Le 1er juillet, Louise Arbour, Haute Commissaire aux droits de l'homme, quittera son poste, laissant la place à son successeur qui n'a toujours pas été désigné, même si les rumeurs enflent un peu plus chaque jour....
Voila prés d'un mois que la juriste canadienne - qui entamera à n"en pas douter une nouvelle carrière politique - s'insurge, communiqué de presse après communiqué de presse, contre les violations des droits humains au Zimbabwe, en République Démocratique du Congo, en Birmanie (pas en Chine) contre la peine capitale sur des mineurs en Iran, l'expulsion d'émigrés erythréens en Egypte etc...
Dans un long interview publié dans le Monde daté du 28 juin, Louise Arbour critique la manière dont les démocraties "tolèrent  l'érosion" des droits humains et l'avancée du religieux au sein de l'institution en ce 60ème anniversaire de la Déclaration universelle.

On ne peut que s'en réjouir. Pourtant, on aurait aimé qu'elle affirme un message plus clair lors de sa dernière mission (et premier voyage) au Pakistan qui se trouve être par ailleurs le représentant agressif de l'Organisation de la Conférence islamique au Conseil des droits de l'homme . Il est un des pays à oeuvrer pour la mise sous tutelle du Haut Commissariat, qui fut une des raisons de sa volonté de départ.
Dans son communiqué de presse datant du 27 juin, elle félicite au contraire le gouvernement Musharaf, et ne dit mot sur la pénalisation des relations sexuelles hors mariage que le Pakistan légitimait encore dernièrement en pleine séance du Conseil au nom de la Shariah.
Il faut dire qu'avant de partir,  elle a lancé le projet d'une réflexion d'experts (en sera-t-elle?) qui sera organisée dans le courant de l'année par le Haut commissariat, et portera sur la limitation de la liberté d'expression dans le cadre de  la haine contre les religions (à savoir le blasphème).

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas fait preuve de grand courage dans la défense des droits humains durant son mandat.
On s'en souvient, elle s'était rendue à Téhéran voilée pour la conférence du Mouvement des non alignés en septembre, et avait écouté sans broncher l'appel à la destruction de l'état d'Israël par le président iranien.
Elle n'avait pas condamné l'arrestation, le procès sans observateur international, les sentences iniques, les conditions infâmes de détention de la rapporteure spéciale sur la traite Madame Sigma Huda par un des pays membres du CDH, le Bangladesh.
Louise Arbour a trop longtemps - comme nombre d'ONG, et les démocraties - toléré l'érosion des droits humains.
Parviendra-t-elle encore à nous étonner, in extremis, à 3 jours de la fin de son mandat ?