02 juillet 2009
L' « Islam hard » et les intellectuels
Réaction au Rebond d'Esther Benbassa dans Libération au sujet de l'affaire Vincent Geisser
Par Rose Prudence
Il faut bien
évidemment défendre avec la dernière énergie le droit de V. Geisser
à dire tout ce qu'il veut. Et même à insulter qui il veut - il ne
serait pas le premier. Et même au titre de son expertise de chercheur ?
Pourquoi pas. Mais il n'est pas interdit de connaître ses propos. N'en
déplaise à ses ardents défenseurs, ceux-ci n'ont rien de futile,
compte tenu des personnes qu'il attaque, et des dangers auxquels il
les expose - dangers sans proportion aucune avec le Conseil de discipline
devant lequel il est convoqué.
Ses partisans
ont-il lu « 'Islam light ': un produit qui se vend bien » (http://oumma.com/Islam-light-
Ces avocats d'un « islam des Lumières » ne font donc, selon V.G., que continuer dans les media aujourd'hui le travail de négation et de destruction de l'identité musulmane entrepris depuis la colonisation - et deviennent, ce faisant, les alliés objectifs du post-colonialisme assimilationniste, les alibis et les soutiens des politiques discriminatoires, racistes, éradicatrices même, à l'encontre des musulmans de France : ils sont, tout simplement des « musulmans islamophobes » (dans un style à peine moins châtié - mais plus explicite -, Marc-Edouard Nabe, officiellement aux antipodes des opinions de Geisser, les appelle, lui, des collabeurs). Nous savons, et VG ne peut l'ignorer lorsqu'il s'exprime bardé de la liste de ses ouvrages scientifiques que les qualifier ainsi, c'est les exposer, d'emblée, à une fatwa ou, pire, à la vindicte du premier djihadiste venu -
On mesure la mansuétude qu'il aura fallu à certains de ces intellectuels pour, malgré tout, signer une pétition de soutien à celui qui les accuse, rien de moins, que de vouloir « promouvoir un islam sans musulmans, …. épuré des ses croyants et de ses pratiquants »!
Il y a pire. Le ton de VG change dès lors qu'il est question des femmes d'origine musulmane, laïques et féministes, qu'il désigne, dans un titre stupéfiant, comme « les poupées-Barbie de l'Islam light » (Oumma.com, 11 février 2008). Le mépris des femmes, le machisme virulent de l'ardent pourfendeur de l'islamophobie se donne ici libre cours, dans les clichés les plus grossièrement misogynes et sexistes. Les femmes auxquelles il s'attaque (Latifa Ben Mansour, Malika Mokeddem ou Khalida Messaoudi d'une part, Chahdortt Djavann, Irshad Manji ou Ayaan Hirsi Ali de l'autre) deviennent sous sa plume des « Cosette musulmanes » incapables, contrairement à leurs alliés masculins, d'une once de réflexion politique. Elles sont les « actrices passives d'une mise en scène émotionnelle et passionnelle », dont la seule fonction médiatique est celle d'un « exhibitionnisme télévisuel, jouant sur une forme d'érotisme malsain ».
Le crime de Chahdortt Djavann, Irshad Manji ou Ayaan Hirsi Ali ? C'est (aux yeux de VG) d'abord d'être jeunes, télégéniques et… « sexy ». Si elles sont sollicitées par les media c'est d'abord pour leur « capacité à mettre en scène un érotisme victimaire (sic). Et ces , « nouvelles martyres » ne renvoient à « une image de sensualité et de pureté, presque innocente, sortes de Madones des temps modernes » que, pour mieux faire passer le « racisme à peine voilé » de leur message islamophobe,
Sois belle, martyre, et tais-toi - mais fais-moi bander ! Il reste que, tout occupé à ériger des contructions érotico-S&M sur les femmes des Lumières, VG en oublie l'essentiel : c'est que, ces « Cosette musulmanes », ces « poupées-Barbie » (on appréciera la délicatesse de l'insulte), au cerveau lisse comme un petit pois mais érotiques à souhait ont néanmoins été jugées, toutes trois, dignes de faire l'objet de fatwas : que les unes et les autres vivent aujourd'hui sous protection constante, en danger permanent d'agression - de meurtre. Toutes trois risquent le sort de Théo van Gogh, ami d'Ayaan Hirsi Ali (on sait que celle-ci fut nommément désignée aux coups de son meurtier). De cela, VG ne dit mot, ni de leur courage, ni de l'obstination dont elles doivent faire preuve pour défendre leurs opinions, et notre liberté - les défendre contre les islamistes et aussi contre les chercheurs qui ne voient en elles que des «poupées» à usage sexuel.
Environ 5000 chercheurs se sont émus de la menace que le CNRS ferait peser sur la liberté d'expression de VG (on sait qu'il risque, au mieux, un blâme administratif), et sur sa préférence manifeste pour un « Islam hard ». Je me demande combien d'entre eux se sont mobilisés pour défendre la liberté de mouvement, et … le simple droit de vivre des « poupées-Barbie » Ayaan Hirsi Ali, Chadortt Djavann, Irshad Manji, ou encore de Latifa Ben Mansour, Malika Mokeddem ou Khalida Messaoudi - et de tous les autres musulmans laïcs et progressistes, victimes désignées de ceux qu'il présente, pour sa part, comme les vrais représentants de l'Islam.
01 juillet 2009
Malgré la résolution 1820, le terrorisme sexuel continue en RDC


The Washington Post
A Broken U.N. Promise In Congo
By Eve Ensler
Tuesday, June 30, 2009
BUKAVU, Democratic Republic of Congo -- Just over a year ago, in answering whether sexual violence in conflict was an issue that the U.N. Security Council should take on, then-Secretary of State Condoleezza Rice proclaimed, "I am proud that, today, we respond to that lingering question with a resounding 'yes!' " With this statement, and with the cooperation of other power brokers at the table, the Security Council unanimously adopted Resolution 1820, which finally recognized sexual violence as a widely used strategy of warfare and cleared the path for the council to respond to it worldwide.
U.N. Secretary General Ban Ki-moon is to report to the Security Council today on implementation of Resolution 1820. What will we learn? A year after adopting the resolution, Congo remains the worst place on the planet to be a woman. Over 12 years, in a regional economic war for resources, hundreds of thousands of women and girls have been raped and tortured, their bodies destroyed by unimaginable acts. The Security Council's implementation of Resolution 1820 in Congo -- the very place that inspired it -- has been an utter failure.
Rape as a weapon of war has increased in eastern Congo since June 2008. In January, military operations were launched in North Kivu with the supposed goal of arresting the rebel leader Laurent Nkunda and neutralizing his National Congress for the Defense of the People (CNDP) troops as well as the FDLR, the former Rwandan Hutu genocidaires. Even now, with Resolution 1820 in place, no one considers the women. Anneke Van Woudenberg of Human Rights Watch, just back from the front lines in both North and South Kivu, told me Monday that in nearly all the health centers, hospitals and rape counseling centers she visited, rape cases had doubled or tripled since January.
Rapes continue to be committed with near complete impunity. While the number of criminal prosecutions has risen marginally, only low-ranking soldiers are being prosecuted. Not a single commander or officer above the rank of major has been held responsible in all of Congo. Rapes by the national army are increasing, too. MONUC, the U.N. peacekeeping mission, is not only allowing perpetrators to go unpunished but is also providing logistical support to them for their movements in the field. A blacklist of war criminals and rapists who were commanders in current operations was shown to the Security Council, which gave it to President Laurent Kabila. Despite incriminating evidence, none of the commanders was removed. Resolution 1820 was supposed to make the United Nations more sensitive to the issue of sexual violence. How is it possible that in the past year, the United Nations became complicit in supporting rapists as commanders in its operations?
The U.N. spin on operations in the Congo is upbeat. The secretary general lauded their success in a March 8 commentary in the International Herald Tribune. Successful for whom? Chantal, a 3-year-old who was raped so brutally by militia soldiers that she died on the way to the hospital? All her sisters were raped, too.
Resolution 1820 must be enforced with seriousness by the Security Council and the secretary general. Arrests need to be made immediately of known rapists and war criminals at the highest levels. The United Nations must stop supporting military actions, because they are doomed in Congo. And the root economic causes of the war need to be addressed with the leaders of countries in Africa's Great Lakes region who commit violence to reap benefits from Congo's minerals, as well as their Western corporate partners. They, too, are liable for these atrocities.
President Obama and U.N. Ambassador Susan Rice should send a very clear message to the world. It is within U.S. power, as a member of the Security Council, to push for measures to end impunity and to carve out an enduring peace through careful diplomacy for the people of Congo.
A few days ago, I sat in a dark shack with 30 survivors of rape. These women had fled their villages after being brutally terrorized and had randomly found each other. They banded together to form a grass-roots group called I Will Not Kill Myself Today. The women of eastern Congo are enduring their 12th year of sexual terrorism. The girl children born of rape are now being raped. What will it take for the United Nations to finally do something meaningful to stop the violence? The women are waiting.
Eve Ensler, a playwright and activist, is the founder of V-Day, a global movement to end violence against women and girls.
26 juin 2009
Robert Ménard quitte le Centre de Doha pour la liberté d’information
AFP/ Le Monde
Le directeur du
Centre de Doha pour la liberté d'information, basé au Qatar, Robert
Ménard, a annoncé, mardi 23 juin, sa démission de ce centre créé en
décembre 2007, se disant "asphyxié" par le manque de liberté. "Nous n'avons plus ni la liberté ni les moyens de travailler", explique-t-il dans un communiqué.
Sur le même sujet "Certains responsables qataris n'ont jamais voulu d'un centre
indépendant, libre de s'exprimer en dehors de toute considération
politique ou diplomatique, libre de critiquer le Qatar lui-même : or,
comment être crédible si l'on passe sous silence les problèmes dans le
pays qui vous accueille?" poursuit le Français.
M. Ménard s'est plaint de la réticence de certains responsables à
accepter la liberté du Centre, citant notamment le président de son
conseil d'administration, cheikh Hamad ben Thamer Al Thani, également
président du conseil d'administration de la chaîne satellitaire
Al-Jazira. "Ces personnes n'ont jamais accepté l'idée de notre indépendance et de notre liberté de parole, accuse-t-il. Elles n'ont eu de cesse de nous mettre des bâtons dans les roues et, ce faisant, de s'opposer aux engagements pris".
Le fondateur de Reporters sans frontières a cependant rendu hommage
à l'émir du Qatar et à son épouse, cheikha Mozah bint Nasser Al-Masnad,
soulignant que c'était la "première fois qu'une organisation internationale de défense de la liberté de la presse voyait le jour dans un pays du Sud". Le Centre de Doha a été créé en décembre 2007 par la Fondation du Qatar, que préside l'épouse de l'émir et RSF.
25 juin 2009
Iran, la fin de l’idéologie du martyre
Par CHAHLA CHAFIQ-BESKI
essayiste et nouvelliste
Le 19 juin, dans un discours menaçant lors de la prière collective du
vendredi, l’ayatollah Khamenei, Guide suprême, ordonne au peuple contestataire
de ne plus descendre dans la rue et de ne plus se joindre aux manifestations
massives qui avaient lieu depuis cinq jours. Le même jour, une jeune bloggeuse
écrit : «Demain, j’irai à la manif. Ce sera peut-être violent. Je serai
peut-être parmi les prochaines personnes tuées.» Puis, elle ajoute ce
qu’elle veut faire avant d’aller à cette manifestation d’où elle ne reviendra
peut-être pas. Je l’imagine à travers ses mots : «en train de danser sur ses
musiques préférées et de lire des poèmes». Comme nous, les jeunes des
années 80, elle lit Forough et Shamlou (1). Je la vois feuilleter les photos de
famille, regarder quelques scènes des films qu’elle aime pour les garder en
elle, appeler ses amis pour leur dire adieu. Je me demande pourquoi elle ne leur
donne pas rendez-vous pour qu’ils y aillent ensemble et mon cœur s’emplit
d’angoisse. La même angoisse qui est en elle quand elle écrit : «Il ne me
reste que deux unités pour obtenir ma maîtrise. Mais quelle importance ! J’ai
une tempête dans la tête.» Pourtant, qu’est-ce qu’elle est calme quand elle
dit : «J’écris ces quelques lignes pour la génération future. Qu’elle sache
que nous n’avons pas fait cela pour des causes sentimentales ou sous la pression
des masses. Pour qu’elle sache que nous avons fait tout notre possible pour lui
léguer un monde meilleur.»
Cette note a pour moi le ton d’un testament déjà lu. Je reconnais ce ton.
Quand je lis les testaments des prisonniers politiques des années 80, ils
s’adressent aussi à la génération à venir. Certains se disent fiers de donner
leur vie pour un idéal, incarné par leur parti politique. D’autres parlent
seulement de leur intégrité, de leur dignité et de leur liberté : la liberté de
dire non aux geôliers islamistes qui veulent leur repentance. Aujourd’hui
encore, à chaque fois que je les lis, je suis saisie de douleur et de joie. Mon
cœur est plein de contradictions. Quelqu’un demande en moi : «N’y avait-il pas
une autre voie, une voie de compromis qui aurait fait reculer la sentence de
mort ?» Tandis qu’une autre voix s’élève et me dit : «Regarde la capacité
merveilleuse de l’être humain ! Regarde comment, privé de toute liberté, on peut
être si libre !»
Les prisonniers de ces premières années post-révolutionnaires étaient pour la
plupart des lycéens et des étudiants, sympathisants des nombreux groupes
politiques qui s’étaient activés librement dans le contexte de la révolution
antidictatoriale. Ils étaient pour la plupart révolutionnaires et idéalistes.
Beaucoup d’entre eux ont perdu leur vie pour avoir seulement exprimé leur
opposition à la République islamiste. Ils n’ont pas eu le temps de mettre leurs
idéaux en réflexion ni à l’examen de l’expérience. Les générations qui les
suivirent, celles que l’échec de la révolution poussa au pragmatisme et au
réformisme, ont aussi été privées d’une telle possibilité. L’expression libre et
la pratique de la pensée critique ne peuvent exister dans la République
islamique qui a mis en place le Velayat-e-Faghih (règne du Guide
suprême). Dans ce système totalitaire fondé sur l’idéologisation de l’islam, le
vote du peuple ne doit servir qu’à consolider l’Etat qui se déclare délégué de
Dieu sur terre.
Ce sont les conséquences de cette logique qui amènent à l’actuelle explosion
populaire. Dans les années 80, le slogan «Guerre jusqu’à la victoire» avait
permis au gouvernement islamique de tuer et d’emprisonner des milliers
d’opposants. Aujourd’hui, les actes liberticides et antisémites, les paysages
guerriers dessinés par la politique d’Ahmadinejad provoquent le rejet d’un grand
nombre d’Iraniens. L’échec du rêve islamiste fait d’Ahmadinejad un vrai
cauchemar pour des millions d’Iraniens qui veulent l’ouverture.
Hanté par le danger des révolutions de velours et de couleurs, le pouvoir ne
supporte pas les résultats de l’élection qui signent l’échec flagrant des
slogans du retour aux idéaux islamistes. Pour afficher la légitimité du régime
et mener à bien sa politique atomique, le Guide suprême avait appelé le peuple à
se mobiliser massivement dans les urnes. Les deux candidats réputés réformistes
sont connus pour leur fidélité au système : Moussavi, Premier ministre de 1981 à
1989, promet l’application exacte de la loi constitutionnelle islamique ;
Karoubi, membre du clergé et une des hautes figures du régime islamique, prône
le respect des droits des citoyens dans le cadre du régime. Les débats télévisés
entre les candidats mettent en scène l’ampleur du conflit interne au pouvoir et
embrassent le bilan catastrophique du régime : corruption, absence totale de
droits citoyens, blocage économique, social et culturel. On y parle de la
nécessité de négocier avec les Etats-Unis qui, avec Obama, ne se prêtent plus à
la diabolisation. Le changement promis par Moussavi et Karoubi rime avec
ouverture. Ouverture et changement que cherchent aussi les jeunes qui
investissent par millions la scène électorale dont ils font le lieu d’expression
de leur désir de vie, incarné par la couleur et la musique. La couleur verte
lancée par Moussavi pour préserver le caractère islamique du changement annoncé
devient la couleur de la fin de l’idéologie du martyre. Or, l’immense fraude qui
marque la fin du jeu électoral, démontre la volonté des tenants du pouvoir
d’arrêter ce processus. A son apogée, le conflit au sein du pouvoir révèle
l’impasse du système et la répression menace.
Dans les années 80, la vaste répression des opposants a eu lieu dans
l’indifférence de la société internationale. A cause de la révolution
antidictatoriale, le régime semblait légitime, et l’ensemble du peuple iranien
était réduit au peuple Hezbollah. En l’absence d’Internet et des autres modes de
communication actuels, la censure était plus efficace. Aujourd’hui, les choses
sont différentes. Pourvu que cela aide les jeunes iraniens qui luttent pour la
liberté. Que le monde entier entende la voix de cet autre Iran avec un tel
retentissement qu’aucun jeu diplomatique ne puisse servir le pouvoir
islamiste.
(1) Forough Farrokhza, grande poétesse iranienne des années 40 dont l’œuvre continue à marquer les jeunes générations. Ahmad Shamlou, grand poète iranien, connu pour ses idéaux humanistes et séculiers.
Auteure notamment de :le Nouvel Homme islamiste. La prison politique en Iran. Ed. Le Félin, 2002.
24 juin 2009
Les forces démocratiques et progressistes, soutenons le peuple iranien !
Par Ann Pak
Avant le 12
juin personne n’était prêt à parier sur la révolte du peuple iranien
ou même à prévoir sa probabilité. Le 12 juin, un chroniqueur de
France culture qualifie l’ambiance électorale comme étant « démocratique ».Et
lorsque, le soir des élections, les faux résultats sont tombés aucun
journaliste ne put prédire un soulèvement populaire surtout d’une
telle ampleur.
C’est que
les médias occidentaux ne se sont pas réellement penchés sur notre
peuple, sur ses luttes et sur ses revendications, alors que depuis 30
ans, des femmes et des hommes n’ont jamais cessé de lutter contre
la dictature des ayatollahs.
Mois de juin
est devenue une date presque symbolique : c’est le 18 juin 1999 qu’a
eu lieu le célèbre massacre des étudiants qui avaient osé réclamer
plus de liberté, c’est le 12 juin 2006 que des femmes sont descendues
dans la rue pour réclamer leurs droits humain et que, suite à la répression,
elles ont décidé d’agir différemment et de lancer d’autres moyen
de lutte, comme par exemple « la campagne d’un million de signatures ».
Je ne veux
même pas rappeler ici les combats des iraniennes et des iraniens et
les sanctions subies depuis la révolution islamique et surtout pendant
la guerre Iran-Irak. Je ne veux même pas invoquer les assassinats des
journalistes, intellectuel-les, écrivain-es…..pour illustrer le fait
que les iraniennes et iraniens ne se sont jamais montrés soumis au
régime islamiste durant ces 30 années.
Or, les médias
français qui reflètent des informations sur toutes ces luttes sont
rares, voire inexistants. Ils ont été plutôt fascinés par la supercherie
du « dialogue des civilisations » très à la mode chez les bien-pensants,
plutôt occupés par le nucléaire iranien gonflé à dessein par le
régime pour augmenter la répression contre le peuple.
Rien sur la
lutte des femmes, des hommes et des étudiants de ce pays.
Aujourd’hui,
travailler pour un journaliste en Iran est extrêmement difficile. Mais
les iraniennes et iraniens, malgré le censure, envoient des images
et fournissent les infos aux journalistes étrangers pour pouvoir enfin
faire entendre leur voix à la communauté internationale, pour enfin
monter le vrai visage de ce régime et son rejet de la part du peuple.
Et cependant,
certains restent sourds aux cris des manifestants. Ainsi, un journaliste
de la BBC, (chassé à son tour par les autorités) relayé par
des chaînes de télé françaises, déclare : « ces manifestations
sont juste des rassemblements d’unité, les manifestants n’expriment
aucune revendication », alors que lui-même était emporté par
la foule des manifestants qui entonnaient « Marg bar dictature, Marg
bar dicteurs » « mort à la dictature, mort aux dictateurs ». Et même
s’il ne comprend pas la langue persane, même s’il ne sait pas la
traduire, il peut au moins s’abstenir de tout commentaire, car le
sien signifiait plutôt « comment-taire » les cris du peuple iranien.
Depuis le jour
même des élections, les iraniennes et les iraniens en exil ont manifesté,
dans tous les pays du monde, pour exprimer leur solidarité avec leurs
concitoyens. Ils ont réclamé plus de liberté, plus de démocratie
et une constitution laïque, comme ce fut le cas à Bruxelles à Washington
ou dans des villes des Pays-Bas, ou bien à Paris.
Pourtant les
médias français ont préféré couvrir un autre rassemblement, et
braquer leur caméra sur celui des Mojahédine du peuple. Pourquoi ?
Ceux-ci forment
un mouvement islamique et sectaire, longtemps reconnu comme terroriste.
Il est vrai
que nous vivons dans un air de mise en scène. Le goût de l’exotisme,
du spectacle règne avec force. Et il est vrai que les mojahédine sont
parfaitement organisés et dotés d’énormes moyens financiers qui
leur permettent de répondre à ce goût.
Ainsi, une
des chaînes de télévision françaises les présente comme « la
seule force opposante au régime islamiste. » Pendant deux jours,
à l’heure des informations, ces chaînes repassent en boucle les
photos et les interviews de Maryam Rajavie, leur « icône sacrée »-
élue par les mojahédine, comme future présidente iranienne. Citons
au passage qu’elle est bien voilée et couverte de la tête aux pieds
d’un habit vert (couleur du chiisme politique).
Tout ceci occulte
les véritables aspirations du peuple iranien. Si aujourd’hui les
iraniennes et les iraniens sont dans la rue, s’ils affrontent la mort,
s’ils se moquent des répressions et des menaces, ce n’est en aucun
cas pour remplacer l’islamisme des ayatollahs, par n’importe quel
autre islamisme fusse-t-il bien déguisé !
Toutes les
nuits, depuis le 12 juin, la population crie sur les toits « marg bar
dictature », « we want democratie », « peace in the middle east » ; tous
les jours, ils sont des milliers à être battus, arrêtés, violentés ;
des centaines sont tués … Les femmes, les hommes et les jeunes d’Iran
ont ras le bol du dictat islamiste. C’est cela la réalité de l’Iran.
Et nous, iraniens démocratiques
et laïques en exil, devons regrouper toutes nos forces et toutes nos
énergies pour être à la hauteur de toutes les attentes de nos concitoyens,
pour montrer à la communauté internationale le vrai visage de notre
pays, pour tenir en échec toutes les tentatives d’intimidation par
la religion.
Le directeur de conscience
d’Ahmadinajad, un « guide suprême », vient de donner une « fatwa »
en faveur des fraudes électorales et pour la liquidation « physique »
de Moussavi et Karoubi ! Il est temps de relier et faire retentir le
cri et le refus du peuple iranien du régime islamiste.
23 juin 2009
Les populistes d'Amérique du sud soutenus par le Soudan ont pris en otage l'ONU sur les questions financières
From The Times
June 22, 2009
Latin radicals take centre stage at UN summit snubbed by the West
A former Nicaraguan revolutionary and his nephew are trying to reshape the world financial system at a UN summit this week.
Western leaders are snubbing the three-day meeting starting on Wednesday in New York, which is designed to counter the G20 summit in London in April.
The Conference on the World Financial and Economic Crisis and its Impact on Development is expected to be dominated by fiery anti-capitalist rhetoric from left-wing Latin American leaders.
Western diplomats say that radicals in the Group of 77 (G77) developing nations, chaired by Sudan’s deputy ambassador to the UN, have hijacked negotiations.
The summit was postponed from June 1 so that it did not clash with the inauguration of the former Marxist guerrilla Mauricio Funes as President of El Salvador, officials say. Left-wing presidents Hugo Chávez of Venezuela, Evo Morales of Bolivia and Rafael Correa of Ecuador are due to attend. Only 14 heads of state and government plan to travel to New York — ten of them from Latin America or the Caribbean. The rest of the 192 UN member states will be represented at a lower level. Britain is sending a junior Foreign Office Minister, Lord Malloch-Brown.
Despite his country’s leading role President al-Bashir of Sudan cannot make the trip because he has been indicted by the International Criminal Court for war crimes in Darfur and would risk arrest.
The summit is the brainchild of Miguel d’Escoto Brockmann, 76, this year’s president of the UN General Assembly, and a former Sandinista revolutionary and Nicaraguan Foreign Minister who once went on hunger strike to protest against “Yankee imperialism” in his country.
Mr d’Escoto says that the full UN membership should be given a voice in reforming the financial system, not just the G20 — the 19 countries and the EU — which account for 85 per cent of global economic activity.
To help to organise the summit Mr d’Escoto, who was a radical priest before entering politics and is known as Father Miguel, picked Michael Clark, his American nephew, as a senior adviser. Mr d’Escoto also gave Mr Clark’s sister, Sophia, a job as his deputy chief of staff.
UN officials defend the nepotism saying that the president of the General Assembly can choose his staff even though their salaries are paid with UN money. Enrique Yeves, the General Assembly spokesman, said that only two of Mr d’Escoto’s 22 staff were relatives.
Not so united nations
— At a UN General Assembly meeting in 1973 Idi Amin praised Edward Heath by comparing him to Adolf Hitler. He later said: “Not Hitler, I meant Winston Churchill”.
— On his first day as UN Secretary-General Ban Ki Moon told staff that capital punishment should be “for every member state to decide”, despite the UN’s ban on the death penalty.
— In 2006 President Chávez told the General Assembly that George Bush, who had spoken earlier, was “the devil” and complained of a stench of sulphur.
— Thirty diplomats walked out of a UN conference on racism in April when President Ahmadinejad of Iran singled out Israel as the “most cruel and racist regime”.
22 juin 2009
Une vingtaine de femmes violées dans la Prison de Muzenze en RDC
RDC: LA MONUC CONDAMNE FERMEMENT LES VIOLS ET ACTES DE VIOLENCE COMMIS CONTRE
LES FEMMES DANS LA PRISON DE MUZENZ.E
New York, Jun 22 2009 7:00PM
La
Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) condamne
fermement les viols et les actes de violence commis contre environ 20 femmes
détenues, à suite d';une tentative d';évasion de la prison de Goma, qui a aussi
fait des victimes innocentes parmi les forces de l';ordre, indique un communiqué
de presse publié aujourd';hui.
Dans la nuit du 21 au 22 juin, indique la
Mission des Nations Unies, « la prison centrale de Muzenze à Goma a été le
théâtre d';une mutinerie suivie d';une tentative d';évasion avec violence ». Le
groupe des prisonniers mutins a réussi à pénétrer dans le quartier des femmes et
il y a violé et violenté une vingtaine de femmes détenues.
La MONUC qui
coordonne actuellement l';assistance aux femmes violentées et violées, appelle
la justice à sévir d'; « une façon exemplaire contre les auteurs de ces actes
».
Face a ce drame, la MONUC, indique le communiqué, lance un appel au
Gouvernement pour l';application urgente de mesures, dans tout le pays, en vue
d';améliorer les conditions carcérales et de renforcer la sécurité dans les
prisons, spécialement celles relatives à la protection des femmes contre les
violences sexuelles. Cela afin d';éviter une répétition de la tragédie que vient
de vivre la prison de la ville de Goma, ajoute les auteurs du communiqué.
Par ailleurs, devant la recrudescence des mutineries et tentatives
d';évasion des prisons due en partie au manque récurrent de prise en charge
alimentaire et d';accès aux soins de santé pour les pensionnaires des prisons du
pays et à l';absence d';une politique pénitentiaire efficiente, la MONUC lance
un appel aux autorités pour engager une réforme du système pénitentiaire afin de
se conformer aux standards minima internationalement reconnus en matière de
traitement des détenus, notamment par une séparation stricte des hommes des
femmes d';une part, et des civils des militaires d';autre part.
19 juin 2009
Le 3eme cycle du Conseil des droits de l'homme s'achève sur de nouvelles régressions
Voilà tout juste trois ans que le Conseil des droits de l'Homme naissait avec tambours et trompettes. On nous promettait une ère nouvelle vers un futur glorieux. Malheureusement le nouveau Conseil a accéléré encore le processus délétère (voir Les Nations désunies) à l'œuvre depuis un certain nombre d'années que Claude Levenson et Jean-Claude Buher avaient été les premiers à dénoncer en 2003.(voir "l'ONU contre les droits de l'homme" Mille et une nuits, 2003).
Aujourd'hui 31 ONG dont Human Right Watch et Amnesty International, qui refusaient d'y croire ou qui s'étaient tues jadis face à certaines dérives, semblent s'inquiéter et ont interpellé le Présidente du Conseil.
En effet, la 11ème session du CDH qui a commencé le 2 juin pour se terminer le 18 juin a encore d'avantage ouverte la béance dans laquelle les droits humains continuent leur chute vertigineuse. La rhétorique totalitaire se peaufine ; les libertés individuelles, la liberté d'expression sont mises à l'indexe, quand elles ne sont pas redéfinies ou recyclées pour les vider de toutes substance...
Durant la session, plusieurs rapporteurs spéciaux ont été accusés de ne pas respecter le fameux code de conduite, qui les place depuis un an sous la tutelle du CDH et leur enlève toute indépendance. Philip Alston, Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires fut particulièrement attaqué lors de la présentation de son rapport sur le Kenya. Franck La Rue Lewy, rapporteur spécial sur la liberté d'expression n'a pas non plus été épargné; il lui a été reproché de ne pas avoir respecté les termes de son nouveau mandat, à savoir rapporter les cas où la liberté d'expression constitue une atteinte contre les religions.
Aussi une résolution présentée par Cuba a été adoptée qui réaffirme le fameux code de conduite et demande auxrapporteurs spéciaux de s'y conformer.
Le groupe de travail intergouvernemental sur le suivi de Durban a été reconduit. Deux membres du Conseil appartenant au groupe Europe de l'Ouest, le Canada et l'Italie (qui parlait aussi au nom des Pays Bas) se sont dissociés du consensus, conformément à la position qu'ils avaient adoptée pour Durban 2. L'Allemagne qui avait refusé de participer à la conférence de Durban 2 a en revanche endossé cette résolution, affirmant que désormais elle soutenait le texte de Durban 2.
L’Egypte qui dirige le groupe africain, a voulu présenter une résolution pour la suppression du rapporteur sur le Soudan. L'Ouganda, a eu le courage de se confronter à l'Egypte s'insurgeant contre la manière dont le représentant du Caire prétendait parler au non d'un consensus africain et dénonçant le manque de transparence dans la prise de décision. Du coup, l'Egypte a du se rétracter et présenter la résolution seulement en son nom. Le représentant egyptien a vertement tancé l'ambassadeur d'Ouganda, insinuant avec mépris que ce dernier ne participait jamais aux réunions du groupe africain. A sa suite, le Soudan a exprimé tout le dégout que lui inspirait la posture ougandaise.
C'est ainsi que l'’Union européenne a pu proposer une série d’amendements sur cette résolution, dont le renouvellement du mandat sur le Soudan pour une année. Ces amendements ont été approuvés à une très courte majorité (21 voix contre 20). La Zambie et l’île Maurice se sont prononcées pour ; le Ghana, le Sénégal (qui préside par ailleurs l'Organistation de la Conférence Islamique), le Burkina Faso et le Nigeria se sont abstenus. Cependant, pour obtenir cette faible victoire, l'Union européenne a été obligée de proposer le titre "d'expert indépendant", qui a beaucoup moins de prestige et de poids que celui de "rapporteur spécial" qui implique l'existence d'une situation d'urgence.
L'examen périodique universel a donné lieu à un autre grand moment de la mascarade onusienne. Plusieurs pays dont l'Arabie Saoudite ou Cuba avait fait venir en nombre des fausses ONG pour faire l'éloge de leur gouvernement. Seules 10 ONG sont autorisées à intervenir lors du rapport de l'examen périodique universel des pays. Aussi la Havane a su prendre les devants et la liste des orateurs a été complétée avant même l'ouverture de la salle du Conseil, les ONG pro-castristes ayant pu pénétrer dans les bâtiments de l'ONU avec l'aide de diplomates dés 6h30 du matin le 9 juin afin de remplir la fiche d'inscription.
Durant les trois semaines de la 11ème session, les thèmes qui se développent depuis trois ans contre les droits universels et qui finissent à la longue par devenir lancinants ont continué à creuser leur sillon : la diffamation des religions, la focalisation sur Israël, la censure sur tout autre thème, la légitimation du terrorisme ou nom de l'autodétermination des peuples, la négation de la sexualité hors mariage pour les femmes, la condamnation de l'avortement, le refus de se pencher sur les systèmes discriminatoires à leur égard, la mise au banc de l'homosexualité, la valorisation des pratiques traditionnelles et culturelles etc... tout cela, au nom du droit des peuples à la paix et à une vision lénifiante du monde où les libertés individuelles sont sacrifiées.
Le 4ème cycle du Conseil a débuté le 19 juin avec l'élection de l'ambassadeur de Belgique Alex Van Meeuwen à la Présidence (c'était au tour du groupe d'Europe de l'Ouest d'assumer la Présidence du CDH) avec comme rapporteur l'ambassadeur d'Egypte Hisham Badr.
L'ambassadeur de Belgique avait été vice-président du comité préparatoire de Durban 2, présidé par la Libye, aux côtés de la République islamique d'Iran, du Pakistan etc... Autant dire que les pays autoritaires qui composent la majorité du CDH ont appris à le connaître durant ces 14 mois de capitulation des démocraties.
18 juin 2009
Ahamadinéjad ou Moussavi? Les élections iraniennes et la colère du peuple!
Ann Pak,
Le peuple iranien, qui en avait assez de l’oppression et de la dictature du régime islamique, allait boycotter les élections présidentielles de 2009.
Le
régime, dans une manœuvre et un calcul tout à fait machiavéliques pour
faire miroiter un semblant de démocratie, organisa des faces à faces
télévisés, et permit aux jeunes et aux femmes de descendre dans la rue,
chose impossible jusqu’à présent dans la république islamique qui
interdit tout rassemblement, voire toute rencontre, à partir de 22
heures.
Ainsi le régime laissa un espace. Les femmes et les jeunes en ont profité pour occuper les rues et commencer à s’investir dans les élections avec un fil conducteur « tout sauf Ahmadi néjad ».
Les
correspondants et les journalistes étrangers furent même autorisés à
filmer ou à photographier. Les partisans de Moussavi, en plein dans
leur campagne électorale, descendirent massivement dans les rues en
arborant les différents signes de couleur verte, couleur de la République Islamique, qui devint ainsi dominante même si elle ne reflète pas l’adhésion unanime.
Quels que soient les résultats des élections, ceux-ci ne sont qu’une mascarade. Pour deux raisons. D’un côté , ne peut être candidat que celui choisi par le « conseil-gardien constitutionnel » ; de l’autre, Khameny, « guide suprême », « représentant de la volonté divine sur terre », désigné par ce même conseil, peut annuler ou décider ce qu’il veut, faisant abstraction de la volonté du peuple.
Dans ce jeu, les iraniens, voulant
faire barrage à Ahmadi néjad, ont voté massivement. Le jour des
élections, Moussavi, le candidat adversaire d’Ahmadi néjad, a gagné
avec presque 20 millions de votes. Mais la volonté du guide penche vers
Ahamadi néjad.
« Ce trucage, trop gros », fit déborder le vase !!
Ce à quoi le régime ne s’attendait pas, c’était l’immense colère, trop longtemps contenue, du peuple. C’est ainsi que le régime de Téhéran tomba dans son propre piège.
Il avait permis aux jeunes de sortir de l’ombre pour se donner une légitimité internationale. Seulement
les manifestants, malgré les répressions, les menaces téléphoniques,
arrestations, massacres…continuent à exprimer leur révolte contre cette
violence acharnée.
Actuellement, tous les dirigeants du régime, et Moussavi avec, appellent à l’arrêt des manifestations et décrètent des journées de « deuil » et de « prière » !
Il faut sauver le régime islamique.
A
cela s’ajoutent les intimidations, les appels téléphonique : un message
préenregistré qui dit que l’on « vous a vu dans les manifestations. Si
vous y participez encore vous allez être arrêté. »
En ce moment les moyens d’informations sont coupés : pas de SMS, pas d’internet….
Et les manifestations continuent, et elles gagnent, en plus de la capitale, les autres grandes villes. Les femmes, les jeunes, les étudiants clament : « A mort la dictature, Ahamadi néjad, l’ennemi de l’Iran ».
Ils revendiquent un espace de vie, un espace de liberté.
En France, comme partout en Europe, les iraniennes et les iraniens manifestent. Dans ces manifestations, sont mélangés deux courants : ceux qui soutiennent Moussavi et ceux qui revendiquent un changement, une république démocratique et laïque et soutiennent les mêmes slogans que les dissidents de l’intérieur.
Les jeux électoraux, la querelle entre Ahmad inéda et Moussavi ne sont que des prétextes de lutte pour les iraniens. Le peuple iranien ne supporte plus le despotisme religieux.
12 juin 2009
Le dalaï-lama à la sauvette
Par Claude Levenson*, Liberation 12 juin 2009
Ainsi donc, puisque le maire socialiste de Paris «fait ce qu’il
veut», à en croire un porte-parole de l’UMP, le dalaï-lama - qui n’a rien
demandé ! - a reçu le titre de citoyen d’honneur de la capitale à la sauvette,
en fin d’après-midi d’un dimanche d’élections européennes, sans conférence de
presse ni petits fours de rigueur, selon un service minimum prestement expédié.
Et surtout pas de drapeau tibétain au fronton de la mairie, cela pouvait fâcher
tout rouge dans la lointaine Cité interdite de Pékin qui, chacun le sait, ne
cherche ni n’a jamais cherché à se mêler des affaires d’autrui. Quelques
centaines de Tibétains et de sympathisants relégués à bonne distance derrière
des barrières arboraient néanmoins les couleurs interdites, coup de soleil sous
la pluie. Affronter crânement une dictature qui a fait ses preuves, c’est ce que
semblent craindre par-dessus tout les responsables politiques français,
pratiquement toutes tendances confondues, dans le sillage de la bouffée de
mauvaise humeur de l’an dernier, à la suite de la très brève rencontre, dans un
pays tiers, du président français et du leader tibétain.
Après les honneurs de Rome et les fastes de Venise qui ont remis le même titre en février passé au même citoyen du monde avant que Varsovie ne leur emboîte le pas, Paris, notre bonne ville, fait décidément bien piètre figure. A se faire retourner dans leurs tombes Gavroche, les communards et les résistants. Et à faire monter le rouge de la honte au visage de nombre de Parisiens de réputation persifleuse et de simples citoyens d’ailleurs, non moins outrés par ce manque élémentaire de courtoisie. Brader de la sorte quelques-unes des valeurs essentielles du pays qui se veut le berceau des droits de l’homme et d’une ville qui se plaît à porter haut le flambeau de la liberté des individus comme des peuples, au moment même où le toit du monde est transformé en une vaste prison à ciel ouvert pour ses habitants qui se battent avec l’énergie du désespoir pour survivre et sauvegarder leur altérité, c’est une insulte qui ne sera pas oubliée de si vite. L’infliger à l’une des personnalités les plus respectées du monde n’ajoute rien à l’autorité morale de ceux qui s’y abaissent.
A Bercy cependant, devant près de 10 000 personnes, Robert Badinter avait quant à lui tenu à saluer en le dalaï-lama «le chef d’une nation occupée, porteur d’un message d’humanité et de spiritualité, seules forces qui vaillent face à l’injustice et la violence». Et d’assurer que : «La résistance spirituelle finit toujours par l’emporter.»
Dernier ouvrage paru : Tibet la question qui dérange, Albin Michel, 2008.
11 juin 2009
La Libye élue par acclamation Présidente de l'Assemblée Générale
La Jamahiriya arabe libyenne poursuit son ascension diplomatique.
Après avoir été élue à la présidence du Comité préparatoire de la Conférence d'examen de Durban en août 2007, être devenue membre du Conseil de sécurité en janvier 2008 et avoir accédé à la Présidence de l'Union Africaine pour l'année
2009, l'ambassadeur de Libye, Ali Abdessalam Trek a été élu par acclamation le 10 juin 2009 et présidera la 64ème session de l'AG à partir du 15 septembre 2009.
Le secrétaire général Ban Ki-Moon a salué l'expérience diplomatique inestimable du futur Président, face aux nouveaux problèmes et menaces auxquels notre monde est confronté.
Ce dernier a cité parmi ses priorités la réforme du système des Nations Unies, en particulier le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, soulignant que le partage du pouvoir ("la place de lion") accordé aux pays victorieux de la seconde guerre mondiale s'était transformée en anomalie.
Parmi les vices présidents de l'Assemblée générale élus à sa suite, on trouve le Soudan et le Venezuela.
Pour le bureau des six commissions de l'AG, on peut encore citer l'élection du Qatar à la Présidence de la Commission portant sur les questions politiques spéciales et la décolonisation (Quatrième Commission) avec comme rapporteur le Soudan.
La Commission des questions juridiques (Sixième Commission) sera présidée par l’Algérie avec comme vice présidente la République islamique d'Iran.
10 juin 2009
Le féminisme ennemi des mollahs
<p><p><p><p>La République islamique d’Iran plaide coupable</p></p></p></p>
Rebonds, Libération
Par Annie
Sugier,
Présidente de la Ligue
du Droit International des Femmes
« Nous n’avons
pas répondu comme nous aurions dû le faire à des propagandes adverses telles que
la propagande féministe. Nos efforts dans ce domaine n’ont pas eu d’influence
suffisante, qu’elle soit quantitative ou qualitative ». Cet aveu du Leader de la Révolution Islamique, Ayatollah Sayed Ali
Khamenei, est contenu dans un court message annonçant la deuxième conférence
internationale sur les femmes qui doit se tenir à Téhéran au cours de la
deuxième quinzaine de juin.
Ces quelques lignes
m’ont remplie d’aise. Dans le programme diffusé tous azimuts
par les ambassades d’Iran, les rédacteurs affirment sans vergogne que «
tandis que l’Occident a dépeint une vision indécente et instrumentalisée
des femmes et a formé et soutenu des mouvements supposés défendre les droits des
femmes, les pays Islamiques ont fait des efforts pour restaurer les droits
inhérents et la véritable dignité des femmes ».
Nul doute que
l’attribution en 2009 de la deuxième édition du prix Simone-de-Beauvoir au
mouvement de femmes iraniennes « One Million Signatures » a joué un rôle de
déclencheur dans ces prises de position. Il faut savoir que "One Millions
Signatures" s'est constitué afin de faire pression sur les dirigeants iraniens
pour qu'ils mettent en cohérence les lois internes - discriminatoires à l’égard
des femmes - avec les conventions internationales. Cela explique sans doute que
les organisateurs de la conférence veuillent examiner « la façon dont le
féminisme s’est propagé en Iran ».
Preuve du sérieux avec
lequel Téhéran prend en considération la question, toute une partie de la
conférence portera sur l’analyse du Féminisme, avec notamment « l’évaluation de
son influence sur les enfants et particulièrement les garçons » ; « les
tactiques utilisées par le mouvement féministe pour influencer les médias » ;
« le rôle de Hollywood dans l’expansion du féminisme » « l’influence de la
globalisation sur le féminisme » , et – il fallait s’y attendre « le rôle du
Sionisme dans la création, le développement et la propagation du
féminisme » !
On notera que, lors de
cette conférence, il sera procédé à l’ « analyse des mérites de la Charte
des droits et responsabilités des femmes dans la République Islamique d’Iran
comparée à la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de
discrimination contre les femmes ( CEDAW) » !
La stratégie de l’Iran
est transparente. Les Nations-Unies s’apprêtent à fêter en décembre 2009 le
trentième anniversaire du vote du CEDAW, texte dont le contenu constitue l’outil
le mieux adapté à l’action internationale contre les discrimination et violences
faites aux femmes. Grâce aux résolutions de la prochaine conférence de Téhéran,
l’Iran, sur sa lancée de Durban II, proposera aux Nations-Unies un nouveau texte
sur le droit des femmes répondant aux exigences de la loi religieuse. Comme un
seul homme, les pays de droit musulman, mêmes les plus modérés, qui ont tous
déjà émis des réserves sur le CEDAW, vont se ranger sous la bannière de l’Iran.
Pour ceux qui
n’auraient pas entendu parler des plus récente exécutions de femmes en Iran, ou
encore des multiples arrestations ou bastonnades de femmes mal voilées ou de
féministes, tout ceux qui voudraient savoir quelles sont les résolutions que les
mollahs se proposent de souffler aux participants à la conférence de Téhéran, la
réponse est déjà affichée dans le programme. Il s’agit de rédiger un : «
document sur la promotion de la modestie et du hijab à une échelle
mondiale »,dès la plus tendre enfance,(« droit pour les femmes
dans le monde de porter un costume islamique »). Qui a dit que le voile
n’était qu’un morceau de tissu ?
La lettre annonçant la
conférence de Téhéran démontre au moins que nous sommes identifiées comme
l'ennemi principal par le régime des mollahs. Ils ne se trompent pas. Et c’est
pour nous féministes d’ici et d’ailleurs, surtout d’Iran, une source de fierté.
06 juin 2009
Alors qu'Hillary Clinton rit au Caire, les droits des femmes pleurent à Genève
4 juin 2009, Caire- Genève.
Hasard du calendrier. Tandis que le Président Obama était en visite religieuse au Caire et se prononçait en faveur du "droit des femmes à choisir le voile", et tandis que la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton visitait la Mosquée du Caire à ses côtés, voilée "ostentatoire" immortalisée par les caméras et photographes, au même moment au Conseil des droits de l'homme se déroulait une journée de discussion consacrée aux droits desfemmes.
Les pays européens, le Canada, l'Australie et le Chili notamment avaient défendu l'idée de créer un nouveau mécanisme visant à se pencher sur les lois discriminatoires à l'encontre des femmes.
Mais l'opposition de la l'Organisation de la conférence islamique fut sans appel. Le Pakistan au nom des 57 membres argua que cela créerait un mécanisme qui serait contre productif par rapport aux instruments déjà existants. (Cet argument est pour le moins sidérant lorsque l'on connaît la multitude de mécanismes qui ont été créés, redondant et s'annulant les uns les autres.)
Islamabad mit surtout en avant le fait qu'il fallait respecter les traditions et cultures, et que pareil mandat porterait atteinte à la vision universelle qui doit respecter la diversité culturelle et ses complexités religieuses et culturelles.
A sa suite, plusieurs pays de l'OCI soutinrent le Pakistan, tel le Qatar, le Yemen etc...
Le Bahreïn se posa en modèle, démontrant combien le code de la famille basé sur la Charia était à l'avantage des droits des femmes dans le pays.
La République islamique d'Iran avança que le renforcement de la famille permettrait de lutter contre la violence domestique et l'exploitation sexuelle, la chasteté étant essentielle pour lutter contre la traite et la victimisation des femmes. 
L'Algérie rappela qu'il fallait respecter les particularités nationales.
La représentante "voilée" de l'Egypte affirma que les seules discriminations existantes étaient l'accès au marché du travail, et qu'un nouveau rapporteur sur les lois qui discriminent les femmes politiserait le débat et porterait atteinte aux travaux du CDH.
05 juin 2009
Obama au Caire : une gifle aux femmes qui se battent contre le voile islamique.
COMMUNIQUE DE PRESSE.
Annie Sugier, Présidente de la Ligue du Droit International des femmes, créée par Simone de Beauvoir (06 08 48 79 33), membre du jury du prix Simone de Beauvoir
(http://www.ldif.asso.fr)
Dans son discours prononcé à l’Université du Caire dans le but de réconcilier les Etats-Unis avec le monde arabo musulman, à trois reprises le président américain a pris la défense du voile islamique qui selon lui, ne serait pas un signe d’inégalité.
Quelle gifle donnée aux femmes d’Algérie, d’Iran ou d’Afghanistan qui sont mortes dans des conditions atroces pour avoir refusé de porter ce qu’elles croyaient être le signe le plus radical de l’oppression des femmes et de la ségrégation entre les hommes et les femmes.
Les sociétés humaines sont construites sur des symboles. Positifs comme les couleurs d’un drapeau, un chant de libération, la forme d’un monument, d’une pyramide ou de la tour Eiffel ! Négatifs comme le costume du bagnard, le brassard noir du deuil ou le voile sous lequel disparaissent les femmes d’Arabie Saoudite.
Porter soi-disant « librement » un accessoire vestimentaire qui, dans toute une partie du monde, est une obligation légale imposée à toutes les femmes pour signifier leur statut de deuxième rang (polygamie, poids juridique et héritage inégalitaire, absence de liberté de circulation,…) représente une allégeance à l’égard des théocraties qui y font la loi. Le voile n’est pas un signe religieux comme les autres. Affirmer qu’on le porte volontairement n’en efface pas le sens humiliant pour toutes les femmes.
L’évidence du sens de ce signe est-elle si difficile à comprendre pour le président d’un pays qui se veut un modèle de démocratie ? Ou alors le président Obama veut-il se réconcilier avec le monde musulman sur le dos des femmes ?
04 juin 2009
Les diamants du sang au Zimbabwe
L’ONU appelée à imposer un embargo sur les diamants du Zimbabwe
Carole Vann et Michael Deibert/InfoSud-IPS-Tribune des droits humains -
Un rapport dénonçant la corruption et les abus dans les mines au Zimbabwe demande l’intervention de l’ONU pour bannir ou restreindre le commerce de diamants issus du pays. Le processus de Kimberley, censé garantir les diamants « propres », est mis en cause
L’industrie du diamant est dans une mauvaise passe. Le Processus de Kimberley, un système de certification dont la Suisse est membre fondateur et qui vise à éliminer du marché mondial « les diamants de la guerre », est décrié par ceux-là même qui l’ont créé. Tandis qu’un rapport accablant, publié en mars 2009 et intitulé « Le Zimbabwe, les diamants et le mauvais côté de l’histoire », dénonce la corruption et les graves exactions dans les mines au Zimbabwe. L’étude conclut que le pays n’est plus en mesure de gérer son industrie du diamant en conformité avec le respect des droits de l’homme.
Les auteurs du rapport, deux ONG de renom – Partenariat Afrique Canada (PAC) et Global Witness – appellent « le Conseil de sécurité des Nations Unies à intervenir, comme il l’a fait dans le cas des diamants du sang en Angola, en Sierra Leone, au Libéria et en Côte d’Ivoire, et à imposer un embargo sur les diamants zimbabwéens jusqu`à ce qu’on ait instauré une gouvernance légitime et compétente. » Ils décrivent dans le détail et chiffres à l’appui les horreurs et la misère grandissante qu’engendrent les diamants du Zimbabwe, « devenus un important facteur dans la tentative désespérée de Robert Mugabe de conserver le pouvoir. La contrebande des diamants s’est généralisée et des douzaines de mineurs ont été assassinés par les militaires qui contrôlent désormais les principaux mises du pays. »
Ils y affirment aussi que le Processus de Kimberley, l’initiative internationale de réglementation du commerce des diamants bruts réunissant 47 gouvernements, ainsi que l’Union européenne, et dont le but est de mettre un terme au commerce des diamants de guerre, n’a « ni la volonté ni l’intérêt de s’attaquer au problème. »
Fracassante démission
Ecœuré par cette inertie, Ian Smillie, coordinateur de recherche au PAC et représentant de l’ONG au Processus de Kimberley, vient d’annoncer sa démission. Un coup pour l’image du diamant. L’économiste canadien est l’un des principaux architectes du Processus Kimberley, auquel il tourne le dos aujourd’hui.
« J’étais convaincu en 2003 que nous avions créé un mécanisme efficace, nous explique-t-il au téléphone. C’est bien le cas, mais nous l’avons laissé déraper. Toutes ces années, les Etats parties au Processus de Kimberley n’ont pas su faire face à des cas graves de contrebande au Brésil, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Venezuela, au Zimbabwe, en Guinée, au Liban. Pour le Venezuela, nous en sommes même arrivés à tolérer ce trafic, alors que notre système est censé l’empêcher. Pendant que les gouvernements discutent sans fin sur l’opportunité ou non d’aborder la question des droits de l’homme, les crimes se poursuivent sur place. Je ne veux plus cautionner cela. »
Une démission fort regrettée. « C’est une grande perte, déplore Roland Vock, chef de la délégation suisse pour le Processus de Kimberley. Ian Smillie était le porte-drapeau des ONG, nous avons toujours apprécié ses positions claires, même si elles ne plaisaient pas toujours aux gouvernements. Il avait la grande qualité d’être réaliste. »
Pour le SECO (Secrétariat d’Etat à l’économie), un embargo ordonné par l’ONU n’est guère réaliste. « Je comprends la demande des ONG, explique l’expert suisse. Mais les résistances politiques sont trop fortes au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour que des sanctions soient prises à l’égard du Zimbabwe. Il y a un embargo sur ce pays de l’Union européenne, la Suisse et les USA depuis 2002, mais celui-ci porte sur le matériel militaire et de répression, ainsi que sur le gel des avoirs bancaires de certaines personnes, elles-mêmes sur « liste noire » chez nous. Mais le commerce n’est pas touché. »
Et de rappeler que le Zimbabwe est un Etat partie au Processus, qu’il est donc très difficile de l’en exclure. « La politique de Kimberley est plutôt de travailler à influencer les pays de l’intérieur », explique-t-il.
Suite à la publication du rapport, contenant plusieurs témoignages concernant des exactions dans la région de Marangue au Zimbabwe, où des petits mineurs ont été évincés de force, la Fédération mondiale des bourses de diamants (WFDB), a prononcé une interdiction de vendre les joyaux issus de l’Est du pays.
« C’est quand même un comble que nous – Kimberley – soyons à la traîne par rapport à l’industrie du diamant qui prend les mesures adéquates », proteste Ian Smillie. L’économiste déplore aussi que les ONG soient obligées d’effectuer les enquêtes à la place des équipes de Kimberley.
Signes avant-coureurs
Déjà en 2006, la sonnette d’alarme avait été tirée, suite au rapport du Conseil de sécurité de l’ONU qui révélait la présence sur le marché de diamants de sang en provenance de Côte d’Ivoire. « Non seulement le Processus de Kimberley se révélait incapable de cerner le problème, mais cela montrait aussi que les lacunes dans les contrôles de quelques gouvernements pouvaient mettre en péril tout le système », explique l’économiste canadien.
Franck Notari, fondateur du laboratoire GemTechLab à Genève, regrette aussi ce départ. « Kimberley est une structure qui existe et qui relève d’une prise de conscience très salutaire, même si elle n’est pas optimale, remarque-t-il. Je pense qu’il ne faudrait pas abandonner si vite. »
Selon Roland Vock, les chiffres parlent d’eux-mêmes. « Au milieu des années 1990, 15% de la production des diamants étaient mêlés à des guerres. A la création du processus en 2003, il y en avait 4% et 0,1% aujourd’hui, signale-t-il. Tout en poursuivant : « en même temps, je comprends Ian Smillie. Il a été à l’origine de ce Processus. Nous cherchions alors des solutions pragmatiques, en bricolant et en innovant. Avec les années et plus de 70 pays participants aujourd’hui, le processus s’est quelque peu bureaucratisé. C’est certainement très frustrant pour les ONG. »
Ian Smillie reconnaît, en effet, que le système de certification a permis de mettre sur pied un commerce propre dans beaucoup de pays, notamment sur des plaques tournantes comme la Belgique et la Suisse. « Il y a encore dix ans, toutes sortes de diamants de provenances obscures arrivaient sur les ports francs des aéroports de Zurich ou Genève, et en repartaient avec des étiquettes suisses. Cela n’est plus possible à présent », affirme-t-il.
Un trafic important
Les statistiques officielles du Zimbabwe montrent que le pays est censé être en possession d’un stock de diamants équivalent à 1,33 millions de carats, soit 150 millions de dollars (plus si l’on tient compte des chiffres de 2008). Mais de nombreux indices laissent à penser que d’importantes fuites ont lieu, tandis que l’économie du pays continue de plonger.
En septembre 2008, deux Libanais étaient arrêtés dans le Gujarat (fleuron de l’industrie du diamant en Inde). Ils avaient sur eux l’équivalent de 800.000 dollars de diamants bruts, sans aucun document attestant de leur provenance. Ils ont déclaré s’être approvisionner au Zimbabwe. En octobre, une femme du Zimbabwe était arrêtée dans le transit de l’aéroport de Dubaï avec 1,2 millions de dollars de diamants bruts attachés à son corps. La contrebande des diamants a encore de beaux jours devant elle.
03 juin 2009
La liberté d'expression du rapporteur spécial sur la liberté d'expression contestée au Conseil des droits de l'homme
Le nouveau rapporteur spécial pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'expression, Frank La Rue Lewy a présenté son premier rapport le 2 juin lors de la 11ème session du Conseil des droits l'homme. Son mandat avait été redéfini dans le cadre des réformes de l'ONU et des mandats des rapporteurs spéciaux.
Malgré son évidente bonne volonté à ménager la chèvre et le choux, et même à valoriser le résultat de Durban 2 qu'il considère comme marquant "l'aube d'une ère nouvelle dans la lutte contre la discrimination raciale", il fut cependant la cible de nombreuses critiques car il n'avait pas abordé dans son rapport "les cas où la liberté d'expression constitue un acte de discrimination raciale ou religieuse".
Et cela malgré le fait que dans son rapport, il ait mis en exergue la notion de "responsabilisation des médias" (nouvelle formule pour paraphraser la censure) et avoir lancé une réflexion pour établir un programme de formation sur Internet à destination des journalistes sur les questions de droits de l'homme, de diversité culturelle et de déontologie, afin de responsabiliser les journalistes dans leur travail sur les questions sensibles sur le plan culturel.
Mais pour certaines délégations, (Le groupe africain, OCI, Ligue arabe, Inde, Emirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, le Sri lanka, l'Algérie, l'Afrique du Sud, la Malaisie...), son appel à la "responsabilisation" des journalistes et son soutien à Durban 2 n'a pas semblé suffisant.
Ainsi, Cuba a reproché au rapporteur spécial de ne pas avoir évoqué explicitement les questions relatives aux incitations à la haine par la presse et a accusé le rapporteur d'avoir noué des contacts avec des organisations à la réputation douteuse.
L'Egypte au nom du groupe africain (puis en son nom propre) a ajouté que le Rapporteur n'avait pas respecté le code de conduite auquel sont soumis les titulaires de mandats, puisqu'il n'avait pas abordé les abus de la liberté d'expression qui favorisent la haine des religions, à savoir la diffamation des religions.
Dans le même sens le Pakistan, au nom de l'OCI a déclaré que la liberté d'expression n'était pas une liberté absolue et que c'était la raison pour laquelle le CDH avait révisé les termes du mandat du Rapporteur spécial sur la liberté d'expression. La diffamation religieuse est un défi du monde moderne et il faut la combattre pour éviter les chocs de civilisation a lancé le représentant de l'OCI.
La Fédération de Russie a dit que Rapporteur Spécial outrepassait les limites de son mandat en étendant son champ d'application. Il lui a demandé de diriger son travail autour du droit à une information fiable et objective, ainsi qu'à la diffusion responsable des informations par la presse.
La Chine mit en avant le principe selon lequel le respect des droits humains passait avant tout par celui des lois des pays, de leur histoire, de leurs traditions et de leurs valeurs morales.
La Turquie a dit prendre bonne note de la proposition faite par le Rapporteur visant à développer des formations en ligne sur la liberté d'expression, les droits de l'homme et le multiculturalisme pour les journalistes. Il a demandé que le résultat consensuel de la Conférence d'examen de Durban, qui affirme que toute incitation à la haine nationale, raciale ou religieuse devrait être prohibée, guide à l'avenir le travail du Rapporteur spécial.
Le Venezuela a dénoncé les activités de certains médias privés qui trahissent la noble finalité de leur tâche en tentant de porter atteinte à la paix et à la tranquillité sociale en incitant à la confrontation. De telles campagnes affectent en fait le droit des personnes à une information véridique et impartiale. Il a reproché que le Rapporteur spécial se soit manifesté négativement sur la liberté d'opinion et d'expression au Venezuela, en se basant sur des nouvelles diffusées par ces médias partiaux..
Le Soudan a dit que la tolérance supposait non seulement d'accepter l'autre, mais aussi de le comprendre, ce qui est la condition pour éviter les stéréotypes. La liberté d'expression est trop précieuse pour être compromise par la diffamation, la haine ou l'intolérance.
Le Maroc a estimé que la liberté d'opinion et d'expression n'est pas un droit absolu: son exercice devrait être optimisé par le nécessaire respect des droits et libertés des autres et de la diversité culturelle, religieuse et civilisationnelle caractérisant notre monde.
Le Qatar a condamné l'égocentrisme culturel, notamment dans la prise en compte de questions religieuses.
L'Afrique du Sud a estimé que le rapport était superficiel et a rappelé que les droits d'opinions et d'expressions doivent être exercés afin de promouvoir la tolérance interraciale et inter-religieuse.
Plusieurs pays ont soutenu le nouveau Rapporteur spécial et défendu sans conditions la liberté d'expression (la République Tchèque au nom de l'UE, la Slovénie, la France, les USA, le Mexique, le Canada, le Pérou, les Pays Bas). Certains ont été particulièrement éloquents.
Ainsi, prenant la défense du Rapporteur, le Royaume Uni s'est inquiété de certains commentaires formulés lors de ce dialogue interactif, commentaires semblant être en contradiction avec l'indépendance et l'intégrité des titulaires de mandat.
Le Chili a rappelé que son pays avait été privé de liberté d'expression pendant dix-sept ans, en même temps que de la jouissance d'autres droits humains. Il a mis en exergue le fait que le niveau d'exercice de la liberté d'expression est un bon indicateur du degré de protection et de respect de tous les droits humains.
02 juin 2009
Unesco, l'ancien ministre algérien Bedjaoui dans la course pour... le Cambodge
| Bedjaoui sera l’adversaire du candidat de
l’Algérie Il représente le Cambodge pour l’élection du DG de l’Unesco Par : SALIM KOUDIL article paru sur www.liberte-algerie.com Mohamed Bedjaoui sera bel et bien l’adversaire du candidat soutenu par l’Algérie pour le poste de directeur général de l’Unesco, en l’occurrence l’Égyptien Farouk Hosni. L’information est officielle depuis le 1er juin dernier. Il faut savoir que la date butoir pour le dépôt des candidatures était le 31 mai à 23h59. Même si elle ne sera proclamée par le conseil exécutif de l’Unesco que lundi prochain, nous avons pu nous procurer la liste définitive des postulants au remplacement du Japonais Koïchiro Matsura à la tête de l’Unesco. Ils sont neuf au total à briguer le mandat de quatre ans et dont le vainqueur sera connu en octobre, à l’issue des élections du conseil exécutif. Il s’agit d’Ivonne A-Baki (48 ans, ex-ambassadrice de l’Équateur à Washington), de Benita Ferrero-Waldner (60 ans, Autrichienne, commissaire de l’UE pour les Relations extérieures), d’Irina Bokova (58 ans, ambassadrice de la Bulgarie à l’Unesco), d’Alexandre Yakovenko (ministre russe des Affaires étrangères adjoint), d’Ina Marciulionyte (46 ans, ambassadrice de la Lituanie à l’Unesco), de Noureini Tidjani-Serpos (63 ans, Béninois, actuel directeur général pour l’Afrique à l’Unesco), de Sospeter Muhongo (54 ans, Tanzanien), de Mohamed Bedjaoui (79 ans, Algérien) et, enfin, de l’Égyptien Farouk Hosni (71 ans, actuel ministre de la Culture). Ils auraient pu être
deux Abdelmoumène, Un exemple
à méditer ! Sous l’ombre de
Barbosa Manœuvres et
contre-manœuvres |
31 mai 2009
Sri Lanka : la faillite de l'Onu
Par Granada
Instrumentalisée par les dictatures, l'ONU a une fois de plus failli au Sri Lanka, comme naguère en Irak après le gazage des Kurdes à Halabja sous Saddam Hussein en l988, à Srebenica en Bosnie-Herzégovine, lors du génocide au Rwanda en 1994, toujours au Darfour et encore au Tibet.
Alors que les combats faisaient rage dans le nord de l'île et que le ministre du bien-être social du Sri Lanka avait lui-même reconnu que "les sources du conflit résident dans des facteurs et des forces qui concernent particulièrement la Conférence de Durban de 2001 et la présente Conférence d'examen, à savoir le racisme", la réunion de Durban 2 à Genève qui venait d'assister le 20 avril au show négationniste et antisémite d'Ahmadinejad, n'a pas eu un mot pour évoquer le sort des victimes prises entre deux feux au Sri Lanka.
Le 22 avril au Conseil de sécurité à New-York, la Chine et la Russie, appuyées par le Vietnam, la Turquie et la Libye, s'opposaient à une "pause humanitaire", estimant qu'il s'agissait d'une affaire interne au Sri Lanka.
Ce n'est qu'après trente ans de massacres et près de 100.000 morts , une fois le forfait accompli que le mal nommé Conseil des droits de l'homme vient de tenir fin mai une session spéciale sur le Sri Lanka réclamée à grand peine par l'Union européenne, le Canada, la Suisse, l'île Maurice et quelques pays latino-américains. Et le gouvernement de Colombo a réussi le tour de force de faire adopter par 29 voix contre 12 et 6 abstentions une résolution qu'il avait lui-même présentée et dans laquelle le Conseil des DH "se réjouit de l'engagement continu du Sri Lanka en faveur de la promotion et de la protection de tous les droits de l'homme". La résolution se borne à condamner les seules violations commises par les Tigres tamouls.
C'est en vain que l'Union européenne et quelques autres pays démocratiques minoritaires au Conseil de DH avaient tenté d'apporter des amendements en faveur des victimes, demandant notamment le plein accès des humanitaires aux camps de réfugiés et l'ouverture d'une enquête sur les allégations de violations des droits de l'homme.
Figurant avec la Chine , le Pakistan, l'Arabie Saoudite et d'autres Etats du groupe islamique parmi les soutiens les plus actifs du Sri Lanka, Cuba s'est empressé de stopper net ces velléités en faisant voter par la majorité automatique une "motion d'inaction" revenant à empêcher toute discussion et à clore le débat.
Ainsi vont les droits de l'homme à l'ONU où les pays liberticides parviennent à imposer leur loi et à occuper la place sans se préoccuper de considérations morales, tandis que les démocraties baissent les bras ou regardent ailleurs.
Alors qu'à la requête de l'Organisation de la conférence islamique, qui occupe un tiers de ses 47 sièges, le Conseil des DH a déjà consacré cinq réunions spéciales en trois ans d'existence pour stigmatiser Israël, il pourra revenir durant sa session de juin sur Gaza et entendre la mission d'enquête qu'il a créée pour suivre cette question sans commune mesure avec les 20.000 morts de la dernière offensive de l'armée au Sri Lanka. Comme d'innombrables autres victimes ailleurs à travers le monde, les civils tamouls passent par pertes et profit.
Conscient de ces carences, le précédent secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, n'avait cessé de tirer l'alarme. Avant de passer la main en 2007 , il avait enjoint le Conseil de DH de "ne pas concentrer toute son attention sur le conflit israélo-palestinien au détriment d'autres situations tout aussi graves". " A en juger par ce qui se passe au Darfour, ajoutait-il, il semble que nous n'avons pas beaucoup progressé depuis le désastre de la Bosnie et du Rwanda. Comment une communauté internationale qui prétend faire respecter les droits de l'homme peut-elle tolérer que ces horreurs continuent?" avait-il conclu. A voir aujourd'hui la démission de l'ONU au Sri Lanka, sans parler du Tibet réduit au silence, c'est un peu comme s'il avait prêché dans le désert.
25 mai 2009
Le Sri Lanka : la défaite diplomatique annoncée des démocraties
Le mardi 26 mai se tiendra la 11ème session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme autour de la situation au Sri Lanka.
La tenue d'une session spéciale peut se faire à la demande d'un tiers des membres du Conseil, soit 16 sur 47.
La manière dont une session extraordinaire se met en place illustre on ne peut mieux les lignes de forces politiques au sein du CDH, que ce soit sur la composition des pays qui convoquent ce type de session que sur les résolutions qui en découlent.
Ainsi sur 8 sessions extraordinaires impliquant des violations des droits humains par des pays, 5 sessions concernaient les violations commises par Israël, 1 le Soudan/Darfour, 1 la Birmanie et 1 la République démocratique du Congo. Tandis que les 5 sessions visant Israël purent être convoquées rapidement en raison de l'implication systématique des pays de l'Organisation de la Conférence Islamique qui composent au moins un tiers des membres du CDH, il en fut tout autrement pour les 3 dernières où aucun membre de l'OCI ne se s'est mobilisé.
Il fut impossible d'évoquer la question du Sri Lanka lors de la conférence d'examen de Durban.
Devant la très forte mobilisation d'organisations en Asie, ainsi que l'inquiétude soulevée par le drame humanitaire et les exactions commises par le gouvernement du Sri Lanka, l'Allemagne, au nom de 17 membres du CDH (Allemagne, Argentine, Bosnie-Herzégovine, Canada, Chili, France, Italie, Maroc, Maurice, Mexique, Pays-Bas, République de Corée, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suisse, Ukraine et Uruguay), est parvenue le 19 mai à demander la convocation d'une session extraordinaire .
En effet, rien n'était joué, car le 15 mai, Cuba envoyait un courrier au Président du CDH Martin Ihoeghian Uhomoibhi, lui indiquant que le Mouvement des non alignés s'était réuni afin "d'explorer les possibilités d'idées alternatives à la tentative de certains pays de convoquer une session extraordinaire sur le Sri Lanka." En conséquence, ils avaient créé un quartet composé de l'Egypte, de l'Inde, du Pakistan et de Cuba, sensé servir d'interlocuteur au Sri Lanka.
Le 22 mai, la Suisse présentait une proposition de résolution lors d'une réunion informelle en préparation de la session spéciale, mais elle fut rejetée par une résolution émanant du Sri Lanka lui même, soutenue par l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, la Bolivie, la Chine, Cuba, l'Egypte, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, le Nicaragua, les Philippines, le Pakistan. (A 24 heures de la session spéciale, seule la résolution du Sri Lanka est disponible sur le site extranet de l'ONU)
Cette résolution intitulée assistance au Sri Lanka dans la protection et la promotion des droits humains, (sri_lanka_draft_res) est tout simplement une ovation à Colombo. Par ailleurs, elle réaffirme le principe de non ingérence dans des sujets qui concernent essentiellement les juridictions internes des Etats.
Le gouvernement Sri lankais est salué comme un libérateur qui amènera la paix permanente dans le pays, qui a fait le nécessaire pour apporter une aide aux personnes déplacées, et complimenté pour la manière constructive avec laquelle il coopère avec les instances humanitaires.
Durant la session informelle du 22 mai présidée par la Suisse, le Sri Lanka dénonça la tenue d'une session extraordinaire.
L'Egypte continua dans le même sens, considérant que pareille session était partisane et qu'il aurait été plus pertinent de convoquer une session extraordinaire sur la situation en Palestine, en Afghanistan ou en Iraq.
La Syrie renchérit en indiquant que le pays concerné savait mieux que tout autre ce dont il avait besoin.
Le Chili fut particulièrement éloquent dans la défense de la session extraordinaire, rappelant que les pays à l'origine de cette convocation, avaient tenté de se rapprocher du Sri Lanka pour entamer un dialogue et que le Président du CDH avait même proposé un panel, toutes propositions systématiquement rejetées par Colombo.
Il est à noter que Le Sri Lanka a été membre du CDH de 2006 à 2008.
22 mai 2009
La lutte contre la traite : offensive contre les droits des femmes et l'autodétermination des femmes
Le 13 mai 2009, l'Assemblée Générale organisait un dialogue thématique interactif sous l'intitulé : " Agir ensemble pour mettre fin à la traite des êtres humains".
Cette journée était organisée avec le soutien du Bahreïn, de la Biélorussie, de l'Egypte, des Emirats arabes unis, de l'Equateur, du Nicaragua, des Philippines, de la Thaïlande et du Qatar.
Elle s'inscrivait dans les premières initiatives qui avaient vu le jour en février 2008, sous l'égide des Emirats arabes unis, la "Global initiative against trafficking" (UNGIFT).
et dans le prolongement d'autres actions ou débats thématiques organisés depuis par la Biélorussie à l'Assemblée Générale en 2008, ou encore en
mars 2009 à Manama dans le Royaume du Bahreïn, sous l'égide de sa majesté Sheikha Sabeeka Bint Ibrahim Al-Khalifa, femme du roi du Bahrein (pays qui l'on s'en souvient soutient le maintien de la polygamie) et avec la participation de réseaux de femmes tels que le Conseil des femmes d'affaires arabes, l'association des jeunes dames (young ladies) du Bahrein, UNGift women leaders, le réseau des first ladies, et surtout la Fondation Suzanne Mubarak,
devenue l'organisation incontournable depuis 2008 dans les nouvelles actions contre la traite des femmes. Cette dernière reçut du directeur du Bureau de l'ONU contre la drogue et le crime (UNODC), Antonio Mario Costea une distinction de reconnaissance pour sa "vision" dans la lutte contre la traite. (La Fondation Suzanne Mubarak avait une place centrale également lors du dialogue thématique du 13 mai à l'AG.)
Les recommandations des consultations précédentes, et le dialogue thématique du 13 mai ont pour ambition d'élaborer un nouveau texte normatif contre la traite des personnes, qui s'intitulera "Action globale pour mettre fin à la traite", et qui viendra compléter le protocole dit de "Palerme" adopté en 2000 contre la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.
Ce projet est soutenu par la Mouvement des Non alignés (118 pays sur les 192 membres de l'ONU) et l'Union Africaine représentée par le Soudan lors du débat thématique.
L'Egypte apporta sa touche emphatique à la voix du Soudan, indiquant que ce plan d'action plongeait ses racines en Afrique en raison de l'esclavage qui avait affecté les africains dans l'histoire. (il faut rappeler ici que seule la traite transatlantique est reconnue à l'ONU).
Les pays qui se sont opposés à ce nouveau projet sont : La République Tchèque au nom de l'UE, les Pays Bas, l'Italie, le Portugal en leur nom propre (la France ne s'étant pas exprimée), le Canada, la Norvège et les USA.
Le plan d'action devra promouvoir un partenariat entres le secteur privé et les Etats, et coordonner les actions d'agences spécialisées telles que l'Organisation Internationale du travail, l'Organisation internationale des migrations, le Haut commissariat aux droits de l'homme, le CDH, l'UNODC etc...
Certains de ces organes ont été à la pointe des attaques contre les droits des femmes durant ces 15 dernières années, rendant leurs revendications opaques, mélangeant les concepts... (voir à ce sujet article la traite des femmes dans le monde).
Plus grave, ce sont sur les cendres du Groupe de travail sur les formes contemporaines d'esclavage, (voir, Les Nations désUnies) et la disparition de toute référence à la Convention du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, que vont s'élaborer les nouvelles normes contre la traite, ces références étant absentes du document de base transmis aux délégations à l'occasion de cette journée de "dialogue". De plus, les derniers rapports présentés par le Haut Commissariat, l'OIM ou l'OIT comme documents de base pour le Plan d'action de demain s'inscrivent en parfaite opposition avec ces texte normatifs, et fournissent une nouvelle interprétations des termes et des concepts pourtant entérinés jadis et protégeant les femmes.
Le Président de l'Assemblée Générale Miguel d'Escoto Brockman s'est pour sa part notamment appuyé sur l'infâme document de Durban 2, dont les paragraphes concernant la traite constituent une véritable régression.
Il va sans dire que les travaux de la rapporteure spéciale sur la traite, Sigma Huda, (qui a été remplacée par la nigériane Joy Ngozi Ezeilo, au service du nouveau discours officiel) ne sont pas mentionnés parmi les documents de référence.


