03 juin 2009
La liberté d'expression du rapporteur spécial sur la liberté d'expression contestée au Conseil des droits de l'homme
Le nouveau rapporteur spécial pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'expression, Frank La Rue Lewy a présenté son premier rapport le 2 juin lors de la 11ème session du Conseil des droits l'homme. Son mandat avait été redéfini dans le cadre des réformes de l'ONU et des mandats des rapporteurs spéciaux.
Malgré son évidente bonne volonté à ménager la chèvre et le choux, et même à valoriser le résultat de Durban 2 qu'il considère comme marquant "l'aube d'une ère nouvelle dans la lutte contre la discrimination raciale", il fut cependant la cible de nombreuses critiques car il n'avait pas abordé dans son rapport "les cas où la liberté d'expression constitue un acte de discrimination raciale ou religieuse".
Et cela malgré le fait que dans son rapport, il ait mis en exergue la notion de "responsabilisation des médias" (nouvelle formule pour paraphraser la censure) et avoir lancé une réflexion pour établir un programme de formation sur Internet à destination des journalistes sur les questions de droits de l'homme, de diversité culturelle et de déontologie, afin de responsabiliser les journalistes dans leur travail sur les questions sensibles sur le plan culturel.
Mais pour certaines délégations, (Le groupe africain, OCI, Ligue arabe, Inde, Emirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, le Sri lanka, l'Algérie, l'Afrique du Sud, la Malaisie...), son appel à la "responsabilisation" des journalistes et son soutien à Durban 2 n'a pas semblé suffisant.
Ainsi, Cuba a reproché au rapporteur spécial de ne pas avoir évoqué explicitement les questions relatives aux incitations à la haine par la presse et a accusé le rapporteur d'avoir noué des contacts avec des organisations à la réputation douteuse.
L'Egypte au nom du groupe africain (puis en son nom propre) a ajouté que le Rapporteur n'avait pas respecté le code de conduite auquel sont soumis les titulaires de mandats, puisqu'il n'avait pas abordé les abus de la liberté d'expression qui favorisent la haine des religions, à savoir la diffamation des religions.
Dans le même sens le Pakistan, au nom de l'OCI a déclaré que la liberté d'expression n'était pas une liberté absolue et que c'était la raison pour laquelle le CDH avait révisé les termes du mandat du Rapporteur spécial sur la liberté d'expression. La diffamation religieuse est un défi du monde moderne et il faut la combattre pour éviter les chocs de civilisation a lancé le représentant de l'OCI.
La Fédération de Russie a dit que Rapporteur Spécial outrepassait les limites de son mandat en étendant son champ d'application. Il lui a demandé de diriger son travail autour du droit à une information fiable et objective, ainsi qu'à la diffusion responsable des informations par la presse.
La Chine mit en avant le principe selon lequel le respect des droits humains passait avant tout par celui des lois des pays, de leur histoire, de leurs traditions et de leurs valeurs morales.
La Turquie a dit prendre bonne note de la proposition faite par le Rapporteur visant à développer des formations en ligne sur la liberté d'expression, les droits de l'homme et le multiculturalisme pour les journalistes. Il a demandé que le résultat consensuel de la Conférence d'examen de Durban, qui affirme que toute incitation à la haine nationale, raciale ou religieuse devrait être prohibée, guide à l'avenir le travail du Rapporteur spécial.
Le Venezuela a dénoncé les activités de certains médias privés qui trahissent la noble finalité de leur tâche en tentant de porter atteinte à la paix et à la tranquillité sociale en incitant à la confrontation. De telles campagnes affectent en fait le droit des personnes à une information véridique et impartiale. Il a reproché que le Rapporteur spécial se soit manifesté négativement sur la liberté d'opinion et d'expression au Venezuela, en se basant sur des nouvelles diffusées par ces médias partiaux..
Le Soudan a dit que la tolérance supposait non seulement d'accepter l'autre, mais aussi de le comprendre, ce qui est la condition pour éviter les stéréotypes. La liberté d'expression est trop précieuse pour être compromise par la diffamation, la haine ou l'intolérance.
Le Maroc a estimé que la liberté d'opinion et d'expression n'est pas un droit absolu: son exercice devrait être optimisé par le nécessaire respect des droits et libertés des autres et de la diversité culturelle, religieuse et civilisationnelle caractérisant notre monde.
Le Qatar a condamné l'égocentrisme culturel, notamment dans la prise en compte de questions religieuses.
L'Afrique du Sud a estimé que le rapport était superficiel et a rappelé que les droits d'opinions et d'expressions doivent être exercés afin de promouvoir la tolérance interraciale et inter-religieuse.
Plusieurs pays ont soutenu le nouveau Rapporteur spécial et défendu sans conditions la liberté d'expression (la République Tchèque au nom de l'UE, la Slovénie, la France, les USA, le Mexique, le Canada, le Pérou, les Pays Bas). Certains ont été particulièrement éloquents.
Ainsi, prenant la défense du Rapporteur, le Royaume Uni s'est inquiété de certains commentaires formulés lors de ce dialogue interactif, commentaires semblant être en contradiction avec l'indépendance et l'intégrité des titulaires de mandat.
Le Chili a rappelé que son pays avait été privé de liberté d'expression pendant dix-sept ans, en même temps que de la jouissance d'autres droits humains. Il a mis en exergue le fait que le niveau d'exercice de la liberté d'expression est un bon indicateur du degré de protection et de respect de tous les droits humains.
13 mai 2009
Les suites de Durban 2 : mensonges et manipulations
Dans le bulletin n°8 du 12 mai 2009, [1] à l'intention des ONG publié par le Haut commissariat aux droits de l'homme, une nouvelle propagande se structure visant à présenter la conférence Durban 2 comme une victoire consensuelle dans le combat contre le racisme à l'échelle mondial :
- "La conférence d'examen de Durban s'est achevée par un consensus entre les états membres, sur la manière de réaliser de vrais changements pour les millions de victimes du racisme à travers le monde. (...)"
Commentaire
Le mot "consensus" ("mondial" ) est utilisé à six reprises dans le bulletin du 12 mai. Or il n'y eut consensus qu'avec les Etats membres restants, ce qui ne saurait en aucune manière représenter l'ensemble de la communauté internationale.
En réalité sur les 192 membres de l'ONU, seuls 146 membres se sont enregistrés pour la conférence, la liste définitive n'étant pas encore publiée.
En tout état de cause, le fait que l'Allemagne, l'Australie, le Canada, Israël, les USA, la Nouvelle Zélande, les Pays Bas, la Pologne, puis la République Tchèque aient désavoué ce texte et/ou se soient retiré du processus contredit pour le moins l'affirmation d'une victoire consensuelle de l'ensemble de la communauté internationale.
- "Le document de la conférence d'examen de Durban est conçu pour apporter de vrais changements pour les millions de victimes du racisme et de discriminations dans le monde. (...)"
On voit mal comment ce texte pourrait représenter des millions de victimes du racisme et de discriminations. De nombreuses ONG qui ont voulu s'exprimer au nom des victimes se sont vues censurées. Il a même pu être dit au représentant d'une organisation amasigh qu'il ne pouvait parler d'un sujet non mentionné dans les documents de 2001 et de 2009.
- "La conférence d'examen par exemple et son document ne se sont pas focalisés sur un seul sujet ou conflit - par exemple le Moyen Orient n'est pas intégré dans le document (...)"
En effet mais il renvoii à la Plate forme d'action de 2001 ainsi qu'aux conférences régionales ou d'autres mécanismes internationaux qui se focalisaient sur Israël.
- "Concernant "la diffamation des religions", certains craignaient que pareil concept puisse menacer la liberté d'expression. Le document ne l'intègre pas. Il réaffirme de manière univoque le rôle central de la liberté d'expression dans la lutte contre le racisme, tout en déplorant les stéréotypes péjoratifs qui stéréotypent et stigmatisent les personnes à partir de leur religion ou croyances, comme c'est le cas dans l'islamophobie, l'antisémitisme, la christianophobie et l'anti-arabisme (...)"
La diffamation des religions a été remplacée par "haine des religions" ou "haine religieuse" et plusieurs paragraphes renvoient à des mécanismes du CDH ou de l'ONU qui ont entériné la notion de la "diffamation des religion" et la limitation de la liberté d'expression. D'ailleurs la Haute commissaire le confirme plus loin dans le bulletin en notant que "la critique abusive et violente contre une religion en particulier participe à la création d'un contexte menaçant et discriminant pour les fidèles de cette croyance qui, du coup, peuvent être effrayés d'exprimer publiquement leur foi. Cela a été particulièrement problématique dans l'environnement sécuritaire qui a prévalu après le 11 septembre 2001"
- "Le haut commissariat apprécie la participation d'un nombre important de représentants d'ONG à la conférence d'examen de Durban. Les contributions faites par les ONG ont enrichi les phases préparatoires et la conférence elle même."
Certes, 315 organisations représentées par 2073 déléguées, se sont rendues à Genève pour la conférence elle-même. Mais très peu d'entre elles ont participé aux réunions du comité préparatoire. De plus, il n'a jamais été possible véritablement d'influer sur le document lui même. En effet, l'absence d'un Forum d'ONG a empêché que les voix des victimes de racisme et de discriminations soient audibles selon des règles de consultation clairement établies d'ordinaires à l'occasion de conférences mondiales ou de conférences de suivi. Par ailleurs, nombre d'organisations qui ont participé aux réunions préparatoires ou à la conférence elle-même ont été censurées lors de leurs interventions orales.
La censure des ONG (notamment les Amazigh ou les Tibétains) n'est évidemment pas mentionnée dans bulletin à destination des ONG. Il est dit que la majorité des interventions des ONG ont porté sur "le traitement discriminant des migrants, la situation des peuples indigènes, l'incitation à la haine, en particulier la haine des religions, l'islamophobie et 'l'antisémitisme, l'impact de la lutte contre le terrorisme et le combat contre le racisme, l'occupation étrangère, les réparations pour les tragédies passées, les aspects des discriminations multiples dues aux crises économiques et financière"
[1] Durban_Review_Conference_E_bulletin_No
02 mai 2009
SALE PUTE : QUI A PEUR DU PETIT RAPPEUR ?
par Claudine Legardinier
« Sale pute ». Le rappeur [1] a parlé. Une femme qui dit non ? Une pute. Une femme qui dit oui ? Une pute. Une femme qui en choisit un autre ? Une pute. Toutes des putes. Pute : le mot le plus injurieux de la langue française. Celui qui charrie le maximum de haine et de mépris des femmes. Sale pute, crie le rappeur, l’étoile montante de la chanson française, l’espoir de la création contemporaine. Emporté par ce mot-sésame qui surgit du tréfonds et ouvre un droit au viol et au meurtre, il se laisse aller à son penchant, une litanie de tortures qu’il faudrait trouver musicale.
Classique. Le gros dur se dédouane avec un procédé à deux sous. Il disqualifie sa victime en la traitant de pute. Pute, et tout est dit. Ce mot ordurier a une fonction. Il constitue une excuse pour l’agresseur ; un laissez passer ; une invitation au meurtre. On peut lui faire tout ce qu’on veut, on peut l’humilier, on peut la violer, on peut la tabasser puisque c’est une pute !
Traduisez : c’est sa faute à elle. Les femmes ont l’habitude. Toujours coupables. Coupables de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment si elles sont violées ; coupables de l’avoir cherché ; coupables d’exister. Coupables d’être des putes. Coupables d’être des femmes, surtout. Dans un monde où suinte encore la haine à leur égard, une haine déclinée sur tous les modes de la violence et relayée par l’ensemble de la culture, orchestrée par les médias, distillée dans les films porno, les pubs, les radios, les plateaux télé, les jeux vidéo, les clips des rappeurs… Fascination, mépris, on frise le délire collectif : les couturiers branchés habillent les femmes en putes, les réalisateurs télé raffolent des héroïnes putes (pardon, escortes), les meurtriers en série tuent en priorité les prostituées, celles que les braves gens tiennent pour des « putes ». Message, pour celles qui auraient la tête dure : toutes des putes sauf ma mère.
Il est temps de hurler plus fort que les rappeurs. De crier que la pute n’existe pas. La pute est une création, de toutes pièces, des agresseurs et de ceux qui se réservent le droit de l’être ; de types haineux, encombrés d’une virilité impuissante et terrifiée ; de machistes qui voient les femmes comme des prêtes-à-subir toujours à disposition ; de petits rappeurs orduriers. La pute n’existe que dans l’imaginaire de certains hommes, de trop d’hommes pour qui les femmes ne sont que des objets de défoulement, des territoires à coloniser et à soumettre.
Un tel concentré de haine pourrait raisonnablement donner envie de monter des barricades. Des femmes, des féministes, se sont contentées de riposter par l’envoi de lettres, notamment aux patrons de festivals (Printemps de Bourges), pour demander la déprogrammation de cet individu. S’il fallait une preuve que le féminisme ne tue jamais personne, alors que le machisme tue tous les jours, celle-ci y suffirait. Pourtant, de bonnes âmes, souvent masculines, s’émeuvent de tels excès, criant à la censure. On invoque l’art et la liberté d’expression, on juge les réactions « disproportionnées », on excuse le pauvre garçon en proie au « mal-être », on pardonne « une génération perdue et désabusée ». Et pour finir, on injurie une nouvelle fois les femmes, qui, de putes, se voient renvoyées à un statut à peine plus enviable, celui de « dames patronnesses[1] ».
Les femmes, c’est bien connu, ça fait des histoires ! On les préfère passives. Et muettes. L’affaire est entendue. Elles sont là, de toute éternité, pour être traitées de putes, menacées de meurtre et de viol, objets de haine, et doivent s’en trouver bien.
Le quart d’un tel appel à la haine, antisémite, raciste ou homophobe, ferait lever toutes les consciences courroucées de notre beau pays. Mais un appel à la haine des femmes trouve toujours des chantres de la « liberté » pour l’excuser. Pour en débattre. Il y a les « pour » et puis les « contre ».
N’est-il pas troublant que l’on ne crie à la censure que lorsqu’il s’agit de violences à l’égard des femmes ? Faut-il comprendre que l’insulte faite aux femmes, l’appel au meurtre, sont le fondement même de ce que trop d’hommes appellent encore « la liberté d’expression » ? La « liberté » doit-elle donc être éternellement confondue avec le droit d’insulter et de mépriser tout ce qui relève du féminin ?
Combien de temps encore excusera-t-on la violence sexiste et sa promotion ? Combien de temps continuera-t-on à s’aveugler sur des agressions, des meurtres qui font régulièrement la une des médias sans que quiconque s’avise qu’il s’agit d’actes relevant de la violence sexiste ? Quand en finira-t-on avec la complaisance qui accompagne le massacre quotidien, par nombre de chantres de la « culture », de toutes les campagnes contre les violences et autres chartes de l’égalité ?
On préfère fermer les yeux. Se fabriquer une conscience en or à coup de textes exemplaires, de colloques, de conférences, de conventions, de circulaires, de chartes, de labels, de directives. Mais à quoi bon tant de pieuses déclarations nationales et européennes, de campagnes pour l’égalité filles/garçons ? Pourquoi écrire partout ton nom, Egalité, si nous laissons le moindre rappeur, et ses semblables, proférer leur invitation, urbi et orbi, au viol et à la haine ?
Tout comme la conscience des « clients » s’arrête à la porte du bordel (avec une pute, tout est permis… puisque c’est une pute), la conscience de la société s’évanouit aux abords de la scène artistique et médiatique. On le mesure au silence de nombre d’intellectuels et de politiques. Avec les femmes, tout est permis ! 1] Orelsan
[2] Libération, 21 avril, page Portraits
[
25 avril 2009
Les motions d'ordre contre la liberté d'expression des ONG
Les 23 et 24 avril, les ONG qui avaient suivi toute la procédure d'enregistrement pour une prise de parole de 3 minutes purent intervenir. Les motions d'ordre rythmèrent néanmoins les prises de parole, motions d'ordre émanant principalement de la République Islamique d'Iran, vice-présidente de la Conférence, de la Chine et de la Libye, présidente du comité plénier.
Le 23, la RI. d'Iran demanda, conformément à la règle énoncée par le Président, qu'aucun pays ne soit nommé durant l'intervention du représentant de UNWatch.
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[ English ] 3 minutes
Puis la RI d'Iran demanda en outre que l'on ne nomme pas non plus des chefs d'Etat. L'Afrique du Sud coupa également la représentante de la Hudson Institute car cette dernière avait utilisé la terminologie de Durban 2.
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[ English ] 8 minutes
Ce fut ensuite au tour de la Chine de couper à trois reprises, l'association Asian Indigenous and Tribal Peoples Network, affirmant que leur déclaration était hors de propos, puis finalement prétendant que l'association faisait perdre du temps aux autres ONG.
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[ English ] [ Original language ] 3 minutes
La Chine fit à nouveau une motion d'ordre, lorsque l'association International Campaign for Tibet eut la Parole. La Chine rappela combien elle était attachée à la participation des ONG dans la lutte contre le racisme. Mais qu'elles ne devaient pas pour autant utiliser cette tribune pour fabriquer des mensonges. L'association fut à nouveau coupée, et cette fois la Chine demanda que cette dernière se focalise sur le point de l'ordre du jour, elle rajouta que cette dernière contredisait la Charte des Nations Unies.
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[ English ] [ Original language ]6 minutes
Pour la Society for Threatened Peoples, la République islamique d'Iran, se portant au secours de la République démocratique de Chine, tança le Président Amos Waso, de ne pas faire respecter les règles de procédure. La langue du président fourcha et il parla de la République islamique de Chine ! Il rappela ensuite que les ONG devaient se conformer strictement au langage onusien, puis il donna la parole à la Chine.
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Le Président coupa ensuite le représentant du Bné Brith International lorsque ce dernier critiqua la négation ou la minimisation de l'Holocauste par le Président iranien. La RI d'Iran fit une motion d'ordre et dit que le représentant du Bné Brith utilisait un langage de haine, ce qui était contraire aux règles de procédure. Il demanda également que le représentant du Bné Brith présente des excuses.
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Lorsque le Congres Mondial Amazigh commença son intervention
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ce dernier fut coupé par la Libye qui dit que le sujet ne concernait pas la Conférence d'examen de Durban puisque ce sujet ne figurait pas dans la conférence de Durban.
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Finalement, la Libye aura eu encore le mot de la fin. Une semaine avant, le 17 avril, la Présidente libyenne Najat al Hajajji, avait elle aussi interrompu l'organisation UNwatch qui avait fait venir Ashrah al Hajouj, le médecin palestinien détenu dans les geôles libyennes durant dix ans, torturé, bouc émissaire victime de racisme et de xénophobie. (Voir document sur TSR :
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&bcid=663165#vid=10586392
18 avril 2009
Chuchotements et manipulations dans la dernière ligne droite avant Durban 2
Par Greta Chevrier
La dernière ligne droite du Comité préparatoire (du 15 au 17 avril) s’est déroulée dans une atmosphère de tension extrême, avec la plupart des séances, ponctuée de réunions à huit clos, en l’absence donc de témoins.
Pendant ce temps, les représentants d’ONG faisaient les cents pas dans les couloirs du Palais, attendant que reprennent les négociations en plénière, sous la houlette du diplomate facilitateur russe Yuri Boychenko, qui a été formé au KGB, et dont la rumeur prétend qu’il souhaite obtenir un poste à Genève.
Lors des séances plénières, on a réentendu comme à l’ordinaire les mêmes et lancinantes envolées de la République islamique d’Iran, contre l’inclusion d’un paragraphe consacré à l’Holocauste, ou l’OCI autour de la diffamation des religions.
Lorsque l’Arménie a demandé que l’on intègre des mots plus fort concernant la question des “génocides”, la Turquie s’est opposée à l’inclusion même du terme de génocide.
Le dernier jour, quelques ONG ont été autorisées à prendre la parole. Au nom de UNwatch, Ashraf al-Hajouj - “l’illustre” médecin palestinien libéré en juillet 2007 des geôles libyennes, quelques semaines avant l’élection de la Libye à la présidence du Comité préparatoire – a commencé sa déclaration. Mais la Présidente Najat al-Hajjaji a levé son marteau et l’a interrompu, affirmant que ses propos n’avaient pas leur place dans cette conférence.
Une des question qui a été tranchée a été l’élection qui aura lieu lundi du président de la conférence, Amos Waso, procureur général du Kenya. La République Tchèque, au nom de l'UE, s’est dite préoccupée par le fait que ce dernier ait été accusé récemment de corruption. Le représentant du Nigeria a rétorqué que tant qu’une personne n’est pas condamnée, elle doit être considérée comme innocente. Il a dit que Waso serait un formidable président et en a profité pour remercier dans la foulée l’Union Européenne pour sa flexibilité. Cette dernière n’a rien pu rétorquer...
A 18h15, Yuri Boychenko a déclaré qu’un compromis avait été trouvé. Alors que personne n’avait encore eu connaissance du texte et du rapport, Najat al-Hajjaji a alors tapé du marteau sur la table et a signifié que le rapport était adopté et que la séance était levée.
Plusieurs pays européens dont la France et la Suisse, et quelques ONG dont la FIDH, HRW et Amnesty (que l’on a peu vu durant les 14 mois du processus préparatoire) se sont dit satisfaits du compromis trouvé et ont appelé à le soutenir. Mais les jeux ne sont pas faits, car les négociations reprendront lors de la Conférence à proprement dite le lundi 20 avril.
Quant aux Etas Unis, ils se sont donnés jusqu’à lundi pour décider de leur retour dans les négociations.
Durant le comité préparatoire, plus de 80 nouvelles ONG ont été accréditées, dont le Gaddafi International Charity and Development Foundation, dirigée par le fils de Khadafi, qui continue d’affirmer que les libyens ne sont nullement impliqués dans l’explosion du vol PanAm 103 au dessus de Lockerbie le 13 décembre 1988.
En revanche la Tibetan Centre for Human Rights and Democracy n'obtiendra pas d'accréditation. En effet, la Présidente a déclaré que la décision n’avait pu encore être prise, faute d'éléments complémentaires, et qu'elle serait donc reportée à un moment ultérieur. Cette procédure est bien évidemment impossible étant donné le manque de temps et la dissolution de fait du Comité préparatoire dés le début de la conférence.
17 avril 2009
Durban II, à l'ombre d'Orwell
Par Jean-Claude Buhrer *
En Egypte, un des donneurs de leçons patentés au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le syndicat des médecins, s’oppose au don d’organes entre personnes de religions ou de nationalités différentes au prétexte d’un hypothétique trafic d’organes. Le quotidien panarabe Al-Hayat qui s’en est indigné estime que cette prise de position «vise en réalité les Egyptiens coptes et musulmans et que son langage confine au racisme». En Arabie Saoudite, qui siège aussi parmi les 47 membres de l’organe onusien des droits de l’homme, le fonctionnaire chargé des châtiments corporels à la prison des femmes à Riyad refuse d’être appelé «bourreau», se voulant plus prosaïquement «exécuteur des peines religieuses», puisqu’il ne fait«qu’appliquer la volonté d’Allah» conformément à la stricte observance de la charia islamique dans le royaume wahhabite.
Au Venezuela, on ne plaisante guère davantage avec l’ordre établi par le président Chávez : les émissaires de l’ONG Human Rights Watch l’ont appris à leurs dépens quand en septembre, le chef d’une escouade d’agents de sécurité venus les chercher à l’hôtel pour les expulser manu militari, s’est présenté à eux comme «fonctionnaire des droits de l’homme»…
Dans ce même ordre d’idées, l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui dispose d’un tiers des sièges au Conseil des droits de l’homme, n’a-t-elle pas fait adopter une modification du mandat du rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, l’enjoignant désormais de faire la chasse aux individus qui abuseraient de ce droit ?
Autant d’exemples aux réminiscences orwelliennes. Dans la novlangue, le langage perverti imaginé par l’écrivain britannique George Orwell dans son roman 1984, Big Brother proclamait : «La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage, et l’ignorance, c’est la force.» Manipuler les mots est le propre de toutes les propagandes ou de toutes les dictatures. Ainsi, la junte militaire birmane a-t-elle remplacé le nom du pays par «Myanmar», comme si cela suffisait à changer la réalité. Les Khmers rouges avaient fait de même avec le Kampuchea démocratique, redevenu le Cambodge à la chute de leur régime meurtrier. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’on en viendrait pour peu à s’interroger sur la transformation en 2006 de la Commission en Conseil des droits de l’homme aux Nations unies…
Alors que le nouvel organe a été investi par une majorité d’Etats eux-mêmes en délicatesse avec les principes qu’ils sont censés promouvoir et défendre, à l’usage le remède s’avère pire que le mal.«C’est comme si l’on faisait appel à des criminels notoires pour faire la police dans le monde», avait déploré Mohammed Zitout, de l’ONG panarabe Al-Karama, lors de la constitution du Conseil. Autre ombre au tableau, près de 80 % des exécutions capitales officiellement enregistrées en 2008 à travers le monde l’ont été dans des pays siégeant au Conseil, la Chine largement en tête de ce sinistre décompte. Le Conseil n’en a cure, pas plus qu’il ne se préoccupe des violations commises en Russie, au Pakistan, à Cuba, en Algérie, au Zimbabwe ou dans d’autres pays liberticides, sans parler du sort des Tibétains ou des Papous d’Indonésie.
Au nom du relativisme culturel à la mode, le révisionnisme est à l’œuvre avec des droits de l’homme à géométrie variable. Emmenés par la Chine et l’OCI, nombre de pays s’accrochent à la sacro-sainte souveraineté des Etats pour contester le concept même d’universalité. Or, ce sont ceux-là précisément qui violent les droits de l’homme, alors que leurs victimes, elles, s’en réclament. Le clivage se situe entre démocraties et dictatures, quelles que soient les latitudes : de fait, on assiste au démantèlement subreptice du système des droits de l’homme patiemment mis en place depuis l’adoption en 1948 de la déclaration universelle. Déjà les mandats de rapporteurs ont été supprimés pour le Bélarus, Cuba, la république démocratique du Congo, le Liberia et le Soudan. Il est maintenant question d’éliminer les dernières procédures spéciales par pays et de renoncer à mentionner des noms précis. A une exception près, Israël, redevenu le bouc émissaire par excellence. Cinq sessions spéciales sur neuf lui ont été consacrées et, en trois ans, il a fait l’objet de 26 résolutions sur 33 concernant les pays. Pour les membres de l’OCI qui en ont fait leur principal cheval de bataille avec la «diffamation des religions», cette fixation sur le Proche-Orient fait écran à tout vrai débat sur le racisme et les moyens de s’en débarrasser.
C’est dire que les dérives verbales et la confusion qui s’ensuit à la veille de l’ouverture de la conférence, dite de suivi contre le racisme, laissent entrevoir encore de belles heures à un antiracisme dévoyé. Le spectre de Durban semble s’être invité au palais des Nations à Genève, comme pour remettre en mémoire le sévère rappel d’Irwin Cotler, ancien ministre de la Justice du Canada, qui constatait :«L’Holocauste n’a pas commencé dans les chambres à gaz, mais avec des mots», renvoyant en écho ce propos de Karl Jaspers qui prévenait naguère : «Quand le désordre atteint le langage, tout tourne au désastre.»
Co-auteur avec Claude B. Levenson de "L'ONU contre les droits de l'homme", éditions les Mille et une nuits, 2003
16 avril 2009
Le Tibet, métaphore de notre liberté
Par Claude B. Levenson *- article paru dans Libération du 15 avril 2009
Incongruité des images se télescopant au kaléidoscope de l’actualité : deux Présidents euphoriques, tout sourire et un verre à la main, lors de la visite de Nicolas Sarkozy, en novembre 2007, à Pékin, chez Hu Jintao ; les deux mêmes, crispés, le bras raide lors d’une poignée de main, à Londres, en marge du G20, début avril. Une mine d’enterrement qui sied d’ailleurs aux circonstances, puisque les deux hommes venaient officiellement d’enterrer la brouille opportunément montée en épingle par l’un reprochant à l’autre d’avoir osé rencontrer le dalaï-lama, cet empêcheur de mentir en rond. Il aura fallu bien des salamalecs et nombre de missions de contrition pour apaiser le courroux des dignes héritiers de l’arrogance impériale de la Cité interdite - en somme, un acte d’allégeance à la dictature, guère conforme à l’idéal républicain ni à la réitération inlassable de la défense des droits de l’homme. Passez muscade, l’heure est au compromis et à la nécessité de s’en tenir à la realpolitik. Autonomie ou indépendance, l’intégrité territoriale de l’empire est sacro-sainte, le Tibet n’est pas à l’ordre du jour - ni des relations franco-chinoises, ni des instances onusiennes et gare à vous qui osez vous ingérez dans les affaires intérieures de Pékin.
Et pendant ce temps, là-bas au loin sur le toit du monde, dans ce pays qui existe pourtant sans existence dûment reconnue, les forces de l’ordre chinois arrêtent, harcèlent, torturent, violent, battent à mort les récalcitrants - moines, nonnes, nomades, fermiers, étudiants, vieux ou jeunes - ces insensés réfractaires au bonheur colonial imposé sous prétexte de modernisation, de libération de l’impérialisme et, tout récemment, d’émancipation des serfs, sans oublier la réforme démocratique. A se demander ce que veulent ces Tibétains qui s’obstinent à prétendre vouloir se gouverner eux-mêmes et bâtir à leur guise leur avenir en sauvegardant leur culture, leurs traditions, leur altérité. Rien de plus ni de moins que ce qui est inscrit dans la charte des Nations unies…
Littéralement coupé du reste du monde, transformé en prison à ciel ouvert, sous loi martiale inavouée, interdit à tout regard extérieur, le Tibet a vécu bâillonné les semaines marquant le 50e anniversaire de la révolte de Lhassa, le coup de force chinois contre son gouvernement légitime et le début de l’exil. Cinquante ans - combien de jours, combien de nuit pour les uns à compter les longues heures de l’exil, pour les autres à subir une occupation militaire considérée comme étrangère ? A l’intérieur, quelques téméraires se sont risqués à manifester en solitaire ou en mini-groupes, aussitôt embastillés sans autre forme de procès. Aucun étranger, ou si peu, pour témoigner, hurler à la mort face à l’épouvantable indifférence. Des monastères, inutile d’en parler : ils sont si bien gardés que personne n’y entre ni n’en sort. A l’extérieur, la communauté exilée s’efforce de garder la tête haute, sa mobilisation permettant d’allumer des flammèches d’espoir à travers le monde. Quant aux responsables des affaires du monde, ils ont bien trop à faire ailleurs pour demander des comptes aux tortionnaires, aveugles une fois encore aux conséquences prévisibles de leur inconséquence : despotes et tyranneaux liberticides de toute obédience ont vite fait d’en tirer avantage.
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine - lors de la réunion dite de suivi de la conférence contre le racisme de Durban qui doit s’ouvrir à la fin du mois au siège européen des Nations unies à Genève, le Tibet n’est pas au programme. Dame, quiconque s’aventure dans cette auguste enceinte à prononcer son nom s’attire aussitôt les foudres des honorables délégués arrivés en force afin qu’il ne soit pas porté atteinte à l’image de la Chine. Autrement dit, Union européenne, Amnesty International ou autre ONG, voire pays, qui s’y frotte se voit sur-le-champ remis vertement en place, au prétexte que «ces allégations sont basées sur l’ignorance et les préjugés» et ceux qui en font mention sont fermement invités à «revenir dans le droit chemin et procéder à davantage d’autocritique». Un langage aux singuliers accents de révolution culturelle à curieuse résonance au palais des Nations de l’ONU…
Faut-il que les actuels dirigeants chinois soient si peu sûrs de leur fait pour en arriver à croire, selon le mot de Mao, qu’un «mensonge répété cent fois devient une vérité» ? Une vérité, peut-être, mais toute relative, et vouée comme toute chose à changer, car inexorablement la roue tourne. Une offensive de propagande sans précédent contre le dalaï-lama et les siens a dernièrement été lancée, qui ne s’embarrasse ni de scrupule ni de diplomatie, ni même de la réalité de faits historiques reconnus. Ajoutant l’insulte à la blessure, les pontes du PCC feignent de croire qu’il suffit de donner du bâton pour bâillonner l’opinion. Encore une fois, peut-être - mais simplement pour un temps : impossible de berner tout le temps tout le monde. Des Chinois ne s’y trompent plus, qui remettent en cause le système instauré avec le fusil, des liens se tissent entre démocrates persécutés et peuples opprimés, à l’intérieur comme à l’extérieur. Une longue, très longue patience exprime à sa manière une forme de résistance : la liberté trouve refuge au cœur de ceux qui résistent tandis que passent les dictatures. Et la liberté du Tibet est aussi une métaphore de la nôtre.
Derniers ouvrages parus : Tibet, la question qui dérange, Albin Michel, 2008 ; le Tibet, Que sais-je ? - PUF, 2008.
05 janvier 2009
« LES NATIONS DESUNIES » NON GRATA A L’ONU
Charles Malou, Genève
Alors que le 12 décembre passé, l’ONU célébrait en grande pompe le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit notamment le droit à la liberté d’opinion et d’expression, dans l’enceinte même du Palais des nations à Genève, on pouvait prendre la mesure du décalage entre les beaux discours de circonstance et leur application dans la réalité toute proche. Ainsi, si d’aventure l’une des personnalités présentes avait souhaité revenir sur terre et trouver un autre son de cloche dans l’une des deux librairies du lieu, elle serait restée sur sa faim.
Personnellement, j’ai pu le vérifier comme d’autres habitués du Palais qui ont vainement essayé de se procurer sur place le dernier ouvrage de Malka Marcovich, « Les Nations désunies, comment l’ONU enterre les droits de l’homme » aux éditions Jacob Duvernet.
A la librairie Naville, attenante à la salle de presse, la responsable m’a d’abord conseillé de me rendre à la librairie officielle de l’ONU, sise à l’opposé du bâtiment dans la nouvelle aile où siège le Conseil des droits de l’homme. Là, le libraire m’a expliqué qu’un point de vente officiel ne pouvait pas se permettre de mettre en vente un livre avec un tel titre et qu’il devait certainement être disponible chez Naville, une librairie privée non soumise à ce genre de contrainte. De retour à la case départ, la responsable m’a fait savoir qu’elle n’avait pas encore reçu ce livre et qu’elle allait le commander. L’année s’est terminée et l’ouvrage en question n’était toujours pas arrivé. Avec un sourire entendu, la libraire conseille à d’éventuels acheteurs de se procurer le titre litigieux dans une librairie de Genève, ou en France voisine où les livres sont nettement moins chers, bien que l’ONU bénéficie en principe de l’extraterritorialité.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que certains ouvrages jugés politiquement incorrects ou en l’occurrence, la concernant directement mais sous un jour critique, sont interdits d’accès à l’ONU, ou parfois arbitrairement retirés de la vente sous la pression de fonctionnaires zélés ou d’interventions personnelles de pays peu respectueux de la liberté d’expression. Ainsi, la Chine prétend imposer à l’ONU la même censure qu’elle pratique chez elle et voit rouge chaque fois qu’il est question du Tibet. La mission de Chine avait naguère même réussi à faire intervenir des huissiers de l’ONU pour retirer des rayons de la librairie Naville un livre avec en couverture une photo du Dalaï-lama. Depuis, les responsables de cette librairie privée sont particulièrement attentifs aux ouvrages qu’ils exposent par crainte de se voir remplacer par un concurrent.
Ainsi va, ou ne va pas, l’ONU au lendemain des célébrations du 60e anniversaire de la Déclaration universelle, insidieusement mais avec persévérance remise en question par les pays (et ils sont nombreux dans cette enceinte) liberticides. On en a encore eu un exemple en décembre, quand l’Organisation de la conférence islamique (OCI) a fait adopter par l’Assemblée générale (86 voix contre 53 et 42 abstentions) une nouvelle résolution condamnant « la diffamation des religions, en particulier de l’islam » avec pour corollaire de nouvelles restrictions aux libertés individuelles.
D’ailleurs, dans cette offensive concertée contre la liberté d’expression, les services d’information de l’ONU sont également mis à contribution. A la mi-décembre, n’a-t-on pas vu le porte-parole du Haut commissariat aux droits de l’homme, Rupert Colville, s’en prendre méchamment dans un communiqué à une journaliste qui avait osé, dans un article paru simultanément dans le ‘Wall Street Journal’ et ‘The Australian’, contester la version officielle sur le cauchemar annoncé de Durban II, dont le Comité préparatoire est présidé par la Libye, avec Cuba comme rapporteur et l’Iran parmi les vice-présidents ? Sous l’influence des violateurs patentés de la liberté de la presse, le ver est désormais dans le fruit au sein même de l’ONU. Avec la complicité de certains fonctionnaires serviles qui montrent les dents envers la presse et cherchent à faire taire les voix discordantes. C’est dans ce contexte aussi que s’inscrit l’ostracisme dont fait l’objet le livre en ne saurait plus pertinent de Malka Marcovich : à l’ONU comme ailleurs, on est décidément réfractaire aux vérités qui dérangent.
28 octobre 2008
Un rapport Tibétain disparaît du site de l'ONU
Les sites web de l'ONU sont devenus de formidables plate formes de propagande, y compris ceux consacrés aux Comités en charge du suivi de l'application des traités internationaux.
Composé d'experts à priori "indépendants", les sites internets de ces comités sont gérés par le bureau du Haut commissariat aux droits de l'homme.
Dernièrement, le Comité contre le racisme avait mis en avant une ONG connue pour ses diatribes antisémites.
Aujourd'hui, après pressions chinoises, un rapport sur la torture à l'encontre des tibétains, mis en ligne sur le site du Comité contre la torture, a disparu, à la veille de la réunion qui doit précisément examiner la situation en Chine.
Par ailleurs, il semble que la Chine ne cesse de faire pression sur les experts "indépendants" du Comité contre la torture. Récit...
http://www.phayul.comwww.phayul.com/news/article.aspxarticle.aspx?id=23099&t=1
04 octobre 2008
La politique du Président Mugabe au Zimbabwe ferait 5 millions de personnes dépendantes de l'aide alimentaire
Le CDH a fait du "droit à l'alimentation" une question prioritaire.
Pourtant, il est interdit d'évoquer la situation désastreuse au Zimbabwe sous peine de motion d'ordre.
Il faut dire, que le président Mugabe jouit du soutien de l'ancien rapporteur spécial sur l'alimentation Jean Ziegler , promu depuis expert du Comité consultatif des droits de l'homme.
Il avait en effet affirmé que le Président sanguinaire de l'ancienne colonie britannique qui affame son peuple- pays qui jadis était considérée comme le "grenier à blé de l'afrique" -, a «l’histoire et la moralité pour lui».
Selon la dépêche de l'ONU du 2 octobre, qui semble peu émouvoir la communauté internationale et en particulier les membres du CDH, 12 millions de Zimbabwéens auraient besoin d'une aider alimentaire d'ici 2009, et la situation sanitaire, notamment l'épidémie de VIH Sida, ne cesse de s'aggraver.
LA SITUATION AU ZIMBABWE CONTINUERA À SE DÉTÉRIORER EN 2009, SELON JOHN HOLMES
New York, Oct 2 2008 5:00PM
Le responsable des affaires humanitaires des Nations Unies, John Holmes, prévoit une détérioration de la situation au Zimbabwe jusqu'en 2009, le nombre de personnes dépendant d';une assistance alimentaire devant passer de 3,8 à 5 millions.
Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d';urgence de l'ONU, John Holmes, estime que de janvier à mars 2009, près de la moitié des 12 millions de Zimbabwéens pourrait avoir besoin d';une assistance alimentaire extérieure, a rapporté jeudi la porte parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.
Parmi les plus vulnérables se trouvent les populations qui ont été soumises par le gouvernement de Robert Mugabe à des programmes rapides de réforme agraire, des campagnes d'éviction et des violences.
Le pays fait face à des pénuries graves en ce qui concerne tous les services de base, la sécurité alimentaire, l';eau potable, les services de santé, d'éducation, sans compter la 'fuite des cerveaux de sorte que la crise affecte les populations rurales et urbaines.
Selon John Holmes, bien que l'on ait perdu plus de six mois en termes d'assistance du fait de restrictions édictées par le gouvernement à l'égard de l'aide extérieure il est encore temps d';agir mais la première saison pour planter est très courte de cinq à six semaines.
Il est crucial que les contributions soient fournies à temps pour apporter cette aide d'urgence, a estimé le Secrétaire général adjoint.
Selon la presse, en 2000, le gouvernement de Robert Mugabe a commencé une politique de redistribution des terres appartenant à des exploitants blancs, qui est allée principalement à ses partisans. Cette politique, à laquelle s';est ajoutée une période de sécheresse dans la région, a contribué à un vif déclin de la production agricole, alors que le Zimbabwe était auparavant exportateur.
Le taux d';inflation atteignait début juillet 2008 2,2 million pour cent.
Depuis les années 1990, l'espérance de vie dans le pays est passée de 60 ans à 37 ans, le plus bas au monde. Celui des femmes se situe à 34 ans. Le taux de mortalité infantile est passé de 53 à 81 morts pour 1000 naissances vivantes. Enfin, 1,8 million de personnes sur les 12 millions d'habitants du pays vivent avec le VIH.



