11 juillet 2009
Obama s'engage auprès du pape à réduire les avortements


La défense de la vie a été au coeur des discussions entre le Président Obama et le Pape Benoît XVI le vendredi 10 juin.
Ce dernier lui a remis un exemplaire en cuir de sa dernière
encyclique «Caritas in veritate» (la Charité dans la vérité), publiée
mardi, et le document «Dignitas Humanae» publié par le Vatican en
décembre.
Ce texte étend la «dignité» d'être humain à l'embryon et condamne donc
les nouvelles techniques médicales ou scientifiques qui lui portent
atteinte d'une manière ou d'une autre. voir
Selon le père Federico Lombardi, le président américain a exprimé «très explicitement son engagement à
faire tout son possible pour réduire le nombre des avortements» aux
États-Unis.
02 juillet 2009
L' « Islam hard » et les intellectuels
Réaction au Rebond d'Esther Benbassa dans Libération au sujet de l'affaire Vincent Geisser
Par Rose Prudence
Il faut bien
évidemment défendre avec la dernière énergie le droit de V. Geisser
à dire tout ce qu'il veut. Et même à insulter qui il veut - il ne
serait pas le premier. Et même au titre de son expertise de chercheur ?
Pourquoi pas. Mais il n'est pas interdit de connaître ses propos. N'en
déplaise à ses ardents défenseurs, ceux-ci n'ont rien de futile,
compte tenu des personnes qu'il attaque, et des dangers auxquels il
les expose - dangers sans proportion aucune avec le Conseil de discipline
devant lequel il est convoqué.
Ses partisans
ont-il lu « 'Islam light ': un produit qui se vend bien » (http://oumma.com/Islam-light-
Ces avocats d'un « islam des Lumières » ne font donc, selon V.G., que continuer dans les media aujourd'hui le travail de négation et de destruction de l'identité musulmane entrepris depuis la colonisation - et deviennent, ce faisant, les alliés objectifs du post-colonialisme assimilationniste, les alibis et les soutiens des politiques discriminatoires, racistes, éradicatrices même, à l'encontre des musulmans de France : ils sont, tout simplement des « musulmans islamophobes » (dans un style à peine moins châtié - mais plus explicite -, Marc-Edouard Nabe, officiellement aux antipodes des opinions de Geisser, les appelle, lui, des collabeurs). Nous savons, et VG ne peut l'ignorer lorsqu'il s'exprime bardé de la liste de ses ouvrages scientifiques que les qualifier ainsi, c'est les exposer, d'emblée, à une fatwa ou, pire, à la vindicte du premier djihadiste venu -
On mesure la mansuétude qu'il aura fallu à certains de ces intellectuels pour, malgré tout, signer une pétition de soutien à celui qui les accuse, rien de moins, que de vouloir « promouvoir un islam sans musulmans, …. épuré des ses croyants et de ses pratiquants »!
Il y a pire. Le ton de VG change dès lors qu'il est question des femmes d'origine musulmane, laïques et féministes, qu'il désigne, dans un titre stupéfiant, comme « les poupées-Barbie de l'Islam light » (Oumma.com, 11 février 2008). Le mépris des femmes, le machisme virulent de l'ardent pourfendeur de l'islamophobie se donne ici libre cours, dans les clichés les plus grossièrement misogynes et sexistes. Les femmes auxquelles il s'attaque (Latifa Ben Mansour, Malika Mokeddem ou Khalida Messaoudi d'une part, Chahdortt Djavann, Irshad Manji ou Ayaan Hirsi Ali de l'autre) deviennent sous sa plume des « Cosette musulmanes » incapables, contrairement à leurs alliés masculins, d'une once de réflexion politique. Elles sont les « actrices passives d'une mise en scène émotionnelle et passionnelle », dont la seule fonction médiatique est celle d'un « exhibitionnisme télévisuel, jouant sur une forme d'érotisme malsain ».
Le crime de Chahdortt Djavann, Irshad Manji ou Ayaan Hirsi Ali ? C'est (aux yeux de VG) d'abord d'être jeunes, télégéniques et… « sexy ». Si elles sont sollicitées par les media c'est d'abord pour leur « capacité à mettre en scène un érotisme victimaire (sic). Et ces , « nouvelles martyres » ne renvoient à « une image de sensualité et de pureté, presque innocente, sortes de Madones des temps modernes » que, pour mieux faire passer le « racisme à peine voilé » de leur message islamophobe,
Sois belle, martyre, et tais-toi - mais fais-moi bander ! Il reste que, tout occupé à ériger des contructions érotico-S&M sur les femmes des Lumières, VG en oublie l'essentiel : c'est que, ces « Cosette musulmanes », ces « poupées-Barbie » (on appréciera la délicatesse de l'insulte), au cerveau lisse comme un petit pois mais érotiques à souhait ont néanmoins été jugées, toutes trois, dignes de faire l'objet de fatwas : que les unes et les autres vivent aujourd'hui sous protection constante, en danger permanent d'agression - de meurtre. Toutes trois risquent le sort de Théo van Gogh, ami d'Ayaan Hirsi Ali (on sait que celle-ci fut nommément désignée aux coups de son meurtier). De cela, VG ne dit mot, ni de leur courage, ni de l'obstination dont elles doivent faire preuve pour défendre leurs opinions, et notre liberté - les défendre contre les islamistes et aussi contre les chercheurs qui ne voient en elles que des «poupées» à usage sexuel.
Environ 5000 chercheurs se sont émus de la menace que le CNRS ferait peser sur la liberté d'expression de VG (on sait qu'il risque, au mieux, un blâme administratif), et sur sa préférence manifeste pour un « Islam hard ». Je me demande combien d'entre eux se sont mobilisés pour défendre la liberté de mouvement, et … le simple droit de vivre des « poupées-Barbie » Ayaan Hirsi Ali, Chadortt Djavann, Irshad Manji, ou encore de Latifa Ben Mansour, Malika Mokeddem ou Khalida Messaoudi - et de tous les autres musulmans laïcs et progressistes, victimes désignées de ceux qu'il présente, pour sa part, comme les vrais représentants de l'Islam.
26 juin 2009
Robert Ménard quitte le Centre de Doha pour la liberté d’information
AFP/ Le Monde
Le directeur du
Centre de Doha pour la liberté d'information, basé au Qatar, Robert
Ménard, a annoncé, mardi 23 juin, sa démission de ce centre créé en
décembre 2007, se disant "asphyxié" par le manque de liberté. "Nous n'avons plus ni la liberté ni les moyens de travailler", explique-t-il dans un communiqué.
Sur le même sujet "Certains responsables qataris n'ont jamais voulu d'un centre
indépendant, libre de s'exprimer en dehors de toute considération
politique ou diplomatique, libre de critiquer le Qatar lui-même : or,
comment être crédible si l'on passe sous silence les problèmes dans le
pays qui vous accueille?" poursuit le Français.
M. Ménard s'est plaint de la réticence de certains responsables à
accepter la liberté du Centre, citant notamment le président de son
conseil d'administration, cheikh Hamad ben Thamer Al Thani, également
président du conseil d'administration de la chaîne satellitaire
Al-Jazira. "Ces personnes n'ont jamais accepté l'idée de notre indépendance et de notre liberté de parole, accuse-t-il. Elles n'ont eu de cesse de nous mettre des bâtons dans les roues et, ce faisant, de s'opposer aux engagements pris".
Le fondateur de Reporters sans frontières a cependant rendu hommage
à l'émir du Qatar et à son épouse, cheikha Mozah bint Nasser Al-Masnad,
soulignant que c'était la "première fois qu'une organisation internationale de défense de la liberté de la presse voyait le jour dans un pays du Sud". Le Centre de Doha a été créé en décembre 2007 par la Fondation du Qatar, que préside l'épouse de l'émir et RSF.
10 mai 2009
Jacob Zuma, machiste ethnique, mystique et triomphant, ami des dictateurs et ami de la France
Le 9 mai 2009, Jacob Zuma, chef de l'ANC (Congrès national africain) accédait à la Présidence de la République d'Afrique du Sud,devenant ainsi le quatrième président de la "nation arc-en-ciel" inaugurée par Nelson Mandela.
15 ans après la fin de l'Apartheid, la plus grande démocratie d'Afrique qui représentait l'espoir, et dont les messages sont des symboles pour l'ensemble du continent et au delà, est dirigé désormais par un homme qui incarne la quintessence du machisme et de l'obscurantisme ethnique, ainsi que de l'impunité face à la corruption.
Alors qu'il devait être présenté devant la justice en juillet 2009 (la 38e fois sur une période de 7 ans et demi) dans une sombre affaire de pots de vins, le parquet sud africain leva toutes les poursuites contre lui le 6 avril 2009 (afin qu'il puisse être éligible), ainsi que celles contre la manufacture d'armes française Thalès également en cause.
Zuma se déclare polygame, fidèle à sa culture Zoulou et "africaine" qu'il promeut comme une valeur intrinsèque. On lui attribue entre 3 et 6 épouses ainsi que 14 à 17 enfants, issus de 11 compagnes différentes.
Homophobe, il considère les relations entre personnes du même sexe, comme " un déshonneur pour la nation et pour Dieu." Il alla jusqu'à dire que dans sa jeunesse, il aurait mis KO tout homosexuel se trouvant sur son chemin.
On le connaît aussi pour ses ferveurs mystiques à l'endroit de l'ANC : "Dieu attend que nous dirigions ce pays car nous sommes la seule organisation qui a été bénie par des pasteurs lors de sa création. Elle est même bénie dans les cieux. C'est pourquoi nous dirigerons jusqu'au retour de Jésus."
A l'occasion de son procès pour viol en 2005, alors qu'il n'avait pas utilisé de préservatif avec sa victime Fezeka Kuzwayo qu'il savait séropositive, il dit qu'une bonne douche après l'acte sexuel suffisait pour se protéger du Sida. Depuis les caricaturistes sud-africains le présentent systématiquement arborant un pommeau de douche sur la tête.
L'arrogance et la violence se manifestèrent à chaque étape du procès pour viol, qui se termina par un non lieux, obligeant la victime, menacée de mort par les proches de Zuma, à fuir l'Afrique du Sud pour se réfugier aux Pays Bas. (Le Royaume Uni et le Canada avaient également accepté de lui donner asile).
Durant le procès et à l'annonce du verdict, Zuma et la foule de supporters chantèrent en cœur le chant Zoulou Lethu Mshini Wami (rendez-moi ma mitraillette). Les courageuses organisations de femmes qui luttent contre le viol essuyèrent critiques et insultes, et l'une d'entre elle, que les amis de Zuma avaient pris pour la victime, se vit accueillie à coup de jets de pierres devant le tribunal.
La défense revint sur le passé sexuel de la plaignante âgée de 31 ans, fille d'un camarade de combat de Zuma, affirmant qu'elle était
consentante, et décrivant leur relation comme celle d'un père envers sa fille !!!. Prétendant que c'était elle qui lui avait fait des avances, il alla jusqu'à ajouter :
«Dans ma culture, on ne peut pas laisser une femme excitée sans rien faire».
Dans ce pays qui compte un des plus grand taux de viols dans le monde (55 000 cas rapportés à la police durant l'année 2003-2004, soit un cas rapporté sur neuf selon les estimations), l'élection d'un violeur polygame avéré aura des conséquences sur la libération sexuelle des femmes.
Que faisait donc à Prétoria la Secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade, lors de l'intronisation de Jacob Zuma le 9 mai dernier, elle qui prétend placer en priorité la lutte pour les droits des femmes et contre l'homophobie dans sa politique internationale?
Que faisait elle dans les tribunes officielles, avec les amis dictateurs du nouveau Président sud-africain, parmi lesquels on pouvait notamment reconnaître Mouammar Kadhafi, avec qui il veut édifier les Etats-Unis d'Afrique, le roi Mswati III du Swaziland, dernier monarque absolu d'Afrique, le président du Zimbabwe Robert Mugabe, Kim Yong Nam, n°2 du régime régime de Corée du Nord, la délégation gouvernemental du Soudan alors que le Président Omar El Beshir est sous mandat d'arrêt international ?
A moins que sa présence ne soit la caution de la France en échange de la levée des poursuites contre la filiale française d'armement implantée en Afrique du Sud.
La Realpolitik a ses raisons que la défense des droits humains ignore... reconnaissait en d'autres termes Bernard Kouchner le 10 décembre 2008 lors du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle....
15 novembre 2008
Alleluia ! Le pays de l’apartheid sexuel berger des Nations pour un futur glorieux !
C’est à l’initiative de l’Arabie Saoudite que l’Assemblée Générale s’est réunie pour deux jours de Dialogue de haut niveau autour de la culture de la paix les 12 et 13 novembre, afin d’entamer dés à présent les préparatif pour « l’Année internationale du rapprochement des cultures » prévue en 2010.
La résolution issue de ces deux journées et adoptée par consensus, confirme que la paix mondiale et la prévention du terrorisme ne pourront aboutir que grâce au dialogue interreligieux et civilisationnel. Grace à cela la promesse de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle pourra enfin se réaliser.
Quelle formidable ironie de l’histoire de voir que c’est l’Arabie Saoudite qui mène la danse désormais, alors qu'en son temps elle refusa la Déclaration universelle en raison notamment de l’égalité prônée entre les femmes et les hommes. (Voir les Nations désUnies)
Pas un seul des soixante quinze orateurs n’a d’ailleurs soulevé ce point. A croire que les gouvernements n'utilisent en fin de compte les droits des femmes que comme unique décorum dans leur panoplie de diplomatie de façade.
En Arabie Saoudite, pays d’Apartheid sexuel par excellence, le sort des femmes n’a guère évolué depuis soixante ans. Déjà en 1979, la féministe radicale Andrea Dworkin condamnait la manière dont Jimmy Carter s'arrangeait avec le Royaume Saoudien.
Aujourd'hui comme jadis - ou plutôt plus que jadis en raison de la place grandissante qu'a pris l'OCI au sein de l'ONU- les Nations ne rechignent nullement à se courber dans ces vastes cérémonies déclamatoires.
La France, qui pourtant affirme placer les droits des femmes au devant de son agenda (et qui s’apprête à célébrer en grande pompes le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle), fut un des pays à flatter avec le plus d’enthousiasme le Roi Abdallah. A côté, le discours de Riad ferait presque figure d'appel guerrier. (voir http://www.un.org/french/ga/63/meetings/peace_culture_hl.shtml)
La liberté d'expression, le Moyen orient, la mise en avant des religions comme seuls moteurs pour la paix furent au centre des principales déclarations.
En septembre 2008, le journaliste Christian Malar s’étonnait sur France 3 du ton religieux que prenait le lancement de la 63ème Assemblée Générale.
Dans la marche vers Durban 2, la tendance inquiétante se confirme.
05 novembre 2008
L'Union pour la Méditerranée se construira-t-elle contre l'universalité des droits ?
Ca y est ! C'est fait. Un compromis a été trouvé concernant la participation de la Ligue arabe à tous les niveaux.
Le projet Union pour la Méditerranée (UPM) pourra poursuivre son bonhomme de chemin.
Dans un article (daté du 1er novembre dans le journal Le Monde intitulé L'union pour la méditerranée en difficulté) le journaliste rapportait les propos d'Alger qui s'inquiétait du blocage d'Israël quant à la participation de la Ligue arabe à la veille du sommet:
« On a l'impression qu'Israël mène la danse. On va de compromis en compromis : la réunion de Marseille est pleine d'incertitudes ».
Israël a donc accepté finnalement la participation pleine et entière de la Ligue arabe en echange d'un siège comme secrétaire adjoint de l'UPM. Cela ne pose donc aucunement problème désormais à Israël que la lutte contre le sionisme soit une des priorités de la Charte de la ligue arabe des droits de l'homme.
Une victoire diplomatique ?
C'est ce qu'affirme le Quai d'Orsay et la diplomatie egyptienne.
Une victoire pour les droits humains ?
En ce 60ème anniversaire de la Déclaration universelle, la participation pleine et entière de la Ligue arabe comporte de réels dangers. Il suffit pour s'en convaincre de lire la Charte arabe des droits de l'homme, entrée en vigueur en janvier 2008, qui porte définitivement atteinte à l'universalité des droits.
Extraits qui posent problème:
PREAMBULE
Procédant de la foi de la Nation arabe dans la dignité de l'homme que Dieu a honoré depuis la création du monde et dans le fait que la patrie arabe est le berceau des religions et des civilisations dont les nobles valeurs ont consacré le droit de l'homme à une vie digne fondée sur la liberté, la justice et l'égalité,
Afin de concrétiser les principes éternels de fraternité, d'égalité et de tolérance entre les êtres humains consacrés par l'Islam et les autres religions révélées,
(...)
Rejetant toutes les formes de racisme et le sionisme* qui constituent une violation des droits de l'homme et une menace pour la paix et la sécurité internationales, (...)
article 3
(...)
c) L'homme et la femme sont égaux sur le plan de la dignité humaine, des droits et des devoirs dans le cadre de la discrimination positive instituée au profit de la femme par la charia islamique et les autres lois divines et par les législations et les instruments internationaux.
article 7
a) La peine de mort ne peut être prononcée contre des personnes âgées de moins de 18 ans sauf disposition contraire de la législation en vigueur au moment de l'infraction;
b) La peine de mort ne peut être exécutée sur la personne d'une femme enceinte tant qu'elle n'a pas accouché ou d'une mère qui allaite que deux années après l'accouchement, dans tous les cas l'intérêt du nourrisson prime.
* la lutte contre le racisme et le sionisme est repris à l'article 2
20 octobre 2008
Le dialogue, une arme contre l'égalité entre les femmes et les hommes
La liste des hommes politiques qui préconisent le dialogue avec les régimes les plus obscurantistes - régimes qui ont fait de l'apartheid sexuel et de la diabolisation des libertés individuelles leur vision politique et sociétale - s'allonge décidément un peu plus chaque jour.
Cette liste est si longue qu'il faudrait des centaines de pages de blogs pour pouvoir aligner les noms.
Certes on peut citer comme un des précurseurs de ces dérives lamentables, le président américain Jimmy Carter qui dés 1979 considérait l'Arabie Saoudite comme une amie, et dernièrement préconisait le dialogue avec le Hamas dont on connaît les liens avec la République islamique d'Iran.
Les Etats Unis ne sont pas les seuls à apporter leur soutien sans faille au régime saoudien. On s'en souvient, le Président Nicolas Sarkozy avait même salué en janvier, lors de son célèbre discours de Riyad, la fameuse "politique de civilisation" (qui fit couler tant d'encre au mois de janvier 2008) face au Conseil Consultatif du Royaume saoudien, comptant 150 hommes et zéro femmes.
Les chantres masculins du dialogue se comptent par dizaines. Ils sont d'ailleurs prêts à briser même le tabou des tabous, en se rendant en Iran malgré les sanctions du Conseil de Sécurité.
Tous s'affairent, hommes d'affaires, hommes politiques, députés etc...considérant qu'il faut dés à présent préparer un "hypothétique" après Ahmadinedjad, qui ne pourrait être - bien évidemment - que progressiste.
De Jean-Louis Bianco député PS, à Jacques Myard, député UMP, de Hubert Védrine, ancien Ministre des affaires étrangères (et représentant pour l'Europe de l'Ouest de l'Alliance des civilisations), à Lionel Jospin, ancien premier ministre, chacun y va de son engagement vers ce fameux dialogue, tant loué par l'ancien (futur ?) président Khatami. Il ne faut pas oublier que celui que tous cherchent à présenter comme un "modéré" (qui fut à l'initiative du "dialogue" puis de l'Alliance des civilisations dés 1998, (voir chapitre consacré à l'Alliance dans Les Nations désUnies)) , n'eut de cesse de réprimer toute opposition politique durant sa présidence, accéléra le programme nucléaire iranien, ne fit en rien évoluer les droits fondamentaux des femmes, sauf peut-être, pour la façade, en matière de représentation politique ???!!!!
Aujourd'hui, la question de la représentativité des femmes est devenue centrale dans les plateformes onusiennes et autres. Et les femmes sont plus que jamais instrumentalisées. On se plait ainsi à présenter des délégations à larges proportions de femmes, foulards Dior et sacs Gucci, qui vont jusqu'à légitimer la règlementation de la polygamie à l'instar du Bahrein, lors de son examen périodique universel en avril 2008.
En face, des pays comme la France, (malgré les efforts du Président Sarkozy à donner des postes à responsabilité à certaines femmes emblèmatiques), continue d'avoir des négociateurs du quai d'Orsay, majoritairement - pour ne pas dire essentiellement - masculins.
Nous nous retrouvons donc devant ce terrible constat. C'est en raison des discriminations persistantes à l'encontre des femmes et du peu de représentation politique et économique dans le monde, que les femmes sont si peu nombreuses à se rendre en Iran pour participer au mirage du dialogue. La République Islamique ne rechigne en effet nullement à recevoir les grandes dames de ce monde, du moment qu'elle acceptent de se plier aux préceptes islamiques et se couvrent la tête.
La Galerie de portrait des hommes qui portent de plus en plus leur regard en direction de l'Iran est si longue, qu'un rapide inventaire des grandes figures qui se sont rendues en République islamique d'Iran la semaine dernière est déjà suffisamment éloquent. (voir "la semaine en image" sur le site d'Iran resist).
Pour les femmes, on compte au nombre de 4 les grandes figures qui se sont rendues dans la République islamique d'Iran depuis 2001.
Du fait de leur statut et de leur fonction, que ces femmes précisemment aient accepté de porter le voile, a une portée symbolique d'autant plus importante pour la cause de toutes les femmes dans le monde.
Avril 2001 - Conférence préparatoire asiatique à la conférence mondiale contre le racisme de Durban Téhéran :Mary Robin
son Haute Commissaire aux droits de l'homme, voilée
Fevrier 2005 - Visite en Iran de la rapporteure spéciale sur les violences faites aux femmes Yakin Erturk, voilée (photo Mehdi Khoshnevis)
Septembre 2007 - Conférence du Mouvement des Non alignés à Téhéran, sur les "Droits de l'homme et la diversité multiculturelle" à laquelle participe la Haute Commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, voilée.
Mars 2008 - Visite commerciale pour signer un contrat gazier de 13 milliards de dollars, par la Cheffe de la diplomatie de la Suisse, Micheline Calmy Rey, voilée.
Octobre 2008 - Conférence de Téhéran sur "La religion dans le monde moderne", à laquelle participe Mary Robinson, ancienne Haute Commissaire aux droits de l'homme et ancienne Présidente de l'Irlande, voilée.
18 octobre 2008
En marge de la réunion préparatoire de Durban 2, Khatami prépare son retour politique international

Alors que se réunissaient à Genève les distingués délégués pour la réunion préparatoire de Durban 2, l’ancien (peut-être futur) président de la République islamique d’Iran, Sayyed Mohamed Khatami, conviait les anciens (peut-être futurs ?) haut dignitaires - qui comptaient dans la marche du monde il y a dix ans - à se réunir lors d’une conférence les 13 et 14 octobre à Téhéran, intitulée La religion dans le monde moderne (sous les auspices de la Fondation Dialogue des civilisations fondée et présidée par Khatami, du Club de Madrid et du Oslo Center for Peace and Human Rights) *
Parmi les personnalités invitées à débattre « de la manière dont les chefs politiques et religieux peuvent coopérer pour promouvoir la paix, les droits humains, les valeurs religieuses et morales, la diversité et la coexistence pluraliste dans les sociétés modernes », on trouvait notamment :
- Kofi Annan ancien Secrétaire Général de l’ONU,
- Federico Mayor, ancien Directeur général de l’Unesco et actuel co-président de l’Alliance des Civilisations,
- Pino Arlacchi, ancien Directeur général du Bureau pour le contrôle des drogues et de la prévention du crime de l’ONU
,
- Mary Robinson, ancienne Présidente de l’Irlande, ancienne Haute Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU et actuelle vice-présidente du Club de Madrid
- Jorge Sampaio, ancien Président du Portugal, et actuel Haut représentant de l’Alliance des civilisations auprés du Secrétaire Général de l’ONU,
- Joseph Deiss, ancien Président de la Suisse,
- Chandrika Kumaratunga, ancien Président du Sri Lanka,
- Dr Abdullah, ancien Ministre des affaires étrangères d’Afghanistan ,
- Kjell Magne Bondevick ancien Premier ministre de la Norvège,
- Sadiq Al Mahdi, ancien Premier ministre du Soudan,
- Zlatko Laumdzija, ancien Premier ministre de Bosnie,
- Romano Prodi, ancien Premier ministre de l’Italie,
- Lionel Jospin, ancien Premier ministre de la France...
Les participants affirmèrent que cette rencontre n’avait rien de politique. Son unique but étant de promouvoir le dialogue entre les différentes cultures.
Néanmoins, la déclaration finale est on ne peut plus politique et les leaders religieux y tiennent un rôle de premier ordre.
Le préambule affirme « que la crise mondiale de l’alimentation, de l’énergie et la crise financière, ainsi que la violence exercée par des acteurs non étatiques ou des Etats, (…) en particulier en Palestine, en Irak et en Afghanistan, risque d’exacerber les divisions entre les sociétés. »
Le programme d’action en douze points demande notamment la création d’un « taskforce » de leader religieux et politiques afin de se pencher sur les conflits régionaux et mondiaux, d’organiser des réunions pour promouvoir une vision focalisée sur le dialogue, promouvoir les meilleures pratiques de dialogue entre les religions et les cultures, établir des partenariats locaux et des réseaux avec la société civile, faire participer le secteur privé, promouvoir le dialogue sur Internet et des éditoriaux dans les journaux, publier périodiquement un Rapport d’observation du dialogue religieux et culturel…
Lorsque l’on apporta à Khatami 65 roses pour célébrer son anniversaire, celui-ci déclara que la date était pure coïncidence. Par ailleurs, il refusa de se prononcer sur sa candidature à huit mois des élections présidentielles iraniennes.
A l’issue de la conférence, il convia les dignitaires présents à un voyage dans sa ville natale, à Yazd, au centre de l’Iran.
*voir plus de photos sur la semaine en image sur Iran Resist
03 octobre 2008
La Suisse n'a rien contre le Hezbollah
La Suisse a plus d'un tour dans son sac. Et cette fois elle affirme qu'elle n'a rien contre le Hezbollah et ne voit "aucun problème" à entretenir de bonnes relations avec le mouvement de Dieu, bras de l'Iran au Liban.
Est-ce pour effacer les "gaffes" de sa Ministre des affaires étrangères Micheline Calmy Rey - qui prétendait pouvoir dialoguer avec Ben Laden (voir le remarquable article de Charles Malou sur les compromissions suisses "La Suisse se voile à Téhéran, se couche à Tripoli et se réveille du côté de Ben Laden" - que les représentants du gouvernements suisse sont si complaisants à présent à l'égard du Hezbollah ?
Quoi qu'il en soit, voilà le nouveau lapin sorti du chapeau de la diplomatie helvète.
Pour Micheline Calmy Rey, seul Al-Qaida est sujette à caution puisque c'est la seule organisation condamnée et considérée comme terroriste à l'ONU. Par ailleurs, elle affirme que son pays" ne suit pas de recommandations autres que celles qui émanent des Nations Unies en la matière"
Cette déclaration est en parfaite contradiction avec l'attitude de la Ministre qui n'a pas hésité à enfreindre les sanctions imposées par le Conseil de Sécurité, en se rendant en mars 2008, voilée à Téhéran pour y établir un contrat gazier.
Dans un article publié sur Swissinfo, le Cheikh Naïm Kassem, un des fondateurs du Hezbollah, dans un entretien exclusif avec le correspondant suisse au Liban, se présente comme un homme formidablement modéré.
19 septembre 2008
La Suisse se voile à Téhéran, se couche à Tripoli et se réveille du côté de Ben Laden
Mars 2008, la Ministre des Affaires étrangères suisse, Micheline Calmy Rey, se rend à Téhéran pour signer un contrat gazier de plusieurs milliards de dollars, l’obligation de porter le voile constituant « une question secondaire par rapport à l’intérêt de la mission diplomatique» pour l'ambassadrice de Suisse Livia Leu Agosti.
Eté 2008, Hannibal Kadhafi, fils cadet du dictateur libyien, est arrêté à Genève avec son épouse, après que leurs domestiques eurent porté plainte à la suite de maltraitances extrêmes. Un véritable feuilleton à rebondissement, où la Suisse fait profil bas, et où Jean Ziegler (nouveau membre du comité consultatif des droits de l'homme du CDH) cherche à apaiser les choses en faveur de son ami le colonel Khadafi.
Septembre 2008, Micheline Calmy Rey dit qu'il faut rechercher le dialogue sans discrimination, même avec Ben Laden. Le journaliste de l'AFP qui a rapporté cette proposition dans une dépêche, se voit attiré les foudres de la chef de la diplomatie helvétique. Elle n'a pas hésité à se plaindre à Bernard Kouchner et a tout bonnement demandé des sanctions à l'AFP à l'encontre du journaliste. Espérons que Reporter sans frontières s'indignera de ce type de pratique qui fait honte à la démocratie et la met en péril.
Charles Malou, revient sur cette triple saga dans un long article qu'il m'autorise à publier in extenso
Micheline Calmy-Rey, la ministre suisse des affaires étrangères, persiste et signe. En mars 2007, en visite à Téhéran pour la signature d’un contrat gazier, elle avait suscité l’indignation des féministes iraniennes en se faisant photographier, voilée et tout sourire, aux côtés du président Ahmadinejad sous un portrait géant de l’ayatollah Khomeyni. Maintenant, elle vient de nommer une femme, qui a d’ores et déjà fait savoir qu’elle se soumettra au rite du voile islamique, comme ambassadrice de Suisse en Iran. L’envoi d’une femme dans un pays dominé par les hommes aurait pu être un signe en faveur de l’égalité, mais encore aurait-il fallu qu’elle-même fût traitée sur le même pied que les autres ambassadeurs. Or, en se pliant à cette contrainte de soumission de la femme, imposée par les intégristes, la diplomatie helvétique pêche par excès de zèle, allant même au-delà de ce que les mollahs pouvaient exiger d’elle.
Interrogé par le quotidien « La Liberté » de Fribourg lors des remous provoqués par l’accoutrement de la ministre suisse à Téhéran, un journaliste iranien d’une publication officielle avait dit apprécier le geste, tout en reconnaissant que « rien dans le protocole ne force une personnalité étrangère non musulmane à se couvrir la tête ». D’ailleurs, la pusillanimité de Mme Camy-Rey avait été vivement critiquée par Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, qui lui avait reproché de s’être intéressée aux seuls accords commerciaux sans mentionner une fois les droits de l’homme, et encore moins ceux de la femme, à Téhéran.
Dans des déclarations à la presse, la future ambassadrice de Suisse, Livia Leu Agosti, a fait valoir que l’obligation de porter le voile constitue pour elle « une question secondaire par<rapport à l’intérêt de la mission diplomatique. » Comme sa ministre, elle respectera donc une loi iranienne… qui ne s’applique pas à elle, sans trop se soucier que c’est également dans la loi que sont inscrites toutes les discriminations entre hommes et femmes en Iran. Sans oublier les châtiments corporels, comme la lapidation ou les amputations, ni les exécutions de mineurs ou encore la peine de mort pour blasphème.
… SE COUCHE A TRIPOLI …
La ministre suisse des affaires étrangères a également adopté un profil bas dans le bras de fer avec la Libye depuis le scandale provoqué à la mi-juillet dans un palace de Genève par le fils cadet du colonel Kadhafi.
suite........LA_SUISSE_SE_VOILE_A_TEHERAN_1_


