rois traditionnels d'Afrique, je tiens à  souhaiter la bienvenu à notre fils Obama, et je le fais car c'est la première fois qu'il s'adresse à l'Assemblée générale et qu'elle se déroule dans son pays hôte. (...)

Parmi les défis auxquels nous sommes confrontés, il y a aussi le virus H1N1 qui a été fabriqué dans des laboratoires à des fins militaires comme arme de destruction

Les Nations Unies ont été créés par les pays qui se sont mis ensemble contre l'Allemagne après la deuxième guerre mondiale (...) nous n'étions pas présents à cette époque. Cela a été créé en l'absence de 165 pays, c'est à dire 1 pays sur 8

Depuis la création de l'ONU, il y a 65 guerres, et ces guerres ont été plus destructrices que la deuxième guerre mondiale (...) était-ce dans l'intérêt de toutes les nations? Non, c'était dans l'intérêt de 2 ou 3 pays

Aucun pays n'a à s'ingérer dans les affaires internes des autres pays (...) A l'époque de Rome, le Sénat a décidé de mettre un dictateur en place car c'était bon pour Rome et personne n'a brandit le Véto à César

Et il y a un pays qui dicte sa conduite. Qui a donné à ce pays son statut de membre de l'ONU ? (allusion à Israël en 1948 ?)Ce sont ces 4 pays qui lui ont donné son statut. Le seul pays pour lequel nous avons tous voté pour son entrée en tant que membre à l'Assemblée Générale est la Chine (République populaire)

Concernant le Conseil de Sécurité, la solution n'est pas d'avoir plus de membres permanents (...) cela créera plus de conflits et plus de tensions et de compétition au niveau mondial (...) Une résolution à l'AG sera préparée en ce sens. Il n'y aura plus de représentants par pays (...) afin qu'il y ait la démocratie et l'égalité entre les pays membres. (...) Il faut que le pouvoir du Conseil de sécurité soit désormais renvoyé à l'Assemblée Générale. Le Conseil de sécurité sera uniquement un organe devant mettre en œuvre les décisions de l'Assemblée Générale. Ce sera le Parlement du monde, l'Assemblée du monde et ce sera la vraie démocratie (...) Nous sommes aujourd'hui 192 membres et nous sommes comme un décors pour le Conseil de sécurité (...) Au Conseil de sécurité, il faudrait un siège pour les 27 membres de l'UE, les 53 pays de l'Union Africaine devraient avoir un siège, un siège pour l'Amérique du Sud, l'Asie un siège, le Moyen orient un siège, La fédération de Russie, les Etats Unis ; la ligue arabe, 22 pays, un siège ; l'Organisation de la Conférence islamique, 57 pays, un siège ; le Mouvement des non alignés, 118 pays, un siège ; ainsi que le G100. Et s'il y a des pays hors de ces associations, nous pourrons leur donner un siège par rotation tous les 6 mois, comme le Japon ou l'Australie. Il faudra que l'Assemblé générale fasse un vote là dessus (...) Monsieur Treki et Ban Ki Moon devront rédiger le projet législatif et organiser des comités pour un vote.

On ne peut pas continuer à être avec un conseil de sécurité pareil, c'est du terrorisme. Un Conseil de sécurité composé de super puissances, c'est du terrorisme en soit. C'est la seule condition pour avoir un monde de paix. (...)"

Nous avons été colonisés et maintenant nous sommes ici pour créer le futur du monde de manière démocratique qui permettra de maintenir la paix et la sécurité. (...)Ce qui se passe aujourd'hui avec le Conseil de sécurité c'est du terrorisme, comme Al Qu'aida.(...). Il ne devrait pas s'appeler le Conseil de sécurité mais le Conseil de la terreur. (...) Le tiers monde est sous la terreur et terrorisé. Le Conseil de sécurité ne nous donne aucune sécurité. Au contraire, il fait régner sur nous la terreur et les sanctions. C'est utilisé uniquement contre nous. (...) Le Conseil de Sécurité n'a jamais pris aucune action pour stopper 64 guerres (...)

L'AIEA ne fonctionne que contre nous, alors que tous les pays devraient être sous son contrôle (...) le Conseil de Sécurité est  contre nous, la Cour  pénale internationale  est contre nous.

L'Afrique a été persécutée, esclavagisée, colonisée, traitée comme des animaux, (...) personne ne peut nous refuser un siège permanent. (...) il faut aussi qu'il y ait des réparations pour que l'on ne puisse plus voler la terre des peuples. Pourquoi les africains devraient-ils partir en Europe ? Pourquoi les asiatiques vont en Europe ? Pourquoi les peuples d'Amérique latine vont en Europe ? Parce que l'Europe a volé les richesses, les fruits, le pétrole, les végétaux. (...) Et maintenant la nouvelle génération en Afrique recherche leurs biens qui leur a été volé. (...) et c'est ainsi que l'on pourra stopper l'immigration (...) Il faut récupérer nos biens équivalents à 77.7 millions. Ce sont les réparations que l'Afrique devrait recevoir des pays qui l'ont colonisé. Et si vous ne nous donnez pas cette somme, nous viendrons la chercher chez vous. (...)
Il n'y a pas d'émigration illégale de Libye vers l'Italie, parce que l'Italie a payé ses compensations à la Libye. (...) Et l'Italie devrait être glorifiée pour ce qu'elle a fait. (...) Et il faut que les pays colonisateurs payent des compensations, afin qu'il n'y ait plus jamais de colonisation, et que tout pays qui colonise sache qu'il devra payer des compensations après. La colonisation doit être incriminée.

Nous africains, sommes fier qu'un fils d'Afrique gouverne les Etats Unis. (...) Mais je suis inquiet. Obama sera là pour les 4 prochaines années ou les 8 prochaines années, mais j'ai peur de l'après. Personne ne peut garantir l'après Obama. Je serais heureux si Obama pouvait rester pour toujours Président des Etats Unis.

Nous avons tous traversé l'océan atlantique pour venir ici (...) Pourquoi ? Est-ce Jérusalem? le Vatican ? La Mecque ? Vous souffrez tous ici du décalage horaire. Nous sommes fatigués et endormis. Votre horloge biologique est perturbée(...)
Ce sont les Etats Unis qui s'occupent de toutes les choses matérielles,qui assure la sécurité très stricte et ils dépensent beaucoup d'argent. Et l'Amérique est très fatiguée. Et je voudrais soulager l'Amérique de cette charge. Nous remercions l'Amérique pour ce qu'elle fait et pour tous les problèmes que cela lui cause. Nous voulons aider l'Amérique. Nous voulons que l'Amérique soit en sûreté, que l'Europe soit en sûreté. (...) Peut-être qu'un terroriste fera une attaque sur l'avion d'un président. Ce bâtiment est une cible pour les terroristes. Cela aurait pu être en leur pouvoir le 11 septembre. Nous avons nous même 10 membres d'Al Qu'aida détenus en Libye. Et ce que nous savons de leurs déclaration est très effrayant. Et l'Amérique vit sous tension. Nous ne savons pas ce qui peut se passer, et l'Amérique peut encore être visée et des dizaines de chefs d'Etats attaqués en même temps. Nous voulons soulager l'Amérique de cette inquiétude. Nous devons déplacer le siège de l'ONU dans un lieu qui n'est pas visé. Après cinquante ans, le siège devrait déménager dans un autre endroit de l'hémisphère. Pour les 50 prochaines années, le siège devrait être dans l'hémisphère de l'est ou dans l'hémisphère du milieu. Par rotation. (...) C'est un service que nous rendons à l'Amérique. (...) Et cela sera mis au vote à l'Assemblée Générale. (...) Nous ne blâmons pas l'Amérique de prendre toutes les mesures de sécurité. Car elle est la cible d'Al Qu'aida. Mais nous ne tolérons pas ces mesures. Nous n'avons pas à venir à New York et nous ne devons pas subir toutes ces mesures. Un président m'a raconté que son co-pilote ne pouvait venir en Amérique parce qu'il y avait des restrictions. Un autre m'a dit que son garde d'honneur n'a pas pu venir car il y avait un quiproquo avec son nom pour avoir un visa. Un autre m'a dit que son médecin personnel n'avait pu obtenir de visa et n'avait pu entrer en Amérique. (...) C'est comme Guantanamo, nous n'avons pas de liberté de mouvement pour nos délégations. (...) Pourquoi ne pas mettre le siège en Libye ? La Libye n'a d'hostilité envers aucun pays. (...) Cela pourrait aussi être Pékin, la capitale de la Chine ou Dehli, la capitale de l'Inde. (...) Et vous me remercierez d'avoir supprimé la souffrance et le fait de voler durant 24 heures. Et je suis sûre que l'Amérique ne réduira pas sa contribution et continuera d'être engagée par ses obligations internationales. Et l'Amérique vous remerciera de lui avoir enlevé ce poids. Et l'Amérique devrait nous remercier pour cela car ce lieu est la cible des terroristes. (...)

Ce n'est pas une réunion ordinaire, même mon fils Obama a dit que c'était une réunion historique.

Il faut aussi établir des cours de justice, et des investigations sur la manière dont les guerres ont commencé. (...) Ceux qui font les guerres doivent être traduits en justice et payer les conséquences. Concernant la Guerre de Suez de 1956, le dossier devrait être rouvert. Pourquoi 3 pays qui ont un siège permanent au Conseil de Sécurité ont attaqué un Etat membre de l'Assemblée Générale, l'Egypte (...) des milliers d'égyptiens sont morts et des villes d'Egypte détruites. Comment cela a pu se passer sous l'ère des Nations Unies ? Comment pouvons nous être sûrs que cela ne se reproduira pas ? (...) Puis il y a eu la guerre du Viet Nam, 3 millions de victimes, (...) il y a eu plus de bombes que durant la seconde guerre mondiale. (...) Nous ne pouvons rester silencieux. Comment l'humanité peut-elle être en sécurité ? (...) C'est le futur du monde et nous devons nous assurer que pareille chose ne se répétera pas à l'avenir. Puis il y a eu Panama (...) Grenade (...) Il faut enquêter sur les bombardements en Somalie, (...) qui a laissé faire ? Puis il y a eu la Yougoslavie. Un pays paisible, et qui a été détruit comme l'a fait Hitler jadis. Tito avait construit son pays étape par étape, brique après brique. Et nous le démembrons pour des intérêts impérialistes internationaux. (...) Nous devons faire une enquête là dessus. Puis il y a la guerre en Iraq. (...) L'Assemblée générale doit mener une enquête sur l'invasion deimage l'Iraq (...) Nous risquons tous la même destinée. Puis le génocide, le massacre du peuple iraquien. Ceux qui ont pratiqué les assassinats collectifs du peuple iraquien doivent être jugés. (...) C'est facile de demander que Taylor soit jugé, ou El Bachir ou Noriega. Quelle blague ! Et qu'en est-il de ceux qui ont fait des meurtres de masse en Iraq ! (...) Nous ne sommes pas des animaux et nous avons le droit de vivre et de nous défendre. (...) Vous savez ce que l'on dit ? Que c'est le président des Etats Unis qui se cachait derrière le masque du bourreau du président iraquien. Pourquoi n'avons nous pas vu leur visage ? (...) Qui sont ceux qui ont exécuté la sentence de mort ? (...)

Abougraïb, c'est une insulte à l'espèce humaine. Je sais que les américains ont fait une enquête là dessus. Mais les Nations Unies ne doivent pas oublier et l'AG doit enquêter. Les prisonniers de guerre qui ont été persécutés, mal traités, les médecins qui ont fait des expériences sur eux, et la sodomie? C'est un pêché sans précédent.  Ce sont des soldats, des prisonniers de guerre et ils sont violés en prison par un état membre du Conseil de Sécurité ? C'est contre la civilisation.  Nous devons savoir les faits. Et il y a encore 1 demi million de prisonniers à Abou Graib.

Et il faut aussi ouvrir une enquête sur l'Afghanistan. Pourquoi sommes nous contre les Talibans ? Qui sont les Talibans ? Qu'est ce que l'Afghanistan ? Si les Talibans veulent créer un état religieux comme le Vatican ! Le Vatican constitue-t-il un danger contre nous ? Non. C'est un pays religieux très pacifique. Si les Talibans veulent créer un émirat islamiste, qui peut dire que ce sont des ennemis ? Ben Laden est-il afghan ? Les Afghans sont ils Ben Laden ? Y-a-t-il un Ben Laden Taliban ? Non ! Ben Laden n'est pas un Taliban est n'est pas Afghan. Ceux qui ont attaqué NY, sont ils des Taliban ? Sont ils Afghans ? Ils ne sont ni Afghans ni Talibans. (...)

Il y a eu la guerre civile en Amérique. Personne n'a interféré dans la guerre civile en Amérique. Il y a eu la guerre civile en Espagne, en Chine, partout. Si les iraquiens veulent une guerre civile, laissons les se battre entre eux, c'est plus juste. Qui a dit que si les Talibans viennent au pouvoir ils auront l'arme nucléaire, ou des missiles transatlantiques ?( ...) est-ce que leurs avions ont décollés d'Afghanistan ou d'Iraq ? Non. Ces avions étaient dans l'aéroport JF Kennedy. (...)

Monsieur Terki, en tant que Président de l'Assemblée Générale doit aussi ouvrir les dossiers des assassinats.  Nous voulons savoir, comment un leader africain de la libération de l'Angola a été assassiné. Qui l'a tué ? Nous devons le savoir pour nos fils. Pour l'histoire, le héros de la lutte en Angola (...) Nous devons savoir également sur l'assassinat de Kennedy. Lee Harvey. Qui a tué Lee Harvey ? Jack Ruby. Un israélien a tué Lee Harvey qui a tué Kennedy. Pourquoi ? (...) Nous savons que Kennedy voulait enquêter sur le dossier nucléaire du démon israélien. (...) cela a à voir avec la paix du monde. Et Martin Luther King (...) Et Khalil Al Wazir le palestinien à Tunis. Il vivait
paisiblement là bas. L'indépendance de son pays n'a pas été respectée. Nous ne pouvons rester silencieux. (...) (liste de palestiniens tués) Ces violations des droits de l'homme ne peuvent se répéter et les auteurs doivent être jugés. (...) Nous ne sommes pas des animaux. Nous nous défendons, nous défendons nos enfants. Nous n'avons pas peur. Nous avons le droit de vivre. Et l'air que l'on respire n'est pas juste pour les superpuissances mais pour chacun de nous. Nous ne devons pas vivre humiliés sur cette terre.

Et il y a le massacre de Sabra et Chatila. (...) Et le massacre de 2008 de Gaza (...) (longue liste des tués et des organisations détruites à Gaza) Tous devraient être traduits devant la Cour Pénale internationale. (...)

Les somaliens deviennent pirates car ils défendent la nourriture pour leurs enfants, la pêche pour leurs enfants. (...) j'ai rencontré les pirates et je leur ai dit qu'il faut faire une convention internationale pour protéger leurs eaux territoriales et économiques. Cette mer appartient au peuple somalien. Et les autres pays cesseront d'empoisonner leurs eaux et leurs côtes. (...)

Un jour nous aurons aussi la grippe des poissons. Ils fabriquent les virus pour que les industries pharmaceutiques fabriquent les vaccins. (...) Les industries capitalistes fabriquent les virus pour ensuite fabriquer les vaccins et faire des profits. (...)

imageLe traité sur les mines antipersonnel devrait être modifié. Je dois pouvoir avoir le droit de mettre des mines à mes frontières pour empêcher que l'on m'envahisse. Je ne fais de mal à personne. Il faut transformer le traité sur les mines. (...)

Les Palestiniens. La solution est un pays démocratique pour les palestiniens et les juifs. Une solution de deux états n'est pas pratique. (...) La solution est un état démocratique arabe sans fanatisme religieux. Les Sharon et Arafat sont terminés. Nous avons besoin d'une nouvelle génération où tous vivront en paix. La jeunesse palestinienne et israélienne veut la paix sous un seul Etat. Ce sera Isratin. Isratin sera la solution. Les arabes n'ont aucune hostilité ni animosité vis à vis d'Israël. Nous sommes de la même race. Les réfugiés doivent revenir.
Vous (s'adressant aux européens) êtes ceux qui avez fait l'holocauste, vous êtes ceux qui les avez brûlé. Pas nous. Nous leur avons donné un refuge, la sécurité durant l'époque romaine, durant le règne arabe en Andalousie. Vous êtes ceux qui les avez empoisonnés et les avez annihilés. Nous les avons toujours protégé. Vous les avez expulsé. Regardons la vérité. Nous ne sommes pas hostiles ou les ennemis des juifs. Et les juifs auront un jour besoin des arabes et nous seront ceux qui leur offriront la protection. Regardez donc ce que les autres ont fait aux juifs. Hitler est un exemple. Vous êtes ceux qui avez fait du mal aux juifs. Pas nous. (...)

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21 septembre 2009

La victoire de la démocratie, la honte de la France, et la farce onusienne

Vive la Bulgarie ! la diplomate bulgare Irina Bokova a été élue à la tête de l'Unesco, contre l'Egyptien Farouk Hosni, que la France a soutenu jusqu'au bout - RealPolitik oblige !
Déjà les rumeurs circulent et certains y voient la main d'un Lobby juif puissant mené par BHL, Claude Lanzmann et Elie Weizel qui s'étaient élevés dans une tribune du Monde en mai dernier contre les propos antisémites de Farouk Hosni, et s'étaient mobilisés sans relache depuis sur la question.
Comme à l'époque de Durban 2, la focalisation sur l'antisémitisme et Israël, empêche que l'on puisse avoir une vision globale de la situation internationale et de ce qui s'est joué ces dernières semaines.
La victoire d'Irina Bokova, on la doit surtout au fait que sur ce dossier l'UE a été divisée, et que de nombreux pays (sauf l'Espagne, l'Italie, la Grèce) ont refusé de suivre la politique française en la matière. De là, les USA qui s'étaient tenus à l'écard, ont décidé de rentrer dans la bataille (pour d'autres raisons de RealPolitik) et de mener également un lobbying de couloir, incontestablement plus efficace dans la dernière ligne droite que celui de la France toujours pro-egyptienne, et de celui du Sénégal qui préside par ailleurs l'Organisation de la Conférence islamique.

Aujourd'hui commencent les interventions de haut niveau dans le cadre de la 64ème Assemblée générale. Comme à l'époque de Durban 2, tous se focalisent sur le discours tant attendu et sans surprise du Président Ahmadinedjad.
Les occidentaux menacent encore de faire leur coup de théatre d'avril - les caméras de télévisions sont prévenues - et de se lever au moindre dérapage lors du discours du président iranien.

Mais qui s'inquiète du fait que l'Assemblée Générale est présidée depuis le 15 septembre par la Libye, élue par acclamation le 10 juin dernier ?

Qui souligne le fait qu'aucun pays (pas même les USA membres du CDH depuis juin 2009) n'a essayé de convoquer une session spéciale du Conseil des droits de l'Homme durant l'été, autour de la prise de pouvoir illégal d'Ahmadinedjad et des violences et atteintes aux droits humains qui se déroulent quotidiennement en République Islamique d'Iran ?

Il est possible de réécouter l'intervention de Malka Marcovich, dans l'émission du Grain à moudre du 17 septembre. autour de ces sujets

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20 septembre 2009

Pouvons-nous faire libérer des citoyens, otages des dictatures fascistes, en oubliant les peuples dans leurs enfers ?

Par Ann Pak, réfugiée iranienne

Pouvons-nous faire libérer des citoyens, otages  des dictatures fascistes, terroristes tout en négligeant, en oubliant  les peuples dans leurs enfers ?


Comment ne pas se réjouir d’une  libération d’otages où qu’elle intervienne dans le monde, et ne pas  participer à ces moments d’émotion collective, rares instants de  concorde politique planétaire largement relayée par les médias ? 
On peut se demander cependant quel sera  le prix à payer pour les libertés fondamentales, là-bas et ici, lorsque  ces dénouements heureux s’accomplissent grâce à l’entremise des régimes  les plus dictatoriaux.
Il en fut  ainsi lors de la libération d’Ashraf El-Hojouj et Kristiyna Valcheva et  ses collègues, plus connus sous leur titre de "médecin palestinien" et  "infirmière bulgare" des geôles libyennes, qui permit au Colonel Khadafi  de prendre sa place dans le concert des Nations. Ce fut le début de  l’ascension politique de la Libye au niveau international.    Ainsi, un mois  après ces libérations, la Libye (Grande Jamahiriya arabe) était élue  présidente du comité préparatoire à la conférence d’examen de la  conférence mondiale contre le racisme dite "Durban II". Dans la  foulée, elle fut élue au Conseil de Sécurité, à la tête de l’Union  Africaine, et présidera à partir du 15 septembre pour un an   l’Assemblée Générale des Nations Unies.    On peut aussi  se demander quelles concessions auraient été faites à Hugo Chavez s’il  était parvenu à libérer Ingrid Betancourt de l’emprise des Farc…

Depuis  le printemps , nous assistons à une intense activité diplomatique de  l’administration Obama, qui a permis la libération des journalistes  Roxana Sabéri, otage du régime de Téhéran, Laura Ling et Euna Lee,  otages de République démocratique de Corée.    Puis est apparu au premier plan en France le visage de Clotilde Reiss dans le procès "en sorcellerie" de Téhéran après la révolte du mois de juin, suivi de celui du Président Syrien Bashar El Assad en potentiel libérateur.   

Et en ce début  d’automne, on en vient presque à oublier l’immense espoir qui a animé le  peuple iranien et les démocrates du monde entier, épris de liberté,  durant les semaines de révolte qui ont suivi les élections truquées et  le sort de ceux qui ont été arrêtés.    Le régime  islamiste d’Iran est un régime qui recourt souvent à la prise d’otage et  à la terreur aussi bien sur le plan national qu’international. Par  exemple, personne n’a oublié la prise d’otage du personnel de  l’ambassade des USA tout de suite après la prise de pouvoir de  Khomeiny.    Sans oublier le recours de ce régime à la  terreur et à l’assassinat de ses opposants sur le sol des pays libres.  Par exemple, parmi tant d’autres, l’assassinat de Shapour Bakhtyar à  Paris (la France a depuis libéré son assassin libanais embauché par le  régime islamique).   

La prise d’otage et l’emprisonnement de  Clotilde Reiss ont incité les médias français à s’intéresser, un court  instant, au sort des iraniennes et iraniens arrêtés par le régime  islamiste.    Mais, dès lors que la machine de négociations et de marchandages diplomatiques se mît en marche pour la libération de Clotilde Reiss, très consciencieusement, ils ont laissé aux oubliettes les barbaries infligées aux prisonniers politiques et au  peuple iranien.    Selon la loi islamique  constitutionnalisée en Iran, toute remise en question du régime, toute  requête en justice, toute quête d’égalité entre homme et femme est  considéré comme un blasphème.    Ainsi, le régime théocratique jette  l’anathème sur les citoyens qui réclament la justice, qui luttent pour  la démocratie et la liberté, qui réclament l’abolition de l’apatride  sexiste.   

Dès lors, tout un appareil  « impeccablement » infernal se met en action pour éliminer la  pensée, effacer l’individu, écraser la personne, briser toute aspiration  au changement, massacrer les opposants, et ce depuis trente ans.    Les premières éliminations commencèrent  en 1981 puis en 1988 lorsque Khomeiny ordonna le massacre de milliers de prisonniers politiques, de jeunes femmes et hommes. Le monde resta aveugle et sourd aux cris de ces prisonniers, parfois seulement âgés de  quinze ans.   

Et là, depuis la révolte du mois de juin,  la machine répressive du régime islamique, une fois de plus, terrorise  de façon impunie tout un peuple qui n’a que sa colère et sa révolte contre les « agents de dieu » armés jusqu’au cou.    La torture se pratique au nom d’«allah»,  ce qui produit deux conséquences : les tortionnaires détruisent  sans aucune mauvaise conscience et les prisonniers et prisonnières,  démolis et abattus, sont culpabilisés encore davantage face à ce dieu.     Des tortionnaires accompagnent les tortures de coups de fouets et des gestes répétitifs de supplice par la  répétition de «الله اکبر  /Allaho Akba/ dieu est  grand » et «  لا اله الا  الله/la élaha ella  lélla/ il n’y a pas d’autre dieux sauf Allah! »  Entre autres châtiments cruels et dégradants, le viol  des prisonnières et prisonniers fait partie d’un redoutable  moyen pour casser, briser, détruire, déshumaniser l’individu. Dans les  années 80 et 90, après le viol et l’exécution des prisonnières non  mariées, ils envoyaient une boite de gâteaux aux parents de ces  prisonnières parfois âgées de 15-16 ans, en guise de «cadeaux du marié».  Car « des fille vierges sont susceptibles d’entrer au paradis, il  faut donc les en empêcher » par le viol.

Depuis le mois de juin, ces pratiques barbares continuent de plus belle. Au mois d’aoûte, nos écrans ont montré quelques uns de ces procès  dans des «tribunaux commandés», avec des dizaines de prisonniers avouant  les pires des crimes, «l’espionnage, le renversement du régime  islamiste», passibles de la peine de mort.

Comment pensez-vous que le régime islamiste contraint des  prisonniers politiques d’avouer des crimes non commis ? Par la  torture, le viol et les menaces pour leurs familles. Ces barbaries  cruelles et moyenâgeuses, dignes d’être décrites par l’historien  Michelet, anéantissent la personne, tuent la volonté, et font que  l’individu avoue tout ce que lui demandent ses tortionnaires.

Quel peut être le but des ces cruautés  infligées aux êtres humains ? Obtenir des aveux pour des crimes non  commis ? Semer la terreur jusqu’au for intérieur de l’individu,  jusqu’au plus profond de la société ? Par la peur et la terreur,  faire tout accepter à l’individu et à la société ? Préserver le  pouvoir quelques jours de plus ? Ou bien peut-être montrer qu’il  n’y a plus de limites au mépris que les ayatollahs vouent, au nom de  dieu, aux êtres humains ?    Mais les clergés chrétiens qui jadis ont  exercé tout ce que les imams islamistes expérimentent aujourd’hui ne  nous ont-ils pas démontré que leur règne ne fut pas éternel ?    Face à cette vérité, les Etats des pays  libres doivent sortir de leur silence et de leur inertie.    Il faut arrêter de négocier la liberté  des femmes et des hommes avec des dictatures pour des intérêts  économico-pétroliers. Car à long terme, ils ne sont pas gagnants.    Il faut refuser toute reconnaissance, négociation et relation diplomatique avec le régime islamiste de Téhéran  et son candidat imposé Ahamadi néjad.
   
 

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04 août 2009

Assistante sexuelle pour handicapés ou prostitution ?

Publié dans Libération du 4 août 2009

Est publié ici l'intégralité du texte tel qu'envoyé à Libération le 22 juin 2009

On le sait pour les contrats d’assurance, il faut toujours lire les petites lignes. Le Manifeste « Tous solidaires avec les personnes handicapées (1)
» publié sur le site Internet de l’Express, et signé par diverses associations et personnalités, le prouve. Jouant sur les mots, il entraîne un certain nombre de signataires dans une embuscade.

Comment ne pas adhérer pleinement, de prime abord, à ce Manifeste qui défend à juste titre le droit à l’emploi, à l’éducation, à la liberté de circuler, à la mise en place de structures suffisantes, etc… ?

Mais qu’en est-il des dernières lignes du texte, vite expédiées, et dont les détails sont reportés plus loin dans l’article
(2)? Le « droit à une vie affective et sexuelle » nous est servi l’air de rien en fin de plaidoyer. Oui, mille fois oui à une prise en compte de la sexualité des personnes handicapées et au respect qui doit l’entourer !

Mais faut-il aller jusqu’à créer, comme aux Pays-Bas, des « assistants sexuels », personnes chargées de fournir elles-mêmes du plaisir sexuel, comme l’idée en est avancée plus loin sur le site et comme songent à le faire des associations de personnes handicapées réunies depuis mars 2008 dans le collectif Handicaps et Sexualités (CHA) (3)?

Faut-il garantir un « droit à la vie sexuelle », droit qu’il deviendra difficile de dénier à d’autres catégories de population (prisonniers, malades, etc…) ? Et qu’est-ce qu’un « droit à la sexualité » qui implique un « devoir sexuel » pour celles et ceux qui seront chargés de l’assurer ?

Ainsi, un nouvel « emploi » verrait le jour en France. Un « métier reconnu » doté d’une formation et qui, « pour des raisons culturelles (4)» serait en réalité majoritairement exercé par des femmes, pour les « besoins » d’une majorité d’hommes. Dans l’idéal, cet « emploi » serait exercé par des personnes issues du domaine médical ou paramédical, à qui serait proposée une formation. Les étudiantes kinésithérapeutes ou aide-soignantes apprécieront.

Une nouvelle fois, les femmes vont payer la note. Renvoyées au sacrifice, à la générosité dont elles sont si prodigues, trouvant une solution au chômage dans un nouveau « métier de service ». Une étape supplémentaire sera franchie. Le service domestique et le service soignant ne suffisant plus, le service sexuel viendra parachever le retour de la femme traditionnelle, oublieuse de soi, de sa propre sexualité, de ses propres désirs. On la paiera et elle aura la satisfaction, n’est-ce pas, de faire une bonne action.

Pas de prostitution là-dedans (5), nous dit-on. Mais quoi, alors ? Comment appeler autrement un « service » rémunéré, comportant des actes sexuels ? Changer un nom suffirait-il à changer une réalité ?

Faut-il rappeler que dans les pays où ce « service » existe, il est considéré comme une forme de « prostitution spécialisée » ? Qu’il ne peut être mis en place qu’à la condition de dépénaliser certaines formes de proxénétisme, ce qui est le cas aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, tous pays qui organisent la mise à disposition des femmes, avec la bénédiction de l’Etat, au bénéfice de la moitié masculine de la population, handicapée ou non ?


L’incohérence serait totale à l’heure où de plus en plus de textes internationaux, que la France a notamment ratifiés (6), reconnaissent que l'existence d'une "demande" contribue à l'organisation de la prostitution et à la traite des femmes et appellent les Etats à la décourager ! Comment concilier la création de « services d’assistant-e-s sexuel-le-s » et les mesures préconisées – y compris législatives - à même de dissuader les « clients » des personnes en situation de prostitution ?

On note d’ailleurs que certain-e-s signataires du Manifeste – Catherine Trautmann, Axel Kahn, Bertrand Delanoë, Jean-Louis Bianco, etc…- ont à d’autres occasions exprimé leurs craintes sur la marchandisation de la sexualité ou se sont engagés en faveur de textes défendant la pénalisation des clients prostitueurs. Leur a-t-on vraiment donné tous les éléments sur le contenu du « droit à la vie sexuelle » ?

La prostitution est un des hauts lieux de la violence contre les femmes. En faire un « métier de service », au nom de la détresse –réelle- de quelques-uns, c’est fournir un cheval de Troie à l’industrie du sexe et à ses marchands de femmes qui n’auraient jamais osé rêver d’une telle promotion.

Nous refusons cette nouvelle dérive. Croit-on vraiment respecter les personnes handicapées en créant une loi spécifique qui aboutisse, non à résoudre leur légitime demande de liens affectifs et sexuels, leur besoin de reconnaissance en tant que citoyen-ne-s, mais à se débarrasser d’un problème douloureux en fabriquant une solution marchande ?

Qu’en pense Valérie Létard, secrétaire d’Etat à la solidarité (7), qui a déclaré cette création « impossible et impensable au regard de la loi française (8)» ? Qu’en pense Roselyne Bachelot, ministre de la santé ?
Nous aimerions le savoir.

Signatures :
Bernice Dubois, déléguée MAPP à l’ONU
Lilian Hals French, Présidente de Initiative Féministe Européenne
Claudine Legardinier, journaliste
Malka Marcovich, historienne
Françoise Morvan, Vice-Présidente, Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes
Emmanuelle Piet, Collectif Féministe contre le Viol (CFCV)
Colette Rivemale, Directrice de Centre d’adultes handicapés
Evelyne Rochedereux, Présidente CIBEL
Sabine Salmon, présidente nationale de Femmes Solidaires
Annie Sugier, Présidente de la Ligue du Droit International des Femmes
Wassyla Tamzali, avocate, ex-directrice du programme sur la condition des femmes à l'Unesco
Aline Vergnon-Bondarnaud, Présidente du GRAIF Marseille
Michèle Vianès, Présidente de Regards de Femmes

ET
Isabelle Alonso, écrivaine
Marie-Christine Aubin, militante féministe
Méry Benaroya, Ingénieure
Breen Katie , journaliste/conseil éditorial
Anne Bucas-Français, militante féministe
Dinah Brami, militante féministe
Denise Brial, enseignante, présidente Atalante (vidéos féministes)
Sylvaine Boussuard – Le Cren,
Sophie Chauveau, écrivaine
Conchita GONGORA, mère de Zoé, 23 ans, polyhandicapée
Jacques Dachary,
Claire Darc, militante féministe
Michèle Dayras, Présidente de SOS Sexisme
Carine Delahaie, rédactrice en chef de Clara Magazine
Catherine Deudon, auteure photographe d’Un Mouvement à Soi
Annick Fournier, retraitée de l’Education Nationale
Nadia Guédri, Femmes Libres
Claude Groussin, Présidente du CDGM
Hélène Hernandez, Femmes Libres
Patric Jean,cinéaste
Juliette Minces , écrivaine
Hélène Piano, déléguée BPW international à l’UNESCO
Delphine Raynaud, CFCV
Margaret Reuter, militante féministe
Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire départemental des violences envers les femmes du 93
M.F. Rougerat
Ghislaine Royer, Présidente BPW France
Annie Segura-Daudé, Présidente du Mouvement Jeunes Femmes
Nelly Trumel, émission Femmes Libres Radio Libertaire


[1] http://www.lexpress.fr/actualite/societe/manifeste_handicap.asp
[2] Reportage sur la condition des personnes handicapées, page 4 du site
[3] Le texte fondateur préconise la mise en place de services « d’assistance érotique et/ou sexuelle » avec « l’élaboration de référentiels métiers, de compétence et de formation ».
[4] ibid..
[5] Lire à ce propos le rapport de M. Marcel Nuss, Propositions pour un accompagnement plus humanisé et humanisant et une formation plus adaptée – (juin 2006)
[6] Protocole de Palerme, 2000 – Convention de Varsovie, 2005.[7] Valérie Létard était encore à l'époque de la rédaction de ce texte Secrétaire d'Etat à la solidarité
[7] Prostitution et Société n° 160, revue du Mouvement du Nid, Dossier Handicap et prostitution, 2008 – en ligne sur http://www.prostitutionetsociete.fr/actualites/actualites-france/handicap-accompagnement-sexuel-ou

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11 juillet 2009

Obama s'engage auprès du pape à réduire les avortements

92974La défense de la vie a été au coeur des discussions entre le Président Obama et le Pape Benoît XVI le vendredi 10 juin.
Ce dernier lui a remis
un exemplaire en cuir de sa dernière encyclique «Caritas in veritate» (la Charité dans la vérité), publiée mardi, et le document «Dignitas Humanae» publié par le Vatican en décembre.
Ce texte étend la «dignité» d'être humain à l'embryon et condamne donc les nouvelles techniques médicales ou scientifiques qui lui portent atteinte d'une manière ou d'une autre.
voir
Selon le père Federico Lombardi, le président américain a exprimé «très explicitement son engagement à faire tout son possible pour réduire le nombre des avortements» aux États-Unis.

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10 juillet 2009

L'honneur d'un ingénieur-général

Le Monde 10 juillet 2009

Par Joseph Illand, Fonctionnaire de sécurité de défense au CNRS
voir également sur le site : http://www.cifpr.fr/+L-honneur-d-un-ingenieur-general

V
incent Geisser et son comité de soutien ont lancé une campagne médiatique visant à me présenter comme une sorte de barbouze infiltré au CNRS, en croisade contre l'islam. Jusqu'ici, je n'ai pas pu répondre à ces accusations, attendant que la commission consultative rende son délibéré. Ceci étant fait, il m'est possible de m'exprimer, à titre personnel, pour donner ma version des faits. Certaines contre-vérités lancées ces dernières semaines dans la presse portent atteinte à mon honneur professionnel, à celle de mon équipe, et, plus encore, à la vérité.

D'abord ma fonction : je conçois qu'elle soit mal connue du grand public, mais, contrairement aux fantasmes qu'elle semble susciter, il ne s'agit en rien d'un poste d'agent secret. J'ai un statut d'ingénieur général, d'un corps à statut interministériel, et, au CNRS, j'exerce depuis 2003 des fonctions de protection du "patrimoine scientifique". Je n'ai pas de pouvoir contraignant ou disciplinaire. En 2008, mon équipe et moi avons ainsi aidé à sécuriser plus de 1 000 déplacements d'agents du CNRS à l'étranger. Il ne s'agit pas du tout de les contrôler, mais de conseiller et d'être réactif dans des situations qui peuvent être dramatiques... Une tâche qui nous tient à coeur et qu'il est dur de voir présenter comme une volonté d'espionner.

Ma seule autorité "décisionnelle" concerne mon habilitation à signer les dépôts de plainte pour intrusion dans les systèmes d'information. Les procédures que mon service gère se font sous forme d'avis, sans autorité pour autoriser ou interdire. Au titre de la protection du CNRS, il m'arrive aussi de signaler d'éventuelles utilisations abusives ou illégales de la marque "CNRS". Là non plus, pas de façon contraignante mais en tant que conseiller.

C'est en septembre 2005, à l'occasion d'une enquête lancée par Vincent Geisser, que j'ai fait sa connaissance. Son enquête sur les trajectoires de chercheurs issus des migrations rencontrait des oppositions. Il est vrai qu'elle posait de sérieux problèmes au regard de la loi informatique et libertés. Je suis intervenu alors, non pour le sanctionner (quelle idée ?), mais pour lui éviter d'être épinglé par la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) et de courir, lui et son directeur, des risques pénaux ! J'ai tenté de sauver son enquête sur la base d'une reformulation des questions. Nous avons tenu une réunion de travail à Aix-en-Provence, dans un esprit plutôt amical dont pourront témoigner les nombreux participants. J'avais aussi, en fin de réunion, évoqué le problème de l'appui explicite de l'autorité de chercheur du CNRS lorsque des propos relèvent, non de la recherche, mais d'engagements personnels. Il m'est arrivé de soumettre cette interrogation à la direction du CNRS, sans aucune prétention d'autorité et encore moins de sanctions.

Le 14 avril, pendant mes congés, des personnes du CNRS ont eu la surprise de trouver mon nom dans un courriel de Vincent Geisser mis en ligne sur un site. Il m'accusait d'être "un idéologue qui traque les musulmans et leurs "amis", comme à une certaine époque on traquait les juifs et les Justes". Il s'agissait d'un message envoyé à un comité de soutien, destiné à faire témoignage public. Le comité défendait une allocataire de recherche travaillant dans un laboratoire du CNRS, licenciée par l'université pour maintien du port de signes religieux ostensibles. Visiblement, Vincent Geisser me rend responsable de cette décision. Je ne suis pour rien dans cette décision, très ferme, de l'université.

Choqué par la violence du message, j'ai souhaité porter plainte à titre personnel. La direction du CNRS a engagé en parallèle une procédure administrative et convoqué M. Geisser en commission paritaire. Ce qui a déclenché une tempête médiatique et une campagne présentant Vincent Geisser comme étant la victime d'un complot digne d'un film d'espionnage. Quelque 5 000 chercheurs l'ont soutenu, sincèrement persuadés d'une obscure barbouzerie, une version accréditée par le témoignage d'un chercheur, Olivier Roy, que je cite : "(...) Il ne s'agit pas d'un conflit personnel entre lui et Vincent Geisser, mais bien d'une attaque systématique envers les chercheurs qui refusent les clichés sur l'islam. En 2007-2008, j'ai reçu un mail signé du haut fonctionnaire de défense me reprochant de mieux traiter l'islam que le christianisme."

J'avoue ne pas m'être remis de ces lignes. Il se trouve que contrairement à Olivier Roy j'ai conservé ce courriel. Il s'agissait d'une simple question qui ne portait pas du tout sur l'aspect religieux. Pourtant, ce vague souvenir a suffi pour censer prouver chez moi une inquisition obsessionnelle et islamophobe. Comment peut-on formuler des accusations aussi graves avec autant de légèreté ? Ce procès d'intention est à la fois salissant et blessant. Je ne me reconnais ni dans ce portrait ni dans cette version des faits, reconstruite et fantasmagorique. Voilà pourquoi je tenais, malgré mon devoir de réserve, à rétablir une part de rationalité.

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02 juillet 2009

L' « Islam hard » et les intellectuels

Réaction au Rebond d'Esther Benbassa dans Libération au sujet de l'affaire Vincent Geisser

Par Rose Prudence

Il faut bien évidemment défendre avec la dernière énergie le droit de V. Geisser à dire tout ce qu'il veut. Et même à insulter qui il veut - il ne serait pas le premier. Et même au titre de son expertise de chercheur ? Pourquoi pas. Mais il n'est pas interdit de connaître ses propos. N'en déplaise à ses ardents défenseurs, ceux-ci n'ont rien de futile, compte tenu des personnes qu'il attaque, et des dangers auxquels il les expose - dangers sans proportion aucune avec le Conseil de discipline devant lequel il est convoqué.

Ses partisans ont-il lu « 'Islam light ': un produit qui se vend bien » (http://oumma.com/Islam-light-un-produit-qui-se-vend ) ? VG s'y livre à une diatribe enfammée contre un certain nombre d'intellectuels d'origine musulmane opposés à l'islamisme, et qui plaident, chacun à sa manière, pour un  « Islam des Lumières ». Selon lui, Abdelwahab Meddeb, Malek Chebel, Fethi Benslama, Abdennour Bidar seraient devenus à peu de frais en quelques années les très suspects « chouchous musulmans des médias et des intellectuels français ».  Or, dit VG, ces intellectuels, prétendument novateurs,  ne sont en réalité que les « les suiveurs et les héritiers d'une critique « interne  à l'islam qui a connu son apogée durant la période coloniale et, plus particulièrement, en Algérie française » - laquelle critique,  « répondait moins à une volonté de réformer l'islam de l'intérieur que de donner des gages de « conformité » au discours ambiant »  Traduisons : Meddeb, Chebel, Ben Slama, Bidar ne font que remettre au gout du jour de vieilles pratiques de collaboration intellectuelle avec le colonisateur. A force de vouloir s'acheter une bonne conduite auprès des « élites politiques, [des]  médias, [des] intellectuels habitués des plateaux TV, » et retrouvent tout bonnement, « les accents fortement assimilationnistes de certaines élites indigènes profrançaises pendant la période coloniale » (je souligne).

Ces avocats d'un « islam des Lumières » ne font donc, selon V.G., que continuer dans les media aujourd'hui le travail de négation et de destruction de l'identité musulmane entrepris depuis la colonisation - et deviennent, ce faisant, les alliés objectifs du post-colonialisme assimilationniste, les alibis et les soutiens des politiques discriminatoires, racistes, éradicatrices même, à l'encontre des musulmans de France : ils sont, tout simplement des « musulmans islamophobes » (dans un style à peine moins châtié - mais plus explicite -, Marc-Edouard Nabe, officiellement aux antipodes des opinions de Geisser, les appelle, lui, des collabeurs). Nous savons, et VG ne peut l'ignorer lorsqu'il s'exprime bardé de  la liste de ses ouvrages scientifiques que les qualifier ainsi, c'est les exposer, d'emblée, à une fatwa ou, pire,  à la vindicte du premier djihadiste venu -

On mesure la mansuétude qu'il aura fallu à certains de ces intellectuels pour, malgré tout, signer une pétition de soutien à celui qui les accuse, rien de moins, que de vouloir « promouvoir un islam sans musulmans, ….  épuré des ses croyants et de ses pratiquants »!

Il y a pire. Le ton de VG change dès lors qu'il est question des femmes d'origine musulmane, laïques et féministes, qu'il désigne, dans un titre stupéfiant, comme « les poupées-Barbie de l'Islam light » (Oumma.com, 11 février 2008). Le mépris des femmes, le machisme virulent de l'ardent pourfendeur de l'islamophobie se donne ici libre cours, dans les clichés les plus grossièrement misogynes et sexistes. Les femmes auxquelles il s'attaque (Latifa Ben Mansour, Malika Mokeddem ou Khalida Messaoudi d'une part, Chahdortt Djavann, Irshad Manji ou Ayaan Hirsi Ali de l'autre) deviennent sous sa plume des « Cosette musulmanes »  incapables, contrairement à leurs alliés masculins, d'une once de réflexion politique. Elles sont les  « actrices passives d'une mise en scène émotionnelle et passionnelle », dont la seule fonction médiatique est celle d'un « exhibitionnisme télévisuel, jouant sur une forme d'érotisme malsain ».

Le crime de Chahdortt Djavann, Irshad Manji ou Ayaan Hirsi Ali ? C'est (aux yeux de VG) d'abord d'être jeunes, télégéniques et…  « sexy ». Si elles sont sollicitées par les media c'est d'abord pour leur « capacité à mettre en scène un érotisme victimaire (sic). Et ces , « nouvelles martyres » ne renvoient à «  une image de sensualité et de pureté, presque innocente, sortes de Madones des temps modernes » que, pour  mieux faire passer le « racisme à peine voilé » de leur message islamophobe,

Sois belle, martyre, et tais-toi - mais fais-moi bander ! Il reste que, tout occupé à ériger des contructions érotico-S&M sur les femmes des Lumières, VG en oublie l'essentiel : c'est que, ces « Cosette musulmanes », ces « poupées-Barbie » (on appréciera la délicatesse de l'insulte), au cerveau lisse comme un petit pois mais érotiques à souhait ont néanmoins été jugées, toutes trois, dignes de faire l'objet de fatwas : que les unes et les autres vivent aujourd'hui sous protection constante, en danger permanent d'agression - de meurtre. Toutes trois risquent le sort de Théo van Gogh, ami d'Ayaan Hirsi Ali (on sait que celle-ci fut nommément désignée aux coups de son meurtier). De cela, VG ne dit mot, ni de leur courage, ni de l'obstination dont elles doivent faire preuve pour défendre leurs opinions, et notre liberté - les défendre contre les islamistes et aussi contre les chercheurs qui ne voient en elles que des  «poupées» à usage sexuel.

Environ 5000 chercheurs se sont émus de la menace que le CNRS ferait peser sur la liberté d'expression de VG (on sait qu'il risque, au mieux, un blâme administratif), et sur sa préférence manifeste pour un « Islam hard ». Je me demande combien d'entre eux se sont mobilisés pour  défendre la liberté de mouvement, et … le simple droit de vivre des « poupées-Barbie » Ayaan Hirsi Ali, Chadortt Djavann, Irshad Manji, ou encore de Latifa Ben Mansour, Malika Mokeddem ou Khalida Messaoudi - et de tous les autres musulmans laïcs et progressistes, victimes désignées de ceux qu'il présente, pour sa part, comme les vrais représentants de l'Islam.

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01 juillet 2009

Malgré la résolution 1820, le terrorisme sexuel continue en RDC

The Washington Post
A Broken U.N. Promise In Congo

By Eve Ensler
Tuesday, June 30, 2009

BUKAVU, Democratic Republic of Congo -- Just over a year ago, in answering whether sexual violence in conflict was an issue that the U.N. Security Council should take on, then-Secretary of State Condoleezza Rice proclaimed, "I am proud that, today, we respond to that lingering question with a resounding 'yes!' " With this statement, and with the cooperation of other power brokers at the table, the Security Council unanimously adopted Resolution 1820, which finally recognized sexual violence as a widely used strategy of warfare and cleared the path for the council to respond to it worldwide.

U.N. Secretary General Ban Ki-moon is to report to the Security Council today on implementation of Resolution 1820. What will we learn? A year after adopting the resolution, Congo remains the worst place on the planet to be a woman. Over 12 years, in a regional economic war for resources, hundreds of thousands of women and girls have been raped and tortured, their bodies destroyed by unimaginable acts. The Security Council's implementation of Resolution 1820 in Congo -- the very place that inspired it -- has been an utter failure.

Rape as a weapon of war has increased in eastern Congo since June 2008. In January, military operations were launched in North Kivu with the supposed goal of arresting the rebel leader Laurent Nkunda and neutralizing his National Congress for the Defense of the People (CNDP) troops as well as the FDLR, the former Rwandan Hutu genocidaires. Even now, with Resolution 1820 in place, no one considers the women. Anneke Van Woudenberg of Human Rights Watch, just back from the front lines in both North and South Kivu, told me Monday that in nearly all the health centers, hospitals and rape counseling centers she visited, rape cases had doubled or tripled since January.

Rapes continue to be committed with near complete impunity. While the number of criminal prosecutions has risen marginally, only low-ranking soldiers are being prosecuted. Not a single commander or officer above the rank of major has been held responsible in all of Congo. Rapes by the national army are increasing, too. MONUC, the U.N. peacekeeping mission, is not only allowing perpetrators to go unpunished but is also providing logistical support to them for their movements in the field. A blacklist of war criminals and rapists who were commanders in current operations was shown to the Security Council, which gave it to President Laurent Kabila. Despite incriminating evidence, none of the commanders was removed. Resolution 1820 was supposed to make the United Nations more sensitive to the issue of sexual violence. How is it possible that in the past year, the United Nations became complicit in supporting rapists as commanders in its operations?

The U.N. spin on operations in the Congo is upbeat. The secretary general lauded their success in a March 8 commentary in the International Herald Tribune. Successful for whom? Chantal, a 3-year-old who was raped so brutally by militia soldiers that she died on the way to the hospital? All her sisters were raped, too.

Resolution 1820 must be enforced with seriousness by the Security Council and the secretary general. Arrests need to be made immediately of known rapists and war criminals at the highest levels. The United Nations must stop supporting military actions, because they are doomed in Congo. And the root economic causes of the war need to be addressed with the leaders of countries in Africa's Great Lakes region who commit violence to reap benefits from Congo's minerals, as well as their Western corporate partners. They, too, are liable for these atrocities.

President Obama and U.N. Ambassador Susan Rice should send a very clear message to the world. It is within U.S. power, as a member of the Security Council, to push for measures to end impunity and to carve out an enduring peace through careful diplomacy for the people of Congo.

A few days ago, I sat in a dark shack with 30 survivors of rape. These women had fled their villages after being brutally terrorized and had randomly found each other. They banded together to form a grass-roots group called I Will Not Kill Myself Today. The women of eastern Congo are enduring their 12th year of sexual terrorism. The girl children born of rape are now being raped. What will it take for the United Nations to finally do something meaningful to stop the violence? The women are waiting.

Eve Ensler, a playwright and activist, is the founder of V-Day, a global movement to end violence against women and girls.

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25 juin 2009

Iran, la fin de l’idéologie du martyre

Par CHAHLA CHAFIQ-BESKI essayiste et nouvelliste

Le 19 juin, dans un discours menaçant lors de la prière collective du vendredi, l’ayatollah Khamenei, Guide suprême, ordonne au peuple contestataire de ne plus descendre dans la rue et de ne plus se joindre aux manifestations massives qui avaient lieu depuis cinq jours. Le même jour, une jeune bloggeuse écrit : «Demain, j’irai à la manif. Ce sera peut-être violent. Je serai peut-être parmi les prochaines personnes tuées.» Puis, elle ajoute ce qu’elle veut faire avant d’aller à cette manifestation d’où elle ne reviendra peut-être pas. Je l’imagine à travers ses mots : «en train de danser sur ses musiques préférées et de lire des poèmes». Comme nous, les jeunes des années 80, elle lit Forough et Shamlou (1). Je la vois feuilleter les photos de famille, regarder quelques scènes des films qu’elle aime pour les garder en elle, appeler ses amis pour leur dire adieu. Je me demande pourquoi elle ne leur donne pas rendez-vous pour qu’ils y aillent ensemble et mon cœur s’emplit d’angoisse. La même angoisse qui est en elle quand elle écrit : «Il ne me reste que deux unités pour obtenir ma maîtrise. Mais quelle importance ! J’ai une tempête dans la tête.» Pourtant, qu’est-ce qu’elle est calme quand elle dit : «J’écris ces quelques lignes pour la génération future. Qu’elle sache que nous n’avons pas fait cela pour des causes sentimentales ou sous la pression des masses. Pour qu’elle sache que nous avons fait tout notre possible pour lui léguer un monde meilleur.»
Cette note a pour moi le ton d’un testament déjà lu. Je reconnais ce ton. Quand je lis les testaments des prisonniers politiques des années 80, ils s’adressent aussi à la génération à venir. Certains se disent fiers de donner leur vie pour un idéal, incarné par leur parti politique. D’autres parlent seulement de leur intégrité, de leur dignité et de leur liberté : la liberté de dire non aux geôliers islamistes qui veulent leur repentance. Aujourd’hui encore, à chaque fois que je les lis, je suis saisie de douleur et de joie. Mon cœur est plein de contradictions. Quelqu’un demande en moi : «N’y avait-il pas une autre voie, une voie de compromis qui aurait fait reculer la sentence de mort ?» Tandis qu’une autre voix s’élève et me dit : «Regarde la capacité merveilleuse de l’être humain ! Regarde comment, privé de toute liberté, on peut être si libre !»
Les prisonniers de ces premières années post-révolutionnaires étaient pour la plupart des lycéens et des étudiants, sympathisants des nombreux groupes politiques qui s’étaient activés librement dans le contexte de la révolution antidictatoriale. Ils étaient pour la plupart révolutionnaires et idéalistes. Beaucoup d’entre eux ont perdu leur vie pour avoir seulement exprimé leur opposition à la République islamiste. Ils n’ont pas eu le temps de mettre leurs idéaux en réflexion ni à l’examen de l’expérience. Les générations qui les suivirent, celles que l’échec de la révolution poussa au pragmatisme et au réformisme, ont aussi été privées d’une telle possibilité. L’expression libre et la pratique de la pensée critique ne peuvent exister dans la République islamique qui a mis en place le Velayat-e-Faghih (règne du Guide suprême). Dans ce système totalitaire fondé sur l’idéologisation de l’islam, le vote du peuple ne doit servir qu’à consolider l’Etat qui se déclare délégué de Dieu sur terre.
Ce sont les conséquences de cette logique qui amènent à l’actuelle explosion populaire. Dans les années 80, le slogan «Guerre jusqu’à la victoire» avait permis au gouvernement islamique de tuer et d’emprisonner des milliers d’opposants. Aujourd’hui, les actes liberticides et antisémites, les paysages guerriers dessinés par la politique d’Ahmadinejad provoquent le rejet d’un grand nombre d’Iraniens. L’échec du rêve islamiste fait d’Ahmadinejad un vrai cauchemar pour des millions d’Iraniens qui veulent l’ouverture.
Hanté par le danger des révolutions de velours et de couleurs, le pouvoir ne supporte pas les résultats de l’élection qui signent l’échec flagrant des slogans du retour aux idéaux islamistes. Pour afficher la légitimité du régime et mener à bien sa politique atomique, le Guide suprême avait appelé le peuple à se mobiliser massivement dans les urnes. Les deux candidats réputés réformistes sont connus pour leur fidélité au système : Moussavi, Premier ministre de 1981 à 1989, promet l’application exacte de la loi constitutionnelle islamique ; Karoubi, membre du clergé et une des hautes figures du régime islamique, prône le respect des droits des citoyens dans le cadre du régime. Les débats télévisés entre les candidats mettent en scène l’ampleur du conflit interne au pouvoir et embrassent le bilan catastrophique du régime : corruption, absence totale de droits citoyens, blocage économique, social et culturel. On y parle de la nécessité de négocier avec les Etats-Unis qui, avec Obama, ne se prêtent plus à la diabolisation. Le changement promis par Moussavi et Karoubi rime avec ouverture. Ouverture et changement que cherchent aussi les jeunes qui investissent par millions la scène électorale dont ils font le lieu d’expression de leur désir de vie, incarné par la couleur et la musique. La couleur verte lancée par Moussavi pour préserver le caractère islamique du changement annoncé devient la couleur de la fin de l’idéologie du martyre. Or, l’immense fraude qui marque la fin du jeu électoral, démontre la volonté des tenants du pouvoir d’arrêter ce processus. A son apogée, le conflit au sein du pouvoir révèle l’impasse du système et la répression menace.
Dans les années 80, la vaste répression des opposants a eu lieu dans l’indifférence de la société internationale. A cause de la révolution antidictatoriale, le régime semblait légitime, et l’ensemble du peuple iranien était réduit au peuple Hezbollah. En l’absence d’Internet et des autres modes de communication actuels, la censure était plus efficace. Aujourd’hui, les choses sont différentes. Pourvu que cela aide les jeunes iraniens qui luttent pour la liberté. Que le monde entier entende la voix de cet autre Iran avec un tel retentissement qu’aucun jeu diplomatique ne puisse servir le pouvoir islamiste.

(1) Forough Farrokhza, grande poétesse iranienne des années 40 dont l’œuvre continue à marquer les jeunes générations. Ahmad Shamlou, grand poète iranien, connu pour ses idéaux humanistes et séculiers.

Auteure notamment de :le Nouvel Homme islamiste. La prison politique en Iran. Ed. Le Félin, 2002.

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24 juin 2009

Les forces démocratiques et progressistes, soutenons le peuple iranien !

Par Ann Pak

Avant le 12 juin personne n’était prêt à parier sur la révolte du peuple iranien ou même à prévoir sa probabilité. Le 12 juin, un chroniqueur de France culture qualifie l’ambiance électorale comme étant « démocratique ».Et lorsque, le soir des élections, les faux résultats sont tombés aucun journaliste ne put prédire un soulèvement populaire surtout d’une telle ampleur.
C’est que les médias occidentaux ne se sont pas réellement penchés sur notre peuple, sur ses luttes et sur ses revendications, alors que depuis 30 ans, des femmes et des hommes n’ont jamais cessé de lutter contre la dictature des ayatollahs.
Mois de juin est devenue une date presque symbolique : c’est le 18 juin 1999 qu’a eu lieu le célèbre massacre des étudiants qui avaient osé réclamer plus de liberté, c’est le 12 juin 2006 que des femmes sont descendues dans la rue pour réclamer leurs droits humain et que, suite à la répression, elles ont décidé d’agir différemment et de lancer d’autres moyen de lutte, comme par exemple « la campagne d’un million de signatures ».

Je ne veux même pas rappeler ici les combats des iraniennes et des iraniens et les sanctions subies depuis la révolution islamique et surtout pendant la guerre Iran-Irak. Je ne veux même pas invoquer les assassinats des journalistes, intellectuel-les, écrivain-es…..pour illustrer le fait que les iraniennes et iraniens ne se sont jamais montrés soumis au régime islamiste durant ces 30 années.
Or, les médias français qui reflètent des informations sur toutes ces luttes sont rares, voire inexistants. Ils ont été plutôt fascinés par la supercherie du « dialogue des civilisations » très à la mode chez les bien-pensants, plutôt occupés par le nucléaire iranien gonflé à dessein par le régime pour augmenter la répression contre le peuple.
Rien sur la lutte des femmes, des hommes et des étudiants de ce pays.

Aujourd’hui, travailler pour un journaliste en Iran est extrêmement difficile. Mais les iraniennes et iraniens, malgré le censure, envoient des images et fournissent les infos aux journalistes étrangers pour pouvoir enfin faire entendre leur voix à la communauté internationale, pour enfin monter le vrai visage de ce régime et son rejet de la part du peuple.

Et cependant, certains restent sourds aux cris des manifestants. Ainsi, un journaliste de la  BBC, (chassé à son tour par les autorités) relayé par des chaînes de télé françaises, déclare : « ces manifestations sont juste des rassemblements d’unité, les manifestants n’expriment aucune revendication », alors que lui-même était emporté par la foule des manifestants qui entonnaient « Marg bar dictature, Marg bar dicteurs » « mort à la dictature, mort aux dictateurs ». Et même s’il ne comprend pas la langue persane, même s’il ne sait pas la traduire, il peut au moins s’abstenir de tout commentaire, car le sien signifiait plutôt « comment-taire » les cris du peuple iranien.

Depuis le jour même des élections, les iraniennes et les iraniens en exil ont manifesté, dans tous les pays du monde, pour exprimer leur solidarité avec leurs concitoyens. Ils ont réclamé plus de liberté, plus de démocratie et une constitution laïque, comme ce fut le cas à Bruxelles  à Washington ou dans des villes des Pays-Bas, ou bien à Paris.

Pourtant les médias français ont préféré couvrir un autre rassemblement, et braquer leur caméra sur celui des Mojahédine du peuple. Pourquoi ?
Ceux-ci forment un mouvement islamique et sectaire, longtemps reconnu comme terroriste.
Il est vrai que nous vivons dans un air de mise en scène. Le goût de l’exotisme, du spectacle règne avec force. Et il est vrai que les mojahédine sont parfaitement organisés et dotés d’énormes moyens financiers qui leur permettent de répondre à ce goût.

Ainsi, une des chaînes de télévision françaises les présente comme « la seule force opposante au régime islamiste. » Pendant deux jours, à l’heure des  informations,  ces chaînes repassent en boucle les photos et les interviews de Maryam Rajavie, leur « icône sacrée »- élue par les mojahédine, comme future présidente iranienne. Citons au passage qu’elle est bien voilée et couverte de la tête aux pieds d’un habit vert (couleur du chiisme politique).

Tout ceci occulte les véritables aspirations du peuple iranien. Si aujourd’hui les iraniennes et les iraniens sont dans la rue, s’ils affrontent la mort, s’ils se moquent des répressions et des menaces, ce n’est en aucun cas pour remplacer l’islamisme des ayatollahs, par n’importe quel autre islamisme fusse-t-il bien déguisé !

Toutes les nuits, depuis le 12 juin,  la population crie sur les toits « marg bar dictature », « we want democratie », « peace in the middle east » ; tous les jours, ils sont des milliers à être battus, arrêtés, violentés ; des centaines
 sont tués … Les femmes, les hommes et les jeunes d’Iran ont ras le bol du dictat islamiste. C’est cela la réalité de l’Iran.
Et nous, iraniens démocratiques et laïques en exil, devons regrouper toutes nos forces et toutes nos énergies pour être à la hauteur de toutes les attentes de nos concitoyens, pour montrer à la communauté internationale le vrai visage de notre pays, pour tenir en échec toutes les tentatives d’intimidation par la religion.
Le directeur de conscience d’Ahmadinajad, un « guide suprême », vient de donner une « fatwa » en faveur des fraudes électorales et pour la liquidation « physique » de Moussavi et Karoubi ! Il est temps de relier et faire retentir le cri et le refus du peuple iranien du régime islamiste.

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23 juin 2009

Les populistes d'Amérique du sud soutenus par le Soudan ont pris en otage l'ONU sur les questions financières

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June 22, 2009

Latin radicals take centre stage at UN summit snubbed by the West

A former Nicaraguan revolutionary and his nephew are trying to reshape the world financial system at a UN summit this week.

Western leaders are snubbing the three-day meeting starting on Wednesday in New York, which is designed to counter the G20 summit in London in April.

The Conference on the World Financial and Economic Crisis and its Impact on Development is expected to be dominated by fiery anti-capitalist rhetoric from left-wing Latin American leaders.

Western diplomats say that radicals in the Group of 77 (G77) developing nations, chaired by Sudan’s deputy ambassador to the UN, have hijacked negotiations.

The summit was postponed from June 1 so that it did not clash with the inauguration of the former Marxist guerrilla Mauricio Funes as President of El Salvador, officials say. Left-wing presidents Hugo Chávez of Venezuela, Evo Morales of Bolivia and Rafael Correa of Ecuador are due to attend. Only 14 heads of state and government plan to travel to New York — ten of them from Latin America or the Caribbean. The rest of the 192 UN member states will be represented at a lower level. Britain is sending a junior Foreign Office Minister, Lord Malloch-Brown.

Despite his country’s leading role President al-Bashir of Sudan cannot make the trip because he has been indicted by the International Criminal Court for war crimes in Darfur and would risk arrest.

The summit is the brainchild of Miguel d’Escoto Brockmann, 76, this year’s president of the UN General Assembly, and a former Sandinista revolutionary and Nicaraguan Foreign Minister who once went on hunger strike to protest against “Yankee imperialism” in his country.

Mr d’Escoto says that the full UN membership should be given a voice in reforming the financial system, not just the G20 — the 19 countries and the EU — which account for 85 per cent of global economic activity.

To help to organise the summit Mr d’Escoto, who was a radical priest before entering politics and is known as Father Miguel, picked Michael Clark, his American nephew, as a senior adviser. Mr d’Escoto also gave Mr Clark’s sister, Sophia, a job as his deputy chief of staff.

UN officials defend the nepotism saying that the president of the General Assembly can choose his staff even though their salaries are paid with UN money. Enrique Yeves, the General Assembly spokesman, said that only two of Mr d’Escoto’s 22 staff were relatives.

Not so united nations

At a UN General Assembly meeting in 1973 Idi Amin praised Edward Heath by comparing him to Adolf Hitler. He later said: “Not Hitler, I meant Winston Churchill”.

On his first day as UN Secretary-General Ban Ki Moon told staff that capital punishment should be “for every member state to decide”, despite the UN’s ban on the death penalty.

In 2006 President Chávez told the General Assembly that George Bush, who had spoken earlier, was “the devil” and complained of a stench of sulphur.

Thirty diplomats walked out of a UN conference on racism in April when President Ahmadinejad of Iran singled out Israel as the “most cruel and racist regime”.

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22 juin 2009

Une vingtaine de femmes violées dans la Prison de Muzenze en RDC

RDC: LA MONUC CONDAMNE FERMEMENT LES   VIOLS ET ACTES DE VIOLENCE COMMIS CONTRE LES FEMMES DANS LA PRISON DE MUZENZ.E
New York, Jun 22 2009  7:00PM

La Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) condamne fermement les viols et les actes de violence commis contre environ 20 femmes détenues, à suite d';une tentative d';évasion de la prison de Goma, qui a aussi fait des victimes innocentes parmi les forces de l';ordre, indique un communiqué de presse publié aujourd';hui.
Dans la nuit du 21 au 22 juin, indique la Mission des Nations Unies, « la prison centrale de Muzenze à Goma a été le théâtre d';une mutinerie suivie d';une tentative d';évasion avec violence ».  Le groupe des prisonniers mutins a réussi à pénétrer dans le quartier des femmes et il y a violé et violenté une vingtaine de femmes détenues.
La MONUC qui coordonne actuellement l';assistance aux femmes violentées et violées, appelle  la justice à sévir d'; « une façon exemplaire contre les auteurs de ces actes ».
Face a ce drame, la MONUC, indique le communiqué, lance un appel au Gouvernement pour l';application urgente de mesures, dans tout le pays, en vue d';améliorer les conditions carcérales et de renforcer la sécurité dans les prisons, spécialement celles relatives à la protection des femmes contre les violences sexuelles. Cela afin d';éviter une répétition de la tragédie que vient de vivre la prison de la ville de Goma, ajoute les auteurs du communiqué.
Par ailleurs, devant la recrudescence des mutineries et tentatives d';évasion des prisons due en partie au manque récurrent de prise en charge alimentaire et d';accès aux soins de santé pour les pensionnaires des prisons du pays et à l';absence d';une politique pénitentiaire efficiente, la MONUC lance un appel aux autorités pour engager une réforme du système pénitentiaire afin de se conformer aux standards minima internationalement reconnus en matière de traitement des détenus, notamment par une séparation stricte des hommes des femmes d';une part, et des civils des militaires d';autre part.

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19 juin 2009

Le 3eme cycle du Conseil des droits de l'homme s'achève sur de nouvelles régressions

Voilà tout juste trois ans que le Conseil des droits de l'Homme naissait avec tambours et trompettes. On nous promettait une ère nouvelle vers un futur glorieux. Malheureusement le nouveau Conseil a accéléré encore le processus délétère (voir Les Nations désunies) à l'œuvre depuis un certain nombre d'années que Claude Levenson et Jean-Claude Buher avaient été les premiers à dénoncer en 2003.(voir "l'ONU contre les droits de l'homme" Mille et une nuits, 2003). 

Aujourd'hui 31 ONG dont Human Right Watch et Amnesty International, qui refusaient d'y croire ou qui s'étaient tues jadis face à certaines dérives, semblent s'inquiéter et ont interpellé le Présidente du Conseil.    
   
En effet, la 11ème session du CDH  qui a commencé le 2 juin pour se terminer le 18 juin a encore d'avantage ouverte la béance dans laquelle les droits humains continuent leur chute vertigineuse. La rhétorique totalitaire se peaufine ;  les libertés individuelles, la liberté d'expression sont mises à l'indexe, quand elles ne sont pas redéfinies ou recyclées pour les vider de toutes substance...

Durant la session, plusieurs rapporteurs spéciaux ont été accusés de ne pas respecter le fameux code de conduite, qui les place depuis un an sous la tutelle du CDH et leur enlève toute indépendance. Philip Alston, Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires fut particulièrement attaqué lors de la présentation de son rapport sur le Kenya. Franck La Rue Lewy, rapporteur spécial sur la liberté d'expression n'a pas non plus été épargné; il lui a été reproché de ne pas avoir respecté les termes de son nouveau mandat, à savoir rapporter les cas où la liberté d'expression constitue une atteinte contre les religions.    
Aussi une résolution présentée par Cuba a été adoptée qui réaffirme le fameux code de conduite et demande auxrapporteurs spéciaux de s'y conformer.    
   
Le groupe de travail intergouvernemental sur le suivi de Durban a été reconduit. Deux membres du Conseil appartenant au groupe Europe de l'Ouest, le Canada et l'Italie (qui parlait aussi au nom des Pays Bas) se sont dissociés du consensus, conformément à la position qu'ils avaient adoptée pour Durban 2. L'Allemagne qui avait refusé de participer à la conférence de Durban 2 a en revanche endossé cette résolution, affirmant que désormais elle soutenait le texte de Durban 2. 

L’Egypte qui dirige le groupe africain, a voulu présenter une résolution pour la suppression du rapporteur sur le Soudan. L'Ouganda,  a eu le courage de se confronter à l'Egypte s'insurgeant contre la manière dont le représentant du Caire prétendait parler au non d'un consensus africain et dénonçant le manque de transparence dans la prise de décision. Du coup, l'Egypte a du se rétracter et présenter la résolution seulement en son nom. Le représentant egyptien a vertement tancé l'ambassadeur d'Ouganda, insinuant avec mépris que ce dernier ne participait jamais aux réunions du groupe africain. A sa suite, le Soudan a exprimé tout le dégout que lui inspirait la posture ougandaise.   
C'est ainsi que l'’Union européenne a pu proposer une série d’amendements sur cette résolution, dont le renouvellement du mandat sur le Soudan pour une année. Ces amendements ont été approuvés à une très courte majorité (21 voix contre 20). La Zambie et l’île Maurice se sont prononcées pour ; le Ghana, le Sénégal (qui préside par ailleurs l'Organistation de la Conférence Islamique), le Burkina Faso et le Nigeria se sont abstenus. Cependant, pour obtenir cette faible victoire, l'Union européenne a été obligée de proposer le titre "d'expert indépendant", qui a beaucoup moins de prestige et de poids que celui de "rapporteur spécial" qui implique l'existence d'une situation d'urgence.    
   
L'examen périodique universel a  donné lieu à un autre grand moment de la mascarade onusienne. Plusieurs pays dont l'Arabie Saoudite ou Cuba avait fait venir en nombre des fausses ONG pour faire l'éloge de leur gouvernement. Seules 10 ONG sont autorisées à intervenir lors du rapport de l'examen périodique universel des pays. Aussi la Havane a su prendre les devants et la liste des orateurs a été complétée avant même l'ouverture de la salle du Conseil, les ONG pro-castristes ayant pu pénétrer dans les bâtiments de l'ONU avec l'aide de diplomates dés 6h30 du matin le 9 juin afin de remplir la fiche d'inscription. 
   
Durant les trois semaines de la 11ème session, les thèmes qui se développent depuis trois ans contre les droits universels et qui finissent à la longue par devenir lancinants ont continué à creuser leur sillon :  la diffamation des religions, la focalisation sur Israël, la censure sur tout autre thème, la légitimation du terrorisme ou nom de l'autodétermination des peuples, la négation de la sexualité hors mariage pour les femmes, la condamnation de l'avortement, le refus de se pencher sur les systèmes discriminatoires à leur égard,  la mise au banc de l'homosexualité, la valorisation des pratiques traditionnelles et culturelles etc... tout cela, au nom du droit des peuples à la paix et à une vision lénifiante du monde où les libertés individuelles sont sacrifiées.   
   
Le 4ème cycle du Conseil a débuté le 19 juin avec l'élection de l'ambassadeur de Belgique Alex Van Meeuwen à la Présidence (c'était au tour du groupe d'Europe de l'Ouest d'assumer la Présidence du CDH) avec comme rapporteur l'ambassadeur d'Egypte Hisham Badr
L'ambassadeur de Belgique avait été vice-président du comité préparatoire de Durban 2, présidé par la Libye, aux côtés de la République islamique d'Iran, du Pakistan etc... Autant dire que les pays autoritaires qui composent la majorité du CDH ont appris à le connaître durant ces 14 mois de capitulation des démocraties

18 juin 2009

Ahamadinéjad ou Moussavi? Les élections iraniennes et la colère du peuple!

Ann Pak,

Le peuple iranien, qui en avait assez de l’oppression et de la dictature du régime islamique, allait boycotter les élections présidentielles de 2009.

Le régime, dans une manœuvre et un calcul tout à fait machiavéliques pour faire miroiter un semblant de démocratie, organisa des faces à faces télévisés, et permit aux jeunes et aux femmes de descendre dans la rue, chose impossible jusqu’à présent dans la république islamique qui interdit tout rassemblement, voire toute rencontre, à partir de 22 heures.
Ainsi le régime laissa un espace. Les femmes et les jeunes en ont profité pour  occuper les rues et commencer à s’investir dans les élections avec un fil conducteur « tout sauf Ahmadi néjad ».
Les correspondants et les journalistes étrangers furent même autorisés à filmer ou à photographier. Les partisans de Moussavi, en plein dans leur campagne électorale, descendirent massivement dans les rues en arborant les différents signes de couleur verte, couleur de
la République Islamique, qui devint ainsi dominante même si elle ne reflète pas l’adhésion unanime.

Quels que soient les résultats des élections, ceux-ci ne sont qu’une mascarade. Pour deux raisons. D’un côté , ne peut être candidat que celui choisi par le « conseil-gardien constitutionnel » ; de l’autre, Khameny, « guide suprême », «  représentant de la volonté divine sur terre », désigné par ce même conseil, peut annuler ou décider ce qu’il veut, faisant abstraction de la volonté du peuple. 

Dans ce jeu, les iraniens,  voulant faire barrage à Ahmadi néjad, ont voté massivement. Le jour des élections, Moussavi, le candidat adversaire d’Ahmadi néjad, a gagné avec presque 20 millions de votes. Mais la volonté du guide penche vers Ahamadi néjad. 
« Ce trucage, trop gros », fit déborder le vase !!
 

Ce à quoi le régime ne s’attendait pas, c’était l’immense colère, trop longtemps contenue, du peuple. C’est ainsi que le régime de Téhéran tomba dans son propre piège.
Il avait permis aux jeunes de sortir de l’ombre pour se donner une légitimité internationale. Seulement les manifestants, malgré les répressions, les menaces téléphoniques, arrestations, massacres…continuent à exprimer leur révolte contre cette violence acharnée.
 

Actuellement, tous les dirigeants du régime, et Moussavi avec, appellent à l’arrêt des manifestations et décrètent des journées de « deuil » et de « prière » !

Il faut sauver le régime islamique.
A cela s’ajoutent les intimidations, les appels téléphonique : un message préenregistré qui dit que l’on « vous a vu dans les  manifestations. Si vous y participez encore vous allez être arrêté. »
En ce moment les moyens d’informations sont coupés : pas de SMS, pas d’internet….

Et les manifestations continuent, et elles gagnent, en plus de la capitale, les autres grandes villes. Les femmes, les jeunes, les étudiants clament :  « A mort la dictature, Ahamadi néjad, l’ennemi de l’Iran ».

Ils revendiquent un espace de vie, un espace de liberté.

En France, comme partout en Europe, les iraniennes et les iraniens manifestent. Dans ces manifestations, sont mélangés deux courants : ceux qui soutiennent Moussavi et ceux qui revendiquent un changement, une république démocratique et laïque et soutiennent les mêmes slogans que les dissidents de l’intérieur.

Les jeux électoraux, la querelle entre Ahmad inéda et Moussavi ne sont que des prétextes de lutte pour les iraniens. Le peuple iranien ne supporte plus le despotisme religieux.

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12 juin 2009

Le dalaï-lama à la sauvette

Par Claude Levenson*, Liberation 12 juin 2009

Ainsi donc, puisque le maire socialiste de Paris «fait ce qu’il veut», à en croire un porte-parole de l’UMP, le dalaï-lama - qui n’a rien demandé ! - a reçu le titre de citoyen d’honneur de la capitale à la sauvette, en fin d’après-midi d’un dimanche d’élections européennes, sans conférence de presse ni petits fours de rigueur, selon un service minimum prestement expédié. Et surtout pas de drapeau tibétain au fronton de la mairie, cela pouvait fâcher tout rouge dans la lointaine Cité interdite de Pékin qui, chacun le sait, ne cherche ni n’a jamais cherché à se mêler des affaires d’autrui. Quelques centaines de Tibétains et de sympathisants relégués à bonne distance derrière des barrières arboraient néanmoins les couleurs interdites, coup de soleil sous la pluie. Affronter crânement une dictature qui a fait ses preuves, c’est ce que semblent craindre par-dessus tout les responsables politiques français, pratiquement toutes tendances confondues, dans le sillage de la bouffée de mauvaise humeur de l’an dernier, à la suite de la très brève rencontre, dans un pays tiers, du président français et du leader tibétain.

Après les honneurs de Rome et les fastes de Venise qui ont remis le même titre en février passé au même citoyen du monde avant que Varsovie ne leur emboîte le pas, Paris, notre bonne ville, fait décidément bien piètre figure. A se faire retourner dans leurs tombes Gavroche, les communards et les résistants. Et à faire monter le rouge de la honte au visage de nombre de Parisiens de réputation persifleuse et de simples citoyens d’ailleurs, non moins outrés par ce manque élémentaire de courtoisie. Brader de la sorte quelques-unes des valeurs essentielles du pays qui se veut le berceau des droits de l’homme et d’une ville qui se plaît à porter haut le flambeau de la liberté des individus comme des peuples, au moment même où le toit du monde est transformé en une vaste prison à ciel ouvert pour ses habitants qui se battent avec l’énergie du désespoir pour survivre et sauvegarder leur altérité, c’est une insulte qui ne sera pas oubliée de si vite. L’infliger à l’une des personnalités les plus respectées du monde n’ajoute rien à l’autorité morale de ceux qui s’y abaissent.

A Bercy cependant, devant près de 10 000 personnes, Robert Badinter avait quant à lui tenu à saluer en le dalaï-lama «le chef d’une nation occupée, porteur d’un message d’humanité et de spiritualité, seules forces qui vaillent face à l’injustice et la violence». Et d’assurer que : «La résistance spirituelle finit toujours par l’emporter.»

Dernier ouvrage paru : Tibet la question qui dérange, Albin Michel, 2008.

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11 juin 2009

La Libye élue par acclamation Présidente de l'Assemblée Générale

La Jamahiriya arabe libyenne poursuit son ascension diplomatique.   
Après avoir été élue à la présidence du Comité préparatoire de la Conférence d'examen de Durban en août 2007, être devenue membre du Conseil de sécurité en janvier 2008 et avoir accédé à la Présidence de l'Union Africaine pour l'année 2009,  l'ambassadeur de Libye, Ali Abdessalam Trek a été élu par acclamation le 10 juin 2009 et présidera la 64ème session de l'AG à partir du 15 septembre 2009.    
Le secrétaire général Ban Ki-Moon a salué l'expérience diplomatique inestimable du futur Président, face aux nouveaux problèmes et menaces auxquels notre monde est confronté.    
Ce dernier a cité parmi ses priorités la réforme du système des Nations Unies, en particulier le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, soulignant que le partage du pouvoir ("la place de lion") accordé aux pays victorieux de la seconde guerre mondiale s'était transformée en anomalie. 
Parmi les vices présidents de l'Assemblée générale élus à sa suite, on trouve le Soudan et le Venezuela.    
Pour le bureau des six commissions de l'AG, on peut encore citer l'élection du Qatar à la Présidence de la Commission portant sur les questions politiques spéciales et la décolonisation (Quatrième Commission) avec comme rapporteur le Soudan.   
La Commission des questions juridiques (Sixième Commission) sera présidée par l’Algérie avec comme vice présidente la  République islamique d'Iran.

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10 juin 2009

Le féminisme ennemi des mollahs

<p><p><p><p><p>La République islamique d’Iran plaide coupable</p></p></p></p></p>

Rebonds, Libération
Par Annie Sugier,

Présidente de la Ligue du Droit International des Femmes

« Nous n’avons pas répondu comme nous aurions dû le faire à des propagandes adverses telles que la propagande féministe. Nos efforts dans ce domaine n’ont pas eu d’influence suffisante, qu’elle soit quantitative ou qualitative ». Cet aveu du Leader de la Révolution Islamique, Ayatollah Sayed Ali Khamenei, est contenu dans un court message annonçant la deuxième conférence internationale sur les femmes qui doit se tenir à Téhéran au cours de la deuxième quinzaine de juin.

Ces quelques lignes m’ont remplie d’aise. Dans le programme di
ffusé tous azimuts par les ambassades d’Iran,  les rédacteurs affirment sans vergogne que «  tandis que l’Occident a dépeint une vision indécente et instrumentalisée des femmes et a formé et soutenu des mouvements supposés défendre les droits des femmes, les pays Islamiques ont fait des efforts pour restaurer les droits inhérents et la véritable dignité des femmes ».
Nul doute que l’attribution en 2009 de la deuxième édition du prix Simone-de-Beauvoir au mouvement de femmes iraniennes « One Million Signatures » a joué un rôle de déclencheur dans ces prises de position. Il faut savoir que "One Millions Signatures" s'est constitué afin de faire pression sur les  dirigeants iraniens pour qu'ils mettent en cohérence les lois internes - discriminatoires à l’égard des femmes - avec les conventions internationales. Cela explique sans doute que les organisateurs de la conférence veuillent examiner « la façon dont le féminisme s’est propagé en Iran ».

Preuve du sérieux avec lequel Téhéran prend en considération la question, toute une partie de la conférence portera sur l’analyse du Féminisme, avec notamment « l’évaluation de son influence sur les enfants et particulièrement les garçons » ; «  les tactiques utilisées par le mouvement féministe pour influencer les médias » ; « le rôle de Hollywood dans l’expansion du féminisme » « l’influence de la globalisation sur le féminisme » , et – il fallait s’y attendre «  le rôle du Sionisme dans la création, le développement et la propagation du féminisme » !

On notera que, lors de cette conférence, il sera procédé à l’ «  analyse des mérites de la Charte des droits et responsabilités des femmes dans la République Islamique d’Iran comparée à la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes ( CEDAW) » !

La stratégie de l’Iran est transparente. Les Nations-Unies s’apprêtent à fêter en décembre 2009 le trentième anniversaire du vote du CEDAW, texte dont le contenu constitue l’outil le mieux adapté à l’action internationale contre les discrimination et violences faites aux femmes. Grâce aux résolutions de la prochaine conférence de Téhéran, l’Iran, sur sa lancée de Durban II, proposera aux Nations-Unies un nouveau texte sur le droit des femmes répondant aux exigences de la loi religieuse. Comme un seul homme, les pays de droit musulman, mêmes les plus modérés, qui ont tous déjà émis des réserves sur le CEDAW, vont se ranger sous la bannière de l’Iran.


Pour ceux qui n’auraient pas entendu parler des plus récente exécutions de femmes en Iran, ou encore des multiples arrestations ou bastonnades de femmes mal voilées ou de féministes, tout ceux qui voudraient savoir quelles sont les résolutions que les mollahs se proposent de souffler aux participants à la conférence de Téhéran, la réponse est déjà affichée dans le programme. Il s’agit de rédiger un : «  document sur la promotion de la modestie et du hijab à une échelle mondiale »,dès la plus tendre enfance,(« droit pour les femmes dans le monde de porter un costume islamique »). Qui a dit que le voile n’était qu’un morceau de tissu ?


La lettre annonçant la conférence de Téhéran démontre au moins que nous sommes identifiées comme l'ennemi principal par le régime des mollahs. Ils ne se trompent pas. Et c’est pour nous féministes d’ici et d’ailleurs, surtout d’Iran, une source de fierté.

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