03 février 2009
Muhajiriyah : 30. 000 civils en grand danger !
Huguette CHOMSKI MAGNIS, Vice-présidente du Collectif Urgence Darfour
Le gouvernement de Khartoum a massé ses troupes autour de Muhajiriyah, ville du sud-Soudan, tenue par les rebelles du JEM depuis la mi-janvier
Il a ouvertement indiqué lundi que son armée se préparait à donner l'assaut, alors que les camps de déplacés du secteur de Muhajiriya étaient la cible de bombardements aériens.
Selon des informations locales rapportées par l'organisation britannique Aegis Trust, des enfants auraient été tués.
L'affrontement entre l'armée soudanaise et les rebelles du JEM s'annonce meurtrier pour quelque 30 000 civils. L'évaluation du nombre de ces civils menacés varie selon les sources. L'AFP parle de "plus de 10. 000 " personnes, Aegis Trust sûrement plus proche de la vérité, de 30 000 à 40 000 civils.
Khartoum a exigé dimanche 1° février le départ des soldats de la MINUAD (la force de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union Africaine), qui consacrerait l' abandon de la population, littéralement prise au piège. A noter que 5.000 déplacés, ont trouvé refuge directement dans le camp local de la Minuad au nord de Muhajiriya.
Après 24 trop longues heures de réflexion, l'ONU a annoncé sa décision de rester à Mouhajiriya.
Partir eut été indigne : la MINUAD tient du Conseil de Sécurité de l'ONU son mandat d'assurer la protection des civils menacés.
"Nous sommes là pour protéger les civils. Imaginez ce qui pourrait se passer si la Minuad se retirait en laissant ces milliers de personnes livrées à elles-mêmes", a déclaré Noureddine Mezni, porte-parole de la Minuad.
On imagine en effet. Et on a tout lieu d'être très inquiets.
La Minuad ne compte que quelque 15.000 soldats et militaires au Darfour, dont seulement 190 personnes en poste à Muhajiriya. C'est bien peu, dangereusement peu.
Et qu'attendre à présent de l'Union Africaine qui vient d'élire à sa tête Mouammar Kadhafi ?
La France membre du Conseil de Sécurité de l'ONU se doit d' exiger que l'engagement de l'ONU soit tenu et la protection des civils, hommes, femmes et enfants garantie au Darfour. En premier lieu, de façon urgente, à Muhajiriyah !
31 janvier 2009
Un risque de massacres au Sri Lanka
Frédéric Burnand / swissinfo
29 janvier 09 - Alors que l’armée gouvernementale annonce la chute des rebelles séparatistes des Tigres tamouls, une crise humanitaire se développe au Sri Lanka. De retour de Colombo, un défenseur des droits humains craint que la défaite de la guérilla soit suivie de massacres.
« Le droit le plus menacé aujourd’hui, c’est celui de vivre. Après un conflit de près de 30 ans et des atrocités commises de part et d’autre, la défaite militaire des Tigres ouvre la porte aux règlements de compte et aux massacres. »
C’est le constat inquiet que dresse Adrien-Claude Zoller, de retour du Sri Lanka. Le directeur de l’ONG Genève pour les Droits de l’Homme vient d’y donner une série de cours sur les droits de l’homme auxquels ont participé des associations issues de toutes les composantes de la société civile sri-lankaise.
L’armée sri lankaise, elle, annonce la chute des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), un mouvement qui cherche à obtenir par les armes la constitution d’un Etat tamoul indépendant. Eradication
« Mahinda Rajapakse (le président du Sri Lanka élu en novembre 2005) et son gouvernement ne croient qu’à la force des armes. Ils espèrent ainsi éradiquer la guérilla tamoule. Mais cette offensive qui remonte à la rupture de la trêve en janvier 2008 n’apporte pas de solution politique qui devrait forcément passer par la négociation. Or plus personne ne parle de négociations », juge Adrien-Claude Zoller.
Avant de préciser : « L’armée gouvernementale peut vaincre les forces armées des Tigres, mais pas ses groupes de guérilla qui peuvent toujours commettre des attentats. De plus, la guérilla continue de contrôler certains territoires d’accès difficile. »
Une crise humanitaire
Ces zones se situent dans la région de Vanni, au Nord du Sri Lanka, où se déroulent actuellement les combats. Une région en proie à une crise humanitaire majeure, selon le Comité international de la Croix Rouge (CICR). L’organisation humanitaire assure que près de 250’000 civils sont pris au piège des combats.
Un constat que partage Adrien-Claude Zoller : « Plusieurs dizaines de milliers de personnes, entre 70’000 et 200’000, ne peuvent sortir de cette zone contrôlée par les Tigres et bombardée par l’armée. Ceux qui ont tenté d’en sortir se sont fait assassiner par la guérilla. »
« Les opérations de l’armée ont empêché à plusieurs reprises l’aide humanitaire d’arriver dans cette région, précise Adrien-Claude Zoller. Or, depuis plusieurs années, d’énormes camps de personnes déplacées s’y sont également constitué, des camps qui aujourd’hui sont privé d’aide humanitaire. »
Ce qui fait dire à Jacques de Maio, directeur des opérations du CICR pour l’Asie du Sud : « La dynamique du conflit dans une zone densément peuplée est incompatible avec le respect du droit international humanitaire. »
Une violence généralisée
Mais la violence frappe aussi d’autres régions. Adrien-Claude Zoller signale ainsi un grand nombre de victimes dans l’est de l’île, une région perdue par la guérilla ou sévit des groupes paramilitaires, avant de dénoncer la dérive autoritaire du président nationaliste Mahinda Rajapakse, épaulé par son frère Gotabhaya, secrétaire à la Défense.
« La société civile est sous pression. Et ce dans la quasi-totalité du pays. Les journalistes sont les premiers à être frappés. Certains ont été assassinés et beaucoup d’entre eux fuient le pays. Les défenseurs des droits de l’homme risquent d’être les suivants », s’inquiète Adrien-Claude Zoller.
Le Genevois rappelle au passage que le Sri Lanka est avec la Colombie et l’Irak l’un des pays qui comptent le plus grand nombre de disparus, estimés à 55’000 depuis le début du conflit. Appel à la Suisse
Face à cette tragédie aux multiples dimensions, Adrien-Claude Zoller appelle la Suisse à davantage d’engagement. « La Suisse est toujours active à Colombo pour appuyer divers programmes liés aux droits de l’homme, à la justice sociale ou au développement. Mais il serait temps que Berne augmente ses programmes », plaide le défenseur des droits humains.
Et de conclure : « Il ne s’agit pas seulement de favoriser des négociations de paix entre les criminels des deux bords. Il est urgent d’assurer le respect des droits humains pour l’ensemble de la population et ses éléments les plus exposé, la minorité tamoule et la société civile sri-lankaise. »
10 septembre 2008
La paix par sms
Voilà la dernière trouvaille de l'auguste organisation pour mobiliser les citoyens du monde (possesseurs de téléphones mobiles), pour célébrer la paix dans une fusion fraternelle. Après la campagne de signatures contre les violences faites aux femmes lancée en mars 2008 lors de la Commission sur le statut de la femme, voici venir le temps pour la paix.
Magique, il suffit de le dire, de l'écrire pour le croire ! La campagne intitulée "L'ONU RECHERCHE SMS POUR CONTRIBUER À UNE CAMPAGNE POUR LA PAIX" a été lancée le mardi 2 septembre. Elle vise à recueillir autant de SMS que possible commençant par le mot Paix, pour le 21 septembre, journée internationale pour la paix. Ces SMS seront mis en ligne sur le site de Département de l'information à partir du 23 septembre.
06 mai 2008
Les forces de maintien de la paix, la gloire de la France : une humiliation pour l'ONU ?
Le diplomate Jean-Marie Guéhenno était la gloire française à l'ONU.
Il avait été nommé par Kofi Annan en 2000, secrétaire général adjoint de l'ONU en charge du maintien de la paix, un des postes les plus prestigieux qui administre un budget de 7 milliards de dollars et un personnel de plus de 100 000 personnes réparties dans une vingtaine de missions à travers le monde. Il avait été un des rares responsables à conserver son poste après l'arrivée de Ban Ki Moon en janvier 2007, la France ayant mis cette condition en échange de son vote.
Dernièrement, devant l'échec annoncé au Darfour, le diplomate français évoquait une "humiliation" pour l'ONU.
Mais serait-ce la seule ?
Les scandales liés aux casques bleus ne cessent de sortir pour l'année 2007:
- abus sexuels, viols, "achat de services sexuels" à Haïti, Côte d'Ivoire , complicité dans certaines affaires de trafic de drogue ou de migrants voir de traite de personnes,
- graffitis dans des sites préhistoriques du Sahara Occidental
- et aujourd'hui vente d'armes à des rebelles en République Démocratique du Congo en échange de minéraux précieux
Finalement Jean-Marie Guéhenno a sans doute raison de ne pas vouloir se représenter à ce poste en juin 2008.
Et le Quai d'Orsay, qu'en pense-t-il ?
De toute façon la France a tant de lobbying à faire pour demeurer au Conseil des Droits de l'Homme et pour ne pas perdre son siège dans la réforme du Conseil de Sécurité ! Préparer les célébrations du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle, maintenir le silence autour du sort de (l'ex) rapporteure spéciale sur la traite Sigma Huda, toujours en prison au Bengladesh, faire oublier le Tibet et ouvrir le marché chinois, préparer le Sommet Euro Méditerranée et la présidence de l'Union Européenne....


