Malka Marcovich...enjeux internationaux

Reflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, feminisme, laïcité ...

28 février 2009

Les USA ne participeront pas à la Conférence de Durban II

Le 16 février 2009, la communauté de Genève était en émoi. L'administration Obama envoyait une délégation à l'ONU pour participer à la réunion informelle préparatoire, pour l'élaboration du texte qui sera présenté pour négociations finales lors de la Conférence d'examen de Durban, dite Durban 2, du 20 au 24 avril 2009.
Nombre d'observateurs voyaient en ce retour un signe d'ouverture du nouveau président des États Unis, qui rompant avec son prédécesseur, semblait accepter que son pays participe à la conférence d'examen, alors même que son pays s'était retiré avec Israël en septembre 2001  à Durban en plein milieu des négociations.

La délégation américaine annonça d'emblée que sa présence ne signifiait pas qu'elle revenait définitivement, mais  qu'il s'agissait de se rendre compte par elle même du climat des négociations, et qu'elle posait 3 lignes rouges à ne pas franchir, à savoir :
- la non focalisation sur une région en particulier et sur le conflit Palestine/Israël comme ce fut le cas en 2001,
- la protection de la liberté d'expression
- la non inclusion de réparations pour les descendants des victimes de l'esclavage.

Sur ces trois points, et d'autres encore, la nouvelle administration a pu mesurer le chemin parcouru depuis 2001, et le fait que ces trois lignes rouges ont effectivement été franchies.

Quelle sera alors désormais la marge de manoeuvre pour les Européens, en particulier pour la France qui n'a cessé de menacer de se retirer si des lignes rouges étaient franchies, sans pour autant définir ces fameuses ligne rouges précisément, lignes rouges qui semble bouger selon l'avancement des négociations ?

En tout cas une chose est claire pour celles et ceux qui observent les négociations. Les lignes rouges ont bel et bien été franchies sur un certain nombre de sujets qui constituent les fondements de nos sociétés démocratiques. Au delà des trois points soulevés par les États Unis, on peut d'ores et déjà noter des régressions concernant  les questions liées  à l'autonomie sexuelle des femmes, l'orientation sexuelle, la traite et la prostitution, l'esclavage contemporain et la mémoire de l'esclavage et de la traite.

Par ailleurs, comme en 2001, il ne sera pas possible d'aborder les discriminations de castes, notamment des Dalits en Inde, les discriminations et persécutions des minorités en Chine ou du peuple tibétain, des minorités religieuses dans nombre de pays musulmans etc...

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27 février 2009

les victimes de guerre délaissées du Sierra Léone

En manque de fonds pour indemniser les personnes dont les droits humains ont été violés au cours de la guerre civile qui a déchiré la Sierra Leone pendant 11 ans, le gouvernement se trouve confronté à un choix difficile : décider qui recevra quel type d’aide.

IRIN, Freetown - L’aide aux victimes, qui figure parmi les recommandations de la Commission Vérité et réconciliation (CVR) sierra-léonaise, devrait être dispensée à compter de la fin février. Jusqu’à 100 000 personnes – parmi lesquelles des amputés et autres blessés de guerre, des victimes de violences sexuelles, des veuves de guerre et des enfants - y auront droit.

Mais la Commission nationale pour l’action sociale (NACSA), qui dirige le programme d’indemnisation, a un budget de moins de 3,5 millions de dollars pour mener le programme en 2009/2010 - une somme bien inférieure aux 14 millions de dollars requis, selon Amadu Bangura, responsable des programmes d’indemnisation à la NACSA.

L’essentiel des financements de cette année provient du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix. En guise d’indemnisation, les bénéficiaires recevront des logements, des formations professionnelles, des soins de santé et des aides éducatives et agricoles ; des activités symboliques seront également organisées, comme des ré-inhumations, construction de mémoriaux, cérémonies commémoratives, a indiqué à IRIN M. Bangura, de la NACSA.

En raison du manque de fonds, les veuves de guerre qui s’inscrivent ne recevront pas d’aide avant 2010, au plus tôt, selon M. Bangura, et les nouveaux logements, d’une valeur de 6 500 dollars chacun, ne devraient être accordés qu’aux amputés et aux blessés de guerre.

L’argent est éphémère

La NACSA a choisi l’indemnisation par la prestation de services plutôt que par le versement de subventions, a indiqué M. Bangura.

« Nous pensons que l’argent est un avantage éphémère qui a vite fait de disparaître. Nous dispensons des services sociaux pour aider les gens à retrouver leur dignité personnelle, permettre aux blessures de se refermer et promouvoir la réconciliation ».

Mais tout le monde n’est pas satisfait de ce qu’offre la NACSA. Lamin Jusu Jaka, président de l’Association des amputés et des blessés de guerre, un organisme communautaire de Freetown, la capitale, a expliqué à IRIN que les membres de l’association préfèreraient recevoir des subventions.

Les anciens combattants ont reçu des aides financières de quelques centaines de dollars, et certains ont suivi des formations professionnelles après avoir quitté les rangs des forces armées, en 2002. « Nous nous attendions à ce que l’on puisse nous verser des allocations, comme ils l’ont fait pour les anciens combattants », a expliqué M. Jaka, dont les deux mains ont été tranchées par un rebelle connu sous le nom de CO Cut Hands [CO le trancheur de mains].

« Cet argent permettrait aux bénéficiaires, dont bon nombre ne peuvent plus travailler, de décider par eux-mêmes ce dont ils ont le plus besoin ; cela pourrait les rendre plus autonomes », a estimé M. Jaka. « Nous sommes des adultes, pas des enfants. Nous sommes capables de prendre nos décisions nous-mêmes ».

M. Jaka lui-même dépend à l’heure actuelle de l’aide des associations caritatives pour subvenir aux besoins de ses deux femmes et de ses six enfants, a-t-il déclaré.

Un système qui convient à certains

Mais d’autres sont satisfaits des services offerts. Marie Kargbo (un nom d’emprunt), qui a perdu son mari et son jeune fils durant la guerre, a pour sa part assuré qu’elle serait contente de recevoir des soins de santé gratuits et de l’argent pour payer les frais de scolarité des trois enfants qu’il lui reste.

Mme Kargbo, violée par trois rebelles pendant la guerre, a été rejetée par sa communauté, y compris par la famille de son défunt époux. Elle a fui Batkanu, dans le nord, pour s’installer à Freetown et ne s’est pas remariée. « Les gens rient de moi. Je ne peux pas me sentir bien dans ma peau ».

Aujourd’hui, Mme Kargbo subvient aux besoins de sa famille, notamment de sa fille, née d’un viol, en vendant de l’eau et une boisson gazeuse au gingembre au bord de la route.

Elle aimerait être formée au tie-dye (technique de teinture au nœud) et à la couture. « Je veux être autonome », a-t-elle confié à IRIN.

Les allocations et les formations professionnelles feront partie des indemnisations accordés, mais elles devront être reportées jusqu’à ce que des fonds supplémentaires soient débloqués.

Trouver des fonds supplémentaires

Le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone doit fonctionner sur une période d’un an, avec un budget de trois millions de dollars, selon M. Bangura ; l’avenir du programme d’indemnisation est donc incertain. Le gouvernement sierra-léonais y participe actuellement à hauteur de 246 000 dollars.

Aujourd’hui, la principale difficulté de la NACSA consiste à obtenir des fonds supplémentaires, a expliqué M. Bangura. A l’heure actuelle, aucun versement de fonds supplémentaire n’est prévu pour poursuivre l’indemnisation des victimes de guerre, et selon M. Bangura, de nombreux bailleurs attendent de voir si les premiers fonds versés seront dépensés à bon escient.

Mohamed Suma dirige le programme d’indemnisation du Sierra Leone Court Monitoring Programme (Programme de contrôle des tribunaux en Sierra Leone - SLCMP), qui surveille l’application des recommandations de la CVR ; pour lui, il incombe au gouvernement de trouver des fonds.

« La Sierra Leone ne peut pas continuer de tenir la communauté internationale pour unique responsable du manque de fonds. La question de l’indemnisation est essentiellement nationale ».

Un engagement plus ferme

L’accord de paix signé à Lomé, en 1999, et le rapport publié par la CVR en 2004 recommandaient tous deux au gouvernement de mettre en place des systèmes de collecte de fonds en vue de l’indemnisation des victimes, et notamment d’utiliser les revenus générés par l’exploitation des mines de diamants.

Mais d’après M. Suma, le gouvernement n’a essayé de mettre en place aucun des systèmes recommandés.

D’après M. Bangura, de la NACSA, toutefois, l’indemnisation a été retardée en partie parce que le gouvernement s’est efforcé de rétablir la paix et de réformer les secteurs de l’armée, de la police et de la justice. « L’accent a désormais été mis sur l’indemnisation », a-t-il affirmé.

Pour M. Suma, le gouvernement doit soutenir davantage ce programme. « Si le gouvernement soutient énergiquement l’indemnisation dans son discours, les actes n’accompagnent pas [les paroles] », a-t-il déploré, faisant remarquer que la CVR avait publié ses recommandations en 2005.

En outre, pour montrer son engagement, le gouvernement devrait aller plus loin, en s’excusant publiquement pour le rôle qu’il a joué dans la guerre civile, a estimé M. Suma.

« L’Etat n’a pas protégé ses citoyens. On ne peut pas indemniser sans s’excuser. Cela équivaut à soudoyer les victimes pour qu’elles gardent le silence ».

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26 février 2009

Famine au Zimbabwe

LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE POSERA PROBLÈME AU ZIMBABWE PENDANT TOUTE L'ANNÉE 2009
New York, Feb 25 2009  4:00PM
Un nombre croissant de foyers au Zimbabwe est obligés de réduire le nombre de repas qu'ils mangent par jour et l'assistance alimentaire reste nécessaire, a rapporté mercredi une mission d'évaluation de l'ONU dans le pays.

« L'assistance alimentaire sera encore nécessaire tout au long de l'année 2009. Il faudra d'autres évaluations pour en connaître l'étendue », a dit la Coordonnatrice humanitaire adjointe des Nations Unies, Catherine Bragg, au terme d'une mission sur le terrain.

Cette dernière se trouvait dans le pays avec des représentants du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, de l'Organisation mondiale de la santé et du Programme alimentaire mondial.

Selon Catherine Bragg, les agriculteurs doivent recevoir tous les intrants [les semences et engrais] dont ils ont besoin pour la prochaine saison de semence, qui commence en septembre et octobre.

« Autrement, l'année prochaine pourrait être semblable à la présente, c'est-à-dire une situation dans laquelle 7 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire ».

La mission a reçu des assurances de pleine coopération de la part du gouvernement du nouveau Premier ministre Morgan Tsvangirai.

Le Secrétaire général a indiqué en Afrique du Sud mercredi qu'il attendait de la part de Catherine Bragg ses recommandations sur la façon de mobiliser davantage d'assistance humanitaire et de résoudre la question des réfugiés.

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25 février 2009

Somalie, pénurie de l'aide humanitaire et alimentaire

SOMALIE : L'ONU LANCE UNE ALERTE SUR LA CRISE ALIMENTAIRE
New York, Feb 25 2009  5:00PM
Sans financement immédiat des opérations des Nations Unies, les niveaux de malnutrition et de maladie critique dans deux régions de la Somalie ne feront que s'aggraver, a prévenu mercredi le le Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

Selon l'OCHA, il existe plus de 200.000 enfants malnutris en Somalie, dont 60.000 souffrent de malnutrition grave et ont besoin d'une attention immédiate pour leur survie, a rapporté la porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.
La crise actuelle découle d'un manque de pluies, de mauvaises récoltes, de la dépréciation du shilling somalien et des menaces contre les agences humanitaires, selon l'OCHA.
Les Nations Unies s'attendent à ce que le nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire dépasse les 2,6 millions dans les six prochains mois et atteigne même le chiffre de 3,5 millions d'ici à la fin de l'année, notamment dans les régions de Hiran et Bakool où la sécheresse dure depuis quatre saisons.
Par ailleurs, le prix des aliments risque de rester à un niveau élevé, tant pour les produits locaux qu'importés.
Enfin, précise le rapport d'OCHA, la Somalie connaît la situation sécuritaire la plus grave en 17 ans, avec une recrudescence des attaques visant directement l'assistance humanitaire.

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24 février 2009

Millions de déplacés en Colombie

COLOMBIE : LES MILLIONS DE DÉPLACÉS, UN GRAVE PROBLÈME HUMANITAIRE - HOLMES
New York, Feb 24 2009 12:00PM
Au premier jour de sa mission en Colombie, le responsable humanitaire des Nations Unies John Holmes a évoqué lundi la gravité de la situation dans le pays avec les autorités et divers acteurs non gouvernementaux.

« Il est clair qu'il existe une grave situation humanitaire en Colombie, notamment le problème des millions de personnes déplacées à l'intérieur du territoire, et qu'il faut faire plus, collectivement, pour y répondre », a déclaré M. Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU.

Il a rencontré le ministre de la justice Fabio Valencia Cossio, la directrice du département de la prévention des catastrophes, Luz Amanda Pulido, le ministre des Affaires étrangères, Jaime Bermudez, et le conseiller présidentiel à l'action sociale Luis Alfonso Hoyos, selon un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (<"
http://www.reliefweb.int/rw/dbc.nsf/doc100?openForm">OCHA).

John Holmes a rendu hommage aux progrès réalisés par le gouvernement tout en l'encourageant à accroître le dialogue notamment sur la protection des civils. Le gouvernement a aussi convenu de la nécessité d'améliorer la préparation et la prévention des catastrophes naturelles.

Le Secrétaire général adjoint a aussi rencontré un groupe de représentants de la société civile colombienne, composés d'indigènes, d'Afro-colombiens, de défenseurs des droits de l'homme, ainsi qu'un groupe de représentants des femmes et de la jeunesse.

M. Holmes s'est notamment élevé contre les récents meurtres de membres de la communauté Awa, à Nariño.
Mardi, John Holmes devait se rendre dans la région du Chocó pour y rencontrer des membres des communautés afro-colombiennes et indigènes et des personnes déplacées à Bebedo, Dipurdu et Quibdo.

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23 février 2009

850 000 personnes déplacées en RDC

RDC : L'INSÉCURITÉ CROISSANTE CAUSE DE NOUVEAUX DÉPLACEMENTS AU NORD-KIVU - HCR
New York,

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés reste extrêmement préoccupé par la violence croissante survenant contre des civils au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, a dit son porte-parole Ron Redmond mardi à Genève.

« Depuis le 13 février, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ont mené de nombreuses attaques dans les zones de Masisi, de Lubero et de Walikale au Nord-Kivu, suscitant une nouvelle vague de déplacements », a
déclaré le porte-parole.

Les autorités locales ont informé le HCR que près de 3.000 personnes déplacées internes se trouvent dans le village de Remeka, à environ 20 kilomètres au sud de Masisi, suite à une récente attaque des FDLR.

Certaines parmi elles ont trouvé abri dans des églises et des écoles. D'autres ont trouvé refuge dans plusieurs sites gérés par le HCR aux alentours de la ville de Masisi.

Mardi, une équipe conjointe des Nations Unies devait se rendre à Kitanga, située non loin de Masisi, pour surveiller et évaluer les besoins des personnes nouvellement déplacées.
Les FDLR, qui utilisent des armes à feu et des couteaux de brousse, ont attaqué Kipopo, Remeka et Kamuobe près de Masisi ainsi que Kanyatsi et Busigho près de Lubero, tuant des civils et violant des femmes.

Le HCR craint de plus en plus, par ailleurs, des attaques de représailles menées par les FDLR contre des civils soupçonnés de collaborer avec l'opération militaire conjointe RDC-Rwanda contre le groupe rebelle qui a débuté fin janvier.

Les FDLR sont principalement composées de Hutus rwandais qui sont arrivés en RDC à la suite du génocide de 1994 survenu au Rwanda. Aujourd'hui, près de 30% des membres des FDLR seraient des Hutus congolais.

La situation humanitaire au Nord-Kivu est déjà dramatique, avec quelque 85O.000 personnes déplacées internes. Parmi elles, quelque 250.000 ont été contraintes de fuir depuis le mois d'août dernier, et beaucoup d'entre elles ont déjà été déplacées plusieurs fois.

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21 février 2009

Pakistan, la Charia en échange d’encore plus de terrorisme !

Par Huguette Chmosky Magnis, président du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme

« Pakistan : la charia en échange de la paix »,
tel était en résumé jeudi 19 février le titre des médias sur l’accord passé entre le gouvernement pakistanais et les talibans de la vallée de Swat. Ces médias soulignaient cependant que céder « pour avoir la paix » était un pari risqué.

Quelle serait donc la recette pour la paix, au Pakistan et ailleurs ?
D’abord témoigner de la déférence aux talibans et aux terroristes.
Ce terme doit d’ailleurs être banni et remplacé par celui de « résistants ».
Les assassinats d’otages doivent être étiquetés « exécutions ».
Il faut s’interdire toute critique d’organisations terroristes, taire les crimes qu’elles commettent contre les civils et au contraire louer leur « résistance ».

Mais comment ? Ces sages précautions sont déjà prises et cela ne suffit pas ?
Il convient alors d’observer quelques règles de bon sens :
priver les filles d’enseignement
persuader les femmes de dissimuler leur féminité
s’abstenir de participer aux funérailles de victimes d’attentats

Il faut de plus se montrer prudent pour éviter de croiser la route d’un « résistant » en partance pour le paradis :
ne pas aller se faire soigner à l’hôpital
ne pas aller au restaurant
ne pas prendre l’autobus, le train, l’avion
faire ses courses avec la plus extrême précaution

Et en outre :
ne pas écouter de musique
ne pas être juif, chrétien, chiite (sauf là où règne l’islamisme version chiite), d’une autre religion ou - surtout pas ! - athée en terre d’Islam
ne pas être homosexuel

Quant aux « occidentaux » il leur faut avoir un comportement raisonnable :
ne pas venir travailler dans un pays musulman, pas même comme humanitaires
ne pas fréquenter les hôtels de luxe
ne pas fréquenter non plus les petits centres d’hébergement pour routards - et surtout pas les centres Chabad (2)
en règle générale ne pas voyager sauf pour participer à des manifestations bien encadrées en l’honneur du fameux dialogue des civilisations.

Ce programme est caricatural ?
Certes le trait est un peu grossi mais, à coup de relativisme, d’accommodement et d’abandon des droits humains universels, on s’en rapproche dangereusement.
Quant à l’accord talibans-gouvernement pakistanais, il a été salué dès le lendemain par un nouvel attentat "suicide" commis, dans ce nord-ouest du Pakistan, bastion des talibans, au cours des funérailles d’un dirigeant chiite assassiné.
Bilan annoncé : 30 morts, plus de 50 blessés.

En fait de paix, céder aux talibans n’est qu’un encouragement au terrorisme.

Samar Minullah, anthropologue pachtoune le dit avec force :
« Le gouvernement pense pacifier les extrémistes mais il ne fait que les renforcer…… les femmes payent le prix le plus élevé de cette montée de l’extrémisme. Au niveau de l’éducation et de l’emploi, elles sont les premières visées. Après avoir souffert du sous-développement, les gens aujourd’hui sont privés de tout pouvoir. Ils ne peuvent s’exprimer contre les atrocités commises par les talibans, les destructions d’écoles, les assassinats, les opposants décapités. Personne n’ose plus élever la voix. Je suis très pessimiste sur l’avenir de mon peuple. »

Si personne au Pakistan n’ose plus élever la voix, c’est aux démocrates de tous les pays de le faire !
Alors ne tardons pas. Une signature de la pétition internationale NON AU TERRORISME, c’est une voix pour les filles, les femmes, les opprimés et les victimes sans voix du Pakistan et d’ailleurs. http://www.petitionnonaut.org

HCM

(1) Courant juif orthodoxe Loubavitch
(2) Le Monde du 19.02.09

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19 février 2009

PROSTITUTION CHINOISE : UN CHAINON MANQUANT…. LE « CLIENT »

Par Claudine Legardinier

Des femmes chinoises, de plus en plus nombreuses, sur les trottoirs de Paris. C’est le constat fait par Médecins du Monde[1] dont le Lotus Bus parcourt  chaque soir les rues de plusieurs arrondissements, du 12e au 19e et de Belleville à Strasbourg Saint-Denis.

Leur situation ? En Chine, le chômage, l’absence d’avenir, le dépouillement par des réseaux d’exploiteurs (7000 à 15 000 euros versés pour venir en France), les familles, les enfants et le déchirement de la séparation. A l’arrivée, dans l’Eldorado français, la prostitution, les viols, les maladies, les risques, tous les risques pour espérer gagner plus. Quelques maigres billets (parfois 5 euros pour une passe) arrachés dans un pays totalement étranger, à la langue parfaitement inconnue. Vivre sans papiers, emmurée dans le silence, ne connaître que la peur et la nuit, les lieux isolés, engraisser les marchands de sommeil, acheter le droit de survivre à une suite d’ombres masculines qui défilent avec un billet tendu. Sans parole. Sans désir, sans échange. Une mécanique sexuelle froide. Violence des « clients », harcèlement des policiers. Bienvenue en France.

Que Médecins du Monde – c’est sa vocation et il faut saluer son travail – dénonce la situation sanitaire alarmante de ces femmes, est le minimum de justice qui puisse leur être rendue. Qu’il œuvre pour l’usage du préservatif est une façon de dresser le rempart le plus élémentaire face au danger de mort auquel leur activité les expose.

Le préservatif, un laisser-passer suffisant ?

Mais n’est-il pas temps d’aller plus loin ? Au-delà de la santé de ces femmes, c’est leur vie même qui est  détruite. Détruite par ces fantômes dont nul ne semble remettre en cause le comportement, les « clients », l’usage du préservatif constituant apparemment un laisser-passer suffisant.

Il est pour le moins curieux qu’en 2009 la pratique de ces prostitueurs continue d’être acceptée comme une nécessité, comme une fatalité, que rien ne soit entrepris pour en finir avec ce « droit » d’un autre âge, exercé en rasant les murs.

Posons les questions qui fâchent. Comment ces hommes peuvent-ils justifier, au fond d’eux-mêmes, leurs actes ? Leurs violences ? Comment osent-ils exploiter sexuellement ces femmes en perdition, qui n’ont pas même le recours des mots pour le dire ? Comment vont-ils à l’occasion jusqu’à profiter de leur pouvoir pour refuser le préservatif, seul rempart qu’elles peuvent encore placer entre elles et la mort ?

Pour en finir avec la complicité

Que les « clients » prostitueurs soient mus par l’indifférence est inscrit dans la nature même de leur comportement. Mais pourquoi le corps social tout entier continue-t-il de les protéger de tout son silence, de toute sa complicité ? Ainsi, les médias, reflet de la pensée commune, évitent-ils soigneusement de poser la question de la violence de ces hommes, de leur impardonnable irresponsabilité. Comment des journaux peuvent-ils faire état de « fellation forcée » (Le Monde[2]) au lieu d’appeler les choses par leur nom ? Une « fellation forcée » est un viol. Faut-il comprendre (inconscient collectif ?) qu’un « client », dont la légitimité n’a décidément pas à être remise en cause, ne peut être un violeur, seulement un homme qui « force » mais reste dans son bon droit ?

A l’heure où la Norvège, après la Suède, vient de voter courageusement une loi interdisant tout achat d’acte sexuel (2008), il serait du devoir de notre pays d’oser en finir avec les représentations fantasmées de la prostitution, de refuser clairement cette exploitation indigne de la détresse des personnes les plus pauvres, les plus vulnérables, les plus oubliées, les plus méprisées.

User du corps d’autrui en profitant de sa situation désespérée est une forme de non assistance à personne en danger. Cela ne saurait rester un droit dans une société qui se prétend à grands cris démocratique et civilisée.


[1] Enquête menée de septembre 2007 à janvier 2008 auprès de 93 femmes chinoises prostituées.

[2] Les réfugiées du Lotus Bus, 6 février 2009.

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10 février 2009

Droits de l’homme : la Chine refuse le dialogue

10 février 09 - Au Conseil des droits de l’homme à Genève, Pékin a réussi à obtenir le soutien de nombreux pays africains et asiatiques. Les ONG parlent d’occasion ratée.

Stéphane Bussard / Le Temps - La Chine passée au crible du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ? Quelques mois après les Jeux olympiques de Pékin, le thème au programme de l’institution onusienne à Genève n’a pas laissé indifférent. Tôt vendredi matin, une soixantaine d’Etats se précipitaient pour inscrire leur nom sur la liste des orateurs.

Lundi, dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU, évaluation par les pairs), la tension était palpable. Pékin n’a pas lésiné sur les moyens pour présenter son bilan : il a dépêché des experts des Ministères de la sécurité publique et des affaires étrangères. Comme le souligne Ngawang Choephel, de l’ONG Tibetan UN Advocacy, « c’est la première fois depuis 1995 que la Chine est au cœur d’un débat de trois heures sur les droits de l’homme auquel elle participe. »

L’ambassadeur chinois auprès des Nations unies, Li Baodong, a, durant l’heure qui était impartie à sa délégation, souligné les efforts entrepris pour améliorer la situation des droits humains. Il a montré qu’à partir de la « modernisation historique » du pays lancée sous Deng Xiaoping, en 1978, un « nouveau chapitre dans la protection des droits de l’homme s’est ouvert ». Et l’ambassadeur d’avancer quelques chiffres pour étayer ses propos : depuis cette date clé, le nombre de pauvres en région rurale a chuté de 250 millions à 14 millions. Un chiffre que de nombreux experts, y compris en Chine, contestent sans toutefois nier la baisse réelle de la pauvreté.

La Chine a réussi à convaincre un nombre impressionnant de pays d’Afrique – une zone où Pékin est très présent – de lui tresser des lauriers. Parmi les plus en pointe, le Soudan d’Omar al-Bachir, le Zim­bab­we de Robert Mugabe et l’Afrique du Sud de Kgalema Montlanthe. Mais aussi des pays généralement très discrets : le Mozambique ou le Bénin. Parmi les Etats asiatiques, le Laos, le Vietnam ou la Birmanie ont aussi soutenu Pékin face aux déclarations plus critiques des Occidentaux, Australie et Canada en tête.

Les défenseurs des droits de l’homme sont beaucoup moins enthousiastes. Directrice du bureau genevois de Human Rights Watch, Julie Rivero déplore que Pékin n’ait pas saisi l’occasion de l’EPU pour s’engager dans un dialogue constructif. Ngawang Choephel s’inquiète du fonctionnement du Conseil : « Le Sri Lanka et le Pakistan ont demandé au Conseil de ne pas poser de questions sur le Tibet pour ne pas politiser le débat. C’est préoccupant. »

Pour Sharon Hom, directrice de l’ONG Human Rights in China, le refus catégorique de la Chine de reconnaître des violations des droits humains, torture, censure, usage excessif de la force au Tibet et dans les prisons, est inacceptable. A ses yeux, même si Pékin a ratifié la plupart des traités internationaux en la matière, le pays est toujours gangrené par une corruption massive alimentée par l’élite politique, par l’absence d’une justice et d’ONG indépendantes. L’avocate, qui a longtemps enseigné le droit en Chine, voit néanmoins quelques lueurs d’espoir en citant la Charte 08. Le document, élaboré à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, « est un événement majeur prenant place à un moment clé de la transformation sociale de la Chine », insiste Sharon Hom, qui ajoute : « Ce n’est pas un phénomène soudain. Cela s’inscrit dans un mouvement long et complexe vers la modernité. »

Fait exceptionnel, le document a été signé par plus de 8000 personnes, chercheurs, écrivains, professeurs, travailleurs, paysans. Preuve que le mouvement inquiète : les forces de l’ordre sillonnent le pays pour intimider d’éventuels signataires. L’intellectuel Liu Xiaobo, qui a paraphé le document, croupit toujours en prison. Sharon Hom mentionne aussi le cas de Liu Yao, un avocat de la province du Guangdong. Emprisonné pour avoir défendu des paysans dont la terre a été expropriée pour faire place à une usine électrique, Liu Yao n’est plus seul. 511 avocats de Shenzhen ont signé une pétition pour qu’il bénéficie d’un procès équitable. « Beaucoup de gens sans terre, sans travail, sans libre accès à l’information n’ont rien à perdre, souligne la directrice de Human Rights in China. Imaginez : une population rurale de 700 millions d’habitants est larguée, et 400 millions de Chinois vivent dans un environnement très pollué. » Sharon Hom ne cache pas que les Jeux olympiques n’ont pas aidé son combat : « Ces Jeux, qui ont coûté ce que coûtera la reconstruction du Sichuan dévasté par le tremblement de terre, ont accru le nationalisme. Ils ont véhiculé une image de modernité et de fierté. Allez expliquer à une audience internationale que les droits de l’homme sont une vraie préoccupation. »

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03 février 2009

Muhajiriyah : 30. 000 civils en grand danger !

Huguette CHOMSKI MAGNIS, Vice-présidente du Collectif Urgence Darfour

Le gouvernement de Khartoum a massé ses troupes autour de Muhajiriyah, ville du sud-Soudan, tenue par les rebelles du JEM depuis la mi-janvier

Il a ouvertement indiqué lundi que son armée se préparait à donner l'assaut, alors que les camps de déplacés du secteur de Muhajiriya étaient la cible de bombardements aériens. 

Selon des informations locales rapportées par l'organisation britannique Aegis Trust, des enfants auraient été tués.

L'affrontement entre l'armée soudanaise et les rebelles du JEM s'annonce meurtrier pour quelque 30 000 civils. L'évaluation du nombre de ces civils menacés varie selon les sources. L'AFP parle de "plus de 10. 000 " personnes, Aegis Trust sûrement plus proche de la vérité, de 30 000 à 40 000 civils.

Khartoum a exigé dimanche 1° février le départ des soldats de la MINUAD (la force de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union Africaine), qui consacrerait l' abandon de la population, littéralement prise au piège.  A noter que 5.000 déplacés, ont trouvé refuge directement dans le camp local de la Minuad au nord de Muhajiriya.

Après 24 trop longues heures de réflexion, l'ONU a annoncé sa décision de rester à Mouhajiriya.

Partir eut été indigne : la MINUAD tient du Conseil de Sécurité de l'ONU son mandat d'assurer la protection des civils menacés.

"Nous sommes là pour protéger les civils. Imaginez ce qui pourrait se passer si la Minuad se retirait en laissant ces milliers de personnes livrées à elles-mêmes", a déclaré Noureddine Mezni, porte-parole de la Minuad.

On imagine en effet. Et on a tout lieu d'être très inquiets.

La Minuad ne compte que quelque 15.000 soldats et militaires au Darfour, dont seulement 190 personnes en poste à Muhajiriya. C'est bien peu, dangereusement peu.

Et qu'attendre à présent de l'Union Africaine qui vient d'élire à sa tête Mouammar Kadhafi ?
La France membre du Conseil de Sécurité de l'ONU se doit d' exiger que l'engagement de l'ONU soit tenu et la protection des civils, hommes, femmes et enfants garantie au Darfour. En premier lieu, de façon urgente, à Muhajiriyah !

Posté par Malka Marcovich à 19:23 - maintien de la paix - Commentaires [0] - Permalien [#]
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