Par Greta Chevrier

La dernière ligne droite du Comité préparatoire (du 15 au 17 avril) s’est déroulée dans une atmosphère de tension extrême, avec la plupart des séances, ponctuée de réunions à huit clos, en l’absence donc de témoins.
Pendant ce temps, les représentants d’ONG faisaient les cents pas dans les couloirs du Palais, attendant que reprennent les négociations en plénière, sous la houlette du diplomate facilitateur russe Yuri Boychenko, qui a été formé au KGB, et dont la rumeur prétend qu’il souhaite obtenir un poste à Genève.

Lors des séances plénières, on a réentendu comme à l’ordinaire les mêmes et lancinantes envolées de la République islamique d’Iran, contre l’inclusion d’un paragraphe consacré à l’Holocauste, ou l’OCI autour de la diffamation des religions.
Lorsque l’Arménie a demandé que l’on intègre des mots plus fort concernant la question des “génocides”, la Turquie s’est opposée à l’inclusion même du terme de génocide.

Le dernier jour, quelques ONG ont été autorisées à prendre la parole. Au nom de UNwatch, Ashraf al-Hajouj - “l’illustre” médecin palestinien libéré en juillet 2007 des geôles libyennes, quelques semaines avant l’élection de la Libye à la présidence du Comité préparatoire – a commencé sa déclaration. Mais  la Présidente Najat al-Hajjaji a levé son marteau et l’a interrompu, affirmant que ses propos n’avaient pas leur place dans cette conférence.

Une des question qui a été tranchée a été l’élection qui aura lieu lundi du président de la conférence, Amos Waso, procureur général du Kenya. La République Tchèque, au nom de l'UE,  s’est dite préoccupée par le fait que ce dernier ait été accusé récemment de corruption. Le représentant du Nigeria a rétorqué que tant qu’une personne n’est pas condamnée, elle doit être considérée comme innocente. Il a dit que Waso serait un formidable président et en a profité pour remercier dans la foulée l’Union Européenne pour sa flexibilité. Cette dernière n’a rien pu rétorquer...

A 18h15, Yuri Boychenko a déclaré qu’un compromis avait été trouvé. Alors que personne n’avait encore eu connaissance du texte et du rapport, Najat al-Hajjaji a alors tapé du marteau sur la table et a signifié que le rapport était adopté et que la séance était levée.

Plusieurs pays européens dont la France et la Suisse, et quelques ONG dont la FIDH, HRW et Amnesty (que l’on a peu vu durant les 14 mois du processus préparatoire) se sont dit satisfaits du compromis trouvé et ont appelé à le soutenir. Mais les jeux ne sont pas faits, car les négociations reprendront lors de la Conférence à proprement dite le lundi 20 avril.
Quant aux Etas Unis, ils se sont donnés jusqu’à lundi pour décider de leur retour dans les négociations.

Durant le comité préparatoire, plus de 80 nouvelles ONG ont été accréditées, dont le Gaddafi International Charity and Development Foundation, dirigée par le fils de Khadafi, qui continue d’affirmer que les libyens ne sont nullement impliqués dans l’explosion du vol PanAm 103 au dessus de Lockerbie le 13 décembre 1988.
En revanche la Tibetan Centre for Human Rights and Democracy n'obtiendra pas d'accréditation. En effet, la Présidente a déclaré que la décision n’avait pu encore être prise, faute d'éléments complémentaires, et qu'elle serait donc reportée à un moment ultérieur. Cette procédure est  bien évidemment impossible étant donné le manque de temps et la dissolution de fait du Comité préparatoire dés le début de la conférence.